‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 71 sur 176 · POS · texte numérisé non relu

POS

peuple croit qu'il y a un ver dans la tête des personnes aliénées. •

Les Jeves fleurissent.

Ce dicton s'applique à une personne qui fait quelque extravagance, ou qui parle imprudemment.

L'odeur que la fleur des fèves exhale est assez agréable, mais elle affecte les cerveaux faibles.

Les anciens même croyaient que la floraison des fèves rendait fou :

Cumfabaflorescit, stidtorum copia cresciu

Folie.

Nous avons tous notre grain de folie ; notre folie est plus ou moins remarquable ; mais nous ne remarquons que celle des autres.

FOLLE. ( Tout le monde en veut au cas de la reine) C'est-à-dire, quelque qualifiée que soit une femme,

quand elle s'en laisse conter, tout le monde se croit en'

droit d'aspirer à ses faveurs.

FOLLES. {Vides chambres font darnes^ Ce qui veut dire que le désir d'avoir des nippes fait commettre aux femmes de grandes fautes.

Effidunt dominas exhausta cubicula stidtas.

FOSSELU, FOSSELUE.

C'était le nom donné par nos pères à ceux qui avaient àesJbssetteSy soit au milieu des joues, soit au menton.

Nicot ( Trésor de la Langue française tant ancienne que moderne^ dit que les fossettes étaient regardées comme une marque d'agréableté au visage féminin.

Les plus belles statues antiques n'ont de fossettes ni aux joues ni au menton. lies Romains y attachaient plus de mérite , puisque Varron nomme la fossette du men-

i5o FOU

ton , un agrément imprimé par le doigt de V Amour. Ce mot, sans doute, a fait naître à Bernis Tidée de sa pièce intitulée les petits Trous. Elle fut adressée par lui à la femme de France qui avait le plus de crédit ; et cette première production de sa muse devint la première cause de sa haute fortune. Il y suppose que Venfant aile vit dori^ir la jeune Pompadour , et que prenant pour des roses nouvelles les roses de son teint, il y porta une main hardie :

L'empreinte d« son doigt foima ecs joli* trou. Séjour aimable du sourire ^ Dont les plus sages seraient fous.

FOUARRE. {^Faire a Dieujarbe de)

C'est-à-dire, tromper, donner en payement ce qu'il y a de moins bon, comme faisaient, à l'époque où l'on payait la dîme auK curés, certains cultivateurs, qui &isaieat exprès des gerbes où il n'y avait presque point de graia.

Le vieux mot Jbuarre vi&nt à^foderum^ et signifie paille.

J)ejarbey nous avons fait gerbe; l'ignorance des copistes a quelquefois substitué barbe à jarbe ; et il y a de vieux livres où l'on trouve : Faire à Dieu barbe de fouarre.

FOURGON. {La pelle se moque du)

Se dit d'une personne difforme qui reproche à une autre des défauts corporels.

Le proverbe suivant, le chaudron mdchure la poêle y a trait au moral.

Mâchurer signifie noircir^ et fîgurément décrier..

FOURNEE. (^Emprunter un pain sur la) Rendire enceinte une fille que l'on doit épouser.

FRA i5i

FO]iïRR£Â.U. (^11 a couché comme Cép^ du roi dans son)

Proverbe trivial, pour dire, il ne s'est point déshabillé.

FOURRÉE. {Paix)

Paix qui n'est bonne que pour un hiver.

FOU. ( Cest une grande sagesse que de savoir a propos contrefaire le)

Horace ordonne de mêler la folie ai^ec la sagesse; et tous les efforts d'Érasme, dans V Éloge de la folie y tendent à démontrer que la sagesse n^est abordable que sous les auspices de Ut folie.

Voyez Sage Folie.

Frawcs-Topins.

C'était le nom d'une ancienne milice , que l'on employait à faire des tranchées , à creuser des mines , à fouir la terre comme des taupes. Ces hommes de guerre ne passaient pas pour braves; voici deux couplets d'une chanson qui fut faite sur eux :

Un franc topin de Haynaud revenoît.

Sa chausse estoit au talon deschirée y Et si disoit qu'il yenoit de Tarmée, Mais onc n*aToit donné un horion.

DeriroD, vignette sur irignon.

Un franc t<^in un arc de freme ayait Tout yermoulay sa corde renouée, Sa.Hesche estoit de papier enpennée»

Ferrée au bout d'un argot de chapon.

Derirouy vignette tor vignon.

