‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 29 sur 72 · FE · texte numérisé non relu

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approchait de lui. — Mais il fut surtout un grand artiste , tant pour le dessin que pour l'expression , et dans la composition très-peu se sont approchés de lui ; pour le coloris il n'eut de son temps aucun rival , puisqu'il fut surnommé le Titien espagnol. Il prouva le grand cas et lerespectquilfaisaitdes ouvrages decegrand maître, quand son célèbre cadre de la Cène vint à l'Escurial : au moment de le placer dans la salle du réfectoire, le tableau se trouvant un peu trop grand , le roi ordonna qu'on le coupât ; le muet , qui se trouvait à côté du roi , sans interprète , comprenant ce que Sa Majesté venait de dire, se mit à faire de tels cris, et des démonstrations d'un chagrin si violent , qu'il fallut l'écouter . L'interprète venu, sut expliquer à Sa Majesté la proposition de Fernandez : il s'engageait à livrer dans six mois une copie exacte de ce bel ouvrage, qui alors entrerait dans la place destinée a l'original. Le Modo fit ajouter expressément au roi qu'il consentait qu'on lui tranchât la tète s'il ne tenait parole. Par une singularité inexplicable , Philippe II , qui portait à l'excès l'amour des belles choses , ne voulut pas attendre une minute, fit couper le tableau, et Fernandez ne put contenir ni sa douleur ni sa colère. — Que penser de Philippe II, qui protégeait les arts avec tant de munificence , et que penser encore de tout ce qui entourait le monarque , puisqu'au lieu de mutiler le tableau il ne vint à l'idée de personne de le faire seulement replier ou en dedans ou sur le châssis? — Les ouvrages publiés de Fernandez Navarrete el Mudo sont considérables , et presque tous de la plus grande dimension. L'Escurial possédait près de trente de ses compositions, et particulièrement son morceau de réception. Il représentait la Sainte-Cécile de Raphaël, au sujet de laquelle Fernandez sut dire , que ne pouvant créer un sujet aussi beau, il valait

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mieux chercher à l'imiter. Ce petit tableau est en effet un chef-d'œuvre. La Estrella, Salamanque, Valence, ont aussi un grand nombre des productions de ce grand artiste, qui vraiment fut l'honneur de son pays, comme il fut une des singularités de la nature. M.

FERNAND (l'infant cardinal don), fils de Philippe III, manifesta son inclination pour la peinture , et dès son plus jeune âge l'apprit sous Vincent Carducho , qui lui fit faire de véritables progrès. — Transporté en Flandres , il protégea les artistes de ce pays , comme on peut le voira l'article de Gaspard Crayer *, à qui il donna une chaîne d'or et une pension viagère pour un portrait de lui, qu'il envoya à son frère Philippe IV. L'infant don Fernand mourut en Flandres le 9 novembre 1640, regretté de tout le monde, et particulièrement de tous les artistes.

FERRADO ( le père don Cristophe ) , peintre d'histoire , naquit à Anieva, dans la principauté des Asturies, vers 1620. Il se fit chartreux à 20 ans, et entra le 22 juillet i64i dans la Chartreuse de Sainte - Marie de las Cuevas,près de Séville. Très-peu l'ont égalé dans l'observance d'un ordre aussi rigoureux. Son zèle et sa piété le firent nommer recteur de la Chartreuse de Cazalîa. Né et élevé dans un pays où les arts n'étaient point en honneur, et s'étant sevré du monde à la fleur de l'âge , ce n'est que dans son monastère , et l'on peut même dire dans sa cellule , qu il chercha à imiter les professeurs qui , de son temps , travaillaient dans cette célèbre retraite , et qui sans doute lui donnaient quelques leçons dans les heures que permettait la règle. Dans tous les cas, il est très-vrai que Ferrado parvint à être l'un des premiers naturalistes

* Voyez le Dictionnaire des artistes étrangers qui ont décoré l'Espagne de leurs productions.

d'Andalousie. Ses ouvrages , d'un dessin pur , sont en même temps bien ordonnés , les figures bien placées : les paysages surtout sont remplis d'agrément ; c'est ce que l'on peut reconnaître dans les dix tableaux qu'il fit pour le cloître de Saint-Michel de son monastère de Séville. 11 en composa six autres qui , pour leur mérite , furent placés dans la salle priorale du même monastère. Tous ces tableaux représentent des traits de la vie de Jésus- Christ et de la Vierge , et font partie de la collection de lAlcazar. La Chartreuse fournissait à Ferrado tout ce dont il avait besoin pour peindre. Il mourut le 29 avril 167 3, tourmenté par la pierre dont il souffrit pendant plusieurs années. S.

FERRER ( Joseph ) , peintre de fleurs , né à Alorca , obtint le premier prix de la première classe dans le concours général que célébra l'académie de Saint-Charles de Valence, en 1776, et le premier de peintre en fleurs l'an 1780. En effet, ses bouquets sont remplis de vérité et de fraicheur.il paraît que Ferrer mourut ily apeu de temps. V*

FERRER ( Pierre Jean), peintre d'histoire, élève de Guillaume Mesquida à Mayorque , où il travaillait vers 1780. Ses ouvrages , d'un goût assez épuré, sont dans les couvens de Palma. V.

FIGUEROA (le frère François), peintre d'histoire, religieux dominicain , donna des preuves de son habileté et de son intelligence, vers la fin du 17e. siècle , dans son couvent de Grenade, où il a laissé plusieurs grands tableaux assez bien composés. S.

FIGUEROA (François) , peintre de paysages , né en Galice , fut attaché dans Madrid à la maison du prince Pio. Son goût pour les arts , et son étroite amitié avec les Miranda, peintres du milieu du 18e. siècle, le déterminèrent à étudier la peinture. Il ne tarda pas à obtenir y

quelque réputation , particulièrement dans les paysages , qu'il faisait assez bien. Le tableau qui est à la porte de Fuencarral et celui qui est rue Saint-Bernard, au coin de celle de la Palma, sont de Figueroa. M. de Lameyra , amateur distingué, conserve le portrait de cet artiste peint par lui-même. M.

FLORES ( Frutos ) , peintre d'histoire , l'un des six artistes qui , en i5oo, furent chargés du grand autel de la cathédrale de Tolède. M.

