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pour père un sculpteur. — Louis naquit à Madrid- en 1 7 1 5 , fut élève de l'académie , avant même qu elle ne fût légalement constituée } et fut chargé , avec son frère Alexandre , de l'ornement des rues de Madrid , ainsi que des décorations du théâtre du Retiro, lors du couronnement de Ferdinand VI. — L'académie de Saint-Fernand le reçut l'un de ses membres de mérite en 17 52. C'est dans cette année qu'il peignit à fresque la coupole de l'église de Saint-Marc. Ces ouvrages lui valurent la considération publique , et en récompense le roi le nomma sous-directeur de l'académie le 3 février 1 7 54- Avant 1760 il fut peintre du cabinet du roi, et mourut dans sa patrie le 24 mai 1764 , laissant une grande réputation et nombre de titres à la mériter , dans les temples et les palais de la capitale. M.
GRACIAN DANTISCO ( Thomas ) , amateur et secrétaire du roi , fut un sujet d'un talent reconnu dans le dessin, et d'un grand génie pour les arts. Entre autres compositions de Garcian , on remarque un char triomphal qui servit le 19 avril i6o5 pour célébrer la naissance de Philippe IV. C'était, d'après le récit, un chefd'œuvre , tant pour la peinture que pour le mécanisme : huit mules et cent hommes cachés le conduisaient. Il était d'une grandeur et d'uue hauteur extraordinaires. Lopez de Vega , le célèbre poète , en a fait une charmante descrip tion. M.
GRIFOL (François), peintre de genre , de Valence , l'un de ceux qui , dans son temps , s'occupaient à peindre des images ridicules de dévotion , qu'il destinait aux paysans des villages de l'intérieur , ainsi qu'on en voit à la foire de Séville , et dans la rue Saint- Jacques à Valladolid. Reconnaissant que l'étude de l'homme et de l'histoire était au-dessus de ses forces, il se mit à peindre des paysages , des marines et des fruits. Il finit par de-
venir assez agréable pour avoir quelques admirateurs \ et pour que le marquis de Jura-Réal , ainsi que plusieurs autres amateurs , se fissent un plaisir d'avoir de ses compositions dans leurs cabinets. Mais , malgré son mérite j Grif'oï mourut à l'hôpital de Valence en 1766. V.
GRILLO BLAS, l'un de ceux qui , en 1 594, travaillèrent à la restauration du monument de la cathédrale de Séville.
GUELDA ( Thomas ) , né à Valence , et élève d'Etienne Marcel, sous qui il concourut à l'académie que les Valenciens avaient élevée, et soutenue de leurs propres moyens.
GUEVARA ( don Philippe ) , peintre amateur , fils de l'illustre don Jacques de Guevara , seigneur des villes d'Escalante et Treceno , et descendant des comtes d'Onate. Le père de Guevara fut aussi page de Charles-le-Brave , duc de Lorraine , conseiller, grand-maître de don Philippe , archiduc d'Autriche, son ambassadeur en France, en Espagne, et de plus ambassadeur de Charles V à la cour de France. — Le maître Gil Gonzales Davila , et le licencié Jérôme de Quintana, tous deux savans illustres, considèrent Guevara comme un homme qui , par son érudition et ses talens, a vraiment illustré son pays. — Il est certain que y parmi les maîtres qu'il eut , Philippe préféra celui de dessin , car il acquit un talent des plus distingués et fut vraiment un bon peintre. — Il fut très-jeune en Italie , à la suite de Charles V , lorsque ce monarque se rendit à Bologne pour y recevoir la couronne impériale des mains de Clément VII : la solennité eut lieu le 24 février i53o. C'est dans les fêtes qui se donnèrent, que Guevara eut occasion de connaître le Titien *. Guevara
* Les amis des arts ne me sauront pas mauvais gré d'annoncer ici que Philippe, suivant Charles V à l'expédition de Tunis en iG35, c'est à sa
GU i47 mourut à Madrid, eu juillet 1 563 , du catarrhe qui fit tant périr de monde en Espagne. — Ce grand amateur, ayant acquis les principes les plus exacts sur l'art de dessiner et de peindre, perfectionna ses idées, son goût, et son intelligence naturelle. Dans ses voyages d'Italie, il ne se lassait pas d'observer, d'examiner, et ne fréquentait que les professeurs. Il avait un penchant déterminé pour les artistes grecs ; on peut reconnaître cette vérité , et juger combien il s'était pénétré de la lecture de Pline et des anciens , par les Commentaires qu'il écrivit sur la peinture. La littérature doit la publication de cet excellent ouvrage à don Antoine Pons , tjui le fit imprimer à Madrid en 1788. /.
