‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 31 sur 72 · HO · texte numérisé non relu

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particulièrement du Guide * , comme le prouvent quelques - uns de ses tableaux. Il fit plusieurs eaux - fortes assez estimées. Ses ouvrages sont répandus à Madrid et à l'Escurial. L'on peut voir à Paris deux Musiciens Ambulans qui décèlent sa manière dans le goût du Titien. M.

HISPAIN O ( le frère Marc ) , peintre d'histoire , religieux de l'ordre de Saint-Augustin , vivait à Madrid , et fut enterré dans son couvent de Saint-Philippe-le- Royal, le 11 avril 1679, où il a laissé beaucoup de ses ouvrages. lkf.

HORFELIN ( Antoine de ) , peintre de portraits , naquit à Sarragosse en 1 597 , et fut élève de son père Horfelin de Poultier. Le père , jaloux de voir son fils faire de plus grands progrès qu'il ne pouvait lui-même espérer de îui en faire faire, le fit partir pour Rome, d'où il revint trèsavancé, comme dessinateur et comme coloriste. On peut acquérir la preuve qu'il possédait ces deux grands avantages, dans son tableau pour la confrérie des Charpentiers de Sarragosse , et par d'autres ouvrages pour plusieurs autres églises. Il mourut dans cette ville en 1660 , regretté de tout le monde , dont il avait gagné l'estime et la bienveillance par sa politesse et son ton. Horfelin peignait très-bien les portraits , et de plus a laissé quelques ouvrages qui méritent d'être distingués. V,

HOYOS (Gaspard de), peintre d'histoire, élève de

* Il fit à FÉscurial un Saint Barnabe de grandeur naturelle qui, dans les salles capitulaires , était en regard du Titien. Lebrun soutint , selon son usage, que le Saint Barnabe était un Guide. Il fallut lui faire lire dans les archives de FEscurial que Herrera, ayant été très-bien traité au monastère où il étudiait les grands maîtres qu'on y trouvait en abondance , avait laissé par gratitude dans sa chambre , au moment de son départ, ce superbe Saint-Barnabé 3 et Lebrun de devoir céder.

Becerra établi à Madrid. Il fut à Astorga en i56g, avec- Gaspard de Palencia de Valladoîid, qui était aussi peintre. Ils peignirent , dorèrent et ornèrent le grand maître autel de la cathédrale d'Astorga, qu'avait exécuté Becerra. On voit dans quelques couvens plusieurs tableaux de lui \ qui ne sont pas tout-à-fait sans mérite. M.

HUERTA (Gaspard de la) , peintre mystique, naquit à Altobuey , dans la province de Cuenca , le 2 septembre i645 , et très-jeune fut à Valence, où. le porta son goût pour la peinture. S'il y eût rencontré des maîtres d'un talent proportionné à ses pencbans et à ses dispositions pour la peinture , Huerta eût été l'un des plus grands peintres de l'Espagne ; mais il eut le malheur d'entrer dans l'atelier de Jesualdi Sanchaz , veuve du peintre Pierre Infant , où l'on ne faisait que des tableaux de dévotion pour l'archevêché , et où il ne put apprendre qu'à broyer les couleurs , nettoyer les pinceaux , et préparer les toiles ; comme Huerta était animé du désir de savoir , il copiait toutes les estampes et tableaux qu'il pouvait se procurer, de façon que sans maître il parvint à se donner une manière dans laquelle il entrait un peu de dessin et une assez belle couleur. — Comme il peignait à très-bon compte , tout le monde le recherchait , de façon qu'il acquit facilité , réputation et argent 5 car il n'était pas tout-à-fait un mauvais peintre. Sa conduite fit que sa maîtresse Sanchez lui donna sa fille en mariage , et qu'avec ses ouvrages il sut réunir plus de deux cent mille francs , que sa charité lui fit répartir entre les pauvres et les religieux de Saint-François. Il mourut à Valence le 18 décembre 1714? laissant beaucoup de ses compositions dans les couvens de cette capitale , à Segorbe , à Caudiel , et dans plusieurs autres endroits. V.

HUESCAPt ( la duchesse de ) , peintre amateur. Voyez

Silva Bàzàts de Sarmiesto ( son exellence dona Marianne ).

HUEVA ( dona Barbe-Marie de ) , peintre de genre ; naquit à Madrid en ^33 , et dès son enfance démontra son goût pour la peinture. Ses dessins lui méritèrent l'approbation de tous les professeurs. A l'ouverture, en 17 52 , de l'académie de Saint-Fernand le directeur prononça le discours suivant : « Messieurs , les dessins que nous venons de voir prouvent le savoir de leur auteur , d'une telle manière , que, sans faire mention de son sexe , l'académie lui concède le titre d'académicien , daus la certitude que dona Hue va méritera d'être classée parmi les plus grands professeurs d'Espagne. On peut observer en faveur des dames que c'est le premier titre d'honneur que concède l'académie de Saint-Fernand. » Elle fit dans la suite beaucoup de jolis tableaux pleins de goût et de délicatesse , et sut se rendre digne de la déférence du corps académique. M.

