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de Luc Jordan à Madrid. Lorsque le Fa-Presto s'en fut à Naples, son élève revînt dans la Vieille -Castille et fit quelques tableaux pour la cathédrale de Valladolid. Il en a terminé aussi quelques autres pour la chapelle du marquis de Cerralvo à Salamanque , imitant toujours le faire de son maître. M.
PIZAIiRO ( Antoine ) , peintre d'histoire , dessinateur aussi grand que hou coloriste , élève du Grçco, résidait, au commencement du 1 7e. siècle , àTolède, où il laissa des ouvrages de mérite. — On ne peut citer sans éloge la fondation de Tordre des Trinitaires , qu il peignit pour le couvent de ces religieux : les tableaux qu'il fit pour les églises de Saint-Just et Pasteur , une Nativité de la Vierge , dans Sainte-Marie , de la ville de Casarrubios , sont tous dans la même catégorie que le premier. — Pizarro inventa et dessina les trois gravures de la vie de Saint Ildefonse , écrite par Salazar de Mendoza , gravée à Tolède , par Aiard Popma , en 161 8 , ainsi que je le décrirai à son article. M.
PLANES LE JEUNE ( Louis-Antoine ) , naquit à Valence, en 1760 , et fut élève de son père, don Louis, qui fut, en 1800, directeur de l'académie de Saint-Charles. Sous la direction de son père , et concourant aux études de l'académie , il fit des progrès assez rapides pour gagner les premiers prix de toutes les classes 5 mais il devint plus fort à Madrid sous François Bayeu, qui lui faisait copier avec tant de soin les auteurs classiques , qu'il obtint le premier prix de l'académie de Saint-Fernand. De retour dans sa patrie , celle de Saint-Charles le reçut membre , pour le mérite qu'il avait montré dans le portrait de son conseiller don Antoine Pascual. Planes donnait de grandes espérances , lorsque son trop d'application le fit mourir à
PO 269 Valence le 16 février 1799 , à 27 ans. La Conception qui est dans l'église d'Albalat , est de sa main , ainsi que beaucoup d'autres tableaux qui sont au pouvoir des amateurs. v>
PLANO ( François ) , peintre de portraits , fresquiste , architecte et décorateur , naquit à Daroca , et résidait à Sarragosse à la fin du 17e. siècle , avec une grande réputation en peinture, architecture et pour les ornemens. Car Palomino assure que dans ce genre il égalait les célèbres Colona et Mitelli ; les beaux ouvrages qu'il fit dans le sanctuaire de Notre-Dame del Portillo de Sarragosse , et dans plusieurs autres temples, prouvent en effet la justesse de cette assertion. Il peignit aussi , mais avec moins de talent , le portrait et l'histoire ; il a fait de plus la bataille de Clavijo , que l'on voit au maître autel de la paroisse de Saint- Jacques , dans sa patrie. M.
POLANCOS (les), peintres d'histoire , étaient frères. C'est à Séville qu'ils étudièrent sous François Zurbaran . et firent de tels progès , que souvent on prend leurs ouvrages pour ceux de leur maître. On est bien des fois tombé dans cette erreur en voyant les tableaux de l'église de Saint-Etienne de Séville, où Zurbaran a fait Saint Pierre et SaintEtienne \ mais où le Martyre du Patron, la Nativité qui est au-dessus , Sainte Herménégilde et Saint Fernand , sont des Polancos. — Ils firent aussi plusieurs grands tableaux pour la sacristie du couvent de Saint-Paul de la même ville-, et de plus , l'Apparition des Auges à Abraham, Tobie avec Raphaël , la Lutte de Jacob, le Songe de Joseph , ainsi que la Conduite de Sainte Thérèse par des Anges , pour l'église de l'Ange de-la-Garde. — Les Polancos firent ces ouvrages depuis 1646 jusqu'en 1649.
POLO ( Bernard ) , peintre de fleurs et de fruits , établi
à Sarragosse vers la fin du 17e. siècle , se distingua particulièrement dans les fruits et les fleurs , qu'il peignait d'après le naturel. Ses tableaux sont très-estimés tant à Sarragosse qu'à Madrid , et il n'est aucun amateur qui ne cherche à s'en procurer. M.
POLO L'AINE ( Jacques ) , peintre d'histoire , naquit à Burgos , en i56o , et fut élève à Madrid de Patrice Caxes. Les rois goths , dont il fit les portraits pour le palais , lui donnèrent à juste titre la réputation de grand coloriste. — Il fit aussi un tableau qui lui donna de la célébrité ; il représente Saint Jérôme châtié par les Anges pour avoir pris trop de plaisir à lire Cicéron. On a de lui encore une Madeleine pénitente , qui de l'Escurial est venue au Rosaire de Madrid. — Polo mourut à Madrid en 1600. M.