FONSECA DE FIGUEROA (dit Jean ) , chanoine et maître d'école dans la Sainte-Eglise de Séville , au service de Philippe IV, et frère du marquis d'Orellana, exerça la peinture , comme amateur, avec beaucoup d'intelligence , et fit surtout très-bien le portrait du poëte François de Rioja , ce qui lui mérita, de François Calatayud, des éloges en vers qu'il est inutile derelater ici. — Son opinion dans l'art de peindre était reçue comme celle du meilleur professeur , et il se faisait un plaisir de protéger tous les hommes de mérite , particulièrement dans cette branche. Fonseca fut le principal instrument de la fortune de Velasquez de Silva \ ce fut lui qui employa tous ses moyens pour faire recevoir l'artiste au palais. — Velasquez , n'ayant pu obtenir de faire le portrait du roi, était retourné à Séville : Fonseca le rappela en 162 3 , d'ordre du comte duc d'Olivarez , lui envoya de l'argent pour son voyage , et le reçut dans sa maison. Cette bienveillance, qui mit Velasquez à même de faire valoir ses immenses talens , mériterait seule à Fonseca une place dans ce Dictionnaire. S.

FORTEA ( Joseph ) , peintre de fleurs , de perspectives, et graveur en taille-douce, naquit en Aragon. Il fut disciple d'Apollinaire Larraga de Valence , se distingua dans la perspective , dans les rieurs, et peignit en détrempe avec une très-grande facilité. Il fit, avec Hippolyte Robira,

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et sous la direction de son maître , le beau monument en perspective de la cathédrale de ^ alence. Plusieurs amateurs ont quelques-uns de ses tableaux. Fortea mourut à Valence en in 5 i, après avoir beaucoup gravé. F .

FPiAN CIOXE ( Pierre ) , peintre espagnol d'un talent supérieur, dans les principales parties de Fart. Il vivait eu Italie vers 1021 , et Ton conserve plusieurs de ses ouvrages dans quelques églises de Naples. Voyez Sauts eli. /.

FRANCISQUITO , l'un des plus grands élèves de Luc Jordan, qu'il suivit à Naples en 1-02, où il donna des preuves de son habileté; sa vivacité extraordinaire et le grand talent qu'il avait pour peindre , ne pouvaient que produire un grand peintre auprès de Jordan. Francisquito , en effet, l'imita non-seulement dans le coloris , mais aussi dans la facilité que le Fa-Presto avait pour inventer et composer ; de manière que Jordan disait de lui : « Ce jeune homme est sorti de meilleure souche, et est né avec plus de talens que moi. » — Peu de temps après 1704 . que mourut son maître, il mourut lui-même subitement, et fit perdre les justes espérances que l'on avait de posséder un bon peintre en Espagne, où il nv en avait pas alors, puisque Jordan avait donné le signal de la décadence. /.

FPlANQUET ( Joseph ) , fresquiste , né à Cornudella , dans l'archevêché deTarragone, fut élève de Jean Juncosa, et peignit avec son fils Joachim Juncosa, Tan 1678, l'Hermitage de Notre-Dame de la Miséricorde , hors les murailles de la ville de Pveus. V.

FUENTE ( Jean-Léandre de la), peintre d'histoire, l'un des professeurs de mérite que ne connurent ni Palomino, ni Pons, ni d'autres écrivains plus anciens, et qui cependant mérite une place distinguée dans les annales des arts en Espagne. Il fleurit à Grenade depuis i63o

jusques en 1640 j c'est là que sont les tableaux de cet artiste , grand imitateur de la nature , et coloriste , d'après l'école Vénitienne. Il se distinguait dans le genre des Bassans que ses ouvrages rappellent entièrement, tant pour l'exécution que pour les mêmes sujets qu'il traitait. Les ouvrages de la Fuente sont à Grenade , à Séville, à Madrid , dans les couvens , et chez les particuliers. S.

FURES DE MUNIZ ( don Jérôme ) , amateur, chevalier de Saint- Jacques , gentilhomme de bouche de Philippe IV , conservateur général des domaines royaux de INaples , de la Sicile et des états de Milan. Ce gentilhomme était le plus grand amateur de son temps , s'exerçait constamment dans la peinture , et ne traitait que des sujets de morale et de philosophie. — L'une de ses productions est celle où il figure un vaisseau à toutes voiles que porte un vent favorable , avec cette épigraphe : Non credo* tempori. Il prouva son goût et son intelligence dans la nombreuse collection qu'il avait à Madrid de tableaux des meilleurs professeurs d'Italie et d'Espagne. Elle avait tant de réputation , que le prince de Galles fut la voir quand il vint à Madrid. Jérôme Fures fit alors au prince l'hommage de plusieurs peintures des plus fameux maîtres espagnols , ainsi que de quelques armes fort curieuses.

GALCERAN , né en Aragon , vivait à Sarragosse au milieu du 17e. siècle, et fît quelques ouvrages de considération avec assez de liberté , mais sans nul dessin, en raison du peu d'étude qui avait précède ses compositions , et de l'excessif amour - propre qui le dominait. Cependant il trouva , sans beaucoup de talens , le moyen de vivre

GA i23 très - honorable ment et de laisser un assez grand héritage. V.

GALINDEZ ( le père Martin ), peintre d'histoire et sculpteur, naquit à Haro, en ï54?3 ou 3 apprit les élémens sous le frère Vincent de Santo-Domingo , religieux hîéronymite , qui résidait à cette époque au monastère de la Estrella, et où le célèbre Jean Fernandez Navarrete (el Mudo) avait appris aussi, parce que le frère Vincent savait peindre, et avait de la réputation dans son pays. — Galindez, quittant le monde, se retira dans la Chartreuse du Paular, où il professa en i584, sans manquer à l'observance rigoureuse de son ordre 5 il passait ses momens de loisir à peindre, à faire des horloges, et des réveils-matin pour les religieux, à sculpter, et à travailler en charpente. — Il devint si adroit dans cette dernière branche , qu'il fit pour le chœur et le couvent de très - beaux meubles ornés d'architecture. — Le tableau qui est dans l'hôtellerie , et qui représente , de grandeur naturelle, la Vierge du Rosaire avec l'Enfant- Jésus ayant à ses pieds plusieurs moines qui paraissent autant de portraits, est de lui. — Les quatre ou six tableaux oblongs, représentant des anachorètes , qui étaient placés dans la chapelle de Saint-Ildefonse , ainsi qu'un Saint- Paul , et plusieurs autres cadres disséminés dans les cellules des religieux, sont encore de lui. Tous les ouvrages de Galindez étaient corrects et naturels. — Il mourut en 1627, à 1 âge de 80 ans, dans son monastère, après en avoir été long-temps le proviseur, et laissant une grande réputation de vertus ainsi que d'aménité. V.

GALLARDO( Mathieu), peintre de Vierges, résidait à Madrid , vers 1657, avec la réputation de bon professeur. On connaît de lui et signé de sa main, un Christ, et quelques Vierges de grandeur naturelle , dont le colo-

ris aimable, la suavité et la belle pâte, méritaient sans doute que Palomino en fît mention dans son ouvrage. M.

GALLEGO , peintre d'histoire et sculpteur. Il conste seulement que son nom de baptême commençait par un A. Il travaillait de i5^i a i546, et fît à cette époque plusieurs tableaux pour le monastère de Sainte-Marie de jVaxera. M.