GUILLEN ( François ) travailla avec plusieurs autres professeurs aux peintures qui décorent le grand maître autel de la cathédrale de Tolède et qui s'érigea en i5oo.il/.
GUILLEN ( Moïse-François ) , né à Valence , où il manifesta son goût pour l'art en peignant avec intelligence et facilité , à la fin du 17e. siècle. V .
GUILLEN ( Pierre ) , né à Séville , eut pour maître Sauveur de Illanes , qui lui donna de meilleurs principes comme coloriste que comme dessinateur. Guillen mourut à Séville en 1793. S.
GUILLO (Augustin), né à Valence à la fin du 17e. siècle, peignit assez incorrectement divers tableaux, pour l'église de Saint-Jean del Mercado , et fit une fresque pour le couvent de Saint-Dominique de cette capitale : le tout sans beaucoup de mérite. fÇ.
fermeté que l'empereur dut que la cavalerie ne fut pas entièrement détruite. Le souverain récompensa magnifiquement son serviteur, aussi bon soldat que bon peintre, en lui disant : xt II est beau de voir unir le goût des arts à la bravoure. »
GUILLO (Florent) , né à Valence, était fiîs d'Augustin Guillo. Il eut encore moins démérite que son père, et laissa plusieurs ouvrages de lui au couvent de Saint- François , aux Carmes-Déchaussés et au couvent de Saint- Dominique, monastères de Valence. V*
GUILLO ( Vincent ) , peintre d'histoire et fresquiste , né dans Alcala de Gibert , au royaume de Valence , résida quelque temps à Barcelone. Il fit pour l'hôpital de Sainte-Thècle à Tarragone, une Adoration des Rois rendue avec beaucoup d'esprit, de facilité et d'habiiude. Il a signé ces tableaux , Vincentius Guillo faciebat Barcinone 1690. Guillo peignit à fresque plusieurs temples , entre autres le sanctuaire de la paroisse de sa patrie , l'ermitage de Saint-Paul et une partie de l'église de Saint-Jean del Mercado de Valence. Mais, dans ce dernier ouvrage, il se vit préférer Antoine Palomino pour les voûtes , et presque subitement en mourut de chagrin. V*
GUIRRI ( le père Vincent ) , peintre de portraits , naquit à Valence ; et , après avoir appris les élémens , reçut l'habit de Saint-Augustin le 29 avril 1608. — Le père- Jordan , parlant de Guirri dans l'Historique qu'il a donné du couvent des Augustins de Valence , dit : « Ce bon père était peintre, et après sa conversion il employa toute sa vie à faire pénitence , à prier , et à peindre pour le couvent de Saint-Augustin de Valence ; en effet tous les Saints de l'ordre qui ornent les hauts cloîtres du monastère , sont de sa main. » Guirri mourut dans son couvent en 1640, et , tout religieux qu'il était , n'en fut pas meilleur peintre. V.
GUIRRO (François), peintre d'histoire, naquit en i63o à Barcelone, où sont ses ouvrages. Les tableaux qu'il composa pour le couvent des Récollets de cette ville , lui firent beaucoup d'honneur à juste titre, et lui assignèrentune place
parmi les bons maîtres d'Espagne. Guirro mourut à Barcelone en 1700. V .
GUITART ( Pierre ) , peintre d'histoire \ catalan. En 1576 il prit l'engagement de peindre six tableaux à l'huile pour le grand maître autel de la paroisse de Saint-Pierre de la ville de Reus , tous relatifs à la vie du saint apôtre. Guitart les donna le 2 août 1579 ; mais la ville se plaignant de ce que l'artistè demandait 4°° livres de plus que le prix convenu , on nomma , pour taxer son ouvrage , un peintre de Barbastro et le maître Blanch de Tarragone : tous deux déclarèrent que les compositions de Guitart valaient encore davantage , tant elles étaient bien exécutées , et tant on y retrouvait d une manière bien entendue les maximes de l'art. V.
