‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 18 sur 72 · CI · texte numérisé non relu

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toutes les maisons , et particulièrement pour les Fêtes- Dieu, ce qui donnait aux élèves beaucoup de moyens pour apprendre. Il revint à Madrid en 1686 , où son extraordinaire facilité le fit choisir pour travailler aux décors du théâtre du Retiro. Le roi , satisfait de ses talens , le nomma son peintre en 1689. ^ peignit aussi à l'huile; mais il n'avait que de la suavité sans dessin. — 11 fit plusieurs» tableaux, tant pour les religieuses de Gongora, que pour les pères de la Vittoria à Madrid , où il mourut en 1692. S.

CIEZA ( Michel-Jérôme de) , peintre d'histoire , naquit à Grenade d'une famille illustre. Ce qui le distingue le plus est d'avoir été l'un des élèves les plus savans d'Alphonse Cano , qu'il imita dans le dessin et dans la couleur , comme le prouvent la Conversion de la Samaritaine , divers autres tableaux qu'il fit pour plusieurs autres couvens , et particulièrement Saint Jacques combattant les Maures. Cet ouvrage , signé de lui en 1 65o , se voit dans la salle de justice du conseilroyal à Grenade. Cieza mourut très-âgé, en 1677, et laissa deux fils qui exercèrent la peinture ainsi que Philippe Gomez de Valence, son meilleur disciple. S.

CIEZA ( Vincent ), peintre d'histoire, né à Grenade, fils et élève de Michel-Jérôme. Ayant perdu son père, il vint à Madrid à la recherche de son aîné Joseph ; et à la mort de ce frère il fut nommé peintre du roi ,1e i4 juillet 1692. Il revint dans sa patrie en 1 70 1 , où il mourut peu de temps après son retour. Ses peintures sont confondues avec celles de son père à Grenade , et celles de son frère à Madrid. On les appelle à tort Ciezar. S.

CISNEROS (les frères), nés à Tolède, où ils furent chargés d'orner et de décorer les autels de l'église des religieuses de Silos. Ils travaillèrent dans ce monastère depuis i5^5 jusques en i58i. On ne sait rien depuis au sujet de ces dôfcris artistes , dont les ouvrages sont cousi-

CO 75 gnés dans les fabriques des couvens où ils ont été employés. M.

CLAROS ( le frère Louis ) , peintre d'histoire à Valence vers 1668. D'après sa manière , on reste indécis sur le maître à lui donner , ou de l'un des Ribalta , ou du père Vincent Guirri Augustin. Claros fut chargé de peindre le grand tableau pour le réfectoire du couvent de Saint-Augustin à Valence , où il représente Jésus dans le désert servi par les anges. — Il a laissé beaucoup d'ouvrages qu'il avait l'habitude de signer, Fraler Claros fecit. V-

COBO DE GUSMAN (Joseph ), peintre d'histoire, naquit à Jaën , le 10 avril 1666. C'est là qu'il apprit à peindre , sous Valois , disciple de Sébastien Martinez. Il vint ensuite à Cordoue, et peu de temps après s'y être établi mourut en 1746. Ha peint les tableaux du couvent de Saint-Jean-de-Dieu et ceux de la Merci de Cordoue. Son genre rappelle l'école et la manière de Martinez , donton voit un Saint Sébastien magnifique dans la cathédrale de Jaën. S.

COELLO ( Claude ) , grand peintre d'histoire et fresquiste , né à Madrid , de Faustin Coello , Portugais et bronziste , qui , désirant que son fils l'aidât à ciseler, le mit à l'école de Ricci pour y apprendre le dessin. Le maître , reconnaissant bientôt les dispositions de son élève , supplia le père de destiner son fils à la peinture. Ayant obtenu ce consentement , Cfpllo se dédia à l'étude et à l'observation de la nature. Il travaillait jour et nuit avec une telle aptitude , qu'en peu de temps il surpassa tous ses condisciples. Étant encore dans l'école de Ricci, il fit de grands tableaux dans le monastère de Sainte-Placide ; il y mit tant de soin , que Ricci en fut assez content, pour lui permettre de dire qu'ils étaient de son maître. Coello quoique satisfait de ce jugement , avait un trop noble orgueil pour

