‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 153 sur 176 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

les transporter sur le dos des babitans d'Orléans. Cette plaisanterie vient de- ce qu'on trouve dans un rituel d'Orléans des prières pour préserver les Orléanais des bosses; mais par ces bosses il faut entendre des protubérances épidémiques , des espèces de clous.

On donnait aux babitans de Cbauny le sobriquet de singes y parce que les arquebusiers de cette ville avaient un singe sur leur étendard.

Si Ton dit les sots'àe Ham, c'est qu'il y avait dans cette ville une compagnie de fous^ dont le cbef prenait le titre Ae prince des sots.

Mais pour les copieux de La Fèche, ce sobriquet tenait au caractère des babitans, qui aimaient à copier^ à contrefaire les personnes qui leur paraissaient ridicules*

SOIE. [Boyauifi de)

Anciennement on disait des Bourguignons, qu'ils avaient les boyaux de soie^ parce qu'ils préféraient un bon repas à un bel babit. « Estant les autres nations de la Gaule ^ disait La Bruyère^Champier, ençlinées à soy tesnir proprement et bragardement , et user de beaux et riches habitz, les Bourguignons seuls usent de fort modeste estât et de peu de pompe. Au reste y Ton les dit avoir ventre de veloux, pour raison de bonnes obères. » La Bruyère-Champier écrivait en i56o ; c'était un médecin attacbé au service de François i''.

Soif.

On dit de deux personnes qui n'ont point de fortune, et qui se marient ensemble, que la faim ^ouse la soif.

Une autre sorte de niariage , qqi entre dans le do-* maine des rieurs , est celui des personnes difformes.

38o SOL

Cette bossue aime un bossu

Amoureux de U péronelle.

Si le bossu n'est pas c. . . ,

n en naîtra polichinelle. (Lb Bruk. )

SOIF. {^Garder une poire pour la)

C'est-à-dire , épargner quelque chose pour les mamens de détresse qui peuvent survenir.

Se contenter de peu, c'est déjà un grand effort de la sagesse humaine ; mais retrancher encore de ce peu^ par la crainte de ne pas s'en contenter toujours , voilà une mesure encore plus sage. A cette dernière tient la, vraie liberté , la véritable indépendance.

Un proverbe anglais dit : Vous n'avez pas besoin d'une chose , laissez-la pendant sept ans , et reprenez— la ensuite. Si vous n'en avez que faire, laissez-la encore sept ans , et alors si vous n'en avez pas besoin , brûlez-la.

SOLES. (// se vend plus de harengs que de) C'est-à-dire, les marchandises communes sont d'ur^ débit plus prompt que les marchandises précieuses.

SOLOGNE. {Niais de)

On appelle niais de Sologne celui qui feint dé se tromper , qui entend bien son compte.

La Sologne, ci-devant comprise dans le gouvernement d'Orléanais , aujourd'hui dans le département du Loiret , a vingt-cinq lieues d'étendue sur douze ; on y élève beaucoup de moutons et de dindons.

Vivant dans un pays où les maisons sont éparses , communiquant peu avec les villes , le pâtre de la Sologne acquiert l'habitude de la méditation , et devient apte à démêler les affaires d'intérêt.

Ce caractère* a été mis en scène fort heureusement par Dorvigny. La pièce, jouée long-temps sur le théâtrQ Montansier, a pour titre : Le Niais de Sologne^.

SOR 38i

SONGE. ( Le mal d^ autrui n'est que)

On n'en est pas plus touché que d'un songe»

S'bpHISTE.

Ce fiit d'abord le titre des philosophes, puis celui des rhéteurs; mais par l'abus que les uns et les autres firent de la science , ce nom ne signifia plus qu'un faiseur de raisonnemens captieux ou de vaines décla- ' mations.

Sorcier.

// est sorcier comme une vache.

Nos pères appliquaient ce proverbe à un homme qui ne faisait rien d'extraordinaire.

Les contes sur ie pouvoir des sorciers sont aussi anciens que notre monarchie. Aux époques où les ténèbres furent dissipées, notamment sou6 Charlemagne, la créance diminua. Sous Saint-Louis , on ne fut pas non plus très crédule ; mais les idées de sortilège se réproduisirent sous ses enfans. Philippe-le-Hardi eut recours à une devineresse. Les Templiers furent regardés comme autant de sorciers sous Philippe-le-Bel. On mêla du sortilège dans l'affaire d'Enguerrand de Marigny. La démence de Charles vi , et le crédit de Valentine de Milan sur son esprit, furent attribués aux sorciers, La pucelle d'Orléans fut brûlée comme sorcière. Le règne de Louis XI , plus éclairé ,• vit moins de sorciers. Diane de Poitiers, maîtresse de Henri ii, fut encore regardée comme un peu sorcière. Catherine de Médicis fit renaître tous les contes des sorciers; et jamais l'on n'en avait \ tant vu que sous Charles ix et Henri m. Ce dernier prince crut ou voulut croire qu'il avait été ensorcelé par la princesse de Condé. Ces idées se dissipèrent un peu sous Henri iv, qui avait trop bon esprit pour les accréditer. Sous Louis xiii, l'infortunée Léonore Ga-

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