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qu'on en mangeât trop. Les pains ordinaires étaient le pain bourgeois, nommé depuis pain de. ménage; le pain bis-blanc et le pain bis. Il ne faut pas compter le pain de cbapitre, pain inventé par un boulanger du chapitre de Notre-Dame de Paris; il ne différait du pain bourgeois que parce qu'il était moins plat.

PAIR. {Il entend le)

Proverbe du seizième siècle. Sous François i*^'" et sous Henri ii, il y avait en France beaucoup de Florentins, de Lucquois et autres Italiens qui , affriandés par l'intérêt excessif des capitaux, avaient apporté beaucoup d'or et d'argent.

Leurs monnaies étaient de divers taux, parce qu'ils n'appartenaient pas au même souverain. Toutes ces monnaies ayant cours concurremment avec celles de France, un compte était fort difficile à faire; et de là vint ce proverbe : Il entend le pair, quand on voulait dire un homme rompu aux affaires, un homme habile.

PAIRE. {Les deux font la)

Se dit quand on voit deux personnes ensemble, qui ont les mêmes qualités, ou plutôt les mêmes défauts ; car ce proverbe ne se prend qu'en mauvaise part.

PALALAN. {Faire le)

Cette expression, qui n'est plus en usage, signifiait autrefois, y2zz>e le grand.

Antoine Oudin {Curiosités françaises pour supplément aux Dictionnaires) divise d'abord ainsi le mot Tpa\[i\n^Y\\., pat-allcint y et l'explique par, marchant dwit comme un pal.

PALINODIE. {Chanter la)

Se rétracter, dire le contraire de ce qu'on avait dit.

Cette façon de parler vient du grec , où elle signifiait seulement chanter dereclief.

Paltoquet.

Terme de mépris, homme grossier.

Dans Rabelais, on trouve empaletoquè. De son temps ]e paletot était un petit manteau auquel tenait un capuchon.

PANADER, {Se) ou se pavaner.

Marcher avec un air de complaisance et d'ostentation.

Un autre proverbe dit : Fier comme un paon : le paon est le symbole de la vanité.

Un paon , avec ces mots , ut placeat taceaty qu'il se taise s'il veut plaire , est la devise d'un homme stupide, qui n'a que des qualités extérieures :

Le long de ce grand mur qu'il arpente à son gré , Que le paon orgueilleux, par l'orage inspiré, Lance, par intervalle, un accent laraent^ible.

( Pus, Harmonie imitaih-e.)

Brantôme nous apprend que Marguerite de Valois exécutait parfaitement la danse i\^ne\ée pa^^ane.

Mais ce nom vient-il du latin pavo , paon, ou de \\\dX\ç.VL pavana pour padouana , de Padoue ? C'est, pour le sens de notre proverbe , chose assez indifférente.

Pendant le seizième siècle, il n'y avait^point de grand bal où l'on ne dansât \a pavane. C'était la plus estimée des danses majestueuses qui semblaient réservées aux reines, aux dames de la cour, et aux seigneurs qui pouvaient figurer avec elles. Les dames la dansaient en robe longue et traînante , chargée de broderies et de pierreries, ayant quelquefois sur la tête des couronnes qui marquaient leurs dignités. Les princes l'exécutaient avec de grands et riches manteaux , les magistrats avec leurs longues robes , et les gentilshommes en cape et en épéc.

PAXDORE. i La boîte de)

Pour dire la source de tous les inauM qui sont dans le monde ; proverbe mythologique.

Jupiter avait enfermé tous les maux dans une boîte bien close, qu'il donna à Pandore, femme d'Épiméthée, après lui avoir recommandé de ne pas l'ouvrir, La curiosité l'emporta; la boîte fatale fut ouverte, tous les maux s'échappèrent.

PANIER. [^ A petit mercier petit)

Pannim parva décent. Nos pères, pour exprimer la même chose, disaient : J petit saint petite offrande; a petit chien petit lieu.

PANIER. (// ne faut pas mettre tous ses œiifs dans un )

C'est-à-dire, risquer toute sa marchandise sur le même vaisseau, placer tout son argent chez le même banquier.