HURTADO DE MENDOZA (Etienne ), chevalier de l'ordre de Saint- Jacques , se distinguait à Séville en i63o , comme amateur. Les bons professeurs faisaient grand cas de son goût, et particulièrement de son intelligence dans Tart de peindre.

ICIAR ( Jean de ) , amateur , naquit à Durango en 1 55o. Il publia dans Sarragosse un livre intitulé , Oitograjia Practica , ou Arte de escribir. Cet ouvrage très-rare et très-estimé présente une série d ornemens du goût le plus épuré. — Iciar le dessina , le termina , n'ayant encore que 25 ans. Il fut gravé sur bois par un nommé Jean Vingles. V.

IjNCA MENDEZ DE SOTOMA YOR ( don Bernard) .

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amateur, a laissé les portraits de Scot et de Paul Romain , qu'il fit à la plume à Cordoue en 1709, et qui sont un modèle d'intelligence et de correction. S.

INGLES ( don Joseph ), peintre de portraits, naquit à Valence en 17 18, et fut élève de Richarte qui en fit un coloriste. Il faisait très-bien les portraits , avait aussi beaucoup de facilité dans l'invention et une habitude rare pour la détrempe ; il acquit ce talent à force dépeindre des monumens pour la Semaine Sainte , des façades et des autels. Son application le fit nommer membre de l'académie, dont il devint par la suite sous-directeur honoraire. — Ingles mourut à Valence en 1786, ayant laissé de ses productions au couvent de la Merci, dans l'église de Saint- Augustin et dans la paroisse duCampanar. V.

INGLES (le maître George), peintre d'histoire. Le célèbre marquis de Santillana , étant à Grenade , ordonna , le 5 juin i455, que ce professeur peignît le grand maître autel et les parties latérales de l'église de l'hôpital de Buitrago qu'il avait fondé, et ordonna en même temps que l'on mît au milieu une Notre-Dame qu'il avait fait venir de Medina. Le maître autel est composé de deux corps. — Au premier , le maître George mit à droite le marquis de Santillana , plus grand que le naturel , en action de prier , et derrière lui un page aussi à genoux : à gauche il mit la marquise:, et une dame d'honneur dans la même posture. Au deuxième corps , l'artiste sut trèsbien grouper des masses d'anges , et couronna le mo~ nument par un Saint George. Cette composition fit beaucoup d'honneur à Ingles, et sut assez résister au temps pour qu'on la puisse juger encore. Il avait fait pour la même église un Saint Jacques et un Saint Sébastien qui sont peints avec prolixité , caractère ordinaire de cette époque. — Le duc de l'Infantado, protecteur de l'hôpital

général , fît , il y a plusieurs années , venir à Madrid les portraits que j'ai signalés ci-dessus , et a obtenu que don Fernand Selma , artiste du plus grand mérite , gravât celui du marquis. S.

IRALA YUSO ( le frère Mathias-Antoiue ) , peintre d'histoire, et graveur eu taille-douce, naquit à Madrid 3e 25 février 1680, d'une illustre famille de la province de Guipuscoa ; dès son plus jeune âge il se dédia au dessin, et sans aucun maître sut se préparer de grands progrès , particulièrement dans le burin en copiant les gravures étrangères. — Mais , lorsqu'il commençait à recueillir le fruit de son application, l'envie de se faire religieux lui vint , et il postula pour entrer chez les Franciscains de Madrid , dont il prit l'habit le 11 mars 1764. — L'année de son noviciat passée dans une observance des plus rigoureuses, il professa avec l'approbation générale de la communauté. Le recteur, ayant reconnu ses talens pour peindre et pour graver, le dispensa de certains offices, et lui permit de rester dans sa cellule pour s'y livrer à ses occupations. C'est là que le frère Irala luso passa quarante -huit ans sans sortir, si non pour aller au choeur et au réfectoire , servant de modèle et d'édification par sa modestie, sou silence et son humble pauvreté. Il fut admiré des artistes pour ses études continuelles et la pureté de son dessin. 11 se fit chérir de tous les élèves, qu'il enseignait avec une douceur sans exemple , et qui accouraient en foule à sa cellule pour profiter de ses lumineuses observations.- — Cet artiste mourut le 16 décembre 17 53 ; il laissa dans son couvent plusieurs tableaux, parmi lesquels on distingue le Saint François de Paule distribuant aux malades des plantes médicinales , et un Saint Thomas d'Aquin qui figure dans l'église magistrale d'Alcala de Henares. Les ouvrages de ce peintre sont assez maniérés. 11 a beaucoup

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gravé, comme j'aurai occasion de le dire. — A sa mort il laissa une grande quantité de dessins, d'estampes et de modèles qui se répartirent selon ses volontés entre les religieux. M.

