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La beauté sans l'honneur n'a rien qu'on puisse aimer; L'honneur est la beauté que l'on doit estimer.
(Du Ryer, Argents, act. 4-)
Fils.
// est bien lejils de son père.
Il ressemble à son père, tant par le visage que par les inclinations. Cela se dit tant en bonne qu'en mauvaise part.
Fils de ses pères y owjîls de ses œuvres.
C'est-à-dire, illustré par ses aïeux , ou considéré pour son mérite personnel.
Miserum est aliorum Incumbere famœ.
(JUVEJV. Sut. 8, V. 7fi.) Qui naquit dans la pourpre en est rarement digne.
(VojLT. Brutus, act. 3. se. a.) Il est de ces esprits favorisés des cieux Qui sont tout par eux-mème , et rien par leurs aïeux.
(Volt. Mahomet, act. 3, se. 4.)
// a marié sesjïlles, il nj a plus que les fils. Mauvais calembourg; c'est-à-dire, son habit est usé au point de montrer la corde.
FLAMBEAU. {^Montrer le soleil avec un) Vanter ce qui surpasse tout éloge.
FlA-MBERGE.
Mettre Jlamberge au vent y pour tirer l'épée. On donnait le nom àe Jlamberge à l'épée du chevalier Renaud de Montauban, l'aîné des quatre filsAimon.
FLANCS. {Se battre les)
Comparaison tirée des habitudes du lion , qui se bat les flancs de sa queue pour s'exciter au combat.
Cette façon de parler est ironique ; on l'emploie lorsque l'on regarde de grands efforts comme devant être d'un faible résultat.
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FLÈCHE. ( Ne savoir plus de quel bois faire)
Ne savoir plus que faire, quel métier exercer, à quel expédient recourir.
Proverbe antérieur à l'invention des armes à feu. Or , lapins ancienne preuve de l'usage de la poudre à canon en France, se trouve dans im compte de feartliélemi du Drach , trésorier des guerres, de l'an i338. (Glossaire de Ducange , au mot Bombarda.)
FLEURETTES. ( Conter)
C'est tenir des propos galans, employer les fleurs du langage. Chez les Latms, i^osas loqui signifiait aussi tenir des discours agréables.
Mais on ne trouve dans l'antiquité aucun exemple d'une galanterie aussi raffinée que celle du duc de Montausier pour mademoiselle d'Angennes, en i64r.
Cette belle personne se nonmiait Julie , et la fête de sa patrone arrivait dans un temps oii la terre produit peu de fleurs. L'ingénieux amant conçut l'idée d'une guirlande poétique.
Le volume qu'il offrit en place de bouquet était ainsi composé : Trois feuillets de vélin en blanc, le titre sur le quatrième, une guirlande peinte sur le cinquième, avec ces mots : La Guirlande de Julie; le sixième feuillet était encore en blanc; sur le septième on voyait Zépliire, tenant de la main droite une rose, et de la gauche la guirlande de Julie, qui soufflait sur la terre assez légèrement pour que l'on en distinguât les fleurs; le huitième feuillet contenait un madrigal '\x\\\\v\ç'.Zéphire a //^//>. Venait ensuite le corps de l'ouvrage, composé de quatre-vingt-dix feuillets, dont vingt- neuf offraient une fleur, et les soixante autres chacun un madrigal.
Le duc de Montausier fit quelques uns de ces madrigaux, et s'adjoignit les beaux esprits du temps. Parmi
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ses coopérateurs on distinguait E.acan, Chapelain, Malleville, Gombaud et Conrart, qui est regardé comme le père de l'Académie Française. Piobert, célèbre peintre d'alors, peignit les fleurs, et Jarry, calligraphe qui n'a pas eu d'égal en France, fut chargé d'éct'ire le texte. Afin que rien ne manquât à l'embellissement de ce volume tout en vélin, il fut relié par Gascon, regardé comme l'ouvrier le plus adroit dans son métier, et enrichi en dedans et en dehors des chiffres de Julie-Lucine, à qui il était dédié.
Voici les noms des fleurs qui composaient la Guirlande de Julie : \?i couronne impériale, la rose, le narcisse, l'amaranthe, l'angélique, l'œillet, la fleur de thym, le jasmin , l'anémone, la violette, le lis, la tulipe, la tulipe flamboyante , la jonquille, l'hyacinthe, l'héliotrope , le souci , la pensée , la fleur d'oranger , le safran, la flambe, le muguet, la fleur de grenadier, la fleur d'Adonis, la perce-neige, le pavot, Timmortelle, l'immortelle blanche , le méléagre. Elles étaient toutes réunies , comme nous l'avons dit, sur une même page à la tête du précieux manuscrit; on les voyait ensuite peintes , l'une après l'autre , dans le corps du volume ; elles y occupaient chacune le recto d'un feuillet; le madrigal qui y correspondait se trouvait au recto du feuillet suivant.
Julie , à son réveil, trouva ce cadeau sur sa toilette.
Un bouquet un peu moins galant fut offert, au mois de novembre 1757 , la veille de Sainte-Elisabeth , à une jeune veuve qui voulait persuader qu'elle était indécise entre la dévotion et les plaisirs.
Ce bouquet consistait en une rose entourée de brins de houx et de têtes de chardons. Une boîte y était jointe, dans laquelle se trouvaient des disciplines et des
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gants gras , un cilice et un pot cle rouge , le tout recouvert d'une feuille de papier sur laquelle on lisait ces deux vers :
Babet , recevez ce bouquet , Moitié saint et moitié coquet.
Au fond de la boîte étaient les vers sui vans, composés par Collé :
Sainte et mondaine Elisabeth , Qui n'en êtes qu'à l'alphabet D'une dévotion profonde.
Et des voluptés de ce monde; De votre savoir imparfait, Et de votre inexpérience, Dans l'une et dans l'autre science, Dieu ni diable n'est satisfait.
Décidez-vous donc tout-à-fait; Devenez tout-à-fait pieuse, Ou tout-à-fait voluptueuse.
Qui voulez-vous, décidément.
D'un confesseur ou d'un amant?
Est-ce l'amour et ses délices Que vous préférez aux cilices?
Pour les cilices penchez-vous?
Voyez qui peut le plus vous plaire, Des traits d'amour ou de la haire?
D'un cœur armé de petits clous, Ou d'un cœur et sensible et tendre.
Qui se prend et qui sait nous prendre, Et qui fait naître le désir.
Le sentiment et le plaisir?
Aimez-vous mieux des disciplines?
Eu voici de corde et de fer , Et qui, selon maintes béguines, Vous garantiront de l'enfer; Mais je vous vois déterminée :
Avec des appas si touchans Et tant d'esprit , vous êtes née Pour être joliment damnée , Et pour damner beaucoup de gens.
Vous en rappellerez, peut-être.
Et peut-être, dans quarante ans,