FRANÇAIS. {Parler)

C'est dire franchement ce qu'on pense, agir sans détour. '

Montaigne, parlant de ces femmes qui, après avoir mal vécu avec leurs maris , ne laissent pas de pleurer

i5a FRI

quand la mort vient les ç;n dëban^asser , dit : « Ne re- , gardez pas à ces yeux moites et à ceste piteuse voix: ; regardez ce port, ce teinct, et l'embonpoint de ces joues soubs ces grands voiles ; c'est par là qu'elle/wr/^ françois. »

Parler français signifie encore parler avec autorité et d'un ton menaçant.

FRAPPART. {Freré)

Sobriquet injurieux qui, avant la révolution de 1789, se donnait à tous les moines qui ne gardaient pas les bienséances de leur état. »

Non ^e\Ae.vci&\)X. frère Frappart se trouve dans Marot, mais dans le Monologue des Perruques y par Coquillart , auteur beaucoup plus ancien.

Ce sobriquet dut d'abord être donné , sans mauvaise intention , aux moines quêteurs, parce qu'ils frappaient

aux portes.

Frelampier.

Homme d'une médiocre capacité. Ce mot vient, par corruption, de frère Lampier, moine chargé d'allumer les lampes.

• FRIANDISE. {^Nez tourné a la)

Il est comme saint Jacques^e-V Hôpital y il a le nez tourné à la friandise y disait autrefois le peuple de Paris en parlant d'un gourmand , parce que l'image de saint Jacques , placée au-dessus de la porte de l'église de ce nom, regardait la rue aux Oues (aux oies), par corruption appelée depuis rue aux Ours. Cette rue était alors habitée par des rôtisseurs ; et avant que l'on nous eût apporté les dindons , l'oie était la pièce de volaille la plus estimée.

FRICASSÉE. {Sentir de loin la)

FRO i53

Avoir un pressentiment du danger qu'il y aurait ài accepter une invitation. Cette façon de parler fait allusioii au repas oîi furent arrêtés les comtes d'Egmont et

de Hom.

Friperie.

Se jeter sur la friperie de quelqu'un.

C'est ou le battre , ou déchirer sa réputation.

FRISQU AIRES. {De trois choses Dieu nous gard; d'et ccetera de notaires y quipwquo d^ apothicaires y boucon de Lombars^

On comprend aisément les deux premières partiels de ce proverbe ; mais tous les mots de la troisième ont besoin d'explication.

Bouçon signifie appât ; lombars est ici synonyme de prêteurs , parce qu'autrefois ceux qui faisaient en France métier de prêter à intérêt étaient Lombards ; et /rwquaires \eut dire fins, rusés.

FROC, (^aujourd'hui dans un casque et demain dans un^

Ce vers de Boileau , devenu proverbe , s'applique à un homme versatile , changeant volontiers d'état ou de parti.

FROID. {Souffler le chaud et le)

Proverbe tiré de l'apologue du Satyre et du Villageois. Le premier, voyant son bote qui, pour s'échauffer, soufflait dans ses doigts, et qui un moment après soufflait sur son potage pour le refiroidir, lui en demanda la raison , et l'ayant sue se retira en colère , lui disant : Je n'aurai jamais accointance ni amitié avec toi y puis^ que d'une même bouche tu souffles le froid et le chaud.

Fromage.

Quand une fille a succombé à quelque tentation amou-

i54 FRO

reuse, on dît qu'elle a laissé aller le chat au fromage. Voiture a fait usage de ce proverbe dans une lettre à une abbesse qui lui avait donné un chat. « Il n'y a point, dit-il, de chat séculier qui soit plus libertin que luy. J'espère pourtant que je l'arresteray par le bon traitement que je luy fais; je ne le nourris que de fromages et de biscuits. Peut-estre, madame, qu'il n'estoit pas si bien traité chez vous, car je pense que les dames ne laissent pas aller les chats au fromage, et que l'austérité du couvent ne permet pas qu'on leur fasse si bonne chère. »

FROMAGE. {Entre la poire et le) C'est-à-dire, pendant le dessert.

Frondeurs.

C'est le nom qu'on donne , depuis l'année 1 648 , à tous ceux qui parlent contre le gouvernement.

Cette dénomination dut son origine à des jeux d'enfans qui, partagés en plusieurs bandes dans les fossés de Paris, se lançaient des pierres avec une /ronde. Comme i| résultait quelquefois des accidens de ces amusemens, la police les défendit, et envoya des archers pour séparer Xe^Jrondeurs. A leur vue les enfans se dispersaient; mais après le départ de la patrouille ils revenaient sur le champ de bataille. Quelquefois, lorsqu'ils se sentaient les plus forts, ils faisaient face à la garde et la poursuivaient à coups de fronde.