faire usage de la permission. — L'étroite amitié qu'il sut contracter avec Carreno , lui donna les moyens de perfectionner sa couleur ; car il eut , par cette liaison , toutes les facilités pour copier les Titien , les Rubens et les Vandyck des Palais. Il s'attacha aussi à Joseph Donoso, aussitôt que ce dernier revint de Rome , et ils peignirent ensemble à fresque le presbytère de l'église de Sainte -Croix (qui périt dans un incendie ) , l'une des voûtes de Tolède , les sujets historiques de la salle capitulaire du Paular, la chapelle Saint-Ignace , la coupole , une voûte à Saint-Isidorele-Royal, et beaucoup d'autres ouvrages qu'il serait trop long de relater ici. — Coello et Donoso se chargèrent encore des arcs de triomphe et autres ornemens qu'il fallut préparer pour l'entrée à Madrid de la reine Marie- Louise d'Orléans , lorsqu'elle vint épouser Charles IL A cette époque , Claudio leva le superbe arc triomphal du Prado , et orna la rue du Retiro , où il sut représenter les divers royaumes d'Espagne ; ils offraient à la fiancée tous les produits , tant indigènes qu'exotiques , des possessions espagnoles. Dans la même occasion , notre Coello fit avec François de Solis la décoration de la place de l'Hôtel de Ville. Il fut à Sarragosse en i683, et y peignit une fresque aux Augustins. Il revint à Madrid, où il fut nommé peintre du roi , le 29 mars 1684 , en remplacement de Denis Mantuano. Le a3 janvier 1686, il eut la place de peintre du cabinet de S. M. , que François Herrera le jeune venait , en mourant , de laisser vacante. Il eut aussi , à la mort de Carreno , la place que cet artiste occupait au palais , dont Coello fut encore nommé fourrier. A cette même époque , le roi lui signala, pour son fils Bernard, une pension, que sa veuve continua de toucher. Son maître venant de mourir, Coello fut chargé de continuer un tableau que Ricci avait commencé pour le grand maître autel de la sacristie

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de l'Escurial. Le projet étant de peindre toute la suite du roi , il commença par S. M. , qui lui donna plusieurs séances. Coello continua ce travail avec un soin des plus soutenus pendant 1686 , lorsqu'il reçut l'ordre de venir à Madrid , pour y déterminer ce qu'on devrait peindre dans la galerie des Cerfs , et dans l'appartement de la reine , à l'ancien palais. Après avoir arrêté plusieurs traits de la vie de Psvché et de Cupidon , le roi , qui désirait beaucoup que le tableau de l'Escurial se finit , donna l'ordre à Coello de chercher un bon peintre, qui pût le remplacer pour ces fresques. C'est alors qu'il proposa Antoine Palomino. Après avoir travaillé quelque temps ensemble, Coello revint à l'Escurial , où il resta pendant deux ans pour terminer ce tableau , qui reçut les éloges du roi et de toute la cour. Cette production est un véritable poëme , et mériterait un éloge particulier, car il est impossible de mieux faire. — Claude Coello, comblé d'honneurs et de satisfaction à la suite d'un ouvrage de cette importance , revint chez lui pour s'occuper enfin de remplir des obligations contractées depuis long-temps. Il devait terminer les portraits , déjà commencés, de la reine mère, Marianne d'Autriche, de Marianne de ISeubourg, seconde épouse du roi , et ceux de plusieurs personnages importans. Il devait encore se disposer à la restauration des peintures royales. Au milieu de tous ces travaux , qu'il devait entreprendre en 169 1 , le chapitre de Tolède , cette même année , le nomma son peintre. Loin d'exciter l'envie , Coello reçut les félicitations de tous les peintres , qui tous lui accordaient la prééminence. — Mais tant de bonheur fut troublé par l'arrivée de Lucas Jordan, en 1692 , cette époque fatale pour la peinture en Espagne. Appelé pour peindre les voûtes de l'Escurial et celles du grand escalier, Jordan arriva au mois de mai : cette préférence causa