POLO LE JEUNE ( Jacques ) , peintre de portraits et d'histoire , naquit à Burgos , en 1620, et fut élève à Madrid , d'Antoine Lanchares. Il s'appliqua ensuite à copier et étudier à l'Escurial les Titiens et tous les tableaux de l'école vénitienne ; ce qui lui donna de la couleur. Etant encore très-jeune , il peignit pour le palais de Madrid les portraits des rois Ramire II , et Ordono II ; ensuite une Annonciation pour la coupole de la paroisse de Sainte-Marie , et le Baptême du Christ pour les Carmes- Chaussés : il en termina plusieurs autres , dont quelquesuns lui valurent l'approbation de Yelasquez. Si la mort n'eût enlevé Polo très-jeune , puisque les arts le perdirent en i655 , il fût sans doute devenu un très-bon artiste. Il faisait très-bien le portrait. M.
PONCE ( Roch ) , paysagiste , élève de Jean de la Corte . à Madrid, où il se distingua vers la fin du 17e. siècle , en peignant des paysages avec grâce et y introduisant d'heureux incidens ; Antoine Castrejon , par la suite, se permit
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d'y introduire des figures. Les paysages de Ponce , qui n'ont rien de Castrejon , valent beaucoup mieux. M.
PONTONS ( Paul ) , peintre d'histoire , né à Valence, où. il apprit la peinture sous Pierre Orrente , dont il imita la couleur : c'est dire que sa palette est vénitienne. — Il fit beaucoup de tableaux pour le couvent de la Merci de cette ville 5 savoir : ceux du cloître, qui représentent la vie de Saint Pierre Nolasco et de Saint Pierre Pascal , ainsi que quelques-uns pour l'église. Il fit aussi, en 1668 , le beau portrait du Religieux , qui se voyait dans la librairie du même couvent. Il y a de plus à Valence beaucoup d'autres tableaux de Pontons , et l'on y fait grand cas de ceux qu'il peignit avec Hyacinthe -Jérôme Espinosa, pour le grand autel de Sainte-Marie de Morella ; Pontons a fait encore pour cette même église la Naissance du Seigneur , l'Epiphanie , Saint Julien et Saint Théodore , martyrs \ Espinosa fît les autres. V.
PONS (?Antoine ), peintre d'histoire , naquit à Bexix, diocèse de Ségorbe, le 28 juin 1726. — Ses parens le destinèrent à la carrière des lettres ; mais , presse par le désir et le goût de la peinture , il en apprit les élémens sous Antoine Richart , professeur accrédité de Valence. Le plaisir qu'il trouva dans l'étude lui fîtptesque oublier ses premiers travaux ; et, jaloux de faire de plus grands progrès , il vint à Madrid en 1746, suivre les séances de l'académie de Saint-Fernand . — Il fut cinq années à se fortifier dans le dessin et dans les bons principes de la peinture , jusqu'en 175 1 , qu'alors , entraîné par la passion la plus véhémente, il partit pour Rome. — Tout le temps qu'il résida dans cette ville , il se consacra à l'étude de l'antique , à l'examen des grands maîtres du bon temps , à l'observation des ruines et fragmens de l'antiquité , et enfin à la re~
cherche de tout ce qui mérite l'analyse. Il ne cessait pour cela de peindre : car c'était la seule ressource qu'il eût pour s'entretenir et acheter autant de livres sur les arts qu'il pouvait s'en procurer. Son savoir lui procurait des amis instruits et de la plus haute considération , tant parmi les Espagnols que parmi les étrangers- Le bruit de la découverte de l'antique Héraclée et des autres villes couvertes par les laves du Vésuve , lui fit quitter Rome pour se transporter à JXaples en 1759. Tout ce qu'il vit de rare et de précieux dans Herculanum, lui donna l'envie de courir à la recherche des antiquités en Grèce et en Egypte. Cet enthousiasme le maitrisa tellement, qu'il fallut tout le pouvoir de don Alphonse d'Arosteguy , ministre plénipotentiaire à Naples, non-seulement pour empêcher notre antiquaire de s'expatrier , mais au contraire pour l'engager à retourner en Espagne. — Pons vint donc débarquer à Carthagène, reçut à Madrid un accueil favorable des amis d'Arosteguy et des personnes qu'il avait vues en Italie, Bientôt le bruit se répandit à la cour de sou arrivée , de ses connaissances et de son goût épuré. — Il reçut dès ce