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les fêtes lihyphales en font foi chez les Grecs. Dans l'histoire romaine on trouve les railleries /éjce/z/zmej.
Par l'ouvrage du ministre Lambert Daneau, contre le carnaval et le mardi g;ras , dont il appelle les divertissemens des bacchanales , on voit qu'en Finance le travestissement le plus usité dans le seizième siècle , était en diable. Les femmes , à la même époque , se masquaient en chauve-souris. (Voyez Tout est de carnaval. )
Carême.
Jean Ruiz, poète espagnol, qui vivait sous le règne d'Alphonse le Sage ( treizième siècle ) , a composé un ouvrage où se trouve la guerre entre dom Carnaval et dom Carême; en voici l'analyse :
Carnaval ayant été vaincu la nuit du mercredi des Cendres, reste malade jusqu'à la semaine sainte. Ses forces reviennent alors, et le mettent en état de se battre. Secondé d'un brave athlète qui est le seigneur Déjeuner, il envoie un cartel à Carême, et le jour de Pâques est marqué pour le jour du combat. Carême se trouvant faible, s'habille en pèlerin; et, pour éviter un duel qui le tracasse, saute les murs le samedi saint, et s'échappe.
On dit que le carême est haut ^ quand il arrive tard. Nos pères disaient de même : IL est haute heure ^ pour il est tard.
S'il faut en croire Fréron {Année littéraire de i -jSô) , le Carême in-jwomptu de Gresset n'est point un conte, mais un fait connu dans toute la Bretagne. « Le père Jacson , jésuite, fut, dit-il, le missionnaire de l'île d'Ouessant. Après avoir particulièrement instruit le chef de ces insulaires , il le mena à Quimper , où on le fit
prêtre et recteur de son île; c'est le nom que Ton donne aux curés dans cette province. Celui-ci, homme simple, allait tous les ans à Brest, en novembre ou en décembre, pour y faire ses emplettes, surtout celle d'un alinanach , guide unique et précieux qui lui indiquait les quantièmes des mois où tombaient les fêtes mobiles. Il fit, je ne sais quelle année, un temps si affreux, qu'il lui fut impossible de s'embarquer avant la fin de mars; et cependant on avait fait jusqu'alors et l'on faisait toujours gras dans l'île, à l'exemple du recteur, tandis que toute la chrétienté jeûnait, ou du moins devait jeûner. Notre pasteur apprend à Brest qu'on est dans la semaine de la Passion ; il se pourvoit de tout ce qui lui est né- 'cessaire, et se hâte de retourner chez lui. Il monte en chaire le dimanche de la semaine sainte , et annonce à son troupeau l'erreur involontaire qu'il a commise. Mais, dit-il, le mal n'est pas grand , et nous rattraperons bientôt les autres fidèles. Pour que tout se passe dans les règles, ajouta-t-il, les trois jours gras seront aujourd'hui, demain et mardi; le jour des Cendres, mercredi ; nous ferons abstinence le reste de la semaine, et dimanche nous chanterons alléluia. y>
Cela arrive comme marée en carême ^ comme mars en carême.
Il ne faut pas confondre ces deux expressions proverbiales. On doit dire d'une chose qui arrive à propos, qu'elle arrive comme marée en carême; et d'une chose qui ne manque jamais d'arriver en certain temps , qu'elle vient comme mars en carême.
CARÊME. {^Amoureux de)
Ancienne plaisanterie qui voulait dire un amoureux timide n'osant toucher à la chair.
CARILLONNE. ( // est fête a sa paroisse, on y^
C'esl-à-clire, on lui donne le fouet.
Cette plaisanterie n'était pas la seule que se permissent nos pelles sur un genre de punition que la décence réprouve. (Voyez Maritr a M. Du Verger.^
Coquille, dans son Histoire du Nivernois , a consigné sur le collège de Navarre, fondé à Paris par Jeanne de Navarre , épouse de Philippe-le-Bel , ruiné sous Charles vi, et rétabli par Louis xi en i483, une particularité qui revient à notre sujet. Le roi (Louis xi ) en est le premier boursier (du collège de Navarre), et le revenu de sa bourse est affecté à l'achat des verges destinées à la correction des écoliers; ce qui suppose cette correction fréquente.