ÏRIARTE ( Ignace ), grand paysagiste, naquit dans Azcoitia, province du Guipuscoa , en 1620. A 11 ans, il fut à Séville ayant déjà quelques principes de l'art , sans qu'on sût qui les lui avait donnés. Il entra dans l'atelier d'Herrera le Vieux , dont il prit beaucoup le goût et la couleur -, mais Iriarte resta toujours en arrière pour la figure. Dès ce moment il eut l'esprit de se dédier au paysage , et mit tant d'application , qu'il parvint en très-peu de temps à les composer avec un goût et une variété surprenantes. — Il faisait vraiment l'admiration de tous les professeurs , particulièrement de Murillo qui prenait plaisir à dire « qu'Iriarte faisait trop bien le paysage pour ne pas le peindre d'inspiration divine. » — Notre artiste fut l'un des principaux professeurs qui, en 1660, établirent l'école de Séville, et fut nommé le 4 janvier son premier secrétaire , emploi qui lui fut conféré chaque année jusqu'en 1669. — Malgré le grand nombre de tableaux de cet artiste , sortis pour l'étranger , tous les amateurs en ont quelqu'un de sa composition. On célèbre avec raison la légèreté de son feuillage , la richesse de ses arbres , la profondeur de ses sites , sa transparence , le choix des lieux, la savante opposition du clair-obscur, la beauté des ciels , la limpidité des ondes , un aérien des plus vaporeux, et enfin une harmonie générale. On aime mieux ceux qui sont sans figures , depuis qu'il fut brouillé avec Murillo , car il ne les savait pas bien faire , quoiqu'il parvint quelquefois à imiter heureusement son ami; mais un vrai paysage d'Iriarte avec les figures de Murillo , est un chef-d'œuvre. S. Voyez Iriarte , à l'article Murillo.

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IRIARTE (don Valère), peintre en crédit à Madrid. Le conseil de Castille le nomma , en 1725 , l'un des taxateurs des peintures antiques. Voyez l'article Garcia de Miranda ( don Jean). M.

JAUREGUI D'AGUILAR (don Juan), peintre de portraits , chevalier de Calatrava , et écuyer de la reine Elisabeth de Bourbon, femme de Philippe IV, fut à Rome, comme lui-même en convient dans le discours qu'il écrivit sur la peinture. C'est dans cette capitale des arts qu'il rectifia ses idées ainsi que son goût , et il est trèsvraisemblable qu'il se sera déterminé à y étudier Tantique et les grands maîtres, car Jauregui fut un dessinateur parfait. — Pacheco dit qu'il travaillait toujours, et qu'à l'aide de ses études et d'une vertueuse émulation^ il prit un rang parmi les artistes les plus distingués , surtout comme peintre de portraits. — Carducho annonce qu'il vit beaucoup d'ouvrages de Jauregui , dans la collection chôme du duc de Médina de las Torres , et que ses compositions , savamment peintes , étaient des modèles de génie et de goût , dans le style florentin , d'après Palomino. Jauregui inventa et dessina toutes les estampes que renferme le livre in-folio intitulé: Investigatio arcani sensûs in Apotalypsi , du père Louis Alcazar , jésuite, imprimé à Anvers en 1619. — Il fit aussi le portrait de Michel Cervantes , et écrivit en vers un Dialogue sur la nature , la peinture et la sculpture , qui lui fit beaucoup d'honneur. — Il est encore un problème en Espagne, que Lopès de Vega lui-même n'osa résoudre, savoirsi Jauregui naquit plutôt peintre que poète, malgré l'excellente traduction qu'il fit de l'Aminte. M,

JO 167 JOANES (Jean Vincent), peintre mystique, fils et élève du fameux Vincent Joanes , ainsi qu'il résulte d'un titre sur parchemin que Ton trouva dans une statue.de Notre-Dame , qui était au couvent des Carmes- Chaussés de Valence. — L'inscription disait ce qui suit :

— « Le père Gaspard Saint-Marthe , religieux de notre saint ordre , a fait cette image de Notre-Dame. Jean Vincent , par excellence , Joanes fils du fameux , la coloria , le frère Jean Sanz étant proviseur , et don François Cifre étant prieur de ce couvent , le i4 a°ût 1606. » — Le fils peut avoir imité le père , mais ne l'a jamais égalé , ni dans le dessin , ni dans aucune des parties de l'art. — Cependant j'aurai occasion de citer, dans l'article suivant , quelques tableaux qui peuvent être de Jean Vincent Joanes , ou de quelques autres élèves du grand maître ci-dessous. V.

JOANES (Vincent ), le coryphée de l'école de Valence (hispano-italienne), qui produisit de grands professeurs. Cet illustre artiste naquit à Fuente de la Higuera en 1 5^3. Il ne put donc être élève de Raphaël qui mourut en 1 5 20.