GALLEGOS (Ferdinand ) , peintre d'histoire, naquit àSalamanque, vers 1 4? ^- H pourrait, selon quelques autorités, après avoir appris les principes à Madrid, avoir été disciple d'Albert Durer en Allemagne } mais il a étudié ce genre en Espagne , où beaucoup de professeurs , tant allemands que flamands et italiens , l'ont apporté. Cette manière étant alors le goût dominant de toute l'Europe , et n'ayant pu vérifier si Gallegos est sorti d'Espagne, il est plus vraisemblable qu'il a étudié sous Pierre Berruguete, son compatriote. — Il est certain que Gallegos surpassa tous ses contemporains, tant pour le dessin le plus exact, que pour une heureuse imitation du naturel, et surtout pour une telle ressemblance avec les ouvrages d Albert Durer, que l'on peut confondre le faire de ces deux artistes *. Il faut de même observer qu'il florissait vers le milieu du 16e. siècle, époque où les arts en Espagne étaient au plus haut degré d'illustration , et où le bon goût dirigeait les artistes de tous les genres. — La chapelle de Saint-Clément, à Salamanque , avait pour maître autel le chef-d'œuvre de Gallegos. Ce tableau représentait Notre- Dame assise , avec l'Enfanî-Jésus dans ses bras, ayant à ses côtés Saint-André et Saint-Christophe. — Il fit beaucoup

* J'ai vu Lebrun soutenir, avec son ardeur ordinaire , qu'un Oratoire, vraiment de Gallegos , ne pouvait être que d'Albert Durer.

GA ,25 d'autres ouvrages que Palomino cite comme d'un goût épuré , mais qui déjà dépérissent. — Gallegos mourut dans sa pairie et dans un âge très-avancé, en i55o. M.

GALVAN ( don Jean), peintre d'histoire, naquit en 1 5g8 à Lucène d'Aragon, d'une famille très-illustre \ il fut élevé avec le décorum qui convenait à sa naissance. Il apprit Fart à Sarragosse , et pour se perfectionner fut en Itaiie 3 où il fît de grands progrès , tant à la fresque qu'à l'huile. Galvan aimait la solitude 5 il était laborieux , mais ne voulait pas qu'on le vît travailler. — Il aimait particulièrement les grandes compositions , pour lesquelles il faisait poser des modèles. — Il mourut à Sarragosse en i658, à rç> ans. Il laissa dans cette ville les tableaux qui ornaient la cathédrale de la Seu, savoir : la iNativité , la Fuite en Egypte, Sainte-Juste, Rufine , et toute l'histoire du prophète Elie aux Carmélites-chaussées. Les belles études , les carnations pures , rendent les ouvrages de Galvan très-recommandables , et leur donnent un grand prix. V.

GANDIA ( Jean de ) , peintre célèbre pour la perspective et l'architecture. — C'est ainsi que, sans aucun autre détail, le nomme Théodore Ardemans dans une liste d'artistes qu'on voit à la fin d'un ouvrage qu'il publia , en 17 19, intitulé: « Déclaration y extencion sobre las ordenanzas de que escribio Juan de Torija » , pour la direction des fabriques. Il parait que Gandia fut un des bons artistes contemporains dArdemans. M.

GARCIA (don Barnabe) , peintre d'histoire, naquit à Madrid , en 1679 , et fut élève de Jean Delgado , dont il imita le foire et la couleur. — Garcia jouit à la cour d'une grande réputation, au commencement du 18e. siècle. Il fit divers ouvrages pour des particuliers , les quatre Docteurs pour une église d'Alcala de Henares , plusieurs autres

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productions pour l'église des Religieuses de Sainte-Thérèse et pour celle de Saint-Philippe de Neri de Madrid , où il mourut en 1 7 3 1 . M.

GARCIA ( François ) , peintre d'histoire et de mérite à Murcie, était attaché au marquis de Vêlez au commencement du 17e. siècle; il fit entre autres le bel ouvrage qui décore le maître autel de la chapelle de los Vêlez, dans la cathédrale de cette ville, qui représente Saint-Luc écrivant. Il a développé dans cette composition un talent vraiment distingué : on y trouve surtout de belles poses et un dessinateur habile. On voit au bas cet ouvrage l'inscription suivante : « Sous le pontificat de Maxime Paul V, sous le règne de Philippe III , et par ordre du marquis don Pierre Faxardo de Requescens , François Garcia , son peintre, fit ce tableau qui se finit et se posa le i5 octobre 1607. » V.

GARCIA ( Grégoire ), peintre d'histoire, a fait et signé, en 1696, le tableau du grand autel de la paroisse de Chueca , à trois lieues de Tolède, Il représente la Madeleine s'élevant dans une gloire , et n'est pas sans mérite. M.

GARCIA (Michel et Jérôme), peintres de genre, sculpteurs et jumeaux. Ils furent tous les deux chanoines de la collégiale de Saint- Sauveur à Grenade, et travaillaient toujours ensemble : l'un faisait la sculpture , et l'autre l'ornait selon l'usage du temps. Leurs ouvrages tant publics que particuliers, de petites dimensions , sont très -estimés , et tiennent de la manière d'Alphonse Cano , qui fut leur maître. S.

GARCIA FERRER ( le licencié don Pedro ) , peintre d'histoire et ecclésiastique, naquit à Alcoriza , dans le royaume d'Aragon, exerça sa profession à Valence ainsi qu à Madrid au milieu du 17e. siècle; et se fit une grande réputation surtout dans la perspective. — Don Mariano

Ferrer, secrétaire de l'académie royale de Saint-Charles de cette ville , possède un Crucifix signé de ce maître en i6325 et qui est vraiment d'un grand mérite. — Garcia Ferrer fit plusieurs nouveaux tableaux entre autres le Saint- Vincent Ferrer, qui était au couvent de Saint-Dominique de Valence. — Il mit dans son testament la clause que la collection nombreuse qu'il laissait, tant de lui que de grands maîtres , dans Alcoriza sa patrie , devait se transporter à Sarragosse , Valence et Madrid , parce que ces objets d'arts produiraient davantage à ses héritiers dans ces grandes villes. Sa collection en effet fut vendue une somme exorbitante. V»

