FÉES
Êtres fantastiques, nés de l'imagination des poètes Scandinaves, qui ont succédé aux nymphes, dont le génie allégorique des anciens avait peuplé les retraites souterraines.
On dit d'une femme très-habile dans les travaux d'aiguille, qu'elle est adroite comme une fée.
Madame de Sévigné décrivant une robe donnée par M. de Laiiglée à madame de Montespan , dit : «Une robe d'or sur or, brodée d'or, et par-dessus or frisé , rebroché d'un or mêlé avec un certain or, qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été imaginée. Ce sont les fées qui ont fait cet ouvrage. »
(M. de Langlée, homme obscur, s'était introduit à la cour en y jouant gros jeu. )
Femme.
Jeunejemmey pain tendre et bois vert mettent la maison au désert.
Femme.
Ce que femme veut y Dieu le veut.
C'est-à-dire, les femmes veulent fortement ce qu'elles veulent.
Un passage de Montaigne vient à l'appui de ce proverbe : « J'ai cogneu cent et cent femmes que vous eus-
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siez plustost fait mordre dans le fer chaud, que de leur faire desmordre une opinion qu'elles eussent conçeue en cholère. Elles s'exaspèrent à l'encontre des coups et de la contrainte , et celui qui forgea le conte de la femme qui, pour aucune correction de menaces et bastonnades, ne cessoit d'appeler son mari pouilleux, et qui précipitée dans l'eau, haussoit encore, en s'étoufFant, les mains, et faisoit au-dessus de sa teste signe de tuer des poux; forgea un conte duquel en vérité tous les jours on voit l'image expresse de l'opiniastreté des femmes. »
Femme.
Cest grand pitié quand beauté fault a cœur de bonne volonté.
Proverbe de Marot , de Rabelais et de Brantôme, En place de cœur on trouve dans ces auteurs un mot bien plus jovial, mais moins décent.
(Marot, épître 43. Rabelais, Livre v, chap. ai. Brantôme. )
Femme.
Brebis trop appris^oisée de trop d*aigneaux est tettée^ Par là nos pères voulaient exprimer le danger que courait l'honneur d'une femme entourée de galans.
Femme,
Femme couchée et bois debout ^ Homme n'en vit jamais le bout.
Nos pères aimaient beaucoup les comparaisons qui les mettaient à même de rimer un propos gaillard.
Femme.
Soleil qui luisamè au matin ^ femme qui parle latin , et enfant nourri de vin^ ne viennent a bonne fin. « Qu'on se donne bien de garde , disait Belleau , qui
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commentait des vers de Ronsard ; qu^on se donne bien
de garde de se mettre au service d'une dame rusée,
vieille et de trop bel esprit, et principalement quand
elle fait de la clergeèse et de la sçavante. Une simple
Pénélope vaudroit mieux, quœtantum lanas non sinit
esse rudes. »
Femme.
Quand la pluie tombe en mêm^ temps que le soleil luit, le peuple dit que le diable bat sa femme.
Les pleurs de la femme , voilà la pluie ; et l'éclat du soleil, voilà la joie du diable ou mauvais génie.
^ Femmes.
Que les femmes fassent les femmes ^ et non les capitaines.
Il n'y a point d'époque dans les fastes de notre monarchie où les femmes aient eu autant d'empire et aient été aussi méprisées que sous Charles ix. Les femmes se mêlaient de tout, et s'étaient attiré ce proverbe : que les femmes fus sent les femmes y et non les capitaines* Il n'y avait pas une dame qui n'avouât publiquement son cavalier, qui ne traversât la ville en croupe avec lui , ou à côté de son cheval. Les dames envoyaient leurs serviteurs à l'armée , et les engageaient dans la faction qui leur plaisait; ils paraissaient à la tête des troupes avec des écharpes et des faveurs.
FERRÉES. (^Amleur de charrettes)
Se dit d'un hâbleur, d'un fanfaron , d'un faux brave.
Fesse-Matthieu.
Nom injurieux qu'on donne aux usuriers.
Avant sa conversion, saint Matthieu était banquier, sedebat in telonio. La malignité attribue aux banquiers
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des prêts usuraires; de là saint Matthieu regardé comme patron <Jes usuriers. Fêter saint Matthieu , est donc synonyme de prêter à usure»
Mais au lieu àe Jeter , on a d'abord ècTiX.Jester; or, entre les lettres ft et ff liées ensemble, la différence est peu sensible; plus d'un lecteur, par conséquent, a dit , fosse-Matthieu pour foste-MaJtthieu , et de cette méprise est résulté un sobriquet.
