OR G
Jejunns l'enter Non audit verha Uhenter.
L'éloquence n'a aucune prise sur l'esprit des hommes tourmentés par la faim.
Rabelais a fait un usage plaisant de ce proverbe dans le Pantagjmelj Livre ii, ch. 9.
La nourriture d'abord, les discours après.
( Proverbe turc. * )
Les oreilles me tintent ou me cornent; on parle de moi quelque part.
Cette expression proverbiale nous vient des anciens, qui tiraient des augures du tintement des oreilles. Celui de l'oreille droite annonçait à la personne qui l'éprouvait qu'on faisait quelque part son éloge ; le tintement de la gauche signifiait qu'on en parlait mal.
OREILLES. [Petit chaudron , grandes^ Pour dire que les enfans écoutent avidement tout ce qui se dit.
ORGES. ( FrzzVe ses)
Pour dire : Faire son profit, faire bien ses affaires.
Un coupeur de bourse effronté , Dans le temps de la foire en prison arrêté, A son juge disait : Ah ! vous ne sauriez croire
Combien vous me faites de tort De me tenir en cage , où je me déplais fort , luOTsqae je faisais bien mes orges à la foire.
(BabatoîT.)
(Voyez Faire ses choux gras.)
ORGUEILLEUX. (// n'est si grand dépit que de pauvre )
Ce proverbe est bien ancien ; car au lieu de pauvre , nous trouvons ^ow/e dans le Traité de la précellencr du langage français de Henri Estienne.
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Henri Estlenne , dans le même ouvrage , cite cet autre proverbe : // n'est orgueil que de poure enrichi.
ORME. (^Attendez-moi sous /')
C'était sous un gros arbre, planté devant la porte du manoir seigneurial , que les juges de village tenaient autrefois leurs assises; on appelait ces séances les plaids (débats) de la porte; et comme l'arbre sous lequel on plaidait était presque toujours un orme, on disait à un homme que l'on menaçait d'assigner et de traduire en justice , attendez-moi sous Vorme.
On dansait aussi sous l'orme seigneurial ; mais l'amour aime le mystère, et, dans ce cas, attendez -moi sous Vorme était une espèce d'ironie.
Et du reste, bonsoir; attendez-moi sous l'orme.
(H\UTERoCHE, Amant qui trompe.)
ORTIES. {Jeter le froc aux)
Quitter le cloître contre le gré de ses supérieurs, se dépouiller brusquement de Tliabit monastique.
Avant de àïre/i-oc, on a dit ^oc; c'était la houppe qui se mettait au capuchon d'une cape. On a ensuite appelé Jt^oc , la cape elle-même , et donné ce nom à l'habit des moines exclusivement.
OS. {Deux chiens après un)
Deux gloutons à une assiette.
Mademoiselle Arnould parodia ingénieusement ce proverbe , en parlant de deux amans de mademoiselle Guimard, qui était fort maigre.
OSIER. [Franc comme V)
L'osier est appelé yra/zc^ parce qu'on le plie plus aisément qu'aucun autre bois, (i)
(i)L'eudioit de la France où l'on travaille l'osier le plus habilement,
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OURLER. iyCest une cane , il n'j a que le bec à ) Se dit aux personnes qui trouvent tout facile et d'une
prompte exécution.
Le bec de la cane porte une bordure charnue qui
ressemble à un ourlet.
Ours.
Se disputer la peau de Fours aidant de l'avoir tué.
L'empereur Frédéric ni fit l'application de ce proverbe, lorsque le duc de Bourgogne lui proposa de partager les états de Louis xi , roi de France , dont la conquête n'était qu'un projet.
Philippe de Connnines, dans ses Mémoires , raconte ainsi l'apologue qui a été imité par La Fontaine (Fable 20™^ du 5"* Livre) : «Auprès d'une ville d'Allemaigne, y auoit un grand ours qui faisoit beaucoup de mal. Trois compagnons de la dicte ville, qui hantoient les tavernes , vindrent à un tavernier à qui ils dévoient , prier qu'il leur accreust encore un escot , et qu'avant deux jours le payeroyent du tout : car ils prendroyent cet ours qui faisoit tant de mal, et dont la peau valoit beaucoup d'argent , sans les présents qui leur seroyent faits des bonnes gens. Le dict lioste accomplit leur demande, et quand ils eurent disné, ils allèrent au lieu oti hantoit cest ours, et comme ils approchèrent de la
est le bourg d'Origny-en-Thiérache, arrondissement de Vervins, département de l'Aisne.
A la faveur d'un outil de la même forme que ceux dont se servent les orfèvres pour le tirage de l'or, le vannier d'Origuy parvient à réduire le scion d'osier à la plus petite dimension; et, comme le tisserand, il fait agir la navette. Aussi les paniers, les corbeilles et autres ouvrages qui sortent de fes mains, sont-ils rechercbés, non seulement en France, mais en Angleterre. L'origine de cette fabrication remonte à une époque très éloignée. Origny en est le centre. La population des villages situés dans le cours supérieur de l'Oise se livre au même travail.