Le flux et le reflux de cette troupe d'enfans qui tantôt cédaient à l'autorité , et tantôt y résistaient , parut à un plaisant du parlement dépeindre assez bien les alternatives de sa compagnie par l'em^egistrement des édits bursaux. Il compara les adversaires de Mazarln à ces

GAL i55

frondeurs : l'allusion fut trouvée heureuse , et le mot prit: Une chanson commençait ainsi :

Un yent de fronde # S'est levé ce matin , Je croîs qu'il gronde Contre le Mazarîn.

Mets, équipages, habillemens, bijoux, tout fut à la fronde. Le cardinal Jui-même contribua à accréditer cette plaisanterie. Dans un moment de réconciliation entre le parlement et lui , il dit en badinant aux députés de cette compagnie, qu'il était devenu frondeur, et leuD fit voir son chapeau garni à^une /ronde en guise de cordon.

Frugalitiê.

Si tu te troui^es sans chapon , sois content de pain et d'ognon.

FUMIER. {If œil du fermier vaut) C'est-à-dire , le moyen de tirer de ses terres beaucoup de fruits est de les visiter souvent.

GAGNEUR. {Autant vaut bon gardeur que bon ) Proverbe traduit de ce vers d'Ovide : Non minor est virtus quant qucerere , parta tueri; ce qui avait été dit long-temps auparavant par Démosthène.

Gaiit.

Pêche qui en prend un.

Signifie que ce n'est pas tout-à-tait perdre son temps que de faire un petit gain.

GALANTERIE. ( Avoir une )

C'e^t être affecté de certain mal qu'un poète appelle

Le fruit cuisant de l'amoureux péché.

i56 GAN

GALÈRE ? ( Qu^ aUait'il faire dans cette ) Se dit d'un homme qui s'est engagé dans une mauvaise affaire.

La scène des Fourberies de Scapin , oîi* le pauvre Géronte répète jusqu'à six fois dans la même scène : Que diable allait-il faire dans^ cette galère ? parut si plaisante , qu'elle fut bientôt dans toutes les bouches , et devint proverbe. Molière l'avait empruntée du Pédant joué^ de Cyrano de Bergerac.

Galjmathias.

Galimathias yienl de ce que, dans un plaidoye]:^îi il s'agissait du coq d'un certain Mathias^ l'avocat, à force de répéter gallus et Mathias , s'embrouilla et dit galli'Mathias y au lieu de gallus Mathiœ.

GANT. (Jeter le)

C'est-à-dire, proposer le combat. Cette façon de parler est du temps où les affaires, soit civiles, soit criminelles, se décidaient par le sort des armes, et en champ clos. Les deux champions ou combattans se présentaient devant les juges. Si , lorsque le demandeur avait formé sa plainte , l'accusé niait le fait , l'accusa-* leur lui donnait un démenti, et jetait à terre son gant. L'accusé ou quelqu'un denses amis ramassait aussitôt le gant , pour faire voir qu'il acceptait le combat.

Mais pourquoi le gant préférablemént à toute autre chose? parce qu'il était tout trouvé, ou, plus vraisemblablement, parce qu'il était le symbole du combat que l'on allait soutenir.

GANTS, (Fous n'en aurez pas les) dit-on à celui qui apporte une nouvelle que l'on savait déjà. Allusion à l'ancien usage de donner une paire

G AU i57

de gaiits à ceux qui apportaient les premiers une bonne nouvelle. Selon Le Duchat , cet usage de donner des gants nous vient d'Espagne , où il s'appelle ^ para^ gante. Ce mot a été employé par Molière dans V Étourdi; Mascarille se promet de faire emprisonner, sur un soupçon frivole, le rival de son maître , et dit à ce sujet :

Je sais des offîciers de justice altérés, Qui sont pour de tels coups de Trais délibérés. Dessus l'ayide espoir de quelque paragante , n n'est rien que leur art avidement ne tente : Et du plus innocent, toujours à leur profit, La bourse est criminelle et paye son délit.

GASCOGNE. {Perdrix de) Mot satirique , pour dire un gousse d'ail.

En Gascogne, hommes et femmes , riches et pauvres , mangent de l'ail. L'ail mis dans le pot au feu, disent les Gascons, augmente la bonté et la saveur de la viande; piqué dans le manche d'un gigot , il lui communique un goût agréable. Souvent , après avoir fait blanchir des aulx, on les fait cuire dans la lèchefrite, afin de recevoir le jus qui découle d'un rôti; puis en dressant la viande sur le plat, on l'entoure de ces aulx , que l'on sert à grandes cuillerées. Les salades de chicorée ne seraient pas présentables, si Ton n'avait frotté le saladier avec de l'ail écrasé par le moyen d'une croûte de pain; cette croûte, nommée chapon , est servie avec la salade : on l'offre aux étrangers, qui en font toujours part aux dames ; dans les familles on la partage.

