‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 65 sur 176 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

EirSEIGNE.

Oïl disait autrefois d'un méchant portrait , d'un méchant tableau , qu'il était bon a faire une enseigne.

Les choses ont bien changé depuis un siècle. Watteau, peintre gracieux, mort à la fleur de son âge, exv 1 721, fit pour une marcliande de modes du pont Notre- Dame à Paris , une enseigne qui obtint les honneurs de la • gravure. A peu près dans le même temps on admirait, à la descente du Pont>-Neuf, l'enseigne Am petit Dunkerque. Sous Louis xv, celle d'un armurier du pont Saint -Michel fut achetée comme tableau par un riche financier.

Au commencement du dix-neuvième siècle , une enseigne très remarquable fut celle d'un marchand de cristaux dans la rue qui a repris le nom de rue Royale, près la porte Saint- Honoré. Malheureusement cette enseigne était peinte sur des volets , et le marchand ayant changé de domicile, elle fut effacée. En 1804^ la Fille mal gardée y enseigne d'un marchand de co- 'tonnades, attira la foule rue de la Monnaie. En 1808, la Toison de Cachemire y rue Vivienne , obtinjt les suffrages de tous les connaisseurs. Bientôt après parurent, dans la même rue, les Trois Sultanes y tableau vraiment digne de figurer dans un Musée; puis le Cou- ' ronnement de la Rosière, de foconde, encore dans la même rue ; le Comte Orry, sur les boulevards ; la Blanche Marguerite y rue Montmartre, etc. etc.

L'importance que les marchands mettent à leurs enseignes fit naître en 181 3, à un imprimeur de Paris, l'idée de les faire graver toutes , pour former des têtes de factures. On est entré chez tel marchand à cause de la beauté de son enseigne, on y retourne pour avoir la jolie facture.

Page 1