‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 14 sur 72 · AR · texte numérisé non relu

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plionse. Ce peintre, malgré l'avarice sordide de sa compagne, mourut de misère à Madrid vers 1700. Celle-ci dut ensuite son existence à la générosité du marquis de Santiago, qui dota religieuses les deux filles qu'Alphonse avait laissées. Les œuvres d'Alfonse del Arco sont dans presque tous les temples de Madrid , au Pardo , à Tolède , Alcala de Henares , Pareja , Ballecas , Avila. On doit surtout remarquer le Baptême du Seigneur, qui est dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Tolède , et qui est vraiment une composition capitale. M.

ARDEMANS (Théodore), peintre d'histoire, architecte, fresquiste et sculpteur, naquit à Madrid en 1664, d'un Allemand garde-du-corps, et le fut aussi ; mais son penchant le conduisit à l'école de Claude Coello, qu'il suivit en même temps que les mathématiques. Après avoir étudié avec un égal succès l'architecture , il fut à Grenade où il obtint la direction de la fabrique de la cathédrale. C'est alors qu'il prouva la supériorité qu'il avait sur Pierre- Athanase Bocanegra , dans un défi , comme on le voit à l'article de ce dernier. Ardemans resta long-temps à Grenade où il exerça ses talens, particulièrement dans l'architecture civile et hydraulique. A la mort de François-Ignace Ruis, Philippe V le nomma son peintre, avec la charge d'huissier de la chambre j il remplit ces deux emplois jusqu'en 1726 qu'il mourut à Madrid. Comme il a particulièrement donné ses soins à l'architecture, ses tableaux, sont très-rares ; cependant on admire la fresque dont il a orné la voûte de la sacristie de Saint-François à Madrid. Le saint paraît au milieu d'une perspective immense dans un char tout en feu , et une quantité prodigieuse de prosélytes le voient passer, appuyés sur une balustrade où tous sont artistement groupés. Les tombeaux du dauphin de France mort en 1 7 1 1 , et de la reine

Marie -Louise de

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Savoie , déeédée en 1 7 1 5, font honneur à Ârdemans comme sculpteur, ainsi que les jardins de Saint-Ildefonse , comme homme de goût. Ardemans à ces talens joignait beaucoup d'instruction. On a de lui deux ouvrages très-estimes dont l'un intitulé , Fluencias de la Tierraj Curso subterraneo de las Aguas, lui fit beaucoup d'honneur. C'est lui qui fit aussi l'éloge d'Antoine Palomino que l'on trouve à* la tête du second tome de l'ouvrage de ce dernier. On a pareillement de cet artiste quelques gravures. M.

AREGIO (Paul), peintre d'histoire. Cet artiste, d'un très-grand mérite, peignit avec François Neapoli, en i5o6, les portes du grand maître autel de la cathédrale de Valence 5 elles représentent six traits historiques de la Vierge. On y admire la correction du dessin , le grandiose des formes, la noblesse des caractères, 1 expression, enfin toutes les belles parties de l'art dans le goût de Léonard de Vinci dont l'un et l'autre ont sans doute été les disciples. Ces portes leur furent payées 3ooo ducats d'or. V .

ARELLANO (Jean de), peintre de Heurs , naquit à Santorcaz en 1614, et fut élève de Jean de Solis à Madrid , après l avoir été d'un autre maître à Alcaîa de Henares , sans avoir fait aucun progrès dans le dessin jusqu'à l'âge de 36 ans. La honte de se voir si arriéré , et la nécessité de soutenir sa famille, lui firent prendre le parti de copier des fleurs du Mario , en observant en même temps la nature. Son application en ce genre fut telle , qu'aucun peintre espagnol ne l'a surpassé et que ses tableaux de fleurs eurent une grande réputation. J'ai pu en recueillir , à la vente de M. Petit -Jean , deux qui signalent seulement sa couleur, sans indiquer son beau talent. — Il mourut à Madrid en 1676. Tous les vrais amateurs espagnols comptent dans leur collection quelques ouvrages d'Arellano. On distingue dans

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ses corbeilles les belles nuances , les contrastes les plus heureux , et des bouquets largement composés avec tout le fracas de la nature. M.