Nous n'ignorons pas que la plupart des étymologistes trouvent Abus fosse-Matthieu y Jace de Matthieu y mine d'usurier.
"FEU. {^Ten mettrais la main au)
Manière de s'exprimer quand on affirme quelque chose dont on est sûr.
Cette façon de parler vient de l'ancienne coutume de constater la vérité d'un fait en plongeant la main dans un gantelet de fer qui sortait de la fournaise.
FEU. (^Dites-lui cela y et allez vous chauffera son) C'est-à-dire, tenez-lui ce propos, et soyez assez simple pour croire qu'il n'en sera pas offensé.
Vty^. {Roi de la)
On appelle ainsi un chef sans autorité. Au propre, c'est la personne à qui est échue la fève du gâteau qu'on partage dans les familles la veille ou le jour de la fête des Rois.
L'usage Aefoiire les Rois y nous est venu des Saturnales que les Romains célébraient aux calendes de janvier. Pendant ces fêtes, les écoles étaient fermées, le sénat vaquait, et toutes les affaires publiques et particulières étaient comme suspendues. En certains endroits^ on partageait un gâteau; un enfant placé sur la tabla
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représentait Apollon, et on le consultait en criant: Phœbe domine (seigneur Apollon), afin que les portions du gâteau fussent distribuées sans préférence. Cet usage s'est conservé dans plusieurs parties de la France;* un enfant distribue les parts du gâteau, et les personnes même qui ne savent pas le latin crient , Phœbe domine. Dans les familles pieuses on fait une part de plus qu'il n'y a de convives; ce morceau surnuméraire est Xdiparù à Dieu; et le soir vous entendez les pauvres qui vont de porte en porte , chantant une vieille chanson dont le refrain est, là part à Dieu^ s'il vous plaît.
S'il arrive que la fève soit restée dans la part à DieUy l'on tire aux billets pour voir sur qui tombera le sort de la royauté.
Un roi ou une reine de la fève a le droit de choisir une personne de la compagnie pour sa reine ou pour son roi. Dans le grand monde, le roi de la fève nomme à toutes sortes d'emplois par une distribution de billets. Le plus divertissant est lorsqu'une charge de bouffon échoit à un personnage grave, qui, bon gré, mal gré, est obligé de se mettre en frais pour divertir le roi et toute sa cour.
FiVRIER.
Février, le plus court des mois,
Est de tous le {)ire à la fois. ^
Gomme dans ce temps rude on consomme beaucoup de bois, il y a dans les anciens calendriers : Februarius cUgeo clamât,..,. Ligna cremo. -
FIDELIUM. {Passer plusieurs choses par un) C'est-à-dire, ne remplir ses obligations qu'en gros, « Quand au lieu de nous acquitter de plusieurs charges esquelles sommes obligez , dit Ëstienne Pasquier ( Re-^
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cherches dç la France^ , nous les passons à la légère , on dit que nous les avons toutes passées par xynfidelium. Il lie faut point faire de doute que nous avons emprunté ce commun dire des fautes qui sont faites par nos curez, quand ils ne rendent le devoir qu'ils doivent auK morts ; car comme il advient que Ton ait fondé plusieurs obits en une église, esquels par longs laps de temps, pour la multitude d'iceux, il seroit impossible de fournir, pu bien que la négligence des ecclésiastiques soit telle, nos anciens dirent que tout cela se passoit par \mjîdelium , qui est la dernière oraison dont on ferme les prières des morts; voulant dire que Ton avoit employé une seule messe des morts pour toutes les autres. Aussi fut employé ce mesme proverbe en toutes autres affaires où Ton commettait pareilles fautes. )>
Ce passage était une bonne fortune pour le P. Garasse. Voici comment il tance l'auteur des Recherches : ^ Ce fut par cejîdelium que passèrent en la messe des obsèques de maistre Pasquier les lascivetés de sa pusse , les impudicités de sa vieille catin , les libertinages de ses jeux amoureux, les blasphèmes proférés et escrits contre le saint siège, les outrageuses médisances contre les papes , les cardinaux et les jésuistes , Timpénitence de sa vieillesse , l'irréligion de sa vie passée. » ( Recherches des Recherches. )
FlERABRAS.
Surnom d'un comte de Poitiers qui figure dans le roman des Douze Pairs. On appelle ainsi un homme qui fait le brave. Le géant Fierabras avait un onguent qui le guérissait des blessures mortelles.
FIGUE, (^Faire langue à quelqu'un.)