GARCIA HIDALGO ( don Joseph ) , peintre d'histoire. Malgré les notes que lui-même a laissées imprimées sur sa vie, on ne sait ni où, ni quand il naquit; quelques-uns assurent que c'est à Murviedo, ou Morvedro V ancienne Sagonte,el d'autres qu'il est Asturien. — Si l'on s'arrête aux époques de ses études dans l'art de peindre , à ses voyages, à ses résidences dans Murcie , dans Rome , dans Valence et dans Madrid , il paraît être né vers i656, plus ou moins. — Il est facile de voir par ses armoiries , que lui-même grava , qu'il était d'une famille illustre. On présume qu'il avait tout au plus i4 ans quand il apprit à dessiner à Murcie, où ses parens l'avaient mené, si toutefois il n'était pas né dans cette ville , et que don François Garcia n'ait pas été son père. — Dans tous les cas , Garcia Hidalgo eut pour premier maître le chevalier Villacis , et ensuite Gilarte , tous deux professeurs très en crédit , et qui donnèrent à leur élève les règles positives du dessin. Garcia fut bientôt à Rome étudier l'antique et les ouvrages des grands maîtres, sous la direction de Hyacinthe Brandi. Pierre de Cortone, Salvator Rosa , et Charles Marate, témoins de ses bonnes dispositions, et de l'application qu'il met-

tait à recevoir et profiter des conseils, se firent un plaisir de lui donner les leurs 5 mais le mauvais état de sa santé le força de retourner en Espagne , ce qui lui causa un violent chagrin. — C'est dans Alicante qu'il débarqua , désirant connaître les peintres de Valence , ainsi que les ouvrages de Joanes et de Ribalta. Il fut dans cette dernière ville , dont le climat lui convint, y resta sept à huit ans, et concourut tout ce temps à une académie que tenaient des étrangers , en concurrence avec celle des indigènes. Les membres de ces deux académies se réunissaient toutes les fêtes ; on y voyait briller Garcia parmi tous les artistes , qui l'appelaient el Castellano.W fit alors plusieurs ouvrages, tant publics que particuliers. Il vint à Madrid en 167 4 •> pour terminer les tableaux du cloître de Saint-Philippele-Pioyal. Quoique très-avancé dans l'art , Garcia ne voulut pas se séparer un seul instant de Jean Carreno , sous qui il travaillait comme un jeune élève. Il peignit alors , pour l'oratoire du roi , un tableau qui fut célébré de tous , excepté d'Antoine Palomino , qui ne pouvait supporter les éloges que Garcia recevait, encore moins l'estime que lui portait Carreno. De la jalousie de Palomino vint l'inimitié qui régnait entre les deux , au point qu'ils ne pouvaient se rencontrer sans qu'il y eût quelque altercation. Mais Garcia se faisait craindre comme vaillant et adroit spadassin ; voilà pourquoi sans doute Palomino n'a point parlé de lui dans ce qu'il écrivit sur les peintres. — Cependant Garcia obtint un grand crédit à la cour, où il eut beaucoup à travailler. Le tribunal de l'inquisition le nomma d'abord censeur des peintures publiques ^ Philippe V le fit son peintre le i5 octobre i-o3, et peu de temps après chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Il termina , en 17 1 1 , les vingt-quatre tableaux historiques de la Vie de Saint-Augustin , pour le couvent de Saint-Philippe-

le-Royal0 et y sut développer son intelligence dans plusieurs parties de l'art, particulièrement dans la composition. — Il paraît que , sur les derniers jours de sa vie , il se relira au couvent de Saint-Philippe et y mourut,

— Garcia prouva son zèle pour 1 avancement de la jeunesse , par les principes et règles qu'il dessina , grava et imprima en 169 1. Il y traite de toutes les parties du corps humain , de l'anatomie, des diverses manières de peindre, delà composition et du mélange des teintes et demi-teintes , du mode qu'il faut employer pour parvenir à l'enseignement. Il traite aussi la manière de graver à l'eau-forte , en y ajoutant beaucoup de notes curieuses sur quelques artistes illustres et amateurs qui l'ont précédé en Espagne.

— Ses ouvrages sont à Valence , à Madrid , à Siguenza , à Sant-Jago, à Guadalaxara , etc. S.

GARCIA DE MIRANDA ( Jean ) , peintre d'histoire, naquit à Madrid le 12 septembre 1677. Il apprit sous Jean Delgado, avec une telle application , qu'il parvint à égaler son maître , et à jouir d'un grand crédit à la cour. — Comme il se distinguait particulièrement dans la restauration des peintures anciennes , il fut appelé pour restaurer celles qui s'étaient abîmées dans l'incendie du Palais royal de Madrid, en 1734. Don Joseph Patino , ministre d'état, lui valut cette commission ; et Philippe V, qui eut occasion alors de reconnaître le mérite de Miranda , le nomma son peintre le i5 avril 1735, avec les honoraires de 2000 ducats d'or , et 5oo de mise en possession.

— Avant cette époque le marquis de Miraval, gouverneur du conseil et très-grand amateur des arts , faisait un cas particulier de l'intelligence et de l'habileté de Miranda , puisqu'il le fit nommer appréciateur des tableaux avec Antoine Palomino de Velasco ; mais l'année sui-

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vante, 1725 , le même conseil nomma aussi pour le même objet :

Jérôme Esquerra , ) peintres

Isidore Rodriguez de Ribera , y du roi , Valère Iriarte , Pierre Calabria , Michel Menendcz , f et tous professeurs

Jean Vincent de Ribera , ( à Madrid.

Joseph de Paz, Et François Ortega , Miranda était né sans la main droite -, ne pouvant tenir sa palette , il se la faisait attacher , et peignait de la main gauche. — Cet artiste, très-exact dans la pratique et l'accord des nuances , fut aussi bon dessinateur. — Il se plaisait à peindre des Conceptions , que les amateurs conservent toujours avec intérêt. Miranda mourut le 8 mai 1749? laissant un fils appelé Jean, qui mourut à 21 ans , après avoir donné la preuve qu'un jour il serait un grand peintre , ainsi que le laissaient conjecturer le Sauveur , le Saint-Pierre et le Saint-Paul , qu'il fit pour Monserrate. Garcia de Miranda travailla particulièrement à Madrid , Alcala de Henarez et à Valladofid. M»

GARCIA DE MIRANDA (Nicolas) , frère et disciple de Jean, naquit à Madrid en 1698. Il se distingua tellement comme paysagiste , que ses compositions souvent se prenaient pour être de son neveu , Pierre Rodriguez de Miranda. Non-seulement sa couleur aimable et naturelle , mais aussi les caprices de son imagination , lui donnèrent beaucoup de vogue. Nicolas de Xameyra, amateur distingué , possède de ce maître cinq tableaux qui signalent son goût et son habileté. — Garcia de Miranda était aussi très-bon musicien. Il mourut à Madrid en 17^8. M. GARCIA PiEYNOSO (Antoine) , peintre de caprices ,