— Il est vrai qu'en mérite il égale , s'il ne surpasse , tous ses contemporains, et que la peinture, dont il possédait toutes les parties , lui dut une grande illustration. — Son pinceau, quoique un peu réservé, n'en avait pas moins une certaine énergie qu'un dessin pur et sévère savait soutenir. 11 possédait la science des raccourcis , drapait largement , et les caractères les plus nobles sont les attributs de son style-, sa couleur est celle de l'école romaine; ses œuvres attestent qu'il a vu l'Italie; et, s'il avait eu moins de timidité, il tiendrait dans les fastes de l'art une place encore plus éminente. Mais quand Palomi no le compare à Raphaël, c'est l'amour de la patrie qui l'emporte sur toutes les considérations. — A son retour de Rome , Joanes

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s'établit à Valence, et fît de sa maison une véritable académie. — Il avait une conscience timorée, et, suivant l'exemple de Louis de Vargas ( qui plus encore approcha de Raphaël ) , il se préparaitpar les sacremens à l' exécution des tableaux qu'il devait peindre pour les temples. C'est à la suite d'expiations publiques qu'il fit pour les jésuites une Conception ainsi qu'un Saint Thomas de Villeneuve qui servit en Flandre pour des tapisseries. — Joanes donnait un soin particulier à terminer les figures, les cheveux et les barbes 5 il répandait sur les têtes de Sauveur qu'il a souvent répétées, une douceur entraînante. — Il est fâcheux que l'on n'ait de lui aucune production mythologique à l'instar de l'école qu'il avait suivie; mais, soumis au goût qui dominait alors en Espagne , ainsi qu'à ses principes , il n'a jamais exécuté que des sujets sacrés , tels que ceux que l'on trouve à Ségorbe, Val-de-Cristo, Fuente de la Higuera, Castello de la Plana , Bocairente , Valence, Madrid, etc. — Les tableaux de Joanes qui décorent les temples de ces villes sont autant de chefsd'œuvre. — On voit au palais de Madrid l'histoire de Saint Etienne en six tableaux, dans lesquels Joanes s'est surpassé. — On a eu l'occasion d'admirer à Paris ** la Cène composée par ce maître ; et l'on peut encore jouir du bonheur d'examiner cinq à six de ses magnifiques productions qui se trouvent dans les cabinets de deux à trois amateurs distingués de la capitale. — Joanes continuait

* Si, pour n'avoir jamais peint que des sujets religieux , Morales a reçu le titre tfEl Divino , Vincent Joanes, étant dans le même cas, a droit au même surnom ; et , si le premier doit cet honneur à ses talcns , Joanes a de plus grands droits encore à l'obtenir.

** On voyait ce bel ouvrage chez M. Bonnemaison , dont l'obligeance extrême dans sa manière de recevoir est le moindre mérite.

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sa laborieuse carrière en terminant à Bocairente le grand maître autel de sa cathédrale , lorsqu'il tomba malade, et mourut le 21 décembre 1079. — Il eut un fils nommé Vincent Jean de Joanes , qu'il faut bien se donner de garde de confondre avec le père , et deux demoiselles , qui cultivèrent le même art, sans arriver jamais au talent de Vincent Joanes. V.

JORDAN ( Etienne ) , fresquiste , peintre , sculpteur et architecte, parait avoir été, au 16e. siècle, l'un des élèves de Berrnguete ou de l'un des grands artistes qu'il y avait alors à Valladolid , à moins qu'il n'ait comme eux étudié en Italie. — Dominique Theotocopuli , connu en Espagne sous le nom del Greco, choisit, en i58^, notre Jordan pour qu'il taxât le célèbre tableau qu'il venait de finir pour la cathédrale de Tolède. Cette confiance du Greco , qui lui-même était un grand artiste , prouve le savoir de Jordan. Antoine Pons assure qu'il a vu de ce peintre six tableaux qu'il avait faits pour le monument d» la cathédrale de Valladolid , et dont on ignore le sort. Mais les beaux ouvrages qu'il a laissés en sculpture et en architecture , offrent de grands souvenirs. J'aurai occasion de le prouver à son article Sculpture. M.

JORDAN ( Sauveur ) , peintre de portraits. On a de lui celui du savant Quevedo de Villegas, gravé, en i636, à Madrid, par D. F. Gazan. La ressemblance et le dessin de ce portrait , qui fut en réputation , classent Jordan parmi les artistes d'Espagne. M.

JUAREZ ( Laurent ). Voyez Suarez ( Laurent ). JUAREZ ( Manuel ) , peintre de genre , établi à Valladolid , fut l'un des plus ardens défenseurs et soutiens des droits des artistes , contre le droit de milice et de taxe sur leur noble profession. Cette discussion fut très-vive dans le temps ; tous les amis des arts , tant amateurs

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qu'artistes, y prirent une part très-active , et Juarez s'y distingua comme peintre , ainsi qu'il conste par tous les actes relatifs à ce procès, qui se suivit dans l'année 167 1. On n'a de Juarez aucun ouvrage public } les amateurs en possèdent quelques-uns , et ce sont des tableaux de genre. M.