la mort de Coello , qui était d'une sensibilité trop profonde pour soutenir une telle atteinte à son honneur. Le père Matilla , confesseur du roi , dut employer toute la persuasion de son éloquence , pour que Coello , qui avait abandonné les pinceaux, consentît à les reprendre et à terminer le Martyre de saint Etienne , qu'il avait commencé pour les Dominicains de Salamanque. Malgré que le tableau conclu fût, d'ordre de S. M. , porté au palais-, que Coello reçût les félicitations de toute la cour , et de Jordau même , son esprit abattu ne put se relever , car il mourut peu de temps après à Madrid , le 20 avril 1693. — Si Coello fût né sous Philippe II , ce temps si fécond en talens supérieurs , il eût été sans doute l'un des plus grands peintres de l'Espagne. C'est ce que l'on peut juger à l'examen de ses ouvrages , qui se composent de toutes les saines parties de l'art 5 mais le peu d'étude que de son temps on donnait à l'antique , le goût , plus mauvais encore , de l'allégorie , qu'il apportait dans ses compositions , parce qu'il était à la mode , laissèrent Coello dans une classe qui ne répondit ni à son talent ni à ses bonnes dispositions. Ce qui nuisit encore a Coello , prend sa cause dans les ouvrages si nombreux, si précipités, qu'il fît avec Donoso : cependant les professeurs considèrent Coello comme un des premiers naturalistes espagnols. Il est aussi très-vrai qu'à l'instar d'Annibal Carrache , qui recueillit en Italie toutes les bonnes maximes de ses prédécesseurs , Coello sut joindre , dans plusieurs de ses compositions, le dessin de Cano , îa couleur de Murillo , les brillans effets de Velasquez , et qu'il fut le dernier peintre espagnol , puisqu'à cette époque l'art courait entièrement à sa ruine. Aussi Coello reconnaissait si bien la situation de la peinture alors en Espagne , qu un de ses amis lui disant : « A présent Jordan arrive . et va vous enseigner à tous comment on gagne de

l'argent. — Oui , sans doute , répondit Coello , il vient pour nous absoudre de beaucoup de fautes , et surtout nous lever beaucoup de nos scrupules. » Ses dessins au crayon noir et à la plume sont très-recherchés , ainsi que les trois estampes qu'il a gravées à l'eau-forte , dont l'une représente un Crucifix ayant à ses pieds la Vierge , saint Augustin et sainte Monique ; les autres sont les portraits de Charles II et de la reine. Sébastien Munos et Théodore Ardemans sont les deux élèves qui font le plus d'honneur à Coello. Ses ouvrages se trouvent à Madrid , Saint-Ildefonse, l'Escdrial, le Paular , la Espina , Cien Pozuelos, Sarragosse , Corella, Torrejon, Valdemoro, Salamanque , et chez un grand nombre d'amateurs. M.

COLLADO ( Jean ), fresquiste , né* Valence , fut disciple de Richarte. Il commença par peindre plusieurs fresques , entre autres celle de la coupole dans Saint-François-Xavier, qui lui font le plus d'honneur. Il fît aussi une assez belle Annonciation pour le grand autel de Noguera , décora ensuite l'église de Cheste , et mourut en 1767. Il se fit aussi quelque réputation par des vers en limousin , qu'il composait fort bien , au dire des connaisseurs dans ce langage. V.

COLLANTES ( François ) , paysagiste renommé , naquit à Madrid en 1599, et ful élève de Vincent Carducho. Il peignit aussi l'histoire sacrée , et c'est de lui qu'est la Prophétie d'Ézéchiel que l'on voit au Musée royal ; il se dédia plus particulièrement au paysage 5 les amateurs recherchent ses compositions toujours avec le même empressement. On aime aussi les dessins qu'il faisait à l'encre rouge , et qui indiquent sa facilité. Il mourut dans sa patrie en i656. Il composa la Chasse au sanglier qui est gravée à la tète de l'ouvrage intitulé Origenj Dignidad de la Gaza, imprimé à Madrid en

i634 j pour Philippe IV. M. Lebrun fit en Espagne l'acquisition de plusieurs paysages de Collantes , dont un m'est parvenu. M.