Gautier -G A ROUILLE.

N* épargner ni Gautier ni GarguiUe.

C'est-à-dire, n'épargner personne, ni ami ni ennemi.

« Au reste y n'épargnez ni Gautier ni Garguille. »

( REOiasB y Sat. i3. )

i58 G AU

On trouve Gautier et GarguiUe dans lé premier des contes imprimés sous le nom de Bonaventure Desperiers, dont l'approbation date de l'an iSS^. «Riezseu«* lement , dit-il , et ne vous chaille si ce fut Gautier ou si ce fut GarguiUe, »

Un bon Gautier^ dans Rabelais, veut dire un bon compagnon , et GarguiUe signifie un gars rusé^

Sous Louis XIII , un farceur nommé Hugues Guérin , se donna le surnom de Gautier-Garguille. ^0101 une des chansons qu'il débitait :

Jean, ceste nulct, comme m'a dît ma mère, Doit m'assailliri mais je ne le crains guère ;

Si

Ma mère n*en est pas morte ,

Je n'en mourray pas aussi.

Je ne suis pas de ces folles badines Qui font Tenir à Tvyde leurs voisines ;

Si

Ma mère n'en est pas morte ,

Je n'en mourray pas aussi.

Fantaisie prit à Gautier-Garguille de faire imprimer ses chansons, et voici le prétexte qu'il imagina : « Le froid humide du dernier voyage de Compiègne m^ayant enroué la gargamelle comme une charrette mal aiguisée, je me suis consolé en mon affliction , ainsi que font ces vieux bourguemaistres d'Allemagne , qui , ne pouvant plus continuer la bonne chère accoustumée, à cause de l'indigestion de leur estomach , se contentent de faire trinquer et festiner leurs valets en leur présence, se servant , en ces repas , des yeux pour faire l'office de la bouche : de mesme , voyant qu'il ne m'estoit plus possible d'entonner l'air de mes agréables chansons, je me suis ad visé de les faire imprimer, afin d'avoir le plaisir ou de les ouïr chanter devant moi par d'autres,

GEO i59

ou bien, les lisant, de les maimotter moi-mesme en basse notte. »

GELINES. {^Onques chapon n'aima) Nos pères avaient en vue un castrat : leur proverbe trouverait aujourd'hui des contradicteurs.

Gentilshommes.

Les nobles furent nommés gentilshommes , parce que, chez les Romains, gentiliSy ou quigentem habet^ signifiait, qui est d'une ancienne famille.

GENOUIL. {Rompre T anguille au)

C'est-à-dire , avec je genou , comme on rompt un brin de bois, au lieu de se servir d'un couteau.

Proverbe dirigé contre ceux qui n'emploient pas les moyens propres à &ire réussir une entreprise.

GEORGE, [Laissez faire a) il est homme d âge. ^ Ce proverbe fut &it du temps du cardinal George d'Amboise, ministre d'état sous Louis xii. C'est à lui que ce prince est redevable du glorieux titre de Père du peuple. Le cardinal d'Amboise retrancha le dixième de tous les impots, et les réduisit aux deux tiers. Sa prudence dans la dispensation des deniers publics était si grande , que jamais il ne rétablit ce qu'il avait supprimé.

GEORGE. {Monté comme un saint) On représente toujours saint George comme un ca- .valier bien monté et bien armé.

GEORGE. {Rendre les armes à saint) Les légendaires racontent que saint George , gentilhomme de Cappadoce, beau, bien' fait, et surtout très vaillant, s'arrêta, après divers voyages, à Silène, ville de Lybie , qui était infestée par un dragon épou-

i6o GLU

vantable. Ce cavalier, armé de pied en cap, attaqua le dragon, et lui passa un lien au cou. Le monstre se soumit par Tefifet d'une puissance invisible et surnaturelle, et se laissa conduire sans résistance; en sorte qu'il rendit y pour ainsi dire, les armes à saint George, Ce fait est cité sous l'empire de Dioctétien , en l'année 299 de Jésus-Christ.

GERBE. (^Mieux vaut le lien que la) Proverbe applicable aux personnes qui déshonorent l'habit qu elles portent.

On lit dans le Verger d'honneur:

Chesnes, coliers, afiqaetz, pierreries y Ainsi qu'on dit en un commun proverbe ^ Tant en avoit que c'estoit diablerie.

Brief I mieulx "valoit le ijren que la gerbe ,

GILE. {Faire)

C'est se dérober aux recherches par là fuite. Saint Gile, prince du LanguedoÇ', s'enfuit secrètement, de peur d'être couronné. .

