COI
COFFRE. {Mourir sur le)
C'est-à-dire, être en charge jusqu'à la fin de ses jours.
Autrefois les laquais s'asseyaient dans Fantichambre, sur un coffre.
Une lettre de madame de Sévigné à sa fille nous fournit un exemple de ce proverbe : « Je reviens à M. de Turenne , qui , en disant adieu à M. le cardinal de Retz , ,lui dit : Monsieur, je ne^uis point un diseur, mais je vous ^rie de croire sérieusement que , sans ces affairesci , où peut-être on a besoin de moi , je me retirerais comme vous, et je vous donne ma parole que si j'en reviens, je ne mourrai pas sur le coffre. »
Le même proverbe se trouve dans cette épitaphe de Tristan VHermite :
Ébloui par l'éclat de la splendeur mondame , Je me flattois toujours d*une espérance yaine; Faisant le chien couchant auprès d'un grand seigneur , Je me tîs toujours pauvre et tâchai de paroitre ; Je yécus dans la peine, attendant le bonheur, Et mourus sur un coffre en attendant mon maître.
COIGNEE. {Jeter le manche après la) Rendre plus grande , par dépit , la perte qu'on vient d'éprouver. L'exemple est pris d'un bûcheron qui, n'ayant plus que le manche d^une coignée , le jetterait au lieu de le réserver pour l'adapter à un autre fer.
C'est une bien malheureuse disposition de l'esprit humain , que celle qui nous prive dans la bonne , et surtout dans la niauvaise fortune, du sang-froid dont nous avons besoin pour juger sainement de notre position. L'orage a-t-il passé sur nos domaines , nous ne voyons que le ravage qu'il a fait, les arbres qu'il a brisés , les moissons qu^il a déti'uites. Le regret des biens qu'on nous ôte ne nous rend pas seulement insensibles