Un homme avait des œufs, et voulait s'en défaire; Pour ne pas à la foire arriver des derniers , Quoiqu'il put en remplir trois ou quatre paniers , Il mit tout dans un seul, et ne pouvait ])is faire. Sa mule qui suait sous le poids d'un fardeau

Fragile comme du verre ,

Pour en décharger sa peau A quatre pas de là donna du nez en terre. Hélas! s'écria l'homme à qui son désespoir

Inspira de vains préambules , Que n'ai-je mis mes œufs sur trois ou quatre mules ! Je mérite un malheur que je devais prévoir.

Si le ciel veut me permettre

De faire encor le métier,

Je jure de ne plus mettre

Tous mes œufs dans un panier.

(BOUHSAULT.)

PANIER. (^Sot comme un

C'est-à-dire, incapable de rien retenir, de recevoir aucune instruction.

Ce proverbe rnppplle celui Ae^ panier percé ^ ou plutôt panier perce a donne l'idée de sot comme un panier.

PANNEAU. {Donner dans le )

Se laisser duper , attraper.

Le panneau est un filet pour prendre des lièvres, des lapins, etc.

« C'est un homme à donner dans tous les panneaux qu'on voudra, v (Molière.)

Sous la régence du duc d'Orléans , un Écossais nommé Law ouvrit à Paris une banque qui ruina beaucoup de gens , et fit dire aux personnes dupées qu'elles avaient donné dans le Mississipi.

Le Mississipi est un fleuve qui traverse la Louisiane; or , dans cette partie de l'Amérique septentrionale , avaient été découvertes, disait-on, des mines plus riches que celles du Pérou.

Pour faire exploiter ces mines, la banque créa des actions, et admit ainsi des sociétaires. De 5oo francs, l'action ou billet monta à 5, 000 francs. De nouveaux billets furent fabriqués. Chacun s'empressa de porter son argent à la banque ; cependant les trésors que l'on attendait des bords du Mississipi n'arrivant point, on voulut échanger ses billets. Le gouvernement commença par en réduire la valeur de moitié; mais telle était leur profusion , que le discrédit devint complet.

Voici une des facéties qui consolèrent les Parisiens au mois de janvier 1720. Les actions venaient d'éprouver une réduction :

LES ÉTRENNES RETARDEES.

Ma femme , ne vous en déplaise , \'oas seriez peut-être bien aise Que je vous fisse en ce jour-ci Un beau présent , et je vous jure Que j'en serais bien aise aussi; Mais une fâcheuse aventure

Mot un graïul obstacle à ceci :

J'ai mis dans le Mississipi.

Vous le vouliez : donc il le fallait faire. Cent fois par jour , tous le savez , ma chère ,

Vous nie clianliez : Mets-y, mets-y :

C'était le refrain favori

Dont j'étais sasis cesse étourdi.

Pour surcroît de charivari , Janot (en d'autres temps je crois qu'il m'eût fait rire). En voulant répéter ce (ju'il entendait dire. Criait à plein gosier , pijjt , pipi , pipi ■'

C'était, disiez-vous, bon augure;

Quoique habitude toute pure,

Et qu'il ne si!it ce qu'il disait.

Excepté quand le cas pressait ; Car, faute de secours, le pauvre enfant donnait En ces occasions une marque très claire

Que pour lors il ne s'agissait

Du pays ni de la rivière

Que sa chère mère entendait '

Mais , insensiblement , j'écarte la matière :

Laissons là les digressions ,

Et revenons aux actions.

J'en ai donc pris depuis quatre semaines , Et sur ce fonds j'assignai vos étrennes : Cela n'a pas tout-à-fait réussi ,

Car nous y perdons jusqu'ici.

Mais de l'événement n'ayez point de souci,

Il ne faut qu'avoir patience;

L'intérêt de notre finance , Etrennes reviendront sans doute ce mois-ci :

Il est aisé de le comprendre.

Donnez-moi seulement quelques jours de répi,

Vous ne perdrez rien pour attendre.

Pantalon.

Ce mot a trois acceptions : au propre , c'est une culotte longue ; il désigne ensuite un personnage de la comédie ilalienne; et, par extension, quiconque prend différentes figures, joue différens rôles pour arriver à ses fins.

Mais d'où vient pantalon? C'est une contraction de panUiUon.

Beaucoup de Vénitiens ayant saint Pantaléon pour

pntron, on a nommé les \ér)\ûer\?, panfahns ; il est mêine arrivé que les habits faits comme ceux des Vénitiens ont été 3i\-)pe\cs pa?îtahns.

