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plaisanterie vient cle ce qu'on trouve dans un rituel irOriéans des prières pour préserver les Orléanais des bosses; mais par ces bosses, il faut entendre des protubérances de répiclerme, des espèces de clous.
On donnait aux habitans de Cliauny le sobriquet de singes j parce que les arquebusiers de cette ville avaient un singe sur leur étendard.
Si l'on dit les sots de Ham , c'est qu'il y avait dans cette ville une compagnie de fous, dont le chef prenait le titre de prince des sots.
Mais pour les copieux de La Flèche , ce sobriquet tenait au caractère des habitans, qui aimaient à copier, à contrefaire les personnes qui leur paraissaient ridicules.
Dans une pièce manuscrite du treizième siècle ( Bibliothèque du Roi, n° i83o, in-fol., fonds de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, fol. -ji, col. 2), intitulée Proç^erbeSy on trouve parmi les choses de ce temps qui avaient le plus de réputation, la moutarde de Dijon; ainsi le sobriquet jnoutardier(^\)de Dijon n'a pointl'origine que lui donne le sieur des Accords (Etienne Tabourot), dans ses Bigarrur^es, tome i*^*", page 32. Nous allons abréger le passage. Charles vi, roi de France, allant en i38[, avec son oncle Philippe- le -Hardi, duc de Bourgogne , au secours de Louis , comte de Flandre, contre les Gantois qui s'étaient révoltés, la ville de Dijon leva à ses frais mille hommes pour grossir l'armée combinée. Par reconnaissance, le duc de Bourgogne permit aux Dijonnais de porter ses armes , et
(i) Moutarde Tient de deax mots latins, multum et ardere. Autrefois on disait «ow/r pour beaucoup. y/r</<?/e signifie brûler. La moutarde brûle ou picote beaucoup les houppes nerveuses de la langue.
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leur donna son cri qui était moult me tarde. Cette devise fut écrite en forme de rouleau, Moult tarde;
me en sorte que, me se trouvait comme caché, et que presque tout le monde lisait moult tarde ; ce qui , avec une légère altération, fit moutarde.
SOIE. {^Boyaux de^
Anciennement on disait des Bourguignons, qu'ils avaient les boyaux de soie, parce qu'ils préféraient un bon repas à un bel habit. «Estant les autres nations de la Gaule, disait La Bruyère-Cliampier, enclinées à soy tesnir proprement et bragardement , et user de beaux et riches habitz, les Bourguignons seuls usent de fort modeste estât et de peu de pompe. Au reste , l'on les dit avoir ventre de veloux , pour raison de bonnes chères. » LaBruyère-Ghampier écrivait en i56o; c'était un médecin attaché au service de François i".
Soif.
On dit de deux personnes qui n'ont point de fortune , et qui se marient ensemble , que la faim épouse la soif.
Un rien s'ajuste mal avec un autre rien ;
Et malgré les discours que l'amour y déploie ,
Deux malheureux ensemble ont toujours courte joie.
( Th. Corneille, l'Illusion comique, act. 3, se. 6.)
Une autre sorte de mariage, qui entre dans le domaine de la critique , est celui des personnes difformes.
Cette bossue aime un bossu Amoureux de la péronelle.
Si le bossu n'est pas c..., Il en naîtra polichinelle.
( Le Lrun. )
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SOIF. ( Garder une poire pour la )
C'est-à-dire, épargner quelque cliose pour les momens de détresse qui peuvent survenir.
Se contenter de peu, c'est déjà un grand effort de la sagesse humaine ; mais retrancher encore de ce peu , par la crainte de ne pas s'en contenter toujours, voilà une mesure encore plus sage. A cette dernière tient la vraie liberté, la véritable indépendance.
Un proverbe anglais dit : Fous n avez pas besoin d'une chose , laissez -la pendant sept ans , et reprenez-la ensuite. Si vous n'en avez que faire , laissezla encore sept ans, et alors si vous n'en avez pas besoin y brûlez- la.
Soldat.
Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat.
L'homme soigneux profite de la négligence des autres.
Le soldat fait la soupe , et la soupe fait le soldat.
Proverbe en jeu de mots, qui signifie : Ce que nous faisons d'utile sert à nous soutenir.
