‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 36 sur 72 · LU · texte numérisé non relu

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les ouvrages des meilleurs artistes italiens , et retira de ses études une belle couleur ainsi qu'un large faire. De retour dans sa patrie , il resta près des seigneurs Pignatelli , occupé à peindre des sujets divers et des portraits jusqu'en 174°^ qu'il épousa dona Thérèse Zabalo, fille du peintre don Jean Zabalo. L'année suivante il fut à Madrid porter le serment exigé des peintres du roi , dont Philippe V lui avait accordé le titre. Dès ce moment il fréquenta tous les artistes de la capitale , examina tous les ouvrages qu'il rencontrait, avec un soin particulier , et fut nommé réviseur par l'inquisition de Sarragosse. Ses talens et ses manières lui procurèrent l'estime générale. 11 fit tant , qu'il engagea les principaux nobles de la ville à prendre sous leur protection l'enseignement public de dessin qu'il soutenait à ses frais , aidé de son père Zabalo , de Joseph Ramirez , de Paul Rabiella , et de quelques autres professeurs amis des arts. C'est donc à Luxan que l'on doit la fondation de l'académie de Saint-Louis, qui s'établit par la suite , et dont j'aurai l'occasion de parler plus au long à l'article de Jean Ramirez, sculpteur. — Luxan mourut à Sarragosse le 20 oatobre 1785. Ses ouvrages sont estimés pour la suavité de la couleur . mais ce qui le distingua le plus, fut le zèle et l'intérêt qu'il mettait aux progrès et au décorum de sa profession. Sa maison était un atelier ouvert à tous les jeunes gens , qui désiraient mettre à profit ses lumières. Il les enseignait avec une patience , une amabilité particulières, et ne s'occupait jamais que de leur avancement. — Les arts doivent à Luxan François Bayeu , François Goya . Joseph Beraton , Thomas Vallespin , le célèbre orfèvre Antoine Martinez , et beaucoup d'autres artistes. — Ses ouvrages sont dans la majeure partie des églises de Sarragosse , de Huesca . de Calahorra et de Calatayud. V*

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MACHUCA (Pierre ) , peintre, sculpteur et architecte. François de Hollande le met au rang des bons artistes castillans qui furent en Italie. Don Jean Butron dit qu'il vécut à Grenade, qu'il fit dans cette ville de grands ouvrages comme peintre et architecte , et qu'il suivit dans la peinture la manière de Raphaël. Pacheco ajoute que Machuca fut en Italie et suivit les cours de l'illustre Italien. Don Lazare del Valle et Palomino assurèrent la même chose j cependant on ne connaît de ses ouvrages que ce qu'il fit en sculpture et en architecture, à l' Alhambra., sous Charles V. Voyez son article , Dictionnaire de Sculpture. — Machuca travaillait à Tolède en i548. M.

MARCH DES BATAILLES ( Etienne ) , peintre de batailles. Son style appartient à l'école vénitienne, parce qu'Orrente, son maître, fut un grand imitateur du Bassan. 11 naquit à Valence à la fin du 16e. siècle, et mourut dans cette ville en 1660. Il se complaisait à peindre des attaques. Pour se mettre en disposition , ainsi qu'un nouveau Don Quichotte , armé de pied en cap , la lance en arrêt , il attaquait au son des tambours et des trompettes les murailles de son atelier , et , à la suite de ces folies , peignait ce que lui inspirait son imagination exaltée. — Il voulut s'occuper aussi de l'histoire , mais ne réussit pas. — 11 fut maître de Senen-Vila, de son fils Michel March et de Jean de Conchillos , qui tous ne pouvaient souffrir ses extravagances. Les amateurs font un cas particulier des batailles de March. La facilité de son pinceau , son coloris frais , la vérité de ses combats et la densité de l'atmosphère au moment d'une affaire sérieuse , faisaient le mérite des productions de cet artiste, qui a travaillé particulièrement à Valence et à Madrid. V.