JUNCOSA ( le frère Joachim ) , peintre d'histoire profane et sacrée, et fresquiste, naquit en i63i à Cornudella , diocèse de Tarragone. Il eut pour père Jean Juncosa , peintre de peu de mérite , qui ne put enseigner à son fils que ce qu'il savait. — Juncosa , rempli de dispositions naturelles , surpassa son père , et bientôt acquît de la réputation dans Tarragone. — Très-jeune, il se distingua par des sujets fabuleux , qu'il peignait avec tant de franchise, et qu'il savait si bien ordonner , que le marquis de la Guardia le chargea de quatre tableaux pour les envoyer en Sardaigne, où ils furent très-vantés. Juncosa >>e retira dans la chartreuse de Scala Dei , le 1 1 septembre 1660 \ il fit alors , pour la salle capitulaire de ce monastère, les portraits des hommes de mérite qui avaient illustré l'ordre , et couvrit le plafond de cette même salle d'un grand nombre de ligures. Il fut ensuite a la chartreuse de Monle- Alegre, y peignit la Naissance et le Couronnement de la Yierge , en deux tableaux , et en fît trente-six d'une grandeur immense , que l'on mit tout à l'entour de la corniche de l'église. — Son cousin , le docteur Juncosa , fit lui seul la coupole du sanctuaire. Peu de temps après son retour ;iu couvent , Juncosa partit pour Rome, où le prélat l'envoya, dans l'intention qu'il s'y perfectionnât. — Juncosa >e fit une. haute réputation parmi les professeurs , et , de retour à son monastère , en Espagne , fut le premier à déprécier ce qu'il avait fait avant son départ pour l'Italie. ^ — En 1680 il fut chargé, avec Joseph Fnmquet et son

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cousinle docteur Juncosa , de peindre la voûte ainsi que la chapelle majeure de l'ermitage de Reus , et d'y représenter plusieurs passages de la vie de Notre-Dame. — Ses ouvrages particuliers , répandus dans son monastère , dans celui de Monte-Alegre , dans les maisons de Tarragone et de la Catalogne, sont généralement célèbres dans le royaume , pour la correction du dessin , la franchise du style , la belle couleur , les teintes et demi-teintes bien entendues. — ■ Enfin Juncosa est, à juste titre, un peintre distingué de l'école espagnole*. Les tableaux qu'il fit pour la chartreuse de Monte-Alegre sont de huit palmes catalanes de large , et de près de onze de hauteur. Ils sont tous allusifs à l'histoire du Saint-Sacrement. — Il a représenté aussi à fresque , sur la voûte , une Gloire d'Anges. — Son chef-d'œuvre est un Saint Bruno lisant la règle à ses prosélytes 5 on le voit dans le couvent de Scala Dei , à Barcelone. Il paraît que Juncosa fit aussi plusieurs ouvrages pour la chartreuse de Majorque. V.

JUNCOSA ( le docteur don Joseph ) , peintre d'histoire de portraits , et fresquiste. Palomino l'appelle le licencié don Juan -, mais c'est une erreur. Le docteur Joseph naquit à Cornudella , et fut aussi l'élève de son oncle

* Il paraît que les religieux et le prélat qui succédèrent à don Jayme n'étaient nullement amateurs des arts ; car Juncosa , dï s ce moment , ne fut dispensé d'aucun office ni d'aucune représentation au chœur; et , lorsqu'il se trouvait occupé, la cloche l'incommodait à l'excès. Un jour il arriva qu'étant dans le feu d'une composition dont l'idée lui souriait beaucoup, on vint l'appeler pour aller au chœur ; il fut tellement irrité de cette contrainte , qu'il abandonna 1g monastère , et fut droit à Rome se jeter aux pieds de sa sainteté , qui lui pardonna. — Il obtint de se retirer dans un ermitage hors des murs de Rome , sous la condition qufon ne le tourmenterait plus pour les heures de l'office. Il mourut dans -cette retraite en 1708 , à 77 i*ns, regrette d* tous les grands professeurs de Rome.