Gîte.

On dit d'un homme qui revient dans son pay^, au déclin de l'âffe, qu'il ressemble au lièvre, il vient mourir au gîte. i" , i

GLOUTON. ( Chair de mouton , mangçr de) Disaient nos pères, qui se nourrissaient de bœuf et de porc.

GLUANTES. (^11 ajes mains) ,1

Disaient nos pères, en parlant d'un juge; ils avaient emprunté ce proverbe aux LatiQS,.,car onjitvdans le poète Lucilius : Omnia viscatis manibus Ifg^f, .omnia sumet.

GON i6i

Gobe-Mouches.

Nouvelliste crédule.

Vers le milieu du dix-huitième siècle, ce sobriquet fut momentanément remplacé par celui de cracoçiste^ • à cause du château de Cracoi^ie, près Creveld, point de mire des nouvellistes du Palais-Royal, à Paris. La perte de la bataille de Creveld, donnée le aS juin 1758, ayant démenti les bonnes nouvelles que ces gobemouches avaient répandues, on forgea le nom de cracos^iste pour les tourner en ridicule.

La société des gobe-mouches de Paris a un président perpétuel; le lieu de ses séances porte le nom de ruche. Tout membre qui se permet de faire des réflexions judicieuses est, par les règlemens, condamné a boire un verre d'eau. Les diplômes sont contresignés Ah ! ah ! et le sceau porte une mouche en relief, avec le mot gobe y et plus bas : quid no^i ?

Les Athéniens avaient aussi leurs gobe-mouches y qui se tenaient habituellement aux avenues de la ville , sur le port , sur les places publiques , devant la porte des temples.

Horace nous a peint en traits fort gais un gobe^ mouches qui voulait savoir ce que faisait Auguste , tout ce que disait Mécène.

GOGUETTES. ( Être en )

C'est4-dire, en belle humeur.

Goguettes et goguenard (mauvais plaisant) viennent du bas-breton gog^ qui signifie satire, plaisanterie.

GONDS. {Sortir des)

S'emporter avec violence. Comparaison prise d'une porte qui s'enlève de dessus ses gonds.

TI

i62 GOfV

GONIN. {Maître)

Homme fin et rusé. Brantôme, sur la fin du premier volume de ses Dames galantes y parle d'un maître Gonin » fameux magicien , ou soi-disant tel , cpîi y par les tours merveilleux de son art, divertissait la cour de François i*'.

Un autre maître Gonin, fils du précédent, et beau-, coup plus habile , selon le même Brantôme , vivait sous Charles ix.

Pour assurer si c'est, on laine, ou soie, on lin, U faut en deyinaille être maître Gonin.

(Hegitieh, Sat. lo. )

GORGE. {Dames à la grande)

Sous François i^^ , les dames de qualité étaient appelées du nom significatif de dames à la grande gorge ; et cela, parce qu'à la cour toutes les femmes avaient le sein découvert. Cette mode se maintint pendant plusieurs règnes.

En i635 fut publié à Douai le Chancre ou couvresein féminin y par J. P. (Jean Polman) , chanoine théologal de Cambrai, a Un philosophe ancien , dit ce casuiste, trouvoit ce manquement en la structure du corps humain que le cœur n'étoit pas fenestré , ni la poitrine ouverte. L'on a pourvu maintenant à ce défaut ; car l'on marche à pourpoint déboutonné, à la franche Marguerite, et à poitrine ouverte. »

« Quelle apparence, dit plus loin le même auteur, de prendre pour une fille d'honneur et. pour, une femme de bien celle qui piaffe à bras nuds, à sein ouvert, à tetins découverts?»

Le père Gardeau, génovéfain, rebuté -du peu de fruit de ses prédications contre l'immodestie fies gorges découvertes, s'avisa un jour d'apçstropheu: >ûnsi les

GOU i63

femmes : Cowrez-vous au moins en notre présence ; car afin que vous le sachiez , nous sommes de chair et d*os comme les autres hommes. Chacun se prît à rire , et les femmes surtout ; mais lui , redoublant de sérieux , leur dit : Quand on vous parle décemment et en paroles couvertes , vous faites la sourde oreille y et vous ne voulez point entendre ; et quand on vous parle en termes clairs , vous les trouvez comiques , et vous vous mettez a rire. A votre malédiction donc, si y les entendant si bien y vous n'en faites pas un meilleur usage.

GORGE. (/<? ne vole point sur ma)

Proverbe tiré de la fauconnerie; il signifiait: Je ne danse point en sortant de table.

Gourmand.

. // est avis au renard que chacun mange poule comme lui.

Ceux qui regorgent de bons mets ne se doutent pas que des milliers d'hommes font maigre chère.