MARCH ( Michel), peintre d'histoire, fils et élève d'Etienne March. A la mort de son père il fut à Rome. A son retour, il tâcha d'imiter son père en peignant l'histoire et des combats , mais il ne put l'égaler. — Il avait cependant assez de facilité et quelque correction , comme le prouvent deux tableaux qu'il fit de l'histoire de Saint François pour les Capucins de Valence , un Calvaire pour la paroisse de Saint-Michel , et les huit qu'il composa de la Passion pour la paroisse de Carcaxente. Il mourut à Valence en 1670, à 3^ ans. V*

MARINAS (Henri de las), ou MARINES (Henri des ) , peintre de marines , surnommé ainsi pour la grâce avec laquelle il traçait les embarcations de toute nature. Il naquit à Cadix en 1620 , et s'étant dédié à la peinture, la fréquente habitude de voir des vaisseaux dans la baie de cette ville lui inspira le goût de les peindre. Il parvint à posséder ce genre à un tel degré , qu'il eut pour partisans tous les marins et tous les peintres , tant il sut donner de vérité à ses navires s et surtout à ses gréemens. Il réussit également dans la transparence des ondes, la vapeur, et l'interposition de l'air pour arriver àla profondeur de l'horizon. Ses ouvrages lui procurèrent une fortune considérable, dont il employa les revenus à voyager. Mais une fois qu'il fut à Rome , il n'en sortit plus et y mourut en 1680. Ses marines sont rares et recherchées de tous les amateurs intelligens. J'ignore à qui on donne ses productions en Italie. S.

MARQUEZ ( Étienne ), peintre d'histoire, né en Estramadure, et disciple , à Séville, de son oncle Fernando Marquez de Joya, qui suivait l'école de Murillo. L'oncle étant mort , Marquez entra comme ouvrier pour peindre dans l une de ces maisons , établies à la foire , qui faisaient le trafic des peintures pour les Amériques ; mais , n'ayant pas assez d'activité' et de pratique pour ce genre de travail ,

MA i95 Marquez souffrit de ses camarades tant de brocards , qu'il fut obligé de se retirer dans son pays. Mais la misère l'y poursuivant encore plus , il revint alors à Se ville, et mit tant d'application , qu'il surpassa en peu de temps tous ceux qui s'étaient moqués de lui : car il parvint à être correct, assez bon coloriste , et surtout à imiter assez bien le style de Murillo ; comme le prouvent ses ouvrages , et particulièrement huit tableaux qu'il fît pour les Trinitaires -Déchaussés , parmi lesquels on remarque une Ascension de beaucoup de mérite. Il fit de plus un Apostolat de grandeur naturelle pour l'hôpital de la Sangre, les tableaux de l'escalier et du chœur des Augustins , des iiecollets , et enfin beaucoup d'autres répartis dans les temples. Il mourut à Séville en 1720. S.

MARQUEZ JOYA ( Ferdinand ), peintre de portraits, établi à Séville , fit en 1649 le portrait du cardinal Spinola , que Vander Gouwen grava ensuite au burin. Il concourut à l'académie de Séville depuis 1668 jusquen 1672 , qui fut , à ce qu'il paraît , l'année de sa mort. Il suivit aussi la manière de Murillo , et fut oncle et maître d'Etienne Marquez dont l'article précède. — * Joya ne fit assez généralement que des portraits. S.

MARTEL (N.) peignait dans la cathédrale de Tolède en i495.

MARTIN (Thomas), peintre d'histoire , établi à Séville et élève d'Alphonse Faxardo , fut aussi l'un des concurrens de l'académie de cette ville, depuis 1668 jusqu'en 1672. Il a laissé signés de sa main plusieurs tableaux historiques. S.

MARTINEZ ( Ambroise ) , peintre d'histoire , apprit à Grenade, sa patrie , l'art de peindre sous Alphonse Cano. Il suivit le faire de son maître , mais sans dessin , avec trop d'afféterie et de manière. On acquiert la preuve de ses défauts à l'examen de ce qu'il fit pour le couvent de Saint-

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Jérôme , pour quelques autres monastères , et particulièrement pour les Carmes-Chaussés de Grenade , où il mourut très-jeune en i6^4« S.