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Jean Juncosa, qui avait appris les élémens à Jaën. — Le docteur étudia la théologie , se fit ordonner prêtre , et il paraît qu'il fut un prédicateur célèbre. — Mais la peinture enlevait tous ses mornens , et peu d'artistes catalans ont autant travaillé que lui. — Il peignait avjec facilité , mais n'avait ni le dessin ni la belle pâte de son cousin, qu'il aida dans l'ermitage de Reus. En 1680, il peignit seul, sous la corniche de la chartreuse de Scala Dei , divers passages de la vie du Seigneur, qu'il sut alterner avec d'autres traits de l'histoire du peuple de Dieu. Le docteur fit un grand nombre de tableaux et de portraits pour des particuliers. En 1682 , il peignit aussi à fresque , dans la cathédrale de Tarragone , les murailles de la chapelle de la Conception, fondée par don Jacques Giron de Rebolledo , qui lui donna pour cet ouvrage 4°o doublons , ou 8000 livres. Il y avait représenté divers mystères de la Vierge , que l'humidité avait déjà fait entièrement périr en 16885 il s'obligea, par contrat daté de 1688, à les repeindre en entier pour le prix de 274 livres catalanes, avec la condition que l'on prendrait toutes les précautions nécessaires pour éviter l'humidité , ce qui se fit. L'archevêque don Joseph Sanchez , qui estimait les talens de notre Juncosa , l'employa dans la chapelle £e Sainte-Thècle-la-Vieille , et pour plusieurs ouvrages au couvent de la Merci. — Le docteur est mort au commencement du 18e. siècle, en laissant une quantité immense de ses productions à Scala Dei , à Tarragone , a Barcelone , et dans presque toute la Catalogne. V.

LABANA (don Thomas), amateur, chevalier du Christ, et gentilhomme de la chambre, peignit son habitation , en l'ornant de charmans tableaux qu'il composa

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lui-même. Il vivait à Madrid vers i63o , et s'y faisait considérer comme un des personnages les plus connaisseurs et les plus expérimentés de la cour.

LABRADOR (Jean), peintre de fleurs et de £enre, élève du divin Morales. Palomino dit qu'il fut laboureur, et que c'est de là qu'il prit son nom de Labrador • mais il se peut bien aussi que ce soit le véritable, car cette dénomination est assez fréquente en Estramadure , où Labrador est né. — Peu de peintres ont eu le mérite que Labrador eut pour les fleurs. Les deux tableaux qu'il y a de lui au palais royal , sont le résultat d'un défi qu'il proposa à tous les artistes en ce genre. En effet, les contrastes dans les nuances, les groupes artistiques de fleurs , la délicatesse du feuillage , la vérité des tons, la transparence des gouttes bien accidentée*, tout enfin, dans ses corbeilles , place Labrador parmi les premiers peintres en fleurs. — 11 faisait aussi des fruits, des intérieurs , des trompe -l'œil , et y mettait à peu près le même soin qu'à ses fleurs , de façon que tous ses tableaux sont courus et très-appréciés par les amateurs. — Labrador mourut à Madrid en 1600, d'un âge très-avancé. Je puis indiquer une guirlande de cet artiste. S*

LANCHARES ( Antoine ) , peintre d'histoire et fresquiste , fut le disciple le plus distingué de Patrice Caxes.. Il naquit à Madrid en 1 586, et fit de tels progrès qu'en très-peu de temps on prit ses ouvrages pour être de son condisciple Eugène Caxes. — Les Jésuites de Madrid possédaient de ce maître un tableau qui fut toujours célèbre , et qui représentait l'Enfant-Jésus au milieu d'une gloire d'anges } on ignore le sort de cette production. — Les fresques qu'il peignit dans le même temps pour la chartreuse du Paular , et pour lesquelles il reçut 7000 réaux, ont été détruites ; mais on conservait avec soin , dans le

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même monastère une Ascension de Notre Seigneur , et une Descente du Saint-Esprit, qui classent Lanchares parmi les meilleurs peintres d'Espagne. On lit sur une de ses productions : Antonius Lanchares hispanus in Carihusiâ Paularis fecit anno 1620. — En 1625 , le père don Gaspard Prieto , général de la Merci , préféra Lanchares , pour qu'il fit, avec Louis Fernandes et Pierre Nunez, les tableaux du couvent des Carmes de Madrid. — Lanchares eut en partage la Vie de Saint Pierre Nolasco, dont l'exécution le fit distinguer des personnes intelligentes qui savaient retrouver une juste imitation de la nature dans sa simplicité. — Lancharez mourut à Madrid en i658, et fut enterré, le 22 juillet de cette année , à Saint-Philippe-le-Royal. — Il a laissé plusieurs dessins assez généralement recherchés. M.

LANDA ( Jean de ) , peintre d'histoire , établi à Pampelune , dora , étoffa et coloria , en 1599 , le grand maître autel de la paroisse de Sainte-Marie-de-Tafalla , que venait de sculpter Michel Ancheta , et pour prix duquel Landa reçut 70,460 réaux , soit 18,000 livres. — En 1600 il peignit, pour les parties latérales de la paroisse de Caseda , un Saint Michel et une Sainte Catherine, qu'on lui paya 3787 ducats. — J'ai déjà eu l'occasion de dire que vers cette époque les peintres de mérite ne dédaignaient pas de dorer et d'étoffer les sculptures , et j'ai pareillement donné l'explication du mot étoffer. M.