CO M ONT ES (Antoine de), élève d'Antoine del Rincon , et frère dlnigo de Comontes, travaillait à Tolède vers ï5i9. Ses ouvrages sont très-rares, et n'en sont pas plus estimés. On ignore sa naissance et sa mort. M.

COMONTES ( François de ) , peintre d'histoire , neveu d'Antoine , et fils ainsi que disciple dlnigo de Comontes. Il paraît qu'il naquit à Tolède, où il apprit à peindre. Le chapitre de cette ville le nomma en 1 547 son poutre; il remplit les devoirs attachés à cette place jusqu'en i565 , qu'il mourut. En i533, il avait terminé le grand maître autel de la chapelle des Rois , qu'avait tracé Philippe Vigarny.En i536 il peignit diverses figures dans plusieurs entre-colonnes, et , de i545 à 1 547 •> ^l plusieurs portraits tant de cardinaux que d'archevêques. En 1 546 , il avait assez bien restauré la Notre-Dame qui était dans la chapelle de Saint-Pierre de là cathédrale ; mais son plus bel ouvrage est un Saint Barthélémy qu'il termina en i559, et auquel il donna les soins les plus assidus. En i562, il fut chargé , avec Isaac de Helle , de restaurer plusieurs tableaux du cloître , et s'acquitta assez bien de cette commission délicate. — Comontes, d'une activité rare, mit au jour un grand nombre de compositions jusqu'en i564- C'est dans cette année que, le 4 mars, il s'était engagé à peindre une Ascension du Seigneur pour le cloître de Tolède ; mais il ne put l'exécuter , car il mourut presque subitement. — Il laissa plusieurs élèves, entre autres Jean Campo , qui fut se distinguer aux Amériques, par les soins d'un évêque qui fut son Mécène. M.

COMONTES ( Inigo de ) , fresquiste, peintre, élève d'Antoine del Rincon. père et maître de François Co-

CO 79 montes. Il peignit , en i495, l'Histoire de Pilate, que Ton voyait sur l'une des murailles du cloître de la cathédrale 5 et en 1 5 29 , l'entrée de l'ancienne sacristie : mais il ne reste de ces travaux aucun fragment. M.

CONCHILLOS FALCO ( Jean), peintre d'histoire et de genre , disciple d'Etienne Marc de Valence , où il naquit en 1 64 1 - Il dut les progrès qu'il fit à son application et à la patience avec laquelle il souffrit les extravagances de son maître. A la mort de Marc , il vint assister aux études des académies de Madrid, et se mit à copier les originaux des grands maîtres. Il travailla pour l'église Saint-Sauveur de Valence , où il revint avec l'intention d'y établir une académie publique. N'ayant pu obtenir la permission nécessaire , il en ouvrit une chez lui, et la maintint plusieurs années. Il ne se passa jamais un soir qu'il ne fit devant les élèves une figure avec du charbon. — Conchillos composa, à cette époque, divers tableaux pour Valence et Murcie j c'est alors qu'il contracta une étroite amitié avec Palomino, lorsque celuici fut peindre les fresques de l'église de Saint-Jean. — Conchillos , accompagné de Denis Vidal , fut à quelque distance de la ville au-devant de Palomino, et fit de cette rencontre un joli tableau. Il en fit un autre représentant le versement d'une voiture dans laquelle il était avec son ami. C'est l'épisode qu'il a le mieux rendu. Il eut une attaque de paralysie , et , après une série de malheurs , perdit la vue. Cet infortuné mourut enfin le 1 4 mai 17 11. Conchillos laissa à son fils Manuel-Antoine une quantité prodigieuse de dessins de sa main 5 il avait aussi gravé à l'eau-forte , en 1672, un Christ descendu, entouré de la Vierge, de s'aint Jean et de la Madeleine. — Ses œuvres sont disséminés à Madrid , Valence , Valdigna , Aloquas et Murcie. V.