Gourmandise.

La gourmandise tue plus de gens que Vépée.

Ce proverbe nous vient du latin : Gulaplures quam gladius peremit. (Érasme.)

Les Espagnols disent : Je n!ai jamais vu mourir personne de faim, mais cent mille pour avoir trop mangé : tout le monde frémit au seul mot de poison, quoiqu'il n'y ait pas un homme sur dix mille qui en meure : des milliers de personnes périssent par leur intempérance, et cependant tout^ le monde s'y livre.

GOURNAY. {Elle a honte bue, elle apassé le pont de) A une époque où la clôture n'était pas très-bien observée dans les couvens de filles, les religieuses de

i64 GIIA

Ghelles, abbaye située de l'autre côté de la Marne, pas* saient le pont, et allaient visiter les moines de Gournay. Le peuple se scandalisa de ces visites ; et leur fréquence fit naître un proverbe qui fut appliqué , en général , aux femmes de mauvaise vie.

GOUTTE. {^Au mal de la goutte les médecins ne "voient^

Ovide avait dit la même chose en ce vers : Tollere nodosam nescît medicina podagram.

GRAINS. (^Catholique à gros) C'est celui qui ne dit de son chapelet que les paten Le chapelet est comme la mesure journalière de^ dévotions du catholique romain ; il se compose de gros et de petits grains ; il y en a dix de ceux-ci pour uri gros. Les gros servent à dire les pater, ou l'oraison dominicale, et les petits sont pour les ai^e^ prière à la sainte Vierge.

GRAS. (^Promener comme le bœuf)

Cette expression s'applique à une jeune personne que ses parens conduisent da^s les endroits publics, affublée de tous les panaches et colifichets à la mode , dans l'espoir que parmi les spectateurs un mari pourra se trouver. (Voyez Mettre sur le trottoir^

Le bœuf gras ^ que les garçons bouchers promènent pendant les derniers jours du carnaval, au son des ihstrumens et paré de fleurs, est un reste des sacrifices que les Gaulois faisaient aux divinités païennes.

A Paris, on met sur le bœuf un enfant; dans le moyen âge, cet enfant tenait un sceptre, et les bouchers l'appelaient leur roi ; chaque communauté donnant alors à son chef le titre de roi.

Dans Rabelais , on trouve ho^uS violé, à cause du vio-

GRE i65

Ion qui accompagnait autrefois la marche du bœuf gras.

GRAS. {Tuer le veau)

C'est célébrer le retour de quelqu'un par une fête extrsLordinaire. Cete façon de parler est tirée de la parabole de l'Enfant prodigue.

GRAT. {Envo;^er au)

C'est envoyer paître. Le grat est l'endroit où groMe la volaille.

GRATTER. ÇQuî naît poule aime a)

C'est-à-dire, il y a des penchans que l'on tient de son origine.

Gratter.

Quand deux personnes de peu de mérite se louent réciproquement, on dit qu'w/^ âne gratte Vautre.

Gratter,

r aimerais mieux gratter la terre que (T aller de* mander de V argent a mes proches.

Le peuple de Paris dit : gratter les ruisseaux; vous y voyez des pauvres enfoncer entre les pavés un bâton à l'aide duquel ils extraient quelques clous et autres ferrailles.

GRATTE-Cy ^{Iln'jra si belle rose qui ne devienne) Si belle femme que la vieillesse n'enlaidisse. Proverbe italien \ Il n^j a si beau soulier qui ne dC" çienne sa\^ate.

GREC, (<î^a/^rf)

Le ^rec a' eu chez nous son temps de vogue , même auprès des femmes ; témoin l'honortible baiser que reçut. déiManguerite d'Anjou Alain Chartier, qui parlait, dit-on, mieux le grec qu'il n'écrivait le français. C'était alorS' qii«t.le savoir commençait à passer des gens

i66 GRI

d'église chez les laïques. Un homme savant ne se désignait pas autrement que comme un grand grec; long-temps après , grec fut le synonyme d'habile.

Nous sommes un peu Grecs sur ces matières-là ,

dit un des personnages de Molière. Il paraît même que , de son temps, les femmes savantes honoraient, à la manière de Mai'guerite d'Anjou, ceux qui entendaient le grec.

Quoi ! TOUS sayez le grec ! Du grec ! souffrez de grâce , . Ah ! qu'en faveur du grec, monsieur , on yous embrasse,

GRECQUES. ( Calendes)

Renvoyer quelqu'un aux calendes grecques , c'est le remettre à une époque imaginaire, lui faire une promesse illusoire. Les Grecs n'avaient point de calendes. A Rome, on Kçi^eXdSt- calendes, \e premier jour de chaque mois; ce jour-là les usuriers exigeaient le remboursement de l'argent qu'ils avaient prêté à gros intérêt.