LARRAGA ( Apollinaire ) , peintre d'animaux et de genre, né à Valence. Plusieurs prétendent qu'il fut élève de Pierre Orrente ; mais c'est à tort, puisque Larraga mourut en 1728, c'est-à-dire 84 ans après Orrente. — Ce qui est certain , c'est que Larraga étudia les ouvrages de ce maître , et que c'est par son application qu'il devint bon naturaliste et a possédé la magre du clair-obscur. —

LE r?5 Il laissa beaucoup d'ouvrages dans les divers couvens de Valence. V*

LARR.AGA ( Joseph-Marie ) , peintre, fille et élève d'Apollinaire. Larraga avait les mains perdues, et maniait cependant les pinceaux avec adresse -, son dessin était assez réglé. On lui attribue un Reliquaire de la Vierge, que Ton sort dans les processions de Valence , et un Saint Thomas de Villeneuve peint avec beaucoup de grâce. Elle se distingua davantage dans la miniature. Mais ce qui lui assigne une place méritée dans ce Dictionnaire , c'est que , par suite de son amour pour les arts, elle soutint à ses frais, dans sa maison, et pendant plusieurs années, vers 17 38 , une académie d'élèves. JF.

LEDESMA ( Blas de ) , fresquiste , parut en Andalousie à la fin du 16e. siècle , et fut l'un des Espagnols qui surent le mieux imiter, dans les fresques et les grotesques, la manière qu'avaient apportée d'Italie Jules et Alexandre. S.

LEDESMA ( Joseph de ) , peintre d'histoire , naquit en i63o à Burgos , où il apprit les élémens \ mais c'est à Madrid que , sous Jean Carreno , il acquit un ton de couleur inappréciable. Il se fût sans doute fait un grand nom, si la mort ne l'eût enlevé en 1670. — Il a laissé plusieurs ouvrages chez des amateurs ; dans Madrid , un Christ au tombeau 5 chez les Récollets , un Saint Jean- Baptiste , une Sainte Trinité , une Incarnation , un Saint François , et un Saint Dominique chez les Trinitaires. M.

LEGOTE (Paul) , peintre d'histoire , établi dans Séville au milieu du 17e. siècle. Il conste , par une écriture passée à Lebrixa le 19 juin 1629, devant Sébastien Truxillo, qu'il reçut à compte 5ooo réaux pour peindre et étoffer le grand autel de la paroisse de Sainte-Marie de Lebrixa , sculpté en bois par Alphonse Cano , à qui Antoine Pons attribue aussi les tableaux. Cette méprise d'un savant aussi

distingué que le célèbre voyageur Pons , prouve hautement le mérite de Legote. Notre artiste représenta la Nativité du Seigneur, l'Epiphanie, les deux Saints Jean et l'Annonciation. Il reçut pour paiement définitif de cet ouvrage le complément de 35,3~3 réaux , ou 8843 francs , plus ou moins. Le cardinal Spinola , archevêque de Séville, le chargea, en 1647, de peindre, pour le salon principal de l'archevêché , les Apôtres en pied , de grandeur naturelle. Dans tous ces tableaux on trouve la nature, la vérité, le dessin, une beî:e couleur, et quelques-unes des autres maximes qui constituent le grand peintre. On attribuait à Herrera le Vieux un autre Apostolat à micorps, qui ornait l'église de la Miséricorde à Séville , et qui est encore positivement de Legote. Cet artiste s'établit ensuite à Cadix , où l'on voit, dans les archives générales des Indes, des crédits en sa faveur, datés de 1662, pour prix de quelques étendards peints par lui à l'acquarelie, pour l'armée navale. S.

LÉON ( André de ) , peintre d'histoire , résidait à Séville au commencement du 16e. siècle, où il peignit pour la cathédrale , d'après ses archives , cinq tableaux qui représentaient divers sujets religieux , mais qui déjà n'existent plus. S.

LEON ( Christophe ) , peintre d'histoire. Il y eut à Séville , après la perte que les arts firent à la mort de Murillo et de Valdes , peu de peintres qui égalassent en mérite et en talent cet élève de Valdes. — C'est Léon qui peignit en détrempe , avec franchise et un goût distingué , les ornemens de Saint-Philippe-de-Neri de Séville, et à l'huile, une Collection historiée de 18 Vénérables de cette congrégation. Il les fit de grandeur naturelle , et sut réunir un large dessin à beaucoup de hardiesse. — Léon mourut à Séville en 17 29. <S.

LÉON (Philippe de ) , peintre d'histoire , était , à ce qu'il paraît , frère de Christophe , dont l'article précède ; il sut aussi très -bien approcher du style de Murillo; et il y a de lui , dans Se ville , plusieurs copies de ce maître qui sont très- estimées des amateurs. Philippe de Léon mourut à Séville en 1728 , après avoir laissé divers tableaux de sa composition , entre autres un prophète Elie montant au ciel sur son char de feu. S,

LEON LEAL (don Simon de), peintre d'histoire, naquit en 1610 à Madrid, où il fit de grands progrès à l'atelier de Pierre de Las Cuevas. Il eut des succès plus marqués encore en copiant les bons maîtres , et particulièrement Wandyck. Il étudiait aussi scrupuleusement la nature , et devint si parfait coloriste , qu'il fut en réputation à la cour. Le cardinal Everard , confesseur de la reine , le chargea du grand tableau du maître autel du noviciat des Jésuites , à Madrid. Léon Leal acheva cet ouvrage tellement au goût de son éminence , que le cardinal lui obtint une place chez la reine. Notre artiste eut par la suite un nouvel emploi plus honorable, mourut à Madrid en 1687. Ses ouvrages, que Ton voyait aux Prémontrés , aux Capucins del Prado , aux Enfans -Trouvés , à l'église du Sauveur, ont tous été transportés au Rosaire. M.

