DEN
cpie les poètes sont louangeurs ; nous disons , nous autres , mentir comme une oraison Junebre.
DENTS. ( Faire de V alchimie as^ec les ) C'est remplir sa bourse aux dépens de son estomac. L'alchimie , ou chimie par excellence , est une prétendue science qui consiste à convertir en or des substances moins précieuses que l'or. Midas convertissait en or tout ce qu'il portait à la bouche.
DENTS. ( Malgré vous et vos \
L'auteur anonyme des Remarques sur le Diction^ noire de V Académie Française prétend qu'il faut dire : Malgré vous et vos aidansy et que le mot aidans est devenu dents par la figure que les lexicographes appellent aphérèse , comme Antoinette est devenu 7b/nette. Nous dirons que cet étylnologiste assimile deux cas différens. Que l'on abrège les mots dont l'usage est habituel , par exemple , les noms des personnes avec qui l'on vit, cela est naturel; mais qu'on accourcisse un mot qui fait partie d'une locution peu usitée, et qu'on raccourcisse de manière à la rendre inintelligible au grand nombre, c'est ce qu'on ne peut croire, et ce qui aurait eu lieu cependant, si on eût retranché la première syllabe ^aidans. Les personnes même qui savent lire auraient perdu la trace, et auraient cherché comment dans serait devenu dents.
Dans beaucoup de locutions, les dents, armes naturelles de l'homme et des animaux , sont prises figurément pour des moyens de défense et d'attaque. Ainsi l'on dit, montrer les dents y avoir une dent contre quel" qu'un y le déchirer a belles dents. Essayez dé substituer aidans à dents j vous ferez des phrases inintelligibles.
iio DES
DÉPENDRE. ( // est à moi à vendre et à) Pour dire, c'est un homme qui m'est entièrement dévoué, je puis en disposer.
Dépendre signifiait autrefois dépenser.
L'ayoir n*est fait que pour despendre ,
dit l'auteur du Roman de la Rose.
DiPEIVSE.
Ce sont les petites pluies qui gâtent les grands chemins, disait madame de Se vigne.
« Prenez garde aux menues dépenses , disoit Fran- « klin. Si vous voulez connoître le chemin de la fortune, « sachez qu'il est tout aussi uni que celui du marché. « Ne faites aucune dépense que pour le bien des autres « et pour le vôtre , c'est-à-dire , ne dépensez rien mal « à propos. Quatre liards épargnés sont un sou que l'on « gagne. Une épingle par jour coûte cinq sols par an. « Pour cela, il ne faut pas croire que l'économie ne se « trouve que dans la privation ; c'est l'économie des « imbécilles ; il n'est si sot avare qui n'y excelle ; il n'est « si bavarde commère qui ne puisse en tenir école. »
DiÉPEirsE.
Quand on a beaucoup joué et dépensé,/ il faut se restreindre.
Apr^ la/este et le jeu les pois au feu.
Dépense.
Ce que Von prodigue, on Vote à son héritier : ce que Von épargne sordidement, on se Vote à soi-même. • En tenant le milieu , il y a justice pour soi et pour les autres*
DESSERRE. ( Être dur à la) C'est-à-dirç avare.
DIA m
Métaphore empruntée des armes à feu, qu'on appelle dures a la desserre y quand le ressort qui fait mouvoir le chien de la platine ne se débande pas facilement.
DETTES, {Le chagrin ne paye pas les^
Ou cent heures de chagrin ne payent pas un sou de dettes.
Au lieu de se livrer à une vaine douleur, il faut, par réconomie ou le travail , penser à satisfaire ses créanciers.
La raison veut qu'on supporte patiemment l'adversité, et qu'on n'épuise pas à pleiu*er ses maux les forces qui restent pour les adoucir.
Dettes.
Faire un trou pour en toucher un autre.
C'est créer de nouvelles dettes pour payer les anciennes.
Devignottes.
Nos pères appelaient ainsi les énigmes qu'on se proposait dans les veillées.
Diable.
Déjeune angelot ^ vieux diable.
Ce proverbe, tiré de Rabelais , est ainsi expliqué par Le Duchat son commentateur^: «c Si un caf&rd est malin, pour jeune qu'il soit, il empire encore avec l'âge. »
Diable.
Du diable vinty au diable retourna. Nos pères disaient aussi : Ce qui est veni\de pille pille ^ s* en rêva de tire tire; autrement, bien mal acquis ne profite point.
On trouve dans l'ancien poète Névius, mole porta y
lia DIA
maie dilahuntur\ et dans Ovide, non hahet eventus sordidaprœda bonos.
DIABLE VERT. {Aller ait)
Originairement on a dit : Aller au diable de Vau\^ert.
Le château de Faui^ert j situé h. Paris, à peu près dans l'endroit où se trouve Tentrée de la grande avenue qui conduit du jardin du Luxembourg à l'Observatoire, était un vieux bâtiment où des diables apparaissaient , faisant un bruit épouvantable , avant que Saint-Louis (année 1 258) le donnât aux chartreux.
Guillaume Coquillart , dans sa pièce des Droits nou^ idéaux, pour donner une idée du caquetage de plusieurs femmes réunies chez une accouchée , dit :
Que le grand diaèle de Vauvert A peine se peut demesler.
D'Assoucy, dans des vers adressés au duc de Savoie , s'exprime ainsi :
Bref tant en esté qu*en hjyer On fait le diable de Vauvert.
DIABLE. ( Un bruit de)
Cette façon de parler proverbiale donna l'idée d'appeler diable y en 1 812, un hochet extraordinairement bruyant , qui venait d'être importé de Londres. Ce hochet y était connu depuis 1794 9 époque du retour de l'ambassade de lord Macartney en Chine. Un des membres de l'ambassade l'avait dessiné à Pékin.
Comme les marchands ambulans sont ti*ès nombreux en Chine , et que la police ne permet pas qu'ils crient leur marchandise, le hochet que nous avons nommé diable est un des moyens qu'ils emploient pour attirer les chalands.