BA
cabinet. Beaucoup d'émulés furent voir la composition de Bayeu: ils perdirent tellement l'espérance de pouvoir entrer en concurrence, qu'il n'y eut au concours que l'ouvrage de Bayeu. — L'académie, jalouse de récompenser Bayeu, et de procurer à l'Espagne un artiste aussi distingué que le promettait son tableau de Géryon, lui offrit une pension suffisante pour qu'il put suivre ses études à Madrid. Bayeu vint alors dans cette capitale à l'école d'Antoine Gonzaîes Velasquez , qui bientôt fut témoin de ses progrès. — A la mort de son père , Bayeu retourna dans son pays pour donner des soins à sa famille : mais à peine fut-il arrivé à Tarragone, que Raphaël Mengs, premier peintre du roi, avant vu quelques-uns de ses ouvrages, lui envoya de suite un ordre du monarque pour qu'il revînt à Madrid, peindre dans les palais ce qu'on lui ordonnerait. On ne peut se figurer les succès de Bayeu dès qu'il suivit les sages préceptes de Mengs. Il donna un tel style à ses compositions et parvint à dessiner d'une manière si large , que l'académie le reçut en 1760, en lui proposant la place de sous-directeur. Pendant bien des années Bayeu remplit cette charge en donnant la plus scrupuleuse attention à l'enseignement des élèves, tant à Tacadémie que chez lui, — Bientôt il fut peintre du roi, et en 1788 devint directeur de l'académie^ il continua de développer le zèle le plus ardent pour les jeunes gens, qui, malgré l'àpreté de son caractère, recevaient toujours avec plaisir ses bons conseils, et pouvaient être sûrs de son appui. Il fut en 1790 nommé directeur général de 1 académie, mais il mourut le mois d'août de la même année. — Ses ouvrages décèlent ses grandes connaissances , et prouvent combien il avait le génie du peintre. Il faut convenir que dans son siècle il en est peu qui l'aient égalé en correction , en composition, et en expression. Ses attitudes étaient pleines de grâces, ses