ARFIAN (Antoine de), peintre d'histoire et fresquiste , apprit les élémens à la foire de Séville , où se sont formés les bons coloristes , à l'instar du célèbre Murillo. Arfian peignait des serges en détrempe , genre alors très à la mode pour les tapisseries de maisons , et dont on faisait une grande exportation pour les Amériques. Cette manière de peindre donnait aux élèves une très-grande facilité 5 il était reçu parmi les professeurs , que , pour bien peindre à l'huile , il fallait avoir peint la serge. Arfian vint ensuite à l'école de l'illustre Louis de Vargas : c'est là que , s'étant fait dessinateur , il peignit à l'huile avec légèreté et beaucoup de correction, qu'il devint célèbre et fut recherché pour les ouvrages d'importance. Tel fut le grand autel de la cathédrale , qu'il fit en i55r avec Antoine Ruiz. Arfian fut le premier qui sut, au fond des bas -reliefs et statues, adapter des perspectives , ce que les Espagnols appellent estofar. Il fut aussi le premier qui peignit au trait en couleur sur des fonds blancs , comme le dit Pacheco , et fut enfin un de ceux qui se distinguèrent le plus dans la peinture à fresque , d'après le style qu'avaient apporté d'Italie Jules et Alexandre, avant que Vargas, maître cl' Arfian , ne fût revenu lui-même de cet heureux pays. S.

ARGUELLO ( Jean -Baptiste ) , peintre de nature morte , travaillait à Séville vers i5c)4- $-

ARIAS FERNANDEZ (Antoine)', peintre d'histoire, naquit à Madrid , où il étudia sous Pierre de Las Cuevas. A i4 ans il peignit tout le grand autel des Carmes Chaussés de Tolède , ce qui lui donna un grand crédit à la cour. Loin de l'enorgueillir, les éloges lui donné-

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rent tant d'émulation, qu'à 25 ans il était l'un des meilleurs peintres de Madrid ; c'est à ce titre que le duc d'Olivarès le choisit pour peindre la série des portraits des rois , que Ton voyait de deux en deux dans le salon de l'ancien palais. Pourrait-on croire qu'avec de grandes protections , de grands talens dans l'art de peindre et de composer l'histoire , une conduite irréprochable , des mœurs douces et honorables, Àrias ait terminé misérablement ses jours dans un hôpital, en 1680? Il laissa une fille qui n'eut d'autre héritage que le savoir de son père, qu'elle porta à un degré éminent. M.

ÀRJONA , peintre d'histoire , élève de Sébastien Martinez , qu'il cherchait à imiter \ mais la timidité de son pinceau , et son dessin inexact , n'en firent jamais qu'un peintre médiocre, dont les productions informes se trouvaient dans les cloîtres de Jaën , de Baeza et d'Ubeda. V.

ARNAU ( Jean ) , peintre d'histoire , naquit à Barcelonne en i5g5. Il y reçut les principes de son art, et vint ensuite à Madrid , où , sous la direction d'Eugène Caxes , il parvint à être correct et bon coloriste \ il conserva cependant toujours une certaine rudesse , qui lui ôte une grande partie du mérite qu'il sut acquérir dans les autres branches de l'art. Malgré ses défauts, il jouit d'assez de réputation dans sa patrie , où il mourut en 1693 , après avoir laissé un grand nombre d'ouvrages , particulièrement à Barcelonne. V»

ARREDONDO (Manuel), peintre d'histoire , peintre du roi , mort en 1712, et remplacé par Pierre de Calabria. Son litre fur son plus grand mérite. M.

ARREDONDO (Isidore), peintre d'histoire et grand fresquiste, est né à Coîmenar de Oreja en i653, et fut disciple d'un Joseph Garcia , autre que le Garcia de

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Charles II , puisqu'à cette époque ce dernier artiste voyageait en Italie. Arredondo, ne pouvant supporter les extravagances de son maître, fut à l'académie de François Ricci , où il fit de tels progrès, qu'avant d'en sortir il était déjà peintre du roi en i685. Son maitre l'aimait comme un père, et l'avait marié avec une jeune personne qu'il avait adoptée. Ricci, mourant le 2 août itii5, laissa pour unique héritier Arredondo , qui alors se trouva maître d une collection nombreuse f Ricci en effet possédait un cabinet curieux et extraordinairement abondant en livres , en dessins, en esquisses dont Arredondo sut se servir dans les travaux dont il fut chargé. Charles II faisait de lui un cas particulier,, l'aida souvent de sa bourse secrète. Arredondo , choisi pour être l'un des peintres du palais royal , peignit avec succès , dans la galerie des Cerfs , la fable de Psvché et Çupidon. Il peignait avec une facilité rare à l'aquarelle , et l'employait pour l'entrée des reines. A celte époque } il se fit également une grande réputation par les fresques qu'il exécuta au JRetiro pour recevoir Marie-Anne de i\ eubourg. — Il mourut en 1702 , regretté de ses amis } que son commerce plein d'aménité avait rendus nombreux , et laissa beaucoup de souvenirs de son talent. M.