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lié à Cabra en Andalousie , étudia les principes de Fart à Jaën , sous Sébastien Martinez ; mais , avant le temps nécessaire à posséder les élémens , il se retira chez lui pour y peindre , sans autre guide que son imagination. — Comme la ville de Jaën lui présentait peu de ressources , il fut à Anduxar, qui pouvait tout au plus aussi donner de l'occupation à un peintre. Il faut cependant observer que Reynoso 5 pour pouvoir vivre , se mit à dorer et à mettre des ornemens en couleur aux statues tels que des feuillages , des guirlandes et autres accessoires du plus mauvais goût , qu'il sut introduire dans le royaume. En dernier lieu Garcia se fixa dans Cordoue , ville d'un grand commerce alors , et plus versée dans les arts , ainsi que dans le bon goût que leur culture fait naître ; mais Garcia y trouva aussi plusieurs peintres plus avancés que lui. C'est alors qu'il consacra son temps à faire des plans et des dessins pour les orfèvres et les sculpteurs en bois , mêlant les plus ridicules caprices aux compositions des maître autels, des meubles, et même des bijous. — Il résulte de ce genre d'occupations , que Garcia Reynoso ne fut qu'un artiste très-médiocre , sans couleur , sans dessin , et qui ne voulut s'assujettir à aucune règle. — Son compatriote Palomino lui accorde beaucoup d'invention* mais on peut facilement prouver à Palomino que Garcia ne fut jamais ni bon peintre , ni grand architecte , et que surtout il fut très-loin d'imiter son maître. Le seul mérite que l'on ne peut lui contester , se borne aux ciels légers et aux fonds vaporeux , qu'il savait parfaitement mettre en harmonie dans ses ouvrages. Il mourut à Cordoue en 1677 , à l'âge de 54 ans. S.

GARCIA SALMERON (Christophe), peintre de genre, naquit à Cuenca en i6o3, et fut élève d'Orrente, sans être jamais sorti de cette ville 5 ce qui prouve bien le séjour

qu'y fit le maître , ce que plusieurs personnes contestent* Sa! meron sut imiter Orrente dans sa couleur vénitienne, aussi-bien que dans son vigoureux clair- obscur. Ayant acquis la réputation d'un bon peintre, il reçut de Philippe IV l'ordre de peindre la Course de taureaux qui se donna dans Cuenca pour la naissance de Charles II , et Salmeron s'y représente dans l'action de peindre la fonction*. Il fut appelé à Madrid, où il mourut en 1666. Plusieurs connaisseurs prétendent souvent que des tableaux de Salmeron sont d'Orrente. V.

GARZON ( Jean ) , peintre d'histoire de Séville , et élève de Murillo , qu'il imita assez bien , malgré que dès le principe il eût eu le malheur de perdre son maître. Garzon contracta une étroite amitié avec son condisciple François Meneses Gsorio. Ils s'entr'aidaient dans leurs ouvrages, qu'on trouve confondus avec les compositions d'autres imitateurs de Murillo , qui tous suivent la même manière et le même style. Garzon mourut à Séville vers 1729. S.

GASSEN (François), peintre d'histoire, né en Catalogne , peignit avec Pierre Cuquet les tableaux du cloître de Saint-François-de-Paule à Barcelone. Ils représentent la Vie du fondateur. Il fit aussi, pour le couvent de Saint- Augustin , l'histoire de ce grand patron. — Tous ces tableaux se sont presque entièrement perdus , à force d'avoir été retouchés. Gassen mourut à Barcelone en i658, à 60 ans; il avait une composition heureuse et un coloris harmonieux. V.

* Je me suis permis d'employer le mot fonction , comme le terme qui caractérise , en Espagne , toutes les grandes re'unions. 11 y a aujourd hui grande fonction veut dire indistinctement : on donnera ce soir un grand bal , un grand concert , un grand spectacle , une course de taureaux, etc.

GASULL ( Augustin) , peintre d'histoire j vaîencien , prit ses premières leçons dans sa patrie et fut ensuite étudier à Rome sous Charles Marate. A son retour en Espagne , il s'établit a Valence, où il mourut au commencement du 18e. siècle. Gasull se fit distinguer par sa couleur ; tous ses ouvrages publics et particuliers attestent combien il possédait celte partie de Fart. On admire de lui à Valence le Saint-André, le Saint-Etienne, la \ierge de l'Espérance, et le Saint-Joseph, qu'il fit pour l'église de Saint-Jean del Mercado, lorsque Paloniino en peignit les voûtes ; et l'on voit également de lui beaucoup d'autres tableaux dans divers temples de la même ville. V.

GAUDIN(le père Louis-Pascal), peintre d'histoire , naquit à Villa-Franca , diocèse de Barcelone , en i556,, et se livra à l'étude de la peinture en même temps qu'à la théologie. Après avoir , jusqu'à l'âge de 38 ans 7 enseigné la théologie en Sardaigne, il vint se retirer à la Chartreuse de Scala Dei en Espagne , et professa en i5g5. Il apporta dans le cloitre les talens en peinture qu'il avait acquis dans le monde. — Pacheco dit qu'il fit beaucoup de bons tableaux pour la Chartreuse de Grenoble , entre autres une excellente Conception. — Le père Gaudin fut à la Chartreuse de Sainte-Marie de las Cuevas , près Séville , et y composa des tableaux qui représentent l'histoire de la Vierge ; je citerai avec exactitude ce que dit Pacheco sur l'une de ses compositions, représentant les Fiançailles de la Vierge et de Saint-Joseph : « Notre-Dame est sans draperie, portant un costume vénitien, très-large par en bas , et dont le corsage très-étroit est garni d'un grand nombre de lacets en couleur, avec des manches à triples garnitures, habillement selon moi très-indécent pour la gravité du personnage. » En effet , c'est ainsi qu'est habillée la Vierge; mais cela n'empêche pas que ce né soit

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vraiment un bel ouvrage. Il paraîtrait aussi que ce fut le père Gaudin qui fît les originaux relatifs à la vie de Saint- Bruno, qui furent envoyés à Grenoble, et dont on leva, en 1618, des copies pour le même monastère de las Cuevas. — De Séville il revint à son monastère, et, passant par Valence , il conclut , pour le couvent de Porta-Coeli, un Saint-Paul, un Saint-Pierre, et une Cène pour le réfectoire. — La réputation du père Gaudin s accrut alors tellement, que le pape lui fit ordonner, par l'entremise du nonce, de se rendre à Rome. Au moment de son départ il mourut à Scala Dei , dont il avait été le vicaire en 162 1 , à l'âge de 65 ans. — Il laissa son couvent et celui de Montéalègre, près de Barcelone, ornés de ses ouvrages , dans lesquels on remarque correction , intelligence, composition, perspective, noblesse de caractères , mais un style assez fort pour leur nuire au premier coup d'oeil. Les archives de Scala Dei disent à son article : « Vir quidem picturœ arte prœclarus , theologiâ prœcla- 77'or, virtuteque (patrum qui cum eo vixerunt testimonio) prœclaiissimus* » V.

