GRI
femmes sont semblables; ce qu'Érasme a, mal à propos, interprété au désavantage des femmes. Voici l'histoire telle que la rapporte Plutarque, en son traité des Préceptes du mariage. Une dame très belle , mais encore plus chaste, pressée et sollicitée d'accorder ses faveurs à Philippe, employa diverses considérations pour éteindre la passion de ce prince, et, entre autres choses, elle kii dit que les charmes qu'il trouvait dans ses yeux et sur son teint s'évanouiraient la nuit; que les flambeaux étant ôtés, la plus belle personne du monde ne différait pas de la plus laide.
Grisette.
C'était jadis une étoffe d'un gris cendré [pannus cinereus\ à l'usage des gens du commun.
Par opposition à bourgeoises, on appela aussi grîsettes , les femmes à qui les lois somptuaires ou l'usage interdisaient les habillemens de couleur.
Les choses étaient sur ce pied du temps de Rabelais ; car le cinquante-sixième chapitre du Livre premier de la Vie de Gargantua, qui contient d'amples détails sur les modes des dames, ne fait aucune mention de la couleur grise.
En cessant de s'habiller de gris, les femmes et filles du commun n'ont pas perdu le nom de grisettes; mais chaque jour cette classe devient moins nombreuse.
Sylvain Maréchal, dans une Notice sur les mœurs de Paris y imprimée à Paris en 1788, à la tête des Costûmes civils de tous les peuples connus ^ comprenait les ouvrières en modes dans la classe des grisettes; personne aujourd'hui n'aurait cette témérité.
Couturières en robes et en linge, brodeuses, blanchisseuses de linge fin , bordeuses.de souliers, tresseuses
ago GUÈ
de cheveux ; voilà les grisettes de l'époque actuelle. Nées de parens pauvres, leur unique ressource est, pour l'ordinaire, un gain de sS à 3o sous par jour; elles n'en ont pas moins un chapeau le dimanche, une robe propre et des souliers de prunelle. On les distingue, pendant la semaine, au tablier noir ou de couleur qu'elles portent avec un schall ; leurs cheveux, lors même qu'elles mettent un bonnet, sont aussi arrangés avec un goût très remarquable.
Une grisette est un trésor;
Car sans se donner de la peine,
Et sans qu'au bal on la promène,
On en vient aisément à bout; On lui dit ce qu'on veut, bien souvent rien du tout; Le point est d'en trouver une qui soit fidèle.
( La Fontaine. )
GRIVE. i^Soûl comme une^
Se dit familièrement d'un homme qui a bu à l'excès. Les grives mangent une quantité extraordinaire de raisin.
Grivois.
Cette éplthète, qui s'applique à un homme sujet à tenir des propos libres , était autrefois un terme d'armée. Grivois se disait de certains soldats , et de là vient qu'on appela grivoises les râpes à tabac qui nous furent apportées de Strasbourg, à la fin de la campagne de l'année 1690. Ces râpes tenaient lieu de tabatières.
GUÈPE.
Où la guêpe a passé le moucheron demeure.
Vers de La Fontaine, devenu proverbe, et ainsi imité par Gâcon , ou le poêle sans fard :
Le moucheron est jjris où la guêpe a passé ;