‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 217 sur 335 · QUA · texte numérisé non relu

QUA

Divinité qui seule nous instruis , Pourquoi mets-tu ton palais dans un puits ?

(Voltaire.)

QUANQUAN.

Terme corrompu du latin quanquam. On prononce cancan.

Ramus ou La Ramée ^ qui fut une des grandes victimes immolées à la Saint-Bartlièlemi, avait attaqué dans une grammaire la ridicule manière de prononcer le latin. Il fut a son tour attaqué par la Sorbonne , qui prit pour un outrage la réforme grammaticale faite sans son aveu. Elle arrêta que la lettre Q se prononcerait dans l'Université comme le K. On ne devait plus dire quamquam, quisquis; mais kiskis et kankan.

Le décret de la Sorbonne déplut à Ramus. Un jeune ecclésiastique, échauffé par ses raisons, affecta dans un acte public de prononcer fort souvent quisquis et quamquam. Une erreur dans le dogme aurait moins scandalisé la Faculté de théologie; la Sorbonne offensée punit la témérité du licencié en le privant d'un bénéfice dont il était pourvu. Le jeune homme en appela au Parlement, et Ramus se chargea d'être l'avocat du bénéficier et du quamquam. On plaida avec chaleur de part et d'autre. L'arrêt qui intervint réintégra le licencié dans son bénéfice, et renvoya aux grammairiens la prononciation des lettres de l'alphabet.

De cette dispute, dit-on, vient le ^voyçxhe. faire un quanquan ; c'est-à-dire, faire beaucoup de bruit pour peu de chose. Il est plus vraisemblable que quanquan a été formé par onomatopée, du bruit que font les oies et les canes lorsqu'elles sont effrayées.

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