‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 130 sur 176 · RAM · texte numérisé non relu

RAM

Pour dire qu'une chose a été faite tant bien que mal , en partie de gré , en partie de force.

Rampower.

C'était, en 1760, boire au cabaret outre mesure; et Ton appelait chapeau à la Ramponeau^ un chapeau pareil à celui du cabaretier de ce nom.

La figure de Ramponeau avait quelque chose de si grotesque , de si jovial , que les arts s'en étaient emparés. On le retrouvait partout à califourchon sur le tambour qui lui servait d'enseigne. Tel était le plaisir qu'on trouvait à le voir, qu'un certain Gaudon , célèbre joueur de marionnettes , lui proposa douze francs par jour pour le montrer pendant trois mois sur son théâtre. L'engagement fut signé ; mais Ramponeau se rétracta, alléguant sa conscience. Ce fut la matière d'un procès où figurèrent deux célèbres avocats du temps, maître Ëlie de Beaumont, et maître Coqueley de Chaussepierre.

«Si quelqu'un, dit maître Élie de Beaumont, avocat de Gaudon , allant dans le cabaret dé Ramponeau , lui commandait , le vendredi , un grand repas en gras , et si, après qu'il aurait égorgé toute sa basse-cour, et mis sur la table tout ce qu'il aurait pu ramasser à la Courtille , cet homme venait lui dire : « Les réflexions mûres que j'ai faites sur les dangers qu'apporte au salut un repas gras fait le vendredi nCont déterminé dL renoncer au vôtre ; » que dirait Ramponeau ? Serait-il d'humeur à perdre toute sa dépense ? Il dirait sans doute , s'il veut être de bonne foi : « Je ne vous empêche point de suivre les mouvemens de votre conscience et de travailler à votre salut; mais votre conscience doit vous obliger à être juste, et la justice veut que vous me payiez une dépense que je n'ai faite que pour vous. » Substituons à un repas défendu par un règlement ecclé*

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