‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 10 sur 335 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

l'orobanche; enfin je fus remarqué, j'entrai sans peine en conversation, et j'appris ce que je voulais savoir. Le mari mangea la salade sans se douter de rien, et la jeune épouse n'eut à regretter ni ses dix francs ni la brebis noire. »

AIGUILLETTE, (/e n'en donnerais pas un/erd') Se dit d'une cbose dont on fait peu de cas. Les aiguillettes ayant cessé d'être en usage , on a dit dans le même sens : Je n'en donnerais pas une épingle.

AIGUILLETTES. ( // ne fait pas bon servir un maître qui serre ses vieilles )

C'est-à-dire , qui est trop économe.

Aile.

Unejîlle qui est toujours sous l'aile de sa mère , c'est-à-dire, auprès de sa mère; par allusion aux petits des oiseaux.

Le peuple dit : Cette fille est toujours attachée au cotillon de sa mère.

Mercier, tout membre de l'Institut qu'il était, se servit de cette expression dans son Dictionnaire néologique. (Paris, 1801.) «Qu'y a-t-il de plus ridicule, disait-il, que deux grandes viripotenses (filles nubiles), attachées au cotillon de leur mère, dont elles semblent être les satellites.... Les Juifs marient leurs filles dès qu'ils ont reconnu qu'elles sont nubiles. «

Mercier n'avait en vue que la gêne morale : parlons de la contrainte physique. Vers le milieu du dix-huitième siècle , un corset bien roide faisait partie du costume de toutes les jeunes personnes : pour empêcher qu'elles portassent la tête trop en avant , on employait un collier de fer, recouvert de velours noir : l'appendice de ce collier appuyait sur le corset, et forçait à porter la tête

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en arrière. « C'était, dit M. J. J. , juge {^Changemens survenus dans les mœurs des habitans de Limoges, depuis une cinquantaine d' années ; in-^"" ^ Paris, 1817), un spectacle singulier de voir autour d'une mère de famille quatre ou cinq grandes demoiselles , droites comme des piquets, obligées de lever les bras pour pouvoir tricoter, et ne répondant que par monosyllabes ; il faut avouer qu'une pareille contrainte était bien faite pour inspirer l'envie d'en voir la fin : aussi l'espérance de quitter le corset et son collier était pour une fille qui se mariait, une des doucei^rs qu'elle se promettait dans son changement d'état. »

AILE. ( Tirer pied ou )

C'est-à-dire , tirer quelque chose d'une personne qui nous doit. Métaphore du tir à l'oie.

AILE. [En avoir dans /')

Ce n'est point, comme on pourrait le croire, se trouver dans vui état pareil à celui d'un oiseau qui , blessé à l'aile, ne peut reprendre son vol , mais être âgé de cinquante ans : la lettre L, employée comme chiffre, exprime le nombre cinquante.

Ce proverbe , comme on le voit , est un calembourg.

AlNS. (l)

Qui ains naist Ains paist.

Proverbe sur les droits de primogéniture.

ALG AR ADE. ( Faire une)

C'est faire une insulte bruyante et inattendue. Cette façon de parler vient des invasions subites qu'ont cou-

(1) Ains vient de antc, avant. Le mot aisné a la même source, aiitè iiattii.

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