GUTIERREZ ( François ) , paysagiste , fixé à Madrid , s'y distingua vers 1657 par ses charmans paysages , où il savait offrir des perspectives d'un effet délicieux. M.
GUTIERREZ (Jean-Simon), peintre de Vierges, né dans Séville , fut élève de Murillo , membre de l'académie que les professeurs établirent dans cette ville , et l'un de ceux qui la soutinrent depuis 1664 jusqu'en 1672. — Si Gutierrez avait pu se soumettre à l'étude du dessin , il serait parvenu à créer les plus heureuses compositions , car il avait pour ainsi dire atteint le coloris de son maître. — Gutierrez mourut à Séville au commencement du 18e. siècle , laissant ses ouvrages dans la plupart des temples de sa patrie.
GUZMAN ( le frère Jean ) , peintre et carme - déchaussé. Voyez Saint- Sacrement (le frère Jean du très- ).
GUZMAN ( Pierre de) , peintre d'histoire , connu sous
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le nom del Coxo (le Boiteux). Il fut élève de Patrice Caxes. et devint un professeur distingué , ainsi que le furent tous ceux qu'on désigna dans le temps pour peindre au Pardo. — Guzman y peignit le plafond du cabinet du roi. Philippe III le nomma son peintre à Valladolid le 10 février 1601 , à la place de Nicolas Granelo qui était mort en iSqS. M.
GUZMAN ( Pierre de ) , peintre d'histoire , né à Lucena dont il décora l'église , fit aussi plusieurs tableaux pour le grand cloître du couvent de la Merci de Séville, et les signa de l'année 1714* Son mérite consiste dans la frai» cheur ; mais on ne peut parler d'aucune des autres parties de Fart , tant il les négligeait. Guzman parait avoir été élève de Valdes Leal. Il fit plusieurs tableaux qui n'étaient pas sans quelque mérite ; mais ils furent retouchés par Alphonse Vasquez , et perdirent le peu de valeur qu'ils avaient. S,
HARO ( Jean de ) , peintre d'histoire , et célèbre en Castille vers t6o4- Lorsque l'on construisit le collège des Augustins-Chaussés , que fonda le cardinal Quiroja dans la ville de Madrigal , on fit un appel à tous les grands artistes du temps. Pantoja de la Cruz fut chargé du maitre autel ; Louis de Carbajal et Haro , des parties latérales. C'est dans cette occasion que Haro fit , entre autres , son fameux Saint-Thomas de Villeneuve, qui ne le cède à ses compétiteurs, ni en dessin, ni en couleur, ni en composition. M.
HELLE (Isaac del). Le chapitre de Tolède lui fit, en i562, peindre quelques tableaux pour son cloître. Un article des archives de la cathédrale dit : « Aux derniers joursd'avril i568, donné à Isaac Helle, peintre > 24,162
HE i5e maravedis , pour avoir peint et doré le tableau du glorieux saint Nicaise. » On voit ce morceau dans la pièce intérieure de la sacristie : c'est le même qu'André Pons , le célèbre voyageur, donnait à Alphonse Berruguete. Cela seul prouve le mérite de l'ouvrage. D'après le style répandu dans cette composition , il paraît au surplus très-probable qu'Helle avait étudié la terrible manière de Buonarota, ou qu'il avait été même l'un de ses disciples. — Il conste aussi par d'autres archives, qu'en i568 il fut employé dans la tour de la cathédrale de Tolède. — On ignore sa naissance, son maître et sa mort.
HENRIQUEZ ( Léonard ) , né à Cordoue. Le chapitre de la cathédrale de Malaga l'appela en i58o pour taxer les œuvres de César Arbasia , ce qui prouve quelque mérite ; mais voilà tout ce qu'on en sait. J^oyez Arbasia , au Dictionnaire des peintres étrangers qui ont été occupés en Espagne. S.
HERBAS (don Jacques de), amateur, résidant à Séville. îl concourut avec les autres professeurs à l'établissement de l'académie publique de dessin qui s'y forma à la Bourse, en 1 660 , et contribua de ses propres fonds à l'entretenir. Il y assistait comme élève ; mais on ne sait rien de plus. S.