GERMAN LLORENTE ( Bernard ) , peintre de portraits , surnommé le Peintre des Bergères , naquit à Séville en i685, avec un talent décidé pour la peinture. Mais il apprit sous son père , qui ne composait de tableaux que pour la foire de Séville et pour les pacotilles destinées aux Amériques. German ensuite travailla près de Christophe Lopez, qui était aussi un peintre de la même cathégorie que son père; de façon que Llorente en sut bientôt plus que ses maîtres, et acquit tant de mérite, que Philippe V étant à Séville avec sa cour, l'artiste obtint la permission de faire le portrait de l'infant don Philippe. Il réussit de telle manière , que la reine Isabelle de Farnèse , entre autres cadeaux , lui donna les

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Batailles d'Alexandre , qu'elle venait de recevoir de France, Gerrnan, d'un esprit mélancolique, refusa d'être peintre du roi , pour ne pas être obligé de suivre la cour. Son caractère l'empêcha de faire connaître ses talens. L'académie de Saint-Fernand le nomma l'un de ses membres honoraires à l'époque où il reçut le surnom de Pintor de las Pastovas , en raison de ce qu il avait fait beaucoup de Vierges vêtues en bergères , assises dans les champs et entourées de brebis, comme nous voyons communément Sainte-Geneviève. — Llorente donnait à ses têtes une telle grâce , une telle douceur et un tel relief, que beaucoup sont sorties du royaume comme étant de Murillo *. — Vers ses derniers jours, cet artiste voulant donner trop de vigueur à son clair-obscur, donna dans le noir, ce qui jette de la confusion dans ses ouvrages de ce temps. Il mourut à Séville en i , laissant entre autres disciples Laurent Quiros , dont j'aurai occasion de parler. S.

GIACHINETI GONZALES ( Jean ), peintre de portraits, connu en Italie pour il Borgohone dalle teste. Il naquit à Madrid vers i63o , d'un père bourguignon, qui faisait dans la capitale le commerce de bijouterie. On ignore quel fut son maître ; mais on sait qu'épris des ouvrages du Titien , il travailla beaucoup d'après lui , copiant tout ce qu'il put en rencontrer. Il joignit à cette étude l'exercice des portraits d'après nature , et devint , par suite de son aptitude, si fort à donner de l'expression aux têtes , qu'on l'appela el BorgoTwn de las cabezas , le Bourguignon des têtes, comme nous l'avons signalé. — Il fut en Italie avec son père , et mourut à Bergame en

* Pour établir un point de comparaison qui se trouve très-exact clans Técole française , et donner une idée de la manière de faire de Llorente, je dirai que German peignait comme Grimoux.

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1696. On conserve à Madrid plusieurs de ses tableaux, qui se trouvent confondus parmi ceux des imitateurs du Titien. M.

GIL DE MENA ( Philippe ) , peintre d'histoire , naquit à Valladolid en 1600. Il étudiait à Madrid sous Jean Vanderhamen, faisant des progrès d'après le savoir du maitre. De retour dans sa patrie , où le goût pour les arts , qui illustra le siècle précédent , n'existait plus , il se fît distinguer par de l'affectation , que l'on prit pour de la grâce , et par la ressemblance, qu'il savait bien saisir. — Il soutint, dans sa maison et à ses frais, une académie de jeunes élèves qui se destinaient à étudier la peinture , et de plusieurs jeunes chevaliers qui venaient suivre ses cours en qualité d'amateurs. — Il mourut en i6j4? laissant une nombreuse collection de dessins , d'estampes , d'ébauches et de modèles en tout genre. — Gil de Mena avait beaucoup travaillé. Sa production la plus célèbre est un Auto-da-fé que l'on fît de son temps à Valiadolid , dont une copie resta au tribunal de cette ville, et dont l'original fut envoyé, comme ouvrage de beaucoup de mérite, au conseil suprême de l'Inquisition. M.

GILARTE ( Mathieu ) , peintre d'histoire , naquit à Valence en 1648 , et apprit l'art sous l'un des élèves de Ribalta. Gilarte fut un des grands émules de l'académie de Valence, où il fit de vrais progrès. Établi ensuite à Murcie , il y contracta une étroite amitié avec le capitaine Jean de Tolède , peintre de batailles ; ils s'entr'aidèrent dans leurs ouvrages. Gilarte fut en grand crédit , et l'ouvrage qu'il fît pour la chapelle du Rosaire , dans le couvent de Saint-Dominique } lui valut un éloge qu'on imprima. Il mourut à Murcie en 1700. Dona Madeleine Gilarte hérita de ses talens. Les ouvrages du père annoncent l'esprit et le savoir qui constituent le peintre ;

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mais cet artiste , faute de maître , ne possédait pas les brillantes parties de Fart , qui , de son temps encore, étaient inconnues en Espagne. Les couvens de Murcie, Tolède, Madrid , sont remplis de ses productions, qui, dans tous les cas, font honneur à l'école de Valence. V.

GINER , peintre Valencien , peignait la perspective avec beaucoup d'intelligence au commencement du 17e. siècle. V .

GODOY DE CARBAJAL ( Mathias ) , l'un des professeurs qui concoururent à établir l'académie de Sé~ ville en 1660 , et à la soutenir à ses dépens. Il en fut second directeur en i663. On possède peu de ses ouvrages. S.

GOMEZ ( Jean ) , peintre d'histoire. Philippe II le nomma son peintre le a5 janvier i5()3. — Le 12 décembre de la même année il y eut une cédule royale, pour qu'on lui payât quelques restaurations qu'il avait faites à l'Escurial. — Il peignit le grand tableau du Martyre de Sainte - Ursule et de ses compagnes, qu'avaft inventé et tracé Peregrino Tibaldi , pour remplacer le même sujet traité avant par Lucas Cambiaso , mais qui , n'ayant pas pu plaire au monarque , fut placé dans la vieille église de l'Escurial. — Gomez peignit plusieurs passages de la vie de Saint-Jérôme pour le même monastère. — Les ouvrages qu'il restaura furent l'Annonciation , Notre-Dame , et le Saint-Jérôme pénitent, de Frédéric Zuccaro, que Philippe II avait aussi rejeté et ordonné qu'on retouchât. — Gomez a un style doux, et cependant assez élevé,- son pinceau a de la tenue. Cet artiste mourut en 1597 , laissant sept enfans , dont le roi prit soin, et desquels sortit Jean Gomez de Mora, disciple et successeur de son oncle François Gomez , dans l'emploi de grand-maître des

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ouvrages des palais. Je parlerai de l'oncle et du neveu à leurs articles respectifs. M.

GOMEZ ( Martin ) , peintre d'histoire , était frère , à ce qu'il paraît, de Jean Gomez. Il habitait Cuenca, et peignit en i55i le Saint -Mathieu , Saint-Laurent et Saint-Michel , qui sont dans la cathédrale de cette ville. — 11 peignit ensuite à i'Escurial les portes de plusieurs reliquaires , pour lesquels Philippe III ordonna, en i5oi , qu'on lui payât 3o3oréaux de plate ( i5oo livr. ). M.