ARROIO (Jean), peintre sans réputation, mais l'un de ceux qui concoururent à établir l'académie de Séville, dont il fut fiscal en 16^4* S,

ARTEAGA D'ALFARO (Mathias) , paysagiste, historien, peintre et graveur, naquit à Séville, où il suivit l'école de Jean de Valdes. Il avait un penchant décidé pour la perspective -, aussi ne voit-on rien de lui où il n'y ait des temples, des rues , des jardins, au milieu desquels il introduisait avec esprit des épisodes de la v ie de la Vierge. Séville est rempli de ses ouvrages : mais il se distingua davantage dans la gravure à l'eau forte. Ses estampes de Saint

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François et du Triomphe de la Religion , d'après les tableaux d'Herrera le jeune, et d'autres, lui font beaucoup d'honneur. On a de lui aussi l'Histoire de saint Jean de la Croix en 58 morceaux, qui sont tous fort bien traités. Il fut secrétaire de l'académie de Séville en 1666, son consul en 1669, et mourut dans cette ville en 1704. S.

ARTIGA (François de), paysagiste, historien, peintre, architecte et mathématicien célèbre , naquit à Huesca d'une famille distinguée. 11 peignit plusieurs Sibylles , quelques Conceptions et des perspectives, où l'on remarque du dessin, de la couleur, ainsi qu'une heureuse imagination. — Il grava au burin et à l'eau forte la façade de l'université d'Huesca, et les tables du Traité des Monnaies que publia, en 1681, son compatriote Lastanosa 5 mais il se distingua davantage dans l'architecture dont il orna la même université, et qui est son ouvrage : il s'occupa de même avec succès de procurer à son pays de grands moyens d'irrigation. Il écrivit plusieurs ouvrages, entre autres un Traité Élémentaire de fortifications , un autre sur les Mathématiques, un Discours sur l'Eloquence espagnole, une Comédie sur le rôle qu'a joué la province d'Aragon dans les conquêtes d'Huesca et à la bataille d'Alcoraz. — Artiga mourut en 171 1, après avoir fondé une chaire de mathématiques dans l'université d'Huesca , où long -temps il avait enseigné gratuitement et avec distinction. V.

ARTOS TISON, peintre d'histoire, naquit à Murcie. Il s'obligea, en i58i, de peindre le martyre de sainte Catherine, et divers sujets accessoires pour le maître autel de la chapelle de Lozanos à Jumilla. Le temps a presque tout détruit. V*

ASENSIO , peintre de portraits , vivait à Sara gosse vers la fin du 17e. siècle , et se distingua dans le portrait à l'huile. V.

AV ,5 ÀTIENZA CALATRAV A (Martin de), peintre d'histoire, l'un des fondateurs de l'académie de Séville, dont il fut le secrétaire en 1669. On ne peut trouver des ouvrages de ce peintre , dont il n'est question que dans les archives de l'académie. S.

AULA ( le marquis d' ) , grand amateur , vivait à Madrid au commencement du 17e. siècle. Il a laissé, au crayon et à l'huile, des productions qui feraient honneur à beaucoup d'artistes. M.

AUSTRIA (Jean d'), soit Jean d'Autriche, fils de Philippe IV, frère de Charles II , fut tellement amateur des arts qu'au milieu des importantes occupations qu'il eut pendant sa vie , il donnait beaucoup de temps à l'étude de la peinture, non comme amateur, mais comme le ferait un vrai professeur. Eugène de las Cuevas avait été son maître. Le célèbre Carrerîo , voyant de Jean d'Autriche une peinture sur porcelaine , dit avec raison et sans flatterie : « S'il n'était pas né sous la pourpre , il eût,, avec son talent, pu vivre comme un prince » . M,

AVEIRO ( la duchesse d' ) vivait à Madrid vers le 17e. siècle, et, sans adulation , fut dans l'art de peindre un amateur que le goût et l'intelligence rendirent très-distingué. On voit plusieurs tableaux de cette dame dans les résidences de sa famille. M.

AYENDANO (Jacques), peintre d'histoire, travaillait à Valladolid, vers 1 661, et fut l'un de ceux qui s'opposèrent avec le plus de courage au tribut de milice auquel on voulait soumettre les artistes. M.

AVIL A (François d'), peintre de portrait, se distingua par la ressemblance qu'il savait donner aux portraits et par la suavité de sa couleur. Il était peintre de S. E. Pierre Vaca de Castro, archevêque de Séville, et depuis fut admis dans îa plus grande intimité de ce patriarche, *S.

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