En 1807, nous arriva de Londres la mode des pantalons pour les petites filles. Les exercices du saut se pratiquent en Angleterre dans les écoles déjeunes filles; c'est pour cela qu'on leur a donné des pantalons. Le goût finançais ayant fort embelli ce vêtement, quelques femmes, au printemps de 1809, tentèrent de se l'approprier. On les vit se promener en pantalon de perkale , garni de mousseline, les unes sur les boulevarts, les autres aux Tuileries. Quoique leur robe fût longue, et le pantalon très peu visible , elles marchaient les yeux baissés, parce que tout le monde avait les regards fixés sur elles.

Ces pantalons furent jugés comme les hauts-dechausses dont parle Henri Estienne dans le premier de ses deux Dialogues du langage français italianizé. «A la suite des vertugades , dit-il, elles (les femmes) ont commencé à porter une façon de hauts-de-chausses

qu'on appelle calcons, alléguant l'honnesteté Mais

comme l'abus vient en toute chose , encore que l'invention ne soit pas abusive, quelques unes de celles qui, au lieu de faire lesdits calçons de toile simple, les font de quelque estoffe bien riche, pourroyent sembler, se mettant en chausses, plutost attirer les dissolus que se défendre contre leur impudence. »

Au mois de mai 1822 , quelques femmes reprirent le pantalon ; c'étaient des femmes à équij^age ; et on ne les vit guère à pied que dans les galeries du Musée, promenade où peu de personnes étaient admises. Leur pantalon blanc dépassait de quelques travers de doigt une blouse de batiste écrue. (Voyez le numéro 1972 de la suite de Costumes parisiens. )

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PANTIN. ( ToiU homme est un )

Les bras, les cuisses , les jambes de la figure de carton que l'on nomme pantin , sont de différens morceaux, tous mobiles , et correspondant à un fil qu'il suffit de tirer pour mettre toute la figure en mouvement.

En 1756, \e?> pantins ïwvenX en France, et surtout à Paris, une véritable fureur : chacun avait son pantin dans sa poche, et l'on s'en amusait dans les salons, dans les spectacles , même dans les promenades.

On fit à cette occasion pkisieurs chansons ; le refrain assez ordinaire était : Tout homme est un pantin. On voulait dire par là que comme ces petites figures se mettaient en mouvement lorsqu'on en tirait le fil , de même il n'y avait pas d'homme que Ton ne pût mettre en jeu si on parvenait à toucher sa passion dominante, son goiit particulier.

Il y a près de Paris un village nommé Pantin. Une dame qui l'habitait et qui voulait louer sa maison , écrivit à une personne qui demandait dans les Petites Affiches une maison de campagne :

Que Pantin serait content S'il avait l'art de vous plaire !

Ces deux vers sont le commencement d'une chanson très connue faite sur \e?, pantins.

Papelard.

Un ^diXXewr., palpât or, venant àe paipum , caresse du plat de la main.

Sobriquet donné aux moines, à cause de leur air doucereux.

O papelards ! qu'on se trompe à vos mines !

(La Fontaine, Contes.)

Le Duchat , commentateur de Rabelais , explique ainsi le vcïot papelards ^ « qui trafiquent de bulles papales, et

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qui élèvent la puissance du pape au-delà de ses justes bornes, »

Le premier nuteur du Boman de la Rose , Guillaume de Lorris, (jui écriv.iit dans le treizième siècle, s'élève souvent contre Thypocrisie ou. faux semblant; et il y a dans son poème une section intitulée Papelardie , contre ceux qui trompent le public par de fausses apparences de dévotion. Il peint Papelardie sous la figure d'une femme pâle , blême, décharnée , portant la haire, et tenant en main un psautier.

PaPIL LOTAGE.

Expression fort en vogue vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle avait trait à la conduite de certains hommes qui faisaient garnir leur veste en blonde , avaient des habits de chaque saison, des tabatières d'hiver et d'été, deux montres , beaucoup de breloques, qui en un mot, dépensaient des sommes énormes en colifichets.

PAQUETTE. ( Conter des chansons de Jeanne et de)

C'est-à-dire, rapporter les propos du tiers et du quart, de celui-ci et de celle-là.

( Paquetle, prénom qui vient de Pâques. )

Pâques.

Pâques fleuries et Pâques closes Font entre eux dire bien des choses.

Il s'agit dans ce proverbe des confessions que fait faire dans le tribunal de la pénitence la communion pascale , communion qui doit avoir lieu depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Quasimodo.