GOMEZ ( Sébastien ) , peintre d'histoire , né à Grenade , où il suivait l'école d'Alphonse Cano , n'a jamais pu atteindre ni le dessin, ni la correction qui distinguent la plupart des élèves de ce grand maître. — La Sainte-\ icrge assise sur des nuages, ayant Saint-Dominique et une autre Sainte pour premier plan , qu'il fit poùr le couvent des Dominicains de Séville; la Sainte-Rose de Viterbe prêchant en public , qu'il fit pour le couvent de Saint-François , lui font cependant quelque honneur , puisque I on a souvent attribué le premier au Mulâtre de Murillo. Cet artiste sîf^nait ses oeuvres , Sebastianum Gomez Grandtensem habuit auctorem. S.

GOMEZ ( Sébastien ), ou le Mulâtre de Murillo, peintre religieux. Ce peintre fut l'esclave de ce grand maître, et, par son application dans les études qui remplissaient tous ses momens de loisir, parvint à imiter Murillo, de manière qu'il fut un peintre renommé , bon coloriste et donnant une belle pâte à ses compositions , d'ailleurs assez bien dessinées. — Le couvent de la Merci-Chaussée de Séville possédait de lui une très-belle Vierge, avec l'Enfant- Jésus , un Christ à la Colonne , ayant à genoux devant lui un Saint-Pierre 9 un Saint-Joseph et une Sainte- Anne. Il paraît qu'il a survécu à son maître, et qu'il est mort à Séville , où il jouit avec raison de beaucoup de répu-

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tation, dont il dut, il est vrai, une grande partie à la considération qu'on portait à son maître. S.

GOMEZ DE VALENCE ( Philippe ) , peintre d'histoire, naquit à Grenade en i634, et apprit sa profession sous Michel- Jérôme Cieza, jusqu'à ce qu'il eût obtenu une grande facilité et le style d'Alfonse Cano , qu'il cherchait particulièrement à imiter dans ses dessins à la plume. — Il mourut dans sa patrie en 1694? en y laissant beaucoup de ses œuvres aux amateurs ainsi que dans les temples. S.

GOMEZ DE VALENCE (François), peintre d'histoire, fils et élève de Philippe , qui sut lui enseigner un coloris frais et agréable, ainsi que beaucoup de facilité dans l'exécution. Les six tableaux de près de quinze pieds qu'il fit pour les Carmélites - Déchaussées de Grenade , prouvent cette assertion ; ces productions représentaient des Saints titulaires du couvent , des fondateurs et réformateurs de l'ordre. On dit qu'il passa aux Amériques vers le milieu du 18e. siècle, et qu'il mourut au Mexique. S.

GONZALES (Barthélemi) , peintre d'histoire et de portraits, naquit à Valladolid en i564, et fut élève à Madrid de Patrice Caxes. Il se distingua d'entre tous les autres peintres de son temps par sa correction , sa couleur et la simplicité , en même temps que par l'ordonnance de ses compositions. Philippe III l'occupa depuis 1608 à divers ouvrages, le chargea de plusieurs voyages à Burgos, Valladolid, Lerma, FEscurial et au Pardo , à la suite desquels il le nomma son peintre en 161 7, Fabrice Castello venant de mourir. Le roi, dans cette circonstance, n'eut point égard à la Junte des ouvrages royaux , qui lui proposait le licencié Jean de lasRoëlas. — Gonzales fit plusieurs fois , et toujours ressemblans , les portraits de la reine et des infans. — M. Le baron Casa-Davaliîlo, amateur très-distingué, conserve dans sa collection six de

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ses portraits en pied, grandeur naturelle , signés en 1621. On ne peut se figurer la beauté des étoffes, des tapis et des autres ornemens accessoires.il mourut en 1627, laissant plusieurs ouvrages de distinction dans cette capitale , au Retiro , à Torre de la Parada , autre maison royale , etc. M.

GONZALES (Christophe ), vivait à Madrid vers 1 5c)0 ; le cloître des Carmélites-Déchaussées possédait quelques tableaux de lui. M.

GONZALES ( Ferran ), peintre et graveur en bois, Voyez son article , au Dictionnaire des Graveurs sur métaux et sur bois. Il mourut en 1399. M.

GONZALES BECERRIL ( Jean ), peintre d'histoire, fils et élève de Pierre Berruguete , qui lui donna sa lille la Toîedana , appelée ainsi pour être née à Tolède. Gonzales peignit avec d'autres professeurs, en 1498 •> divers tableaux pour le cloître delà cathédrale de Tolède. M.

GONZALES DE CEDILLO (don Antoine), peintre de genre , né à Tolède , fut à Madrid élève de RizzL Jl fut ensuite à Rome où son dessin facile et pur le fit remarquer , et revint en Espagne où il a laissé d'excellens tableaux. M.

GONZALES RUIZ( Antoine ), peintre d'histoire, élève de M. Hovasse à Madrid. Très-jeune, et jaloux de s'instruire, il fut à Paris, ensuite à Rome, et parcourut l'Italie, où il resta plusieurs années, qu'il consacra à Fétude. A son retour, Philippe V le nomma, le i3 juillet 1 744 ? l'lul des directeurs de l'académie dont l'établissement se préparait. — C'est alors que Gonzales fît son heureux tableau allégorique pour perpétuer la mémoire de cet établissement, précurseur de l'académie fondée en 1752,. sous le titre de Saint-Fernand. ■ — Ferdinand VI en nomma directeur en exercice Gonzales Ruiz, qui, à cette occasion, fit une nouvelle composition allégorique, que

Ton voit en regard de l'autre dans la grande salle de l'académie. — En 1^67 il fut nommé peintre du roi, et Charles III, en 17%, lui conféra le titre de directeur général de l'académie. — Il fut membre de celle des arts de Saint-Pétersbourg et de celle de Saint-Charles de Valence. Après avoir montré le zèle le plus soutenu pour l'enseignement et l'avancement des élèves , il mourut à Madrid le 1 1 avril 1^85. — Montaner, son gendre, grava un fort beau portrait de Gonzales. — On voudrait dans les œuvres de Ruiz une couleur plus harmonieuse , un dessin un peu plus correct et un style un peu moins maniéré. Madrid , son académie, et Salamanque possèdent la majeure partie de ses productions. M.

