‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 105 sur 176 · MYS · texte numérisé non relu

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délités que celuiKïi était à même de commettre lorsqu'il faisait ferrer la mule , passèrent en proverbe ; ^X. ferrer la ihulCf voulut dire faire compter à son maître plus d'argent qu'on n'en a dépensé.

mJh^H. {Garder le)

C'est s'ennuyer à attendre quelqu'un. Le mulet était la monture de nos ancêtres. Quand un mîiître avait affaire dans une maison , il faisait garder son mulet à la porte , chose fort ennuyeuse , qui a donné lieu au proverbe.

Musc.

Le musc n* est pas V odeur des gens d^ esprit.

Ce proverbe fait la critique , non seulement des lettres ambrées et musquées, mais de celles qui sont écrites sur du papier de couleur ou du papier à vignettes.

MUSQUÉES. {Fantaisies)

On appelle ainsi les bizarreries des personnes de condition que l'on n'ose condamner.

Littéralement, c'est le goût pour les flacons, les sachets de senteurs, les pastilles à brûler, les bonbonnières.

Dans le seizième siècle , les bonbons étaient en France d'un usage presque général. Au moment où le duc de Gui^ fut tué à Blois , il avait son dragier à la main.

Mystifier.

Mystifier quelqu'un , c'est abuser de sa crédulité pour le rendre ridicule.

Ce mot ne se trouve ni dans le Dictionnaire de Trévoux, ni dans celui de l'Académie Française; mais nos pères disaient, dans le même sens, se gausser de quelqu'un, je ^âtttûf^'r de quelqu'un. «Nous étions au souper en mon hôtel, un grand tas de bons compai-

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gnons et vrais gaudissejirs.n (Soixante -cinquième Nouvelle nouvelle. )

Ce genre de bouffonnerie a du . rapport avec le ris que les anciens noAmaient mégarique; pour le pro-^ voquer, ils ne se faisaient aucun scrupule de sacrifier Famitié.

L'année 1734 est l'époque d'une mystification qui fit du bruit dans le' monde littéraire. A force de fréquentef les médecins, madame la comtesse de Voi- ^enon avait pris pour la médecine un goût si vif, qu'elle l'exerçait dans sa terre. Pour la ridiculiser, quelquesmédecins , entre autres le docteur La Virotte, imaginèrent de lui jouer un toUr. Ik lui firent accroire que , sur sa renommée, elle avait été élue présidente du Collège de médecine à Paris , en dressèrent les patentes , et les lui expédièrent. Pour mieux la persuader, on fit mettre un carton à quelques exemplaires du Journal des Saf^ans y et l'on y intercala ce prétendu événement litté- ^aire. (Numéro de mars, page 573.)

Tout le monde sait combien de mystifications eut à éprouver Poinsinet, auteur de la comédie du Cercle y dit le petit Poinsinet, à cause de la petitesse de sa taille, et pour le distinguer du traducteur d'Anacréon. En caressant son amour-propre, on lui faisait accroire les choses les plus absurdes , puis on lui disait que son noviciat allait finir, et qu'il passerait de l'état de victime à celui de mystificateur. Ses persécuteurs étaient Palissot et le journaliste Fréron.

Il y a une quarantaine d'années que les grandes villes de France, Paris surtout, avaient des mystificateurs de profession y qui allaient offrir leurs services et jouer des rôles de princes, de niais, d'étrangers, etc. pen»dan t un dîner ou une soirée entière. Musson, le plus

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célèbre d'entre eux, est mort à Paris le 29 mai 18*20, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.

Quelquefois la mystification tourne contre les mystificateurs ; en voici un exemple. Une jeune actrice du Théâtre-Français, aimable et jolie, avait été invitée, en i8o5 , à dîner chez un riche banquier. A table, elle fut placée à côté d'un homme couvert de broderies, chamarré de cordons, et que tous les convives appelaient mon ppince et votre excellence. Elle se conforma à l'étiquette, en lui parlant toujours ave,c respect ; elle ne lui donna pas d'autre titre que celui ai altesse. Tout autre en eût été dupe comme elle. Le prétendu prince qui n'était pas sans esprit, soutint son rôle à merveille; parla des affaires publiques en homme qui en avait l'habitude, des souverains avec une noble aisance, des plaisirs avec une aimable légèreté. Il fit de tendres complimens à toutes les femmes , et à sa jolie voisine des déclarations très pressantes; il lui offrit au dessert un très beau solitaire^ comme un souvenir qu'il la priait d'accepter et de conserver. La jeune actrice l'accepta en pensant qu'il était offert à son talent plutôt qu'à sa personne, puisqu'il était présenté devant vingtcinq témoins. Le reste de la soirée se passa gaîment et bien, La mystification fut soutenue jusqu'au bout par le parasite et ses compères. La demoiselle ne douta pas un moment qu'elle n'eût affaire à un grand prince, et le diamant sur lequel elle jetait les yeux de temps en temps la confirmait dans son opinion.

Le lendemain , à son réveil , on lui remit une lettre. Quels furent sa surprise et son dépit en même temps en apprenant que le prince à côté duquel elle avait dîné , qui lui avait fait de si pressantes déclarations, auxquelles elle avait souvent répondu avec trop de com-

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