PAQUES. [oEufs de)

On les teint en rouge, couleur favorite des anciens peuples, et des Celtes, nos ancêtres, en particulier.

Le commencement de l'année ayant été déplacé, et une des époques de la célébration du renouvellement de

liGi PAO

l'année ayant été l'équinoxe du printemps , il est vraisemblable que les œi{/s de Pâques proviennent des étrenncs.

On peut dire aussi que, cbez les chrétiens, l'abstinence du carême s'étendant aux œufs, et cette loi de l'Église ayant été rigoureusement observée pendant plusieurs siècles , on a dû se décarêmer avec des œufs comme avec de la viande.

Pour donner une idée de la rigueur avec laquelle le carême s'observait, nous allons figurer ici un petit tableau qu'on exposait jadis, le mercredi des Cendres, chez les personnes dévotes , sur la cheminée de la cuisine.

Ce tableau est composé d'autant de lettres qu'il y a de jours dans le carême : on en effaçait une chaque soir.

Voici le sens des sept mots latins que les quarante-six lettres formaient : Les rois ^ les grands ^ les petits , eri/îii tous sont sujets ci la mort.

ai

RI

IM

[Alors imperat regibus ^ niaxiniisj niininiis , dénique omnibus. )

PAQ 463

Chose remarquable : ce sont des suisses d'église et des bedeaux qui vont demander des œufs de Pâques y sortes d'étrennes païennes.

PAQUES. ( Chasser le lièvre de )

Nos pères commençaient ainsi la semaine que l'Eglise appelle sainte. Le dimanche des Rameaux ils plantaient dans chacun de leurs champs une branche de jjuis bénit. Le jeudi-saint était employé en pratiques de dévotion , et à chasser le lièvre de Pâques. Le vendredi, après midi, on s'occupait exclusivement du verger; on greffait, on semait différens légumes; on ne man([uait pas surtout de semer de la giroflée, dans la croyance qu'elle serait double. Le samedi se passait à faire des pâtés de hachis de viande et d'œufs : il n'était pas une seule maison où l'on n'en fît; il y en avait un pour le maître et sa femme, souvent un pour chaque enfant et chaque doînestique.

L'idée que de la graine de giroflée semée le vendredisaint produirait des fleurs doubles, était une bien légère superstition , en comparaison de leur expédient pour chasser les rats du colombier; ils écrivaient aux quatre coins les noms de Jésus et de Marie.

En mainte occasion, ces dévots aïeux faisaient servir l'Ecriture sainte à des usages profanes; par exemple, pour empêcher la perte de leurs fruits , ils écrivaient au printemps, sur un bulletin qu'ils suspendaient à une branche d'arbre , le verset du premier psaume : Erit tanquam lignum^ quod plantatuni est secus decursus aquarum , quod fructum suum dabit in teuipoT-e suo etfolium ejus non dejluet.

Au bout d'un champ , il n'était pas rare de trouver sur une banderolle ces mots du prophète Joël : Resi^

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duiiin eruccE comcdit locnsta, residuum locustœ comedit bruchus. C était un brevet contre les chenilles et les limaçons.

Pour empêcher que le vin tournât clans leurs caves, ils avaient coutume d'écrire sur les tonneaux ces paroles du trente-troisième psaume de David : Gustate et videle quoniam suavis est Dominus.

Pour retenir un oiseau fuyard , ils écrivaient sur son juchoir ces mots : Il t Judas Christum nonfugit, sic tu me dominum tuum asinoscas.

S'ils avaient été mordus d'un serpent, ils regardaient comme un moyen de guérison les noms des trois rois mages, écrits sur un pot de terre avec du charbon.

PAQUES. ( Brave comme un bourreau qui fait ses^ Cela se dit d'un homme qui n'a pas coutume d'être bien vêtu , et qui porte un habit neuf. Autrefois les bourreaux étaient obligés d'avoir dans leur costume une marque distinctive ; la solennité de Pâques faisait exception.

PARADIS. (Joies du)

On dit de celui qui ne participe pas à un divertissement dont il entend le bruit , qu'il entend les joies du Paradis.

Cela s'applique principalement aux joies ou plaisirs du mariage.

Paresseux.

Nos pères disaient d'un paresseux, qu'il était pétri d'eau froide.

Il ( le paresseux ) voudrait bien manger F amande; mais il craint jusqu'à la peine de casser le noyau,

(Proverbe indien. )

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