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« Il fait rolïice d une navette dans l'atelier du tisserand. « Aussi tache-t-on de recevoir dans un salon au rez-de- « chaussée, afin d'éviter à ce pauvre homme la peine « de descendre et de remonter sans cesse. Souvent on « profite d'une nouvelle entrée de dames pour sortir; « mais quelquefois, par malice, les dames mettent le « marié dans une agitation perpétuelle : il ne fait qu'al- « 1er et venir; la jeune mariée ne fait que se lever et « s'asseoir, faire la révérence aux hommes, tendre la « joue aux femmes. Quelques personnes ont cherché à « réduire h un ou deux jours au plus cette corvée; on a « fort mal pris la chose : elles ont été taxées de se mettre « au-dessus des convenances , de frauder les usages re- « eus; elles pouvaient bien, disait-on, se donner la « peine de recevoir, puisqu'on prenait la peine d'aller « les visiter. »
Marivaudage.
Expression proverbiale, créée pour caractériser le langage précieux de Maiivaux y l'un des quarante de l'Académie Française, mort en i ■763. Voltaire disait de lui qu'il passait sa vie à « peser des riens dans des balances de toile d'araignée. »
MARMITEUX. {Jir)
La marmite des quatre-lemps , dont Rabelais parle, Llv. II , chap. '7 de son Pantagruel, donne l'explication de ce mot. **
I/air marmiteux était celui d'un hypocrite qui voulait persuader que le jeûne l'exténuait. Nous disons : air piteux, du bas \di(\\\ pietosus , pris en mauvaise pari.
MARMOT. {Croquer le)
On eroque le marmot, quand on attend et qu'on s'en-
nuie; ce qui apparemment se dit parce que les gens qui trouvent visage de bois, croquent d'impatience, anéantissent par la pensée le marmot^ ou marteau de la porte.
Un marmot est une figure grotesque ; on donnait autrefois le nom de marmots aux petits singes; et de là marmoter, parler entre ses dents; de là aussi les petits garçons ont été appelés marmots.
De marmo us y qui , en bas-breton, est synonyme de marmot, l'on a fait le dimmutii^ marmouset ^ puis, par aphérèse, mouset.
Les Gascons disent : Croquer le mouset.
MAROTTE. {Chacun a sa)
C'est-à-dire, sa folie.
On dit aussi : A chaque fou plaît sa marotte.
Marotte vient de mairotte ou merotte petite mère : C'est en effet le symbole de la Mère folle de Dijon, qui est une déesse mère, et la même que Berécjnthic , dont le culte était fort célèbre dans les Gaules.
Mettant à l'écart les fantaisies cruelles et honteuses, et sans remonter trop haut ni chercher les exemples ailleurs que dans notre France, nous trouvons un Henri m qui, pendant quelques années, prit plaisir à porter en écharpe un panier rond, plein de petits bichons ou de petits épagneuls : cette fantaisie lui fit dépenser plus de cent mille écus.
Non seulement ce prince teignait en noir ses cheveux roux , se fardait le visage , et se coiffait d'une toque pareille à celle des femmes de sa cour ; mais quelquefois il s'habillait en femme, ouvrant son pourpoint, découvrant sa gorge, et y portant un collier de perles.
Sous la régence, l'abbé d'Entragues, parent de madame la princesse de Conti, et fort répandu dans la
haute société, affectait toutes les manières des femmes, travaillait en tapisserie , portait un éventail , et en déshabillé se coiffait comme elles. Pelletier de Souzy le trouvant un jour assis dans son lit , en peignoir , en cornette et en rubans, crut s'être trompé et s'enfuit.