LEONARDO ( le frère Augustin ) , peintre de genre, d'histoire, de portraits, et de batailles, naquit au royaume de Valence , où il entra , suivant la version de l'érudit don Marcos d'Qrellana,dans le couvent de Saint-Philippe vers 16 10. Le révérend père François de Martinez , dans son histoire de Notre-Dame del Puig , dit : « Dans la chapelle majeure du couvent de Notre-Dame del Puig y il y a un petit sanctuaire qui pour le temps était charmant ; car on l'orna d'une collection de peintures des plus re-

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cherchées , et toutes sorties du plus brillant pinceau que virent les royaumes de Valence et d'Aragon. Leur auteur se nomme le frère Augustin Leonardo , de ma sainte Religion. Il fleurissait à la fin du 16e. siècle. » On a long-temps conservé dans ce couvent quatre grands tableaux de Leonardo , représentant la Découverte de Notre-Dame del Puig , le Blocus de Valence par le roi don Jayme , la Remise de cette ville et la Bataille qu'il y eut aux environs du Puig contre les Maures , où Leonardo fit paraître saint George défendant les chrétiens. Les mêmes tableaux furent portés à Valence en 1738, comme très-propres à orner la façade du couvent de la Merci . quand cette ville célébra la quatrième époque séculaire de sa conquête sur les Maures. C'est ainsi que le rapporte don Joseph- Vincent Orti , dans la relation qu'il fit de ces fêtes. Il n'y a pas de doute que le frère Leonardo ne vînt à Madrid, où il fut appelé par le révérend père , Gaspard Prieto , général de sa Religion , pour orner le couvent de cet ordre à la cour. Il est bien de dire ici que ce prélat fit tout ses eiïorts pour embellir son monastère , tant en architecture qu'en sculpture et en peinture depuis 1622 jusqu'en 1629. Les tableaux que fit Leonardo pour le grand escalier , portent l'année 1624 et 1626. Il fut aussi à Séville , ou il a peint une Samaritaine avec le Seigneur, qu'il signa comme suit : f rater Augustinus Leonardo His panas inventer faciebat Hispani , die 4 junii , anno dom. 1623. Palomino assure que Leonardo mourut à Madrid 5 mais il paraît plus probable que ce fut à Valence sa patrie. — Cet artiste dessinait parfaitement, entendait la perspective, la composition , et était enfin versé dans toutes les branches de Fart. On ne doit lui reprocher qu'un peu de faiblesse dans ses portraits } dont tous les amateurs

font, malgré ce défaut , le plus grand cas. — Il fît entre autres celui du chroniste don Gabriel*. Ses ouvrages sont à Notre-Dame del Puig , à Madrid , à Tolède , à Cordoue ; ses portraits chez tous les amateurs. V.

LEONARDO ( Joseph ) , peintre d'histoire , et de batailles. L'école de Pierre de las Cuevas , comme j'ai eu occasion de le dire , a produit de très-bons élèves, et Leonardo fut un des plus distingués. Palomino dit qu'il naquit à Madrid en 1616. Martinez assure que ce fut en Catalogne. — Ses études , et l'application qu'il mettait à l'examen des ouvrages des grands maîtres de son temps , lui acquirent une fraîcheur des plus agréables , un dessin assez pur , et une telle suavité , qu'il obtint de suite ée titre de peintre du roi. Lorsqu'il était dans la vigueur de 1 âge , et donnant les espérances les plus brillantes, il perdit le jugement, par suite d'un breuvage que des jaloux de son mérite le forcèrent à prendre. — Il vécut dans ce malheureux état de langueur jusqu'en i656, qu'il mourut à Sarragosse âgé de 4° ans. — Il a laissé au Retiro des ouvrages vraiment dignes de célébrité. L'un représente le marquis de Spinola et celui de Leganes faisant le siège de Breda : dans un autre , c'est une marche de soldats , où l'on voit le duc de Frias parlant à un militaire. Ces tableaux, delà plus grande dimension , sont en même temps du plus grand mérite. — On possède pareillement de Leonardo un magnifique portrait en pied du roi goth Alaric , qui n'est pas un des moindres ornemens de la collection des rois d'Espagne , à laquelle furent employés tous les grands artistes

* J'avais procuré dans Madrid ce portrait à M. Lebrun ; je l'ai acquis à sa vente.

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