SOLES. (^11 se vend plus de harengs que de)
C'est-à-dire, les marchandises communes sont d'un débit plus prompt que les marchandises précieuses.
Solitude.
// vaut mieux être seul qu'en mauvaise compagnie.
Le goiJtde la solitude n'est cependant pas sans danger. L'estime de soi-nu-me fait trop de progrès dans la solitude; on y est forcément occupé de soi, tandis que dans le monde il est presque impossible de ne pas l'être des autres.
Puis, quel est l'homme qui peut se suffire à luimême? On ne jouit bien que de ce qu'on partage. Le
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plus grand de nos plaisirs est de confier nos pensées , nos opinions, nos sensations.
La raison d'ordinaire N'habite pas long-temps chez les gens séquestrés.
( L\ Fontaine, fab. io« du viii' Liv. )
SOLOGNE. {Niais de)
On appelle niais de Sologne celui qui feint de se tromper, qui entend bien son compte.
La Sologne, ci-devant comprise dans le gouvernement d'Orléanais, aujourd'hui dans le département du Loiret, a vingt-cinq lieues d'étendue sur douze; on y élève beaucoup de moutons et de dindons.
Vivant dans un pays où les maisons sont éparses , communiquant peu avec les villes, le pâtre de la Sologne acquiert l'habitude de la méditation , et devient apte à démêler les affaires d'intérêt.
Ce caractère a été mis en scène fort heureusement par Dorvigny. La pièce, jouée long-temps sur le théâtre Montansier, a pour titre : Le Niais de Sologne.
SONGE. ( Le mal d' autrui n'est que )
On n'en est pas plus touché que d'un songe.
Sophiste.
Ce fut d'abord le titre des philosophes, puis celui des rhéteurs ; mais par l'abus que les uns et les autres firent de la science , ce nom ne signifia plus qu'un faiseur de raisonnemens captieux ou de vaines déclamations.
Sorcier.
// est sorcier comme une vache.
Nos pères appliquaient ce proverbe à un homme qui ne faisait rien d'extraordinaire.
Les contes sur le pouvoir des sorciers sont aussi an-
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cîens que notre monarchie. Aux époques où les ténèbres furent dissipées, notamment sous Chariemagne, la créance diminua. Sous Saint-Louis, on ne fut pas non plus très crédule ; mais les idées de sortilège se reproduisirent sous ses enfans. Philippe-le-Hardi eut recours à une devitier^esse. Les Templiers furent regardés comme autant de sorciers sous Philippe - le - Bel. On mêla du sortilège dans l'affaire d'Enguerrand de Marigny. La démence de Charles vi, et le crédit de Valentine de Milan sur son esprit , furent attribués aux sorciers. La pucelle d'Orléans fut briàlée comme soi^cière. Le règne de Louis xi , plus éclairé , vit moins de sorciers. Diane de Poitiers, maîtresse de Henri ii, fut encore regardée comme un peu sorcière. Catherine de Médicis fit renaître tous les contes des sorciers^ et jamais l'on n'en avait tant vu que sous Charles ix et Henri m. Ce dernier prince crut ou voulut croire qu'il avait été ensor^ celé par la princesse de Condé. Ces idées se dissipèrent un peu sous Henri iv, qui avait trop bon esprit pour les accréditer. Sous Louis xiii , l'infortunée Léonore Galigaï, femme du maréchal d'Ancre, fut condamnée comme s'il y avait eu du sortilège dans l'ascendant qu'elle avait pris sur Marie de Médicis. Le cardinal de Richelieu fit aussi servir la magie à sa vengeance , en influençant le tribunal qui condamna Urbain Grandier à être bridé.
Sot.
Sot en trois lettres.
C'est un homme dont la sottise est bientôt exprimée, puisqu'il n'y a que trois lettres dans le mot sot.
Vous êtes un sot en trois Ifttres , mon fils, C'est moi qui vous le dis, qui suis votre grand'mère.
( Molière , Tartufe. )
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Le Pays, auteur médiocre , ayant eu l'imprudence de dire à Linière : Vous êtes un sot en trois lettres; celuici lui répondit : Vous en êtes un en mille que vous avez composées. Les OEuvres de Le Pays ont pour titre : Amitiés, amours et amourettes, et consistent en lettres.