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caverne, ils le trouvèrent plus près cVeulx qu'ils ne pensoyent ; ils eurent paour , si se mirent en fuite. L'un gaigna un arbre, l'autre fuit vers la ville : le tiers, l'ours le print et le foula fort soubs lui, en lui approchant le museau fort près de l'oreille. Le ppuure homme estoit couché tout plat contre terre et faisoit le mort. Or, ceste beste, quand elle veoit qu'il ne se remue plus, elle le laisse là cuidant qu'il soit mort, et ainsi le dict ours laissa le pauure homme sans lui auoir fait guères de mal , et se retira en sa caverne , et quand le panure homme se veit délivré, il se leva tirant vers la ville. Son compaignon qui estoit sur l'arbre, ayant veu ce mystère , descend , court , et crie après l'autre qui estoit devant, qu'il attendist, lequel se retourna et l'attendit. Quand ils furent joincts, celui qui estoit dessus l'arbre demanda à son compaignon par serment ce que l'ours lui avoit dit en conseil , que si long-temps lui avoit tenu le museau contre l'oreille ; à quoi son compaignon lui respondit : Il me disoit que jamais je ne marchandasse de la peau de Tours jusques à ce que la beste fust morte. »
PAGOLET, {Il faudrait avoir le cheval de) dit-on, quand il s'agit d'une grande distance qui devrait être parcourue en peu de temps.
Le cheval de Pacolet était un cheval de bois enchanté qui, dans un instant, portait un homme à mille lieues. Voyez dans la Bibliothèque bleue, le roman intitulé : Valentiii et Orson.
PAGE. {Être hors de)
C'est-à-dire , hors de la dépendance d'autrui.
Cette expression vient de l'ancienne chevalerie. A Tàge
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de sept ans, un gentilhomme était placé auprès de quelque haut haron, ou de quelque illustre chevalier, pour y remplir la place de page, de damoiseau ou varlet ; à quatorze ans , il était Jiors de page ^ et devenait écuyer.
Louis XI mil les rois de France hors de page; manière de parler figurée , pour dire qu'il les rendit absolus.
On se sert de la même phrase d'une manière encore plus figurée en parlant de l'esprit :
Il faut le relever de ce honteux partage ,
Et mettre hautement notre esprit hors de page.
(Molière.)
PAGE, [lin y a pas de quoi fouetter un )
Se dit d'une faute bien légère. Non anciens seigneurs avaient, pour la plupart, des pages auxquels la correction des verges était administrée pour la moindre faute.
« Il faut fouetter M. du Paige comme seigle vert. » [Pantagruel, Liv. ii, chap. 8.)
Ennuyé de garder le mulet de son maître, le page en question s'était amusé à couper presque à l'entier la lanière qui tenait l'étrier suspendu du côté du montoir. Ce maître était un gros homme; a peine a-t-il pris son branle, qu'il tombe tout plat comme porc.
On appelle tour de page , une malice où il y a quelque espièglerie; et proverbialement, on dit d'un homme hardi jusqu'à l'impudence , qu'il est effronté comme un page de cour.
Paillard.
Pour bien entendre ce mot, il faut lire les contes du moyen âge ; on ne connaissait point alors les sommieï's de crin, (i)
(i) Voyez la remarque de Ze Grand d'Aussj, sur un lit de noces, qui était en même temps un lit de roi, p. i33 des Contes dévots, Fahla et Romans anciens.
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A Paris , les inuriages qui suivaient le concubinage avaient lieu clans Téglise de Sainte-Marine ; l'anneau conjugal était un anneau de paille.
PAILLE. (yEtre comme un rat en^
Manière de parler figurée , pour dire , être à son aise.
PAILLE. ( Homme de )
Nos pères étaient peu galans, puisqu'ils ne craignaient pas de dire : Un, homme de paille vaut une femme d'or.
PAILLE. ( Seigneur de )
Avant la révolution de 1789, on disait en jurisprudence féodale : Un seigneur de paille mange un vassal de fer; ce qui signifiait que les saisies féodales pouvaient absorber tout le revenu d'une terre.
Aujourd'hui par homme de paille y on entend un homme qui trafique de son nom , de sa signature ; qui, pour un bénéfice médiocre, prend sur lui une grande responsabilité.
Dans tous les commerces illicites , on met en avant des hommes de paille , derrière lesquels se cachent les véritables capitalistes.
Rompre la paille avec quelqu'un.
C'est lui déclarer qu'on n'est plus son ami.
Chez nos ancêtres, lorsqu'on passait un contrat de vente, on donnait un brin de paille à l'acquéreur, et souvent on attachait ce brin de paille à la charte du contrat. De stipula, paille, est venue l'expression stipuler, convenir. Comme le \no\. Jestuca veut aussi dire paille, injestucare signifiait mettre en possession, et exfeslucare y se dessaisir.
Par extension , rompre la paille a signifié rompre l'amitié. Au douzième siècle, on envoyait encore à un lionnne une paille brisée ou un jonc rompu, pour !;ii annoncer une 7'upture.