MARTINEZ ( Antoine ) ; peintre d'histoire , fils et élève de Joseph Martinez , peintre de Philippe IV. Il naquit à Sarragosse en 1689; son père, après l'avoir préparé, le fit partir pour Rome , et l'y entretint honorablement jusqu'à ce qu'il revînt dans sa patrie. C'est alors qu'Antoine aida son père à peindre beaucoup d'ouvrages , et particulièrement les quatre tableaux qui sont au collège de la Manteria. Il prit ensuite l'habit de frère lai, dans lequel il mourut en 1690. On conservait de lui , dans ce monastère, beaucoup de tableaux représentant la Vie de Saint Bruno , peints avec assez d'esprit et de couleur. V.

MARTINEZ ( Chrysostome ) , peintre d'histoire et graveur, naquit à Valence , et parvint à s'y rendre célèbre dans ces deux professions. En 1680, il peignit un Saint Pascal et quelques autres bienheureux pour la congrégation de Saint-Philippe-de-Neri. On lui attribue le Saint Michel du couvent del Remedio, et un Saint André des Carmes- Chaussés de la même ville. — Martinez se livra plus volontiers à la gravure , comme le dira son article Graveur. 11 mourut dans les Pays-Bas en 1694. V*

MARTINEZ ( Dominique peintre d'histoire, naquit à Séville à la fin du 17e. siècle, et fut élève d'un professeur très-médiocre , appelé Jean Antoine. Son application le fit bientôt surpasser son maître ; ses bonnes manières lui attirèrent toute la noblesse de la ville , et beaucoup d'occupation quand la cour de Philippe V fut à Séville. Martinez se rendit recommandable par ses qualités, au ooint que tous les grands le visitaient , ainsi que les professeurs nommés pour les voyages de Sa Majesté. Celui qu'il fréquenta le plus était M. Rang , peintre du roi , qui ,

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cliarmé de son amabilité , voulut le mener à Madrid pour le faire recevoir peintre de Sa Majesté. Marti nez préféra la tranquillité aux honneurs , et resta dans Séville , où il mourut riche , le 29 septembre 1750. — Peu de peintres , depuis Murillo , travaillèrent autant que Martinez pour l'honneur et le soutien des arts. Sa maison était une véritable académie , où concouraient beaucoup d'élèves , parmi lesquels on distinguait son gendre Jean de Espinar , et don Andrès Puibira. Martinez fournissait tous les modèles; mais comme il ne possédait pas lui-même les vrais principes de l'art , il ne sortit pas de bons élèves de son atelier. — Il manquait d'invention, et, n'étant pas très -versé dans la composition, se servait d'estampes, dont il avait une ample collection-, il en fit même un assez bon usage pour que sa réputation fut supérieure à son mérite , de manière que ses productions sont encore assez estimées à Séville , où la plupart des temples en possèdent un certain nombre ; il y en a aussi à Umbrete. S.

MARTINEZ ( Grégoire ) , peintre de. genre et paysagiste , vivait à Valladolid. J'ai déjà eu l'occasion de dire que dans le siècle des beaux-arts en Espagne, les peintres en crédit ne dédaignaient pas de dorer et d'orner en couleur les maîtres autels et les sculptures. Martinez et Jacques d'Urbina , domiciliés à Madrid, furent appelés pour dorer le grand maître autel de la cathédrale de Burgos , qu'ils finirent en i5945 et qu'on leur paya 11,000 ducats d'or. — Il existe un charmant tableau sur cuivre , signé de Martinez , représentant la Vierge, l'Enfant, Saint Joseph, et Saint François d'Assise , qui est en vérité d'une très-belle couleur et entièrement dans le genre vénitien. Il faisait assez bien le paysage. M.