COISTHERAS ( Antoine de), peintre d'histoire et de

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portraits , naquit à Cordoue, en 1 58^ , et fut élève de Paul deCespedes. A la mort de sonmaitre il fut se perfectionner à Grenade, où il devint dessinateur et coloriste. Use retira ensuite à Bujalance , charmant endroit , qui domine Aldea del Rio, et y mourut en i654* D orna de ses ouvrages le couvent de Saint-François, dans ce joli séjour, et fit distinguer ses portraits par leur ressemblance. S.

CORDOBA ( Pierre de ) , peintre mystique. Près l'autel de Saint-Antoine dans la cathédrale de Cordoue , il en est un autre petit, d'architecture gothique : on y voit un tableau sur bois signé en lettres d'or par ce professeur , en i5oo-, il représente l'Annonciation , et est d'un mérite supérieur pour le temps , car on y trouve le dessin uni à la finesse et à l'harmonie de la couleur. S.

CORRALES ( François de los ) , peintre d'histoire , et l'un des dix -huit professeurs qui , en i5oo , travaillèrent au grand maître autel de la cathédrale de Tolède. M.

CORREA (D.), peintre d'histoire. Les tableaux du grand maître autel de Vaî-de-Iglesias , sont de cet artiste, ainsi que tous ceux du grand cloître; le tout peint de grandeur naturelle, et rendu avec assez de talent , d'après l'école florentine. Ils sont tous signés , D. Correa fecit i55o. — On peut conjecturer, d'après ses œuvres , que Correa avait été en Italie , ou qu'au moins il avait étudié sous des professeurs qui en revinrent bien instruits. — Il a, au surplus , laissé beaucoup d'autres ouvrages. On ignore le temps de sa mort. M.

CORREA (Marc), peintre de genre, élève de Bobadilla, apprit à dessiner dans l'académie de Séville , qu il soutint de ses deniers , comme les autres artistes de son temps, depuis 1667 jusqu'en 1673. Il s'est adonné à

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peindre des trompe-Tœil , qu'il terminait avec une grande vérité , beaucoup de hardiesse , et l'effet du genre. S.

CORTE , peintre de perspectives. Antequerra le vit naître. Il se distingua dans la perspective , et fut en grande réputation à Madrid vers le 17e. siècle. *S.

CORTE (Gabriel de la), peintre de fleurs , naquit à Madrid en 1648 , et apprit de son père , Jean de la Corte , quelques élémens. Orphelin à 12 ans, et sans maître , il choisit le genre des fleurs d'à près le Mario et d'après Arellano. Il savait très-bien les grouper dans des vases , des corbeilles. On le vit travailler sous plusieurs autres professeurs. Antoine de Castrej on, ainsi que Mathias de Torres, ont souvent mis à profit des guirlandes de la Corte, pour peindre dans le milieu leurs sujets fabuleux. Malgré cette ressource et ses talens, Gabriel mourut très-malheureux à Madrid, en 1694* M.

CORTE (Jean de la), peintre d'histoire , de batailles et de paysages , père de Gabriel de la Corte , naquit en 1597 à Madrid , où il se perfectionna sous l'illustre Velasquez de Sylva. Une grande facilité et un goût sûr formèrent le talent de la Corte. Il fit, pour la salle des Royaumes du Retiro, un très-grand tableau , où il représenta Valence del Pô secouru par D. Charles Coloma. Velasquez fit la tète de ce guerrier, ( tant le maître fut content de l'écolier ! ) ainsi que fit Carducho , pour Félix Castello , dans le tableau de D. Fadrique de Tolède , que ce dernier artiste fit pour le même salon des Royaumes. Corte peignit encore pour la même salle l'Incendie de Troie et l'enlèvement d'Hélène , qui lui ont fait aussi beaucoup d'honneur , ainsi que quelques batailles qu'il composa dans l'habitation de l'Infante. — C'est dans les paysages , les points de vue et les batailles , que Corte se distingua plus particulièrement. Tous les amateurs et

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