HERMES ( Isaac ) orna le Crucifix du grand maître autel et les sculptures qui entourent la chapelle du Saint- Sacrement dans la cathédrale de Tarragone. Il termina cet ouvrage vers i58y. y,
HERNANDEZ ou FERNANDEZ (Alexis). Paul de Cespedes fait mention de cet artiste dans son discours de la Comparacion de la antigua y moderna pintiiray escultura , et dit : « Alexis Fernandez fit beaucoup de tableaux à Séville, à Cordoue, pour le grand maître autel du monastère de Saint- Jérôme , et dans plusieurs autres endroits. Les peintures du maître autel ci-desstis
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représentent plusieurs passages de la vie de Jésus-Christ, et entre autres une Cène qui se trouve signée , Fernandez'. ■ — Le mérite de ces ouvrages correspond à ce qui se pouvait faire de mieux à cette époque en Espagne; et, comme le dit toujours le même Cespedes , le talent principal des artistes alors consistait dans la dorure et les ornemens en peinture que l'on donnait à tous les reliefs. — En i5o8, dit Dancart , le chapitre de Séville fit appeler Fernandez , et , content de la preuve qu'il apporta de son savoir, le reçut pour travailler au grand maître autel 3 à la confection duquel il resta employé jusqu'en i5a5.
HERNANDEZ ( Thomas), fresquiste, naquit à Valence, d'où il ne sortit jamais, quoiqu'on ne puisse signaler ni l'époque de sa naissance , ni quel fut son maître. Il fit les fresques de la chapelle de la Conception dans le collège de Corpus - Christi de Valence, appelé del Patriarca. V.
HERRERA( le Rouge ), peintre de genre , fils aîné et élève de Herrera le Vieux, naquit à Séville au commencement du 17e. siècle, et fit de suite de très-grands progrès. Il réussit particulièrement dans les intérieurs, les bambochades et autres objets d'une aimable invention; mais sa mort très-prématurée fit évanouir les brillantes et justes espérances qu'il avait fait concevoir. S.
HERRERA ( Alphonse de ) , peintre d'histoire, naquit à Ségovie en 1679, et fut intime ami de Jean Fernandez Navarrete el Mudo , dont il éleva la fille naturelle , en lui faisant donner une brillante éducation dans sa propre maison. Herrera peignit en i5c)0 les six tableaux du grand maître autel de la paroisse de Villa-Castin , savoir: Jésus avec les Docteurs, la Nativité, l'Epiphanie, la Présentation au temple , la Résurrection , la Venue du Saint-Esprit. Comme il était occupé à ces ouvrages , An-
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toine de Segura, peintre d'Avila , vint les voir d'ordre de la fabrique , et , dès qu'il les eut terminés , on les porta à l'Escurial, pour qu'Antoine Yilla-Castin , religieux de ce monastère, dont il dirigeait les travaux \ donnât aussi son approbation. Le jugement du frère Villa-Castin fut à l'avantage d'Herrera , qui malgré cela vit ses ouvrages envoyés de nouveau à Madrid , pour que Jean d'Urbina les examinât encore. Ce célèbre peintre fit de même un grand éloge des productions d'Herrera. En effet , le dessin , la couleur , les distinguaient. Un nommé Bermeja, qui s'est fait passer pour restaurateur, a perdu ces tableaux en 1^34, et trouva cependant le moyen de se faire payer 33oo réaux pour avoir détruit des productions qui avaient reçu l'approbation de tant d'artistes distingués. M.
HERRERA (Barthélémy de ), peintre de portraits, frère de François Herrera le Vieux , se distingua par ceux qu'il faisait à Séviïle en 1639. S.
HERRERA ( Christophe de ) , peintre de Burgos, qui ne fit qu'un très-petit nombre de tableaux. Voyez Espinosa ( André de ).