MARTINEZ ( Joseph ) , peintre d'histoire , naquit à Sarragosse en 1612. Son père, jaloux de favoriser l'in-

clination de son fils pour la peinture , le fit partir pour Rome , d'où il revint très-avancé. Il s'établit ensuite dans sa patrie ; et quand Philippe IV fut à Sarragosse en 1642, il nomma Joseph son peintre , le 1 o juin de cette année , sur le rapport de Velasquez de Silva. Martinez fut ensuite peintre de don Juan d'Autriche, qui faisait beaucoup de cas de son mérite. Malgré toutes ces distinctions , notre artiste ne voulut jamais sortir de Sarragosse , où l'opinion publique était tout-à-fait en sa faveur , et où les ouvrages dont on le chargeait le mettaient à même de tenir un état honorable. — Il mourut à Sarragosse en 1682. La couleur donne à ses ouvrages plus de prix que les autres parties de l'art , qu'il négligeait assez ordinairement. — Les peintures de la Seu , qui forment les quatre angles du collège de la Manteria , sont de lui. Il gravait à l'eau-forte , et fit , en i63i, le portrait de Mathias Piedra. Il composa un ouvrage qu'il n'a jamais rendu public , et qui m'a beaucoup servi pour ce Dictionnaire , il est intitulé : Discursos practicables del nobUisimo arte de la pinîura ; sus rudimentos , mediosy fines , que enseha la experiencia , œn Los exemplares de Obras insignes de artifices ilustres.

MARTINEZ ( Joseph), peintre d'histoire et fresquiste , résidait à Valladolid au 16e. siècle, et fit divers tableaux pour la chapelle de l'Annonciation, dans le couvent de Saint- Augustin 5 ils représentent les principaux Mystères de la Vierge , et leur style fait présumer que Martinez en Italie étudia l'école florentine. — Le tableau titulaire de l'Incarnation , qu'il fit aussi pour l'autel principal du même couvent, démontre, ainsi que tous ses ouvrages, un grand savoir pour la composition , le dessin et la couleur. On attribue aussi à Martinez l'invention des grotesques qui ornent la même chapelle , finie en 1 598. Il fit encore les tableaux relatifs à la Passion, et les quatre

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Apôtres pour la chapelle du Christ des Bernardins de Valladolid. M.

MARTINEZ ( Sébastien ) , grand peintre d'histoire et de genre, naquit à Jaën en 1602, et apprit à peindre sous un élève de Cespedes. L'étude ^l'application , et des moyens naturels , le conduisirent à être dans sa patrie un bon dessinateur, un coloriste gracieux, et d'un génie heureux pour composer des paysages. Philippe IV , en 1660 j le nomma son peintre, et S. M. allait souvent le voir travailler dans son atelier. Martinez ne jouit pas longtemps de cette satisfaction , car il mourut en 1 667 . Il fît pour les particuliers un bien plus grand nombre d'ouvrages de genre que d'ouvrages publics. — Les amateurs de Jaén , Cordoue , Séville , Cadix et Madrid , conservent dans leurs cabinets des tableaux de ce maître. On ne sait ce que sont devenues les jolies productions qu'avaient de lui les Jésuites de Jaën ; mais on sait que la cathédrale de cette ville possède son célèbre tableau de Saint Sébastien et une Conception. Martinez en fît quelques autres , non moins célèbres , pour le couvent des religieuses de Corpus , savoir : la Nativité , Saint Jérôme , Saint François , la Conception, et un Crucifix. S.

MARTINEZ ( Thomas ) , peintre mystique , né à Séville , où il suivit l'école de Murillo sous son élève Jean-Simon Guttierez, mourut dans sa patrie en 1734. Il parait que cet homme singulier fut enterré dans une bière et dans un drap mortuaire qui , depuis long-temps , lui servaient, l'une de lit et l'autre de couverture. Il n'a fait , parmi nombre d'ouvrages , qu'une seule Mère de Douleur vraiment digne de Murillo, et qui, du couvent de la Merci de Séville, a été transportée à l'Alcazar pour son rare mérite. S.