Monsieur^ frère de Louis xiv, à l'âge de douze ans, avait eu la fantaisie de s'habiller quelquefois en fille. L'abbé de Choisy, à peu près du même âge, eut aussi cette fantaisie ; sa mère s'y prêta; et comme il était souvent chez Monsieur j on prenait plaisir à les habiller tous deux en filles , et à les faire paraître ainsi aux théâtres et dans les cercles. Cela mit, une dizaine d'années plus tard, dans l'esprit de l'abbé de Choisy l'idée de vivre dans le fond d'une province, sous l'habit de femme; il choisit le Berri, et se fit appeler la comtesse des Barres. A l'aide de ce travestissement, il abusa de quelques demoiselles de condition ; lui-même a écrit ses aventures sous le titre à' Histoire de la comtesse des Barres (Bruxelles, 1736). Voici un extrait de ce livre : (l'abbé de Choisy avait vingt-deux ans; il venait de
perdre sa mère) « J'allai rendre visite à madame de
La Fayette, avec mes pendans d'oreilles, ma croix de diamans , mes bagues , et dix ou douze mouches. Elle s'écria en me voyant : Ah, la belle femme!.... Cela me donna du courage , et je continuai pendant deux mois à m'habiller tous les jours en femme ; j'allai partout faire des visites, à l'église, au sermon, à l'opéra, à la comédie , et il me semblait qu'on y était accoutumé. Je me fis peindre par Ferdinand, fameux peintre italien, qui fit de moi un portrait qu'on allait voir. Enfin , je contentai pleinement mon goût. »
Une des manies de l'historien Mézerai était de se soustraire à la clarté du soleil, et d'éclairer sa chambre
avec des flambeaux, quand il travaillait, en plein midi, au cœur de l'été. De peur que cette singularité ne ressortît pas assez , il ne manquait pas de reconduire jusqu'à la porte de la rue, une lumière à la main, ceux qui lui rendaient visite.
Colbert avait toujours des chats qui jouaient dans son cabinet.
Crébillon ramassait les chiens dans les rues, et donnait à chacune de ces bêtes des noms grecs et romains. On le voyait, un livre à la main , entouré de Péricles , de Scipion, de Sjlla, etc.
La folie du marquis de Brunoy consistait à décorer aussi magnifiquement qu'une cathédrale l'église du bourg de Brunoy. Lorsqu'il fut interdit , cette église avait cent soixante chapes dont il avait fait don. Un dais lui avait coûté 3o,ooo francs. En 1772, il dépensa 100,000 francs pour la procession de la Fête-Dieu, et pareille somme l'année suivante. Il rangeait lui-même les porte-chapes sur deux lignes , proportionnant les tailles, symétrisant les couleurs, et criant : A moi les rougets y h moi les jaunets. Sans compter les ecclésiastiques, il payait seize chantres, serpens ou musiciens, dix-huit enfansde chœur, huit sonneurs, un organiste et un maître de la sonnerie.
Privé de la satisfaction de pouvoir se livrer à ses goûts, le marquis de Brunoy mourut au mois de mars 1781 , «1 peine âgé de trente-trois ans.
La marotte de Rétif de la Bretonne était un soulier de femme à talon haut : ses Contemporaines, ses Parisiennes, son Pied de Fancliette , et plusieurs autres de ses romans en font foi ; et dans Monsieur Nicolas , ou le Cœur humain dévoilé , il dit qu'à l'âge de dix ans, lorsque, dans son village, il voyait les chaussures des
fêtes rangées en parade, suivant l'usage, «il palpitait de plaisir, rougissait et baissait les yeux, comme devant les filles elles-mêmes. »
Chacun a son califourchon , disait Sterne.
MARTIN. [Prêtre)
Vieux proverbe que Coquillart explique fort bien, en parlant des gens qui se mêlent de tout :
Ils sont chapelains et prélats.
Car ils sont le prestre Martin , Qui chantoit haut, respondoit bas.
Montaigne dit (Liv. m, cli. 4) • " I^^s femmes font le prestre Martin, car comme elles aggrandissent le regret du mari perdu elles publient aussi tout d'un
train ses imperfections. »
( Voyez Prêtre Macé. )
Voici une variante qui se trouve dans la Si*^ stance de l'amant rendu cordelier a V observance d'amour ; par Martial d'Auvergne, dit de Paris (i):
J'estoye le prestre et martin, Car je respondoye en chantant.
Et parloye françois et latin.
MARTIN. ( Plus d'un âne a la foire a nom ) Par ce proverbe nos pères voulaient dire qu'un indice ne suffisait pas pour affirmer une chose.
La coutume de donner des noms de saints à différentes espèces d'animaux domestiques subsiste encore dans nos campagnes. Un âne s'appelle Martin ^ une chèvre Jeanne, un geai ou un merle Jacquot , diminutif de Jacques; une pie Agathe, ou Margot, dimi-
(i) Martial d'Auvergne, procureur au parlement, sous les règnes de Louis XI, de Charles vrii et de I ouis xii, fut surnommé de Paris, parce qu'il s'y était transplanté et marié.