MOU
guide. Ce dieu entasse plusieurs montagnes les unes sur les autres; il aide le vieux Caron à les gravir, et parvenu au sommet, il lui montre l'univers. Caron voit les hommes qui s'agitent de toutes parts; les uns amassent des richesses , les autres poursuivent des honneurs, d'autres ne respirent que les comhats; le plus grand nombre ne cherche qu'à passer le temps au milieu des plaisirs et des voluptés, et Caron, fatigué de ce spectacle , finit par s'écrier : « Dieux ! qu'est-ce que des pauvres mortels! Rois, lingots, sacrifices, combats, et de Caron pas un mot ! «
« Les meilleurs amis de M. de Luxcmbou<y s'assem-
o blent encore souvent; le prétexte est de le pleurer, et
ils boivent, mangent, rient, se trouvent de bonne
compagnie; et de Caron pas un mot. C'est ainsi que
fait le monde, ce monde que nous voulons toujours
aimer. »
(Lettre de M"'' de Coulanges à M""* de Sévigné.)
Moucha rd,
Augmentatif dégradant de mouche. Le mot mouche a été choisi pour désigner un espion , parce que les mouches piquent et changent de place en un clin d'œil.
Ces serpentins , plus infaits que couleuvres , Jugent toujours à leur intention, Et , qui plus est , mousclient par les provinces Pour mieux ouyr et rapporter aux princes.
(Charles de BourdignÉ, Epitre aux Ângenns. Bourdigné écrivait au commencement du seizième siècle.)
«Combien que les affaires de la France fussent dès «lors fort embrouillées, si le duc de Bourgogne, sous « Charles vi , n'avoit-il des mouschards et espions pour « lui rapporter ce qu'on avoit pensé. »
(EsTiENNE Pasquier , Rechcrckes de la France. )
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Dans le Martfrologe protestant , Liv. vu, louillet 53o tourné, de Téclition de 1619, les espions de l'inquisition d'Espagne sont appelés mouches y « en tant que non contens de se glisser dans les cachots parmi les prisonniers, pour trahir ceux de ces pauvres gens qui sont assez simples pour ne point se défier d'eux , plusieurs de ces mouches volent bien si loin et si haut j que , passant la mer^ ils iront en étranges et lointains pays épier ceux qui, se bannissant euxmêmes d'Espagne, se seront a sûreté retirés quelque part. »
MOUCHE, ( Courageux comme un homme qui a avalé une^
« Je suis par la vertu dieu plus couraigeux , que si j'eusse au! tant de mouches avallé , qu'il en est mis en n^.Gle dedans Paris, depuis la feste Saint-Jean jusques à la Toussaincts. » (^Pantagruel, Liv. iv, chap. 67.)
La mouche est le symbole de la témérité ; elle affronte le danger; et plus on la chasse, plus elle revient.
C'est la mouche du coche.
C'est-à-dire, un de ces importuns qui font les empressés et se croient nécessaires.
Proverbe tiré d'une fable de La Fontaine : Le Coche et la Mouche (9™' du 5°'* Liv.), dont voici quelques vers :
L'attelage suait, soufflait, était rendu. Une mouche survient et des chevaux s'approche, Prétend les animer yjar son bourdonnement , Pique l'un, pique l'autie , et pense à tout moment Qu'elle fait aller la machine.
MOUCHER. {Se)
Il ne se mouche pas du pied.
Un homme qui ne pourrait se moucher que du pied