moment l'ordre de se rendre à l'Escurial 9 pour y faire les portraits des Espagnols illustres dont les écrits figuraient à la bibliothèque immense de ce monastère. Pons resta cinq ans employé à cet ouvrage , consacrant ses loisirs à l'examen des codes et manuscrits , observant et analysant tout ce qu'ils pouvaient contenir sur les arts. C'est alors qu'il copia avec une dextérité particulière les beaux tableaux de Raphaël , la Perle, et la Vierge del Pez 5 la Notre-Dame, les têtes de Saint Pierre et de Saint Paul , du Guide , la Présentation de la Vierge et le Centurion de Paul Véronèse. — Sa commission remplie il revint à Madrid , et peu de temps aprèsle conseil extraordinaire î^nvoya en Andalousie, choisir parmi les tableaux des Jésuites ceux qui pourraient
servir de modèle à l'académie de Saint-Fernand , son instruction et ses connaissances ne se réduisant pas à des données certaines sur les arts ,il revint de son voyage nonseulément avec la description des peintures dont il s'était chargé ,mais aussi avec des notes surtout ce qu'il rencontra. Il fît une ample récolte de notes sur les antiquités , les inscriptions , les épitaplies , les sépulcres , les fondations pieuses, l'économie et le gouvernement des peuples qu'il visita , leurs moeurs , leurs coutumes , leur agriculture , et enfin , sur tout ce qui s'offrit à ses regards scrutateurs. C'est à cette époque qu'il forma le projet de son voyage général d'Espagne ; il le commença en 177 1 ; en 177 2 , en prouva l'utilité de telle manière que Charles III , persuadé , lui accorda un bénéfice. Il est malheureux que cet ouvrage , si complet pour toutes les branches d'industrie de tous les genres dans toutes les provinces , ne rende pas compte de Grenade , de la Galice , des Asturies , qu'il n'a pu terminer. — Pour récompense de ses services et de son mérite , l'académie de Saint - Fernand le nomma son secrétaire en 1776, et il le fut quatorze ans. — Au milieu de beaucoup de travaux inséparables de celte place , il continua ses voyages pendant les vacances , forma l'établissement dont devait ressortir l'architecture , publia le manuscrit de don Philippe de Guevara , intitulé : Comentarios de la Pùitura , Commentaires sur la Peinture. — Malgré tant de travaux, jamais il ne cessa de fomenter le zèle des élèves et d'encourager les professeurs. — Pour nouvelle preuve de satisfaction , le roi nomma Pons conseiller de cette même académie, emploi qu'il remplit avec la même ardeur jusqu'au 4 décembre 1792 , qu'il mourut à Madrid. Son neveu , don Joseph Pons , à qui nous de-* vous la publication du dix-huitième volume du Voyage de
son oucle , a fait graver sur son sépulcre l'épitaphe suivante :
Antotiius Pons , Régis
Et. Bonarum Artium Academiae A secretis , Hispaniâ peragratâ, Templis, aedibus, viis lustratis , De urbium décore et ch mm utilitate Optimè meritus , Ann. LXVII , MVDVII.
Obiit A. D. MDCCLXXXXII.
Josephus Pons , nepos , D. S. P.
Les sociétés Bascongada de Madrid , de Grenade , les académies des Arcades , de Saint-Luc , de Rome , celles des antiquaires de Londres , et surtout celles de Saint- Fernand , assistées de tous les professeurs et amateurs . célébrèrent avec pompe les funérailles de ce savant , qui fut aussi infatigable voyageur que bon peintre. V. et M.
PONZ ( Moïse Jaïme) , fresquiste et peintre d'histoire, né à Valls , dans l'archevêché de Tarragone , étudia l'art avec assez de progrès sous les Juncosa , et obtint assez de réputation. Etant prêtre, il peignit en l'jii une grande partie des tableaux de la chartreuse de Scala-Dei. En 1723, i] peignit à fresque une partie de l'ermitage de Notre- Dame de la Miséricorde, hors la ville de Reus. L'on conserve aussi , dans ce même ermitage , un excellent tableau de lui , représentant le Seigneur mort dans les bras de la Vierge. Ponz fit encore deux fresques pour la chapelle de Sainte-Ursule, dans la ville de Valls , et un Saint Michel , d'après l'estampe de Raphaël , pour une chapelle de l'église d Altafulla. — Notre artiste était assez bon coloriste , ainsi que dessinateur. V.