‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 139 sur 335 · M A II EUT RE · texte numérisé non relu

M A II EUT RE

Terme d'injure, par lequel, depuis l'an 1467 jusque vers la fin du seizième siècle, les bourgeois et les paysans désignaient, en France, les gens de guerre et les courtisans, à cause de certains bourrelets appelés inaliculres ou niahutes dont ils garnissaient l'entournuri' de leurs manches.

Le Dialogue du maheutre et du manant , libelle que

MAI 35o

les ligueurs publièrent en i594, offre au revers du titre une gravure en taille-douce , qui représente un gendarme royaliste vêtu d'un pourpoint à maheutres.

Mahute, terme de fauconnerie, signifie le haut des ailes, près du corps, avis alarum initia.

Maille.

// na ni denier, ni maille.

C'est-à-dire, il na de monnaie ni ronde ni carrée. La maille était carrée ; le denier et les autres monnaies du temps étaient rondes.

MAILLE. (// vaut mieux écu qu'il ne valait^

Se disait autrefois d'un objet qu'on avait beaucoup amélioré.

La maille était la cinquième division du poids de marc; il y avait dans un marc 820 mailles.

Avoir maille a partir avec quelqu'un.

C'est-à-dn-e , avoir avec lui un différend.

Vu sa faible valeur, la maille était une fraction indivisible ; ainsi deux personnes qui auraient eu une maille à partager , n'auraient pu que se quereller.

Maille vient du latin malleatus , frappé au marteau ; manière usitée jusqu'à l'ordonnance de Henri 11 (i553). Partir vient àe partiri, partager.

MAILLES. ( Ce Ji' est pas jeu de trois)

Proverbe qui rappelle un ancien jeu, et qui signifie : Ce n'est pas peu de ciiose.

C'est une affaire qui sent la cire.

( Proverbe turc. * )

C'est-à-dire , une affaire épineuse et dont la conclusion exigera beaucoup de veilles.

354 Al Al

Une main La^e C autre.

Se dit lorsque deux compères, également suspects, se louent réciproquement.

« Et ces mains si bien lavées , disait un homme d'esprit , n'en sont pas plus nettes. ))

La main au pot, et le veri'e au poing.

Proverbe tiré de Rabelais (^Pantagruel, Liv. ii , chap. Sa).

Il peint l'instant qui précède celui où l'on va boire les vins du marché.

MAIN. ( De marchand a marchand iln'ja que la ) La conduite des paysans dans les foires de quelques uns de nos départemens explique ce proverbe. Si l'acheteur frappe dans la main du vendeur, et que ce dernier la lui serre , le marché est conclu , et l'offre la plus brillante n'y apporterait aucun changement.

C'est le symbole ancien des deux mains jointes en signe d'alliance, d'union et d'accord. ^

^Ikll^. {Haut la)

Cette façon de parler remonte au temps de la chevalerie , et vient de la contenance fière avec laquelle un écuyer accompagnant le maître en portait le heaume élevé sur le pommeau de la selle.

Jeu de main , jeu de vilain.

Signifie qu'il ne faut point se divertir en frappant.

Par jeu sans villenie , nos pères entendaient autre chose, témoin Rabelais. «Nous y ferons chiere et demie, je vous promets. Vous y amènerez vostre femme, s'il vous plaist, avecque ses voisines, cela s'entend, et jeu sans villenie.» {Pantagruel , Liv. m, chap. 3i.) En

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