HERRERA LE VIEUX ( François ) , grand peintre d'histoire et grand fresquiste, naquit à Séville en 1076, et fut condisciple de Pacheco dans l'école de Fernandez. — Herrera fut le premier qui , en Andalousie , laissa la manière timide que long-temps ont gardée les peintres espagnols, en se formant bientôt un style qui manifesta le génie national. C'est à Herrera que Velasquez doit la large manière qu'il prit de ce grand maître , avant de passer à l'académie de Pacheco , qui ne put le rendre timide ni par ses préceptes ni par son style retenu. On ne peut , en effet, se figurer la manière d'Herrera dans l'exercice de sa profession ; c'était une espèce de fureur. Il .dessinait avec des joncs, et peignait avec des brosses, de manière que
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son genre marchait de front avec son caractère, qui était d'une rudesse sans exemple. Les élèves qui entraient dans son atelier ne pouvaient y rester, tout le monde le fuyait; mais son talent , vraiment transcendant , lui procurait des travaux de toutes parts, en raison de sa promptitude et de l'intelligence qu'il mettait à leur exécution. Comme il ne pouvait garder un écolier, souvent il était pressé. Il est de notoriété qu'alors il ordonnait à sa servante d'éparpiller, sur des châssis préparés , des couleurs comme elle l'entendrait. On peut juger de la nature du travail qu'une servante faisait ordinairement avec un Lalai ; avant que les couleurs, jetées au hasard, se séchassent, Herrera en formait des figures largement drapées , et d'un effet prodigieux. C'est un fait que tous les artistes ses contemporains se plaisaient à répéter. Il semblerait, en parlant ainsi , que l'on fait l'historique d'un peintre purement praticien , dont l'intelligence se borne à une franche exécution des tètes et des draperies *, Mais le Jugement Universel , que peignit Herrera
* C'est sans doute ici le cas de relever Terreur dans laquelle tombent les personnes qui prétendent que les artistes espagnols ne savent bien peindre que les tètes et les draperies. Entièrement consacres à représenter des sujets sacres, les lois de l'exactitude et de la de'cence leur défendent d'employer le nu avec cette liberté qu'exige au contraire la mythologie. Mais lorsque l'Espagnol peut offrir des nudités, il démontre alors ses connaissances anatoiniques , et prouve combien il a étudié la nature par la manière vraie dont il sait en rendre tous les effets et tous les accidens. Sans sortir des temples de Séville, je démontre cette vérité de la manière la plus authentique par le Jugement, Dernier de Pacheco , chez les religieuses de Sainte-Elisabeth ; par Roè'las , dans son Saint -Thomas ; par Zurbaran, dans les beaux ouvrages qu'il ht pour la Merci ; par Velasquez , dans la Tunique de Joseph ;par Mujrillo , dans les chefs-d'œuvre qui décoraient la Charité • par Varcla , dans son Martyre de Saint Vincent ; enfin par Herrera , dans le tableau cidessus j et par tant d'autres , qui ne peuvent trouver place ici.
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pour l'église de Saint-Bernard , est un témoignage authentique de son savoir profond dans Fanato mie , et prouve jusqu'à quel point il portait la correction du dessin , le grand art de la composition, le contraste des figures J l'équilibre de ses groupes si bien pyramides , l'accord des teintes et demi-teintes , la magie de la couleur, et enfin combien il possédait le sublime , ainsi que la philosophie de Pexpression. Il faut voir ce tableau pour juger la beauté de l'auréole au milieu de laquelle apparaît le Tout-Puissant entouré des apôtres; la majesté de saint Michel; l'effet que pro- * duisent les réprouvés , qui , remplis de douleur et de confusion, couvrent leur visage, et vont être précipités dans le gouffre , tandis que les bienheureux respirent le bonheur et le plaisir. — Herrera s'exerçait à graver en bronze , et il paraît que cette occupation le mit dans le cas d'être compris parmi des faux-monnayeurs. Compromis d'une manière aussi cruelle , notre artiste se retira dans le couvent de Saint -Herménégilde , tenu par les Jésuites de Séville-, il y peignit son fameux tableau représentant le Titulaire, dont on décora le grand autel. Il sut donner au Saint un air si resplandissant, que Philippe IV, passant à Séville , voulut en connaître l'auteur. On lui nomma Herrera , en lui expliquant le motif de sa retraite. Le roi de suite le fit appeler , et lui accorda son pardon , en lui disant : « Lorsqu'on a votre talent , il est impossible d'en abuser. » — Herrera , de retour chez lui , fut très-satisfait, mais ne put changer la rudesse de son caractère , ni avec ses écoliers , ni même avec ses enfans. Les uns et les autres l'abandonnèrent» — François Herrera , le plus jeune de ses fds , lui enleva tout son argent et s'enfuit à Rome ; sa fille se fît religieuse. — Se trouvant seul , il acheva divers ouvrages publics dont il avait été chargé , entre autres les quatre grands tableaux du palais archiépiscopal \