MARTINEZ DEL BARRANCO ( don Bernard ) ]

peintre d'histoire et de genre, naquit le 21 août 1738, au village de Cuesta , province de la Rioja. — Il se mit à dessiner et à peindre à Madrid. En 1760 il fut à Rome , à Naples et à Turin , où il se perfectionna par l'étude des chefs-d'œuvre de l'antique. Il se dédia particulièrement à l'examen du Corrége, et revint en 1769 en Espagne. L'académie de Saint-Fernand le reçut comme l'un de ses membres le 6 septembre 1774 î et ^ obtint de faire quelques ouvrages sous la direction d'Antoine Mengs. En effet, il fut chargé défaire le portrait de Charles III pour le consulat de Santander , des médailles en grisailles pour le marquis de Sarria , et une Décollation de Saint Jean que l'on voit à l'académie. — Il mourut à Madrid le 11 octobre 1791» Martinez fut très-studieux, eut beaucoup d'application, et suivait très-fréquemment les concours , où il dessinait et corrigeait les élèves. Il a fait quelques dessins pour l'ouvrage de Don Quichotte, que publia en 1788 l'académie. Il composa de plus le Port de Santander, et un beau tableau représentant l'illustre comte de Florida Blanca , de grandeur naturelle , que la famille de Martinez conserve. Il a neuf pieds de hauteur sur huit de large. M,

MARTINEZ DE CAZORLA ( François ), peintre d'histoire , élève de Jean de Valdes Léal , était en crédit à Séville vers la fin du 17e. siècle. Il n'était cependant pas dessinateur, mais sa couleur séduisait. Son ouvrage public le plus connu est la Conception qu'il fit pour la sacristie du couvent de la Merci de Séville. S.

MARTINEZ DE GRADILLA ( Jean ) , peintre et fresquiste, élève de François Zurbaran de Séville. L'unique ouvrage qui se connaisse de lui est la fresque du réfectoire de la Merci de cette ville-, mais à présent c'est tant retouché et tant défiguré , que l'on ne peut se rendre raison ni de la manière de faire , ni du mérite de l'auteur. —

dépendant il faut qu'il ait été bon peintre pour avoir été chargé d'orner une salle aussi importante qu'un réfectoire > vu qu'il est de notoriété que tous les grands artistes de son temps furent seuls employés à travailler dans ce couvent. — C'est l'un des fondateurs de l'académie de Séville, dont il fut majordôme et consul depuis 1660 jusqu'en 1673. Le soin de poser les modèles pour le nu est un des attributs du consul. S.

MARTINEZ DE PAZ ( Matthieu ) , concourut aux frais de l'académie de Séville , ainsi qu'à ses études , depuis 1666 jusqu'en 167$ , et fut aussi l'un de ses majordômes. iS.

MARZO (André ) , peintre d'histoire , Valencien , élève de Ribalta. Quand il eut prit l'essor, il fit un Saint Antoine de Padoue pour la paroisse de Sainte-Croix, et un autre Saint Antoine pour celle de Sainte-Catherine. En 1662 il inventa et dessina le frontispice de la Description des Fêtes que célèbre la ville de Valence, pour le mystère de la Conception , d'après un bref du pape Alexandre VII. Cet ouvrage est fort bien écrit , et fut publié avec succès en i663 par Jean-Baptiste de Valda. V.

MARZO ( Urbain ), peintre mystique , Valencien , et frère d'André Marzo. On ne connaît de lui qu'un seul tableau , qui n'est pas sans mérite , et qui représente un Portement de Croix. Il appartient à un amateur de Valence et porte la signature à? Urbain Marzo. V-

MASCARÈNAS ( riîlustrissîme seigneur don Jérôme), peintre et évêque de Ségovie. Palohiino dit que ce prélat employait tous ses loisirs à peindre, et qu'il s'en tirait assez bien , d'après divers tableaux de sa main que Palomino prétend avoir vus.