GRESIL. (// n'est si gentil mois d'ai^ril qui n'ait son chapeau de)

Pour dire que, dans ce mois, il y a toujours quelques giboulées.

GRILLE. (^Épouser une)

Faire profession dans un couvent, s'y enfermer pour la vie.

Une grande partie des miniatures qui ornent les manuscrits du moyen âge offrent la critique de la vie monastique : une , entre autres , que nous avons vue dans un manuscrit de Froissart, représente une chatte habillée en religieuse; cette chatte montre avec sa patte une assiette remplie de friandises à une souris : allégorie qui a pour but de faire voir les cajoleries qu'emploie un abbesse pour peupler son couvent.

M. de Rulhière demandait à une très jeune religieuse : « Y a-t-il long-temps , madame , que vous avei prononcé vos vœux. — H y a un an, monsieur; j'avais seize ans; j'étais bien jeune alors.»

Gris.

Pour ivre. Ce qui contribue beaucoup à enivrer, c'est de boire du vin , sinon de deux couleurs , au moins de deux crûs, de deux qualités.

GRIS. ( Un waleur de pois )

Nos pères appelaient ainsi un scrupuleux observateur du carême. Non seulement la viande , mais les ceufs et le potage étaient défendus pendant ce temps.

^ GRIS. (^Corinu comme le loup)

Un loup gris est un vieux loup , qui a dû faire beaucoup de dégâts , et que tous les bergers connaissent

GRIS. ( Ventre saint)

Juron inventé par dérision des cordeliers.

Conrard Badius, dans sa préface de VAlcoran des cordeliers , les appelle diables gris , à cause de leur habit de bur.e grise.

GRIS. ( La nuit touè chats sont )

Cela se dit à ceux qui donnent trop à la beauté , xjui se prennent et se marient par les yeux. Nous avons imité cette façon de parler de la réponse qu'une dame grecque fît à Philippe : La chandelle éteinte , toutes les femmes sont semblables; ce qu'Érasme a, mal à propos,, interprété au désavantage de& femmes. Voici l'histoire telle que la, rapporte Plutarque , en son traité des Préceptes du Mariage, Une dame très belle, mais encore plus chaste , pressée et sollicitée d'accDrder ses faveurs à Philippe, employa diverses considérations

i68 GRI

pour éteindre Ja passfon de ce prince, et , entre autres choses, elle lui dit que les charmes qu'il trouvait dans ses yeux et sur son teint s'évanpuiraient la nuit; que les flambeaux étant ôtés , la plus belle personne du monde ne différait pas de la plus laide.

Grisette.

C'était jadis une étofïe d'un gris cendré {^pann^us cinereus)^ à l'usage des gens du commun.

Par opposition à bourgeoises, on appela aussi griseules , les femmes à qui les lois somptuaires ou l'usage interdisaient les habillemens de couleur.

Les choses étaient sur ce pied du temps de Rabelais; car le cinquante-sixième chapitre du Livre premier de la f^ie de Gargantua y qui contient d'amples détails sur les modes des dames, ne fait aucune mention de la couleur grise.

En cessant de s'habiller de gris, les femmes et filles du commun n'ont pas perdu le nom de grisettes ; mais chaque jour cette classe devient moins nombreuse.

Sylvain Maréchal , dans une Notice sur les mœmis de Paris, imprimée à Paris en 1788, à la tête des Cos^ tûmes cii^ils de tous les peuples connus , comprenait les ouvrières en modes dans la classe des grisettes ; personne aujourd'hui n'aurait cette témérité.

Couturières en robes et en linge, brodeuses, blanchisseuses de linge fin, bordeusesde souliers, tresseuses de cheveux ; voilà les grisettes de l'époque actuelle.

Nées de parens pauvres , leur unique ressource est , pour l'ordinaire, un gain de 25 à 3o sous par jour; elles n'en ont pas moins un chapeau le dimanche, une robe propre et des souliers de prunelle. On les distingue, pendant la semaine, au tablier noir ou de couleur qu'elles portent avec un schall; leura cheveux, lors même

qu'elles mettent iih bonnet, sont aussi arrangés avec un goût très remarquable.

GRIVE. (^Soûl comme une)

Se dit familièrement d'un homme qui a bu à l'excès. Les grives mangentune quantité extraordinaire de raisin.

Grivois.

Cette épithète, qui s'applique à un homme sujet à tenir des propos libres, était autrefois un terme d'armée. Grwois se disait de certains soldats , et de là vient qu'on appela grivoises les râpes à tabac qui nous furent apportées de Strasbourg, à la fin de la campagne de Tannée 1 690. Ces râpes tenaient lieu de tabatières.