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quil termina en 1647, et se rendit, en i65o, à Madrid, où il eut un grand crédit jusqu'en i656 qu'il mourut. Si Herrera , ayant un meilleur maître , avait eu d'autres principes , sans contredit il serait l'égal des grands peintres de l'école de Bologne ; car on ne peut se dissimuler que dans ses ouvrages on trouve ces heureux et brillans effets des œuvres* du Guerchin , du Caravage , et de Ribera. On ne saurait trop apprécier ses tableaux de chevalet : il y en avait un grand nombre à Séville , et de tout temps les étrangers les ont tellement recherchés, qu'on en trouve très-difficilement. — La voûte de l'église de Saint-Bonaventure est une preuve de sa facilité et de son goût déterminé pour peindre à fresque. — Beaucoup de ses ouvrages ont péri par l'inclémence de l'air et par le peu de soin qu'il avait mis lui-même à la préparation des murailles sur lesquelles il déposa ses larges conceptions. C'est ce qu'il est facile de voir dans les beaux restes du couvent de la Merci , dont il grava lui-même à l'eauforte la composition , quand elle était encore intacte. Ses dessins, faits avec de petits joncs, prouvent la liberté de son génie. Ses ouvrages sont dans toutes les églises de Séville, particulièrement dans la cathédrale, au Paular , et dans beaucoup d'autres endroits. S.
SERRERA LE JEUNE ( François), peintre d'histoire , de genre, de fleurs , grand fresquiste , et architecte , naquit à Séville en 1622. Dirigé par son père, Herrera le Vieux , bientôt il donna l'espoir qu'il serait un bon peintre. Le fils voulut imiter le père ; mais au moment où il pouvait déjà profiter, il s'échappa de la maison et fut à Rome, comme je l'ai déjà dit. Au lieu d'étudier 1/mtique et de se livrer à l'étude des oeuvres de Raphaël et des autres grands maîtres , il s'occupa seulement du coloris , qui tombait aussi en décadence dans cette capitale des arts ,
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et se dédia à l'architecture ainsi qu'à la perspective, pour pouvoir peindre à fresque. — Cependant on n'en célébrait pas moins , même dès-lors , ses tableaux de chevalet j car il savait leur donner une vérité de ton qui n'appartenait qu'à lui. Il devint surtout si fort pour peindre les poissons ( talent qu'il tenait de son père ) , qu il reçut le surnom de // Spagnolo degli pesci. Instruit de la mort de son père , il revint à Séville , y peignit un grand tableau pour la confrérie du Saint-Sacrement , et le grand Saint-François, que l'on voit toujours dans l'une des chapelles de la cathédrale. Lorsque les professeurs , en 1660 , établirent à Séville une académie , ils nommèrent Herrera second président , et Murillo premier. On présume que c'est ce motif qui fit venir à Madrid Herrera , car il disputait à tous les peintres la suprématie. — Peu de temps après son arrivée à la cour, il fit pour les Carmélites- Déchaussées un Saint-Herménégilde. Ce tableau , superbe en effet, lui fit autant d'ennemis que de partisans 5 car il se permit de dire qu'on aurait dû le mettre à sa place au son des trompettes et des clairons. Peu de temps après il peignit à fresque , et avec succès , la voûte du chœur de Saint-Philippe-le-Royal. Cette composition augmenta tellement sa réputation , que son nom vint aux oreilles de Philippe IV. On s'occupait alors d'orner la chapelle de Notre- Dame-d'Atocha : le roi, qui mettait de l'intérêt à ce travail^ dit à Sébastien Herrera de Barnuevo , son peintre : « On m'annonce qu'il existe un artiste de ton nom, et qui , in a-t-on dit , ferait assez bien cette affaire. » — « Oui , sire, répondit Barnuevo, il en est un , et qui même exécutera très-bien tout ce qu'on lui ordonnera. » Notre Herrera fut de suite chargé de travailler. Il représenta l'Ascension de la Vierge , avec les apôtres posés sur une balustrade très-
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ingénieuse *. Cette fresque , entièrement terminée à la satisfaction de S. M. , Herrera fut nommé peintre du roi. Ce titre augmenta la vanité qu'avait apportée de Rome notre artiste : mais ce qui flatta plus encore son amourpropre , ce fut de voir l'amiral de Castille poser de ses propres mains un des tableaux qu'il venait de terminer , dans la salle que l'amiral avait consacrée aux meilleurs peintres espagnols. — Le roi nomma Herrera grand-maître des ouvrages royaux en 1677 , en remplacement de Gaspard de Pena. C'est par suite de ces emplois qu'Herrera se livra plus aux pinceaux qu'à l'architecture, quoique j'aurai occasion de citer plusieurs traits qui lui sont relatifs dans cette partie des arts**. Herrera mourut à Madrid en 1 685, avec le chagrin de n'avoir cependant jamais été nommé peintre du
* Après un certain laps de temps ce bel ouvrage fut retouche' d'abord par Sébastien Muîios et Isidore Arredondo. Ensuite , d'ordre de Charles II , Luc Jordan le restaura , en y faisant quelques changemens.
