‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 66 sur 176 · ENS · texte numérisé non relu

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Communément ce sont des, pièces de théâtre qui fournissent au:^ marchands {es sujets de leurs enseignes. Dès qu'une pièce a la vogue, c'est à qui, le premier, en fera peindre une scène; et quelquefois l'enseigne est un contre-sens. Gomment ne pas sourire , quand on voit pour enseigne au magasin de deux asso«ciës , les Deux Gaspdrds , qui se filoutent à qui mieux mieux ? Quel fond peut-on faire sur un établi;ssement de commerce qui s'annonce sous les auspices des Da^ naîdeSy ces stériles travailleuses qui s'épuisent à remplir un tonneau toujours vide ? Est-ce pour encourager les gens qui achètent à crédit que cet autre marchand a fait peindre M. Guillaume, laissant emporter ses dix aunes de drap marron par VAs^ocat patelin ? Et la Fille mal gardée est-elle une chose assez nouvelle pour signaler un magasin de nouveautés ?

Des enseignes parfaitement analogues à leur objet , sont : les Architectes canadiens , au-dessus de la boutique d'un marchand de chapeaux ; et le Débarquement des chèvres du Thihety au-dessus d'un magasin de schalls.

Outre les tableaux, il y a des enseignes parlantes; et comme chacun veut endiérir sur son voisin , vous voyez des gants dont chaque doigt est de la grosseur du bras , et des bottes qui contiendraient autant de liquide qu'un muid. Quand tous veulent se distinguer , personne ne se distingue. Il y a soixante-dix ans c'était encore pis. Un moraliste qui écrivait au milieu du dix -huitième siècle, dit : « J'ai, vu suspendus aux boutiques, des volans de six pieds de hauteur, àe% perles grosses comme des tonneaux , des plumes qui allaient au troisième étage. » La police fit réduire ces enseignes à une grandeur raisonnable.

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ENSEIGNES. (^ir^//^j)

Pour récompenser la valeur des nobles champions , les dames, lorsque les tournois existaient, donnaient, Tune un voile, l'autre une écharpe, Tautre un bracelet, que le chevalier favorisé suspendait à son heaume ou à sa lance.

Ces faveurs étant devenues des signes pour se reconnaître, prirent le nom di enseignes ; et de là ces façons de parler : A telles enseignes^ a bonnes enseignes.

ÉPAULES. {Porter quelqu'un sur ses)

Se dit familièrement d'un homme qui est à charge par ses actions ou par ses discours.

Dans les funérailles, les anciens portaient physiquement le corps des morts sur leurs épaules. En France , la mêbie chose a été pratiquée non seulement à l'égard des rois, mais même pour des citoyens honorés de l'estime publique ; et à cet usage a succédé celui de tenir les quatre coins du poêle.

Il semblerait donc que Vexçr^^e^ûon^ porter quelqu'un sur les épaules , devrait être prise en bonne part ; d'autant mieux qu'il est arrivé quelquefois de porter vivans sur les épaules , des hommes dont les services signalés et les actions héroïques excitaient l'enthousiasme de l'admiration et de* la reconnaissance. L'expression proverbiale , Porter quelqu'un sur les épaules ^ n'en est pas moins une injure.

ÉPAULÉE. {Bête)

La comparaison n'est pas galante ; nos pères s'en servaient cependant quand ils parlaient d'une fille que l'on mariait, et qui n'avait pas bien conservé son honneur.

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