AGNÈS
Pour innocente , comme tenant de l'agneau.
Aider.
Aide-toi, le ciel t'aidera.
Le charretier de la fable de La Fontaine (iS™* du 6°" Liv. ) a donné lieu à ce proverbe. Pique tes bœufs, indolent; prête l'épaule, pousse la roue, aide-toi, le ciel t'aidera.
AIGUILLE. ( Disvuter sur la pointe d'une )
C'est contester pour une bagatelle.
Les Grecs disaient : Disputer sur l'ombre d'un âne. Ce proverbe était fondé sur une historiette que Démostliènes conta, dit-on, aux Athéniens, pour les rendre plus attentifs à ce qu'il leur disait. Un jeune homme
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avait loué un âne pour aller d'Athènes à Mégare. C'était dans l'été; vers midi le soleil était brûlant, et il ne se trouvait pas un buisson où l'on pût se mettre à l'abri. Que fait notre vovageur? il descend de sa monture, s'assied près d'elle , et se rafraîchit à son ombre. L'ânier qui était du voyage prétend que celte place lui appartient, et le prouve , en disant qu'il avait bien loué l'âne, mais non pas son ombre. La dispute s'échauffe ; des paroles on en vient aux coups ; et ces deux moyens de persuasion n'ayant rien décidé, l'affaire fut portée en justice.
AIGVILLE. { De Jil en)
De propos en propos.
A mesure que les mœurs deviennent plus raffinées , on abandonne les proverbes , on craint de paraître n'avoir pas assez de rapports avec la bonne société. Vous n'entendrez point une couturière dire : Dejïl en aiguille , et un commis marchand : Je sais ce qu'en vaut l'aune.
AIGUILLETTE. ( Courir V )
Se disait autrefois des femmes de mauvaise vie.
Estienne Pasquier {Recherches de la France ^ Li v. vu, chap. 33) fait mention d'une ordonnance de Saint-Louis, qui enjoignait aux femmes débauchées de porter une aiguillette sur l'épaule. «On voulut, dit-il, que telles bonnes dames eussent quelque signal sur elles pour les distinguer et recognoistre d'avec le reste des preudefemmes , qui fut àe porter une esguilleite sur Vcspaule : coutume que j'ay veu encore se pratiquer dedans Tholoze par celles qui avoient confiné leurs vies au Chastel-Verd , qui est le bordeau de la ville, qui me fait penser qu'anciennement en la France, lorsque les choses
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furent mieux réglées, cette mesme ordonnance s'observa : dont depuis est dérivé entre nous ce proverbe , par lequel nous disons qu'une femme court Vesguillette , lorsqu'elle prostitue son corps à l'abandon de chacun. »
Ce proverbe peut aussi venir du prix de la course , établi de temps immémorial, à Beaucaire, dans le cidevant Languedoc. Les filles publiques qui voulaient venir à la foire de la Magdeleine , couraient en public la veille de cette foire célèbre, et celle qui la première avait atteint le but marqué , recevait pour prix un paquet d'aiguillettes, (i)
L'aiguillette qui fermait l'oyverture du haut de chausses des hommes , offre une explication plus simple encore. Les femmes dont il s'agit mettaient de l'empressement à dénouer l'aiguillette.
AIGUILLETTE. {Nouer V)
Cette manière de caractériser les maléfices des prétendus sorciers sur un jeune marié qui se trouve dans un état d'impuissance, vient de ce que dans le seizième siècle , qui était celui des exorcismes , l'espèce d'étui que l'on nommait braguette , se serrait avec un cordon terminé par une aiguillette.
Dans nos campagnes il y a encore de prétendus
(i) L'origine des aiguillettes que porte, soit sur l'épaule droite, soit sur l'épaule gauche , l'élite de la cavalerie et de la gendarmerie françaises , est trop curieuse pour que nous ne saisissions pas l'occasion de la donner. Cette origine est espagnole. Le duc d'Albe, pour se venger de l'abandon d'un corps considérable de Belges, ordonna que les délits qui se commettraient fussent punis de la corde , sans distinction de rang. Ces braves firent dire au duc que, poux faciliter l'exécution de cette mesure, ils porteraient sur le col une corde et un clou. Cette troupe s'étant distinguée , la corde et le clou devinrent dos marques d'honneur, et furent transformés en aiguillette";.
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noueurs d'aiguillette. Un jeune marié se trouve-t-il dans un état de débilité qui contrarie les plus chers désirs de sa jeune épouse : c'est un sort, à n'en pas douter.
Voici ce que dit M. Fremont (du Calvados) , dans une brochure intitulée Note sur rorobanche de Dioscotide (in-8° de 32 pages, Paris , Capelle et Renaud, i8og): « Assis sur le bord de la Tardouère, au milieu d'un buisson touffu , je confrontais diverses plantes que j'avais cueillies , avec les savantes descriptions qu'en a données M. de Jussieu , lorsque mon travail fut interrompu par la soudaine apparition d'une jeune et charmante personne d'environ vingt ans, qui paraissait profondément affligée. Elle passa sans m'apercevoir, et fut à quelques pas de là s'adresser à un vieillard dont la figure hâve , la longue barbe et les vêtemens déguenillés annonçaient un devin. Après une humble révérence elle lui conta piteusement ce qui la tenait en émoi , et lui promit une brebis noire et dix francs s'il parvenait à désensorceler son mari. Le vieillard , ayant préalablement fait quelques grimaces et beaucoup de difficultés, accepta le marché avec un écu d'à-compte : il ramassa quelques pieds d'orobanche, et, tourné vers l'occident, grommela dessus quelques paroles barbares; il les remit dans les belles mains de la jeune femme, lui dit de les hacher dans une salade , et de la présenter à son époux. Cette aventure, qui se rapportait si bien aux propriétés de la ])lante que je venais d'examiner, piqua ma curiosité; je voulus en connaître la suite, et pour cet effet, je me rendis le lendemain de bonne heure au même endroit. Je vis d'abord conduire la brebis noire à la cabane du sorcier; je fréquentai les mêmes lieux pendant quelques jours, alïoclant de cueillir de