** C'est à cette époque de 1677 qu'il fut à Tarragone pour lever ses plans du Temple de la Vierge. Pendant qu'il était dans cette ville , le roi chargea CarreSo , son peintre de cabinet , et François Philippin , son horloger, de diriger la mise en œuvre de la statue d'argent destinée au reliquaire de l'Escurial. Herrera fut courroucé de cette préférence, et témoigna son ressentiment par de choquantes personnalités. Dans la voûte d'Atocha , il peignit un lézard rongeant sa signature. Dans un tableau de Saint-Vincent Ferrer, il mit un chien avec une mâchoire d'âne ; et dans d'autres des rais qui toujours mangeaient le cartel sur lequel on voyait sa signature. Il en fit une un jour contre un grand personnage : heureusement un de ses amis la mit en morceaux au moment où il. la faisait porter à l'hôtel de ce seigneur. Il avait été chargé par cette personne de choisir des tableaux dans une vente , ce qu'il avait fait avec intelligence j mais ensuite le grand d'Espagne fut en désigner luimême d'autres très-inférieurs A l'instant notre Herrera fit un tableau représentant un jardin orné des fruits les plus beaux et des fleurs les plus odorantes, et mit au milieu un singe qui se pavanait pour leur avoir préféré un gros chardon fleuri qu'il tenait dans la main.
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cabinet de S. M. On le distingue comme coloriste habile, comme savant, dans tous les effets du clair-obscur, et surtout comme portant beaucoup de feu dans ses compositions. Il n'eut pas les belles pâ£es de son père, mais il l imita dans les tableaux de chevalet et le surpassa dans les fleurs. — Herrera fît aussi, en 167 i , quelques eaux-fortes. Cet artiste a laissé de nombreux ouvrages à Séville, à Madrid, à l'Eseurial, et dans beaucoup d'autres lieux. S.
HERRERA (Jean de), établi à Séville, inventa, dessina, peignit et grava, en 1627 , le frontispice du livre intitulé, Flavio Lucio Dextro , commencé par Rodriguez Caro. Il a prouvé dans cette composition beaucoup de goût, et en même temps beaucoup de simplicité. S.
HERRERA (Pierre de) , conseiller des finances et amateur, s'amusait à peindre par délassement vers i65o, et s'en tirait assez bien pour que nombre de ses petits tableaux d'agrément se trouvassent dans les collections. Herrera se plaisait à rendre des intérieurs.
HERRERA B ARNUEVO ( Sébastien ) , peintre , sculpteur et architecte, naquit à Madrid en 16 19. Son père Antoine Herrera lui enseigna la sculpture 5 et son application ainsi que son génie le firent parvenir à imiter en sculpture , architecture et peinture , Alphonse Cano. Ses progrès dans l'architecture lui valurent des places , comme nous le verrons à son article dans cet art. — Herrera l Barnuevo mourut à Madrid en 167 1 5 laissant des regrets j autant pour ses talens que pour son amabilité. Son fils , don Ignace , conserva toute sa vie l'emploi de concierge de l'Escurial, qu'avait eu son père. — ^ Sébastien avait une manière de dessiner des plus correctes 5 son faire, quoique approchant du Titien pour la couleur, tenait plus