M AT AR AN A (Barthélemi ), fresquiste, résidait à Va-

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lence au commencement du 17e. siècle, et peignait des fresques assez brillantes au collège de Corpus-Christi. Il représenta les Prophètes et divers passages de l'histoire des Israélites , celle de Saint Vincent martyr, et de Saint Vincent Ferrer. Il fît avec plus de succès encore dans la chapelle Notre - Dame de l'ancienne cathédrale de Séville } la Visitation et la Fuite en Egypte. Ensuite il orna la chapelle de Saint-Vincent Ferrer d'une procession immense, portant une relique du Saint, apportée de Vannes en France à Valence. — Il fit encore dans la chapelle de l'Ange de la Garde une Gloire avec un nombre immense de saints , l'Histoire des Macchabées , et sur la voûte il peignit le séjour des bienheureux avec tous les attributs de l'Eucharistie. — Matarana reçut pour ces fresques 5879 pesos ( plus de 20,000 francs), et plusieurs gratifications, y.

MATEOS ( Jean ), l'un des fondateurs , en 1660 , de l'académie de Séville , dont il fut le fiscal en 1667. S.

MAYNO ( le père Jean-Baptiste) , peintre d'histoire , et maître de Philippe IV , l'un des meilleurs élèves du Greco. Il jouissait à Tolède du plus grand crédit, lorsqu'en 161 1 le chapitre de la cathédrale le chargea de peindre l'Histoire de Saint Ildefonse , en un seul tableau de treize à quatorze pieds de large. — Le père Mayno voulant suivre la religion de Saint-Dominique, professa dans le couvent de Saint-Pierre Martyr. Respecté par ses vertus autant que par son savoir , il fut choisi pour être, dans l'art de peindre , le maître de Philippe IV , quand il fut prince. L'infant, devenu roi, ne voulut jamais se séparer de son maître , qui à l'ombre du diadème , devint le directeur de tous les travaux , et le Mécène de tous les artistes. C'est aux sollicitudes du père Mayno que les arts doivent Alphonse Cano. — Ce dernier avait

fait pour l'église de Sainte-Marie , le Miracle de Saint Isidore ; le père Mayno obtint du roi qu'il fût voir cette production. S. M. en fut si contente , que dès ce moment la fortune de Cano fut assurée. Le père Mayno mourut le ier. avril dans le collège de Saint-Thomas de Madrid à 80 ans. Il suivait et adoptait particulièrement la manière vénitienne , et donnait à ses figures des attitudes on ne peut plus aimables. — On doit encore au père Mayno d'avoir fait d'un prince qui devint roi, un bon amateur du grand art de peindre. Lope de Vega , dans son Laurier d'Apollon , a célébré le père Mayno *. Tolède , Madrid , Salamanque , ainsi que beaucoup de particuliers , ont des productions de ce maître , et les conservent soigneusement. M.

MAZO MARTINEZ ( Jean-Baptiste del) , paysagiste, peintre de genre et de portraits , le disciple le plus distingué de Jacques Velasquez , naquit à Madrid -, et , dès qu'il entra dans l'école de ce grand maître , se mit à copier de ses ouvrages. Bientôt il parvint à une imitation si exacte , que souvent on ne sait distinguer l'original. Il fut très-habile pour les portraits , et parvenait à la plus parfaite ressemblance. Mais ses paysages , qui sont toujours de larges compositions, sont inappréciables. Il faut voiries beaux tableaux en ce genre qui décorent la salle des Gardes à Aranjuez , ses villes de Pampelune , et surtout celle de Sarragosse , qui est dans la collection du palais de Madrid. Ce tableau est vraiment un chef-dœuvre que n'eussent point méconnu les plus grands

¥ Juan Bautista Mayno, a quien el arte deue aqnella accion, que sus Jlguras rnueve, etc.

Jean-Baptiste Mayno, à qui l'art doit cette action qui donne du mouvement à ses figures , etc.

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