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GOUTTE. (j4ii mal de la goutte
Les médecins ne voient^
Ovide avait dit la même chose en ce vers :
Tollere nodosam nescit medicina podagram.
La goutte est comme les enfans des grands sei~ gneurs , on ne la baptise que tard.
C'est-à-dire , on est long-temps atteint de la goutte avant d'en convenir.
Nos pères disaient, sur le même sujet :
Les goutteux sont long-temps martjrs avant que d'être confesseurs.
Goutte tracassée est a demi pansée.
La Fontaine a fait entrer ce proverbe dans la fable 8 du troisième Livre :
Son hôte la menoit tantôt fendre du bois, Tantôt fouir , houer : goutte bien tracassée Est, dit-on, à demi pansée.
Voici, sur la goutte, un jeu de mots d'autant plus ingénieux, qu'il tient à une formule de conversation. Le goutteux M*** se traînait dans sa chambre sur deux béquilles. Arrive madame de ***, dont les yeux sont en mauvais état, et font mal leur service. Eh bien! mon voisin, lui dit-elle, comment va la goutte? — Comme rous voyez , ma voisine.
Grain.
// ri y a point de graiids esprits sans un grain dç folie.
Les hommes de génie sont, pour l'ordinaire, un peu singuliers; mais ces légers ridicules s'effacent; tôt ou tard on leur érige des statues, et on les regarde comme les bienfaiteurs du genre humain.
GRAINS. ( Catholique à gros)
C'est celui qui ne dit de son chapelet que les pater.
Le chapelet est comme la mesure journalière des dévotions du catholique romain ; il se compose de gros et de petits grains; il y en a dix de ceux-ci pour un gros. Les gros servent à dire \e$pater, ou l'oraison dominicale, et les petits sont pour les ai^e, pi'ière à la sainte Vierge.
Chapelet est synonyme de rosaire, et diminutif de chapel. Nos ancêtres appelaient chapel de roses, une couronne de roses. Ces couronnes furent sans doute les premiers chapelets, et au lieu de grains d'ambre, de corail, etc., ce furent des fleurs qui marquèrent les pater et les ave dont se compose un chapelet.
De pater jioster on a ïdiii patre-nosire , patenostre;, et les ouvriers qui faisaient les chapelets, ainsi que les vendeurs de chapelets , ont été anciennement appelés patenoslriers.
Avant rinvention de l'imprimerie, le commerce de chapelets était considérable, peu de personnes ayant le moyen d'acheter des livres de prières. D'ailleurs on n'osait, à cette époque, traduire en français, ni le texte de l'Écriture sainte, ni celui des prières de l'Église. Au seizième siècle, les livres et les traductions devinrent plus communs; maig les protestans ayant pris les premiers l'habitude de lire leurs prières en langue vulgaire, les catholiques craignirent de se rendre suspects en les imitant; ils aimèrent mieux continuer à réciter des pater et des ave. Le chapelet devint la marque du catholicisme, et dans les temps de persécution un chapelet fut une sauve-garde.
• Du temps de Catherine de Médicis, les dames moitié dévotes, moitié mondaines, avaient imaginé de faire
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iiiire des chapelets parfumés : on disait d'elles, en plaisantant, qu'elles voulaient être dès ce monde en odeur de sainteté.
«Jadis, et jusqu'au règne de Louis xv, dit madame de Genlis, dans le Dictionnaire des étiquettes , on mettait un chapelet et des heures dans les corbeilles des mariées. )^ Elle pense que c'est de là que viennent ces belles heures de nos reines , que l'on voit dans quelques bibliothèques publiques.
Nous avons pris à la lettre le proverbe : Catholique a gros grains; le chartreux dom Bonaventured'Argonne, dans les Mélanges d'Histoire et de Littérature recueillis par Vigneul-Marville , en explique le fond. Brantôme avait dit du maréchal de Strozzi, qu'il n était ni man-^ geur d'images y ni grand auditeur de messes et de sermons, mais qu'il croyait très bien ce qu iljcdlait croire touchant sa grande créance. « Voilà en peu de mots , ajoute dom Bonaventure d'Argonne , ce qu'on appelle un catholique a gros grains. Les gens de cette trempelà distinguent, comme Brantôme, entre grande et petite créance. La grande créance , c'est de croire en Dieu ; mais la petite créance, selon eux, ne regarde que les observances de l'Eglise, comme de jeûner , d'assister à la messe, etc. »
GRAS. ( Promener comme le bœuf)
Cette expression s'applique à une jeune personne que ses parens conduisent dans les endroits publics, affublée de tous les panaches et colifichets à la mode , dans lespoir que parmi les spectateurs un mari pourra se trouver. (Voyez Mettre sur le trottoir.)
Le bœuf gras y que les garçons bouchers promènent pendant les derniers jours du carnaval, au son des in-