CARNAVAL. ( Tout est de)
Il faut des jours de repos et inéme de folie : pour jouir complètement , l'homme a besoin de se détacher de lui-même , et de s'électriser avec les autres. Mais pourquoi nomme-t-on carnaval les jours d'effervescence qui précèdent le carême ? — Ducange , dans son savant Glossaire , écrit : Carn-a-val , et dit": La chair s'en va , caro abscedit.
Voici une autre ètymologie : les Romains avaient une déesse du nom de Carna , qui veillait sur la santé des hommes , sous le rapport des alimens; et comme, suivant le dicton populaire, la joie vient du ventre, elle en prenait le plus grand soin, aux Bacchanales, aux Saturnales , etc. Ces jours de gala passés, les gourmands rendaient grâce à la déesse qui les avait si bien nourris , et ils lui adressaient leurs adieux : Adieu Carna , Carna vale.
La religion chrétienne, en changeant les mœurs, toléra quelques anciens usages. En ordonnant le ca-
rême , elle permit que des jouissances gaies , turbulentes même, précédassent et compensassent d'avance les privations que le peuple allait éprouver. Le peuple disait donc , à l'exemple des Romains dont il parlait la langue : Adieu, déesse de la bonne chère, Carna'vale.
Carreau.
Laisser sur le carreau , être sur le carreau.
Lorsqu'on commença (dans le. neuvième siècle) à paver Paris, le pavé fut composé de grosses dalles ou carreaux de grès, qui, en longueur et en largeur, avaient environ trois pieds et demi , sur à peu près six pouces d'épaisseur ; quadrads lapidibus, suivant Guillaume Le Breton. L'abbé Le Bœuf dit avoir vu plusieurs pierres de ce pavé au bas de la rue Saint-Jacques , à sept ou huit pieds sous terre ; car le sol a été successivement exhaussé.
C'est sans doute de ces carreaux que sont venues les expressions proverbiales : Laisser sur le carreau, être sur le carreau.
Sous Philippe-Auguste, qui conçut et commença à faire exécuter le grand projet de paver Paris, on pava ce qu'on nommait la croisée de Paris , c'est-à-dire deux rues qui se croisaient au centre de cette ville , et se dirigeaient, l'une du midi au nord, l'autre de l'est à l'ouest.
Carrier e.
Qu'on me remene aux carrières.
C'est-à-dire, je suis prêt à recommencer ce qui m'a attiré une persécution injuste.
Les carrières dont il s'agit étaient celles où Denys l'Ancien , tyran de Syracuse , renfermait les victimes
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de sa cruauté. Ce Denys commença à régner l'an 4o5 avant Jésus-Christ.
CARTE. {Savoir la)
Est une locution proverbiale , qui signifie connaître les intrigues, les mœurs, les alentours d'une société quelconque.
Cette autre locution, perdre la carte, a la même origine ; c'est ne savoir plus où est le nord , le midi, en un mot, la route qu'il faut suivre.
Il est possible que cette façon de parler soit tirée du jeu de piquet, où celui qui perd la carte a un grand désavantage.
CARTE. ( Le dessous de )
Expression tirée du jeu de cartes.
Les figures , comme on sait, en font la valeur. Chacun cache ces figures; deviner le dessous de carte, c'est calculer par des rapprochemens le jeu de son adversaire.
Par figures, il ne faut pas seulement entendre les rois, les dames et les valets, puisque dans plusieurs jeux la valeur d'un as est supérieure à celle d'un roi , mais les signes caractéristiques de toutes les cartes.
Cartes sur table.
C'est-à-dire, mon jeu est tellement sûr que je pourrais jouer en vous montrant mes cartes ; il y a au boston un coup de cette espèce , qui s'appelle boston sur table.
CASSE , ( Si c^est du grès , on 'vous en) dit-on ironiquement à quelqu'un, lorsqu'on ne veut pas faire ce qu'il désire.
Le Duchat pense que c'est une allusion de grès à grec y parce qu'avant la restauration des lettres, ceux qui, dans une lecture publique, rencontraient du grec,