GONZALES DE LA VEGA ( le licencié Jacques ) , peintre d'histoire , naquit à Madrid en 1622 , et fut élève de François Rizzi. On le vit sortir de cette école déjà trèsavancé. — Gonzales se marie, devient veuf, veut se faire ordonner; son talent le fait admettre. C'est alors qu'il fit deux tableaux pour la Congrégation des Avocats , l'un représentant la Voie de Douleurs , l'autre la Descente de Croix. Il en peignit aussi plusieurs sur la vie de Notre- Seigneurpour le couvent de Saint-François, et quelques autres sur celle sur la Vierge pour les religieuses de don Jean d'Alarcon. — Jaloux de vivre en communauté, Gonzales entra chez les Pères du Sauveur, où il laissa des preuves de son habileté dans beaucoup de tableaux , et particulièrement dans deux Apostolats. Il fut ensuite à l'hôpital des Italiens, où il mourut en 1697 , à ^5 ans. Il fonda une chapelle dans l'oratoire de Saint-Sauveur, avec la condition que les oratoriens feraient à une sœur qu'il laissait, une rente viagère de i5o ducats. — Il fut un saint homme, mais non un bon peintre : ses ouvrages manquent principalement d'énergie. M,

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GONZALES VELASQUEZ (don Alexandre) , peintre d'histoire , grand fresquiste, et architecte, naquit à Madrid le 27 février 1719; à 19 ans , peignit les décorations du beau théâtre du Retiro, et en 1744 fut employé au palais de Saint-Ildefonse, où il fit en peinture et sculpture tout ce qu'on lui ordonna de faire. De Saint-Ildefonse il fut à Aranjuez , où il resta trois ans occupé à lever et à enluminer tous les plans de cette habitation vraiment royale. — Gonzales était alors l'un des élèves les plus distingués de l'académie , dont il fut, en 1752 , réélu sous-directeur de la classe d'architecture. Ses progrès dans la peinture l'en firent aussi nommer sous-directeur en 1662. — L'académie, jalouse aussi qu'on enseignât avec soin la perspective , cette branche si essentielle des arts , Gonzales fut encore choisi par elle et par le roi le 3 mai 1766, pour diriger les élèves qui s'adonnaient à cette partie. — La réforme des théâtres , proposée à cette époque par le comte d'Aranda , ayant eu lieu , il se fit une exposition générale des décorations , parmi lesquelles on distingua, avec une sorte d'enthousiasme, celles qu'avait faites Alexandre. — Cet artiste mourut le 21 janvier 1772. Il s'était lié de bonne heure avec son frère aîné Louis, et de concert ils peignirent à fresque et en détrempe des ouvrages de considération. Les deux frères avaient, pour ce genre de travail, une grâce et une facilité particulière; Louis se chargeait des figures , Alexandre des ornemens : c'est ainsi qu'ils décorèrent toute l'église des Carmélites- Déchaussées de Madrid , la voûte de l'église des religieuses du Saint -Sacrement, et quelques autres. Les étrangers admirent toujours avec intérêt ces belles productions. Leur troisième frère , Antoine Gonzales Velasquez , de retour de Rome , peignit avec eux les voûtes de las Salesas, couvent royal de jeunes demoiselles, celles

de l'Incarnation, des religieuses de Sainte- Anne, de la paroisse de Saint -Just et Pasteur, enfin le couvent de las Descalzas, autre monastère royal. Alexandre peignit seul dans Saint- Just et chez les Bernardines de Madrid, appelées las Ballecas ; il fit plusieurs monumens , pour plusieurs églises , et conclut au Palais royal de Madrid , avec Guillaume Langlois , plusieurs travaux d'après les dessins d'Antoine-Raphaël Mengs. — J'indiquerai, à son article Architecture, tout ce que Gonzales fit comme architecte. Il eut le bonheur de voir que parmi ses nombreux élèves , son fils don Antoine se distingua de manière à être nommé directeur de l'architecture dans l'académie de Saint -Charles au Mexique , où il vivait encore en 1800. M.

GONZALES VELASQUEZ (Antoine), peintre d'histoire et grand fresquiste, naquit à Madrid vers la fin de juillet 1729, et fut le plus heureux ainsi que le plus jeune des trois frères , puisqu'il obtint une pension pour aller étudier à Rome. Il y fut disciple de Corrado Giacuinto , qu'il imita dans les teintes et dans tous les heureux effets du prisme. Les professeurs de Rome firent grand cas des fresques peintes par lui dans l'église des Trinitaires de Castille. L'académie également reçut avec plaisir le tableau qu'il envoya pour preuve de ses progrès , et qui représente l'action où David reçoit l'oint du Seigneur. — De retour en Espagne, en 1703, il peignit la coupole de la chapelle de Notre-Dame d'el Pilar , dans la cathédrale de Tarragone, dont il avait tracé l'ébauche à Rome. Cet ouvrage terminé lui concilia les applaudi ssemens des connaisseurs. Il revint à Madrid, où, aidé de ses frères, il peignit dans l'église de l'Incarnation, et fit une Assomption pour Cuenca. — Le roi récompensa son mérite eu le nommant, le ier. mars 1754, sous-directeur

de l'académie de Saint-Fernand , sans qu'il en eut été reçu membre, et trois ans après le nomma son peintre. — Les nombreux et bons ouvrages qu'il conclut ensuite, tant à 3 huile qu'à la fresque, augmentèrent de plus en plus sa réputation. Son zèle pour l'académie lui valut, en 1765, de Charles III , la nomination de directeur honoraire de ce corps respectable ; mais la place active fut vacante seulement en i^85. C'est depuis ce temps qu'il en remplit les fonctions, jusques en 179^, qu'il mourut le 18 janvier. — Il est peu de peintres espagnols qui aient possédé autant de grâce et de facilité qu'Antoine Gonzales , pour composer et esquisser un sujet d'histoire ; aussi laissa-t-il beaucoup d'ébauches, d'esquisses , de croquis et de dessins de tous les genres , excellens pour les graveurs. Il fît, entre autres, une belle esquisse pour la fondation de l'ordre de la Toison d'or, et fut aussi chargé de composer le cartel qui sert aux nominations d'académiciens. Le célèbre Salvador Carmona reçut l'ordre de graver ces deux heureuses compositions. — Antoine ayant suivi l'école de Corrado Giacuinto , se distingua dans la fresque , et il est vrai que ses ouvrages en ce genre ont aussi plus de mérite que ceux qu'il fit à l'huile. — Il laissa trois fils , savoir : don Zacarias Gonzales , académicien honoraire de Saint-Fernand, et don Castor, le plus jeune , qui tous deux suivent la peinture ; son second, don Isidore, fut pensionné à Rome pour suivie l'école d'architecture, et, son temps fini, revint à Madrid , comme on le pourra voir à son article. — Les œuvres du père sont à Sarragosse , à Cuenca , dans Madrid et dans le palais du Pardo , etc. M.

GONZALES VELASQUEZ (Louis), peintre d'histoire, décorateur et fresquiste, le premier des trois frères dont je viens de tracer l'historique ? qui tous trois eurent

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