COQ
mille choses. La seule idée de tant de convenances, dont je suis sûr d'oublier au moins quelqu'une , suffit pour m'intimider. Je ne comprends pas même comment on ose parler dans un cercle ; car à chaque mot il faudroit passer en revue tous les gens qui sontlà; ilfaudroit connoître tous leurs caractères , savoir toutes leurs histoires , pour être sûr de ne rien dire qui puisse offenser quelqu'un. Là-dassus, ceux qui vivent dans le monde •4>nt un grand avantage : sachant mieux ce qu'il faut taire , ils sont plus sûrs de ce qu'ils disent, encore leur échappe-t-il souvent des balourdises. Qu'on juge de celui qui tombe là des nues; il lui est presque impossible de parler une minute impunément. »
Marmontely dans la conversation, était si peu aimable, qu'on disait : Je vais lire ses contes pour me dédommager de V ennui de V entendre.
Jamais homme ne fut plus différent de lui-même qpie Buffon quand il écrivait et quand il parlait. Dans la conversation où il faut bien qu'on improvise, son langage, même sur des objets qui auraient pu l'élever, était familier comme celui d'un bourgeois de la rue Saint-Denis ; il semblait se soulager de la magnificence de son style.
La conversation de Montesquieu , au contraire, n'était pas inférieure à ses écrits^
Fénélon et Voltaire avaient aussi 1^ talent de la parole à un haut degré.
Coq-a-l'ane.
Propos rompu dont la suite n'a aucun rapport au commencement; comme si quelqu'un, après avoir parlé de son coq y parlait soudain de son âncj dont il n'était pas question.