CAP
lions qui ont prouvé que ce reptile ne change point ainsi, il est demeuré l'emblème de ces hypocrites qui prennent la manière de penser et d'agir des hommes puissans.
Je définis la cour un pays où les gens.
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférens,
Sont ce qui plaît au prince; ou , s'ils ne peuvent l'être.
Tâchent au moins de le paraître.
Peuple caméléon, peuple singe du maître.
(La Fontaine.)
Camelot.
// est comme le camelot, il a pris son pli.
C'est-à-dire , il a contracté de mauvaises habitudes qu'on ne peut lui faire quitter.
L'usage de l'étoffe appelée camelot est fort ancien en France : Joinville en parle dans la Fie de Saint- Louis.
CAMUS. ( Les durs tétins des nourrices font les enfans^
C'était l'opinion d'Ambroise Paré , chirurgien des rois Henri 11, François 11 et Charles ix. Rabelais, dans son Gargantua (Liv. i", chap. 4o)? tourne cette opinion en plaisanterie; mais Bouchet prend la chose au sérieux dans la Sérée des nourrices , qui est la vingtquatrième du livre intitulé Sérées.
CAPE. [Rire sous)
A la même signification que rire dans sa bar^be, rire sous bouî're. Alors, sans doute, on approchait la cape de la bouche , pour empêcher que l'on ne vît le mouvement des lèvres.
Capucinade.
Une capucinade est un plat discours de morale.
ii8 CAQ
Tout capucin prêche, parce que tel est l'usage dans son ordre ; de là le nombre de mauvais prédicateurs capucins.
Outre la platitude, il y a, pour l'ordinaire, inconvenance dans une capurinade; point de fantaisie qu'un capucin ne hasarde, dès qu'un faux zèle le transporte. Au commencement du règne de Louis xiv, le Père Honoré, de Cannes, imagina d'apostropher en chaire une tête de mort. «Parie, disait-il, ne serais-tu point la tête d'un magistrat? Qui ne dit mot consent;» et il lui reprochait toutes sortes de prévarications. Un autre jour, il parlait à sa tête de mort , comme si c'eût été une belle dame. «Hé bien! lui disait-il , tête éventée, où sont ces beaux yeux qui jouaient si bien de la prunelle , ces oreilles mignonnes auxquelles tant de godelureaux ont chuchoté , ces roses et ces lis que tu laissais cueillir par des baisers impudiques ? etc. , etc. »
Caquet.
Caquet-bon-bec ^ la poule à ma tantes ou simplement, la poule h ma tante.
Se dit d'une cajoleuse.
Chassez bien loin de vous la basse flatterie , Qui, cherchant à souiller la bonté de vos mœurs. Par cent détours obscurs s'ouvre avec industrie La porte de vos cœurs.
(J. B. Rousseau, Ode lo, Liv. ir. )
Dans le poëme badin intitulé : Caquet-bon-bec , la Poule a ma tante ( par M. de Junquières) , in-\ i. Paris, 1761, poulette, d'un air matois, fait à ma tante des questions fort drôles. Ma tantes avec un soin extrême, avait dérobé à sa pupille la connaissance des coqs. Obligée de s'absenter pen^nt un mois, elle met poulette