Les sots sont un peuple nombreux , Trouvant toutes choses faciles :
Il faut le leur passer ; souvent ils sont heureux : Grand motif de se croire habiles !
' ( Florian , fab. 5 , Liv. v. )
Sot a la grande paye.
Allusion de sot à Scot, Ecossais.
Lorsqu'il y avait des Écossais au service de la France, ils recevaient, comme étrangers, la haute paye, ou grande pcije.
Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs.
Vers de Gresset, devenu proverbe.
Mais il faut observer que c'est une maxime de Cléon, du Méchant.
(Voyez Prendre son café.^
Soubrette.
Nom que l'on donnait autrefois à une femme attachée au service d'une autre; aujourd'hui l'on dit femme de chambre, et le nom de soubrette est affecté aux suivantes de comédie.
SOUFFLE. {Vhomme est le feu, la femme est Vétoupe , et le diable vient qui)
Image du danger que court une femme jeune, lorsque le hasard la met, sans témoin, en présence d'un homme.
SOUFFLET. ( Cela sert comme un clou a )
Le dessus des soufflets a été long-temps orné de clous
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dorés; comme ces clous n'attachaient rien, on disait en proverbe : Cela sert comme un clou a soumet.
SOUFFLET. ( Un démenti vaut un )
L'idée d'outrage, attachée par les Français à un démenti, nous reporte aux premiers temps de la chevalerie. On avait alors tant de respect pour le vrai , que les chevaliers s'obligeaient par serment de rendre, au retour de leurs entreprises, un compte fidèle de toutes les aventures heureuses ou malheureuses, honorables ou humiliantes qu'ils avaient eues.
Au reste, ce proverbe: Un démenti vaut un soujjlet, signifie deux choses : Tune, que quiconque a donné un démenti à quelqu'un, mérite de recevoir un soufflet; l'autre, qu'autant vaudrait donner un soufflet à quelqu'un qu'un démenti ; et c'est dans ce dernier sens qu'on dit de ceux qui pèchent contre la langue française, qu'ils donnent un soujflet a Ronsard, {^Vojez ce proverbe.)
SOUFFRIE.
Soujfîir mort et passion.
Ne s'applique point, comme on pourrait le croire, à de grands maux, mais à une suite de contrariétés.
Voici le proverbe des Grecs pour les souffrances réelles : Soujfrir plus de maux que Sambicus. Ce Sambicus était un Éléen, spoliateur de temples, que Ton appliqua à la torture pendant une année entière, pour tirer de lui l'aveu de ses complices.
SOUFFrxIR. {Pour plaire ûfaut savoir) Proverbe de toilette, qui est une parodie d'un mot ingénieux attribué à Agnès Sorel.
Avant Charles vu , il n'y avait que les couronnes de
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nos rois qui fussent ornées de diamans. Agnès Sorel en eut un collier, et elle le nomma un carcan , parce que les pierres qui en étaient brutes et mal montées, Tincommodaient. Cependant le roi lui ayant témoigné du plaisir à l'en voir parée , elle continua de le porter, disant q^Q pour plaire a ce qu'on aime y il /allait savoir soujjiir.
SOUPE. {Tel pain telle)
C'est-à-dire, que les choses sont bonnes suivant la qualité des matières qu'on y fait entrer.
Ce proverbe nous donne l'occasion de remarquer que le pain faisait jadis la base de la soupe, pour toutes les classes de la société, et que l'on raffinait, aux douzième et treizième siècles, plus qu'aujourd'hui sur les espèces et sur la qualité du pain.
Voici une autre acception de notre proverbe :
Lorsqu'un hâbleur a été réfuté par ses propres allégations, un trompeur payé de sa monnaie, on dit qu'o/i leur a fait de tel pain soupe.
SOURD. {Frapper comme un)
C'est-à-dire, très fort. Un sourd qui est en train de frapper, redouble jusqu'à ce qu'il entende les coups.
Un 'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ^ se dit, en parlant d'un homme qui fait semblant de ne pas entendre une proposition qu'il entend très bien , mais qui lui déplaît.
SOURDINE. {A la)
Façon de parler adverbiale et figurée ; avec peu de bruit, secrètement.
La sourdine est une espèce de pince en bois ou en ivoire qui se place sur le chevalet des violons, quintes ou altos , violoncelles ou basses , toutes les fois que