‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 25 sur 72 · G ES · texte numérisé non relu

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ESTEBAN (Rodrigue), peintre du roi don Sanchez IV. Dans un Appendice de la bibliothèque rovale , qui renferme divers comptes de ce prince pour les années 1291 et 1292 , on trouve ce qui suit : « A Rodrigue Esteban, peintre du roi, en récompense , de la part de l'éveque, pour choses que le roi lui ordonna de faire à l'évêché , 100 maravédis d'or. » — On ignore quelles sont ces choses , et quel fut leur mérite relativement à l'état des arts à cette époque : toutes les recherches ont été infructueuses. — Mais un acte aussi authentique prouve qu'en Espagne il yavait aussi déjà des peintres duroi^etque les souverains de ce pays , si fertile en grands hommes de tous les genres, savaient distinguer cette brillante et honorable profession.

ESTE BAN MURILLO (Barthélémy ), chef de l'école flamenco-espagnole. C'est le prince de l'école de Séville , et le plus grand des coloristes espagnols. — Antoine Paiomino croit qu'il naquit à Pilas 5 mais son extrait de baptême authentique prouve qu'il fut baptisé dans la paroisse de Saint-Marie-Madeleine de Séville, le lundi ier. janvier de 161B **. — Dès l'enfance , Muriilofît connaitreson penchant pour la peinture ; et son père ne tarda pas à le mettre à l'école de Jean del Caslillo son parent, pour qu'il y apprit les élémens. — Castiîlo , bon dessinateur, sut inculquer à son élève d'excelîens principes ; mais il ne put lui enseigner que la couleur sèche qu'il tenait de l'école florentine. C'était en effet celle qu'avaient apportée à Séville Louis de Vargas , Pierre de Yilhgas et quelques

'''Cette erreur peut provenir de ce que la femme de Murilld père <: tait de Pilas , et qu'elle y avait un peu de bien. — Les parens de Barthélémy furent Gaspard Esteban Murillo, et Marie Perez. Comme tous ses ancêtres se sont appelas Esteban , on en conclu: que c'est le nom de famille.

ES 97 autres professeurs. — Tels furent les commencemens de Murillo, qui apprit fort vite et sans peine. Son maitre ayant été s'établir à Cadix , Murillo se trouva sans guide. Il peignit alors pour la foire de Séville tout ce dont se chargeaient ceux qui faisaient ce commerce de peintures avec les Amériques. Par ce moyen , il acquit une grande pratique, et se fit un coloris suave, quoique trop étudié. On conserve toujours de lui , à Séville , trois tableaux de ce temps : c'est là sa première manière. — Murillo n'avait pas plus de il\ ans , lorsque Pierre de Moya vint à Séville , arrivant de Londres , pour se rendre à Grenade. Cet artiste distingué rapportait le goût et la palette de Wandyck , son maitre. Quand il vit la douceur du style de Moya, Murillo resta dans l'admiration , et ne s'occupa plus que des moyens de l'imiter. Mais le départ de Moya fut si prompt , que Murillo resta tout incertain sur le chemin qu'il devait suivre pour arriver à être grand professeur. Il aurait bien été en Angleterre, mais Wandyck venait de mourir. Il aurait bien aussi voulu se rendre en Italie : mais il se voyait sans nuls moyens pour entreprendre un tel voyage, et à la suite de ces désirs , il restait dans une affliction extrême. — Enfin il trouva une ressource que la vertu et l'application purent seules lui inspirer. Il achète une assez bonne partie de toiles , la divise en beaucoup de carrés , les imprime luimême , sur les uns peint quelques passages mystiques, et sur les autres des fleurs. — Un chargeur pour les Indes les lui achète. Muni de leur mince produit , Murillo part de Séville pour l'Italie , sans communiquer son intention à qui que ce soit de sa famille , ni à aucun professeur. — Il arrive à Madrid , se présente à Velasquez , son compatriote, et lui découvre les projets qui l'ont fait sortir de Séville. — Murillo trouve dans Velasquez une bonté excessive ; car à l'instant il en reçoit tous les moyens possibles pour étu-

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