Dès- i56o, Jean Nicot, médecin, avait fait connaître le tabac en France , à son retour d'une ambassade en Portugal. Cette plante est originaire de Tabaco , dans les Indes orientales, et de là, tabac.

Prôné d'abord , le tabac fut ensuite proscrit par arrêt, comme nuisible à la santé; mais l'usage réforma la décision supérieure , et il se fit une grande consommation de tabac , soit en feuilles , soit en poudre.

Le ministre Louvois est le premier en France qui ait fait parade d'une tabatière; elle était de vieux laque. On mit ensuite du prix aux tabatières de porcelaine de Saxe, aux tabatières d'écaillé, ornées de dessins en coulé ou en piqué , et aux boites d'agate , de malaquite , de lapis, montées en or. Le régent fit peindre à l'encre de la Chine des sujets libres, par Klingstet, et la touche spirituelle de ces miniatures a valu au peintre le surnom de Raphaël des tabatières.

M. de Vendôme s'entretenant avec un riche fournis^ seur, ouvrit sa tabatière, et le petit Crésus y puisa fami' lièrement. Je suis charmé, di.t M, de Vendôme, que mon

tabac soit de votre goût; agréez aussi la boîte. Ce fut à cette occasion qu'il fit pratiquer dans ses vestes une petite poche de peau qui devint sa tabatière. «

Nous ne changeons plus de tabatière dans chaque saison , comme cela se faisait vers le milieu du dix-huitième siècle ; mais on dépense encore poifr ce petit meuble des sommes considérables , parce que la mode en change trois ou quatre fois l'an. .

Parmi les tabatières que Ton pouvait appeler épU grammatiques y nous citerons d'abord les turgotines ou platitudes y fort en vogue en 1776, et qui furent inventées pour jeter du ridicule sur les réformes qu^ faisait M. Turgot, contrôleur général.

Lorsque le cardinal de Rohan , impliqué dans la trop célèbre affaii^e du collier, fut déchargé de toute accusation, comme sa crédulité et son aveugle confiance le rendaient blâmable aux yeux de beaucoup de gens, on imagina des tabatières rouges avec un point blanc dans le milieu : cela s'appelait le cardinal blanchi jus qu* a un certain point.

A la suite de ces tabatières^ viennent naturellement se placer les écrans a la Montejnardy les galons a la chancelièrcy les cannes a la Barmécide, et les bonnets CL la caisse d'escompte.

Fatigué des plaintes de ses courtisans j, Louis xv, qui protégeait le ministre de la guerre, Monteynard, provoquait sa démission; le marquis de Monteynard s'obstinait à ne pas comprendre le monarque ; de là , les écrans à la Monteynard ^ qui tombaient et se relevaient d'eux-mêmes.

En 1770, époque de l'exil des parlemens, et de la haine générale que s'était attirée le chancelier Maupeou , on fit des galons qui imitaient l'or, et que l'on appelait

GUE jni

^ala chanceliere , parce qu'ils étaient faux et ne rougissaient pas.

La chute des Barmécides , tragédie de M. de La Harpe , fit donner le nom de Barmécides à des cannes qui produisaient Teffet d'un sifflet en s'appuyant sur la pomme.

En 1781 , la caisse d'escompte payait fort mal. Lés marchands de modes imaginèrent des chapeaux a la caisse d'escompte ; ces chapeaux n'avaient pas de fond.

Si nous eussions remonté un peu plus haut , nous aurions trouvé la béquille du père Barnabas , et les jésuites.

Un capucin , vers l'an 1 63o , fut chansonné pour avoir laissé sa béquille dans un mauvais lieu. En i ^36 , un musicien de l'Opéra, nommé Charpentier, se fit apprendre, moyennant vm pour boire y la vieille chanson du père Barnabas : c'en fut assez pour la remettre en vogue. On ne rima plus que par la béquille; l'opéra de Castor et Pollux fut parodié sur cet air, et toutes les étrennes de l'année suivante, couvertures d'almanachs, tabatières, pain d'épices, bonbons, eurent la forme ou l'empreinte d'un capucin portant une béquille.

Quelque temps après la destruction des jésuites ( septembre 1 762 ) , des marchands de la foire Saint-Ovide imaginèrent de faire des figures de cire habillées en jésuites; elles avaient pour base une coquille d'escargot^ et, à l'aide d'une ficelle, on faisait sortir et rentrer le jésuite dans sa coquille.

Gu:ÉRiR. - C'est un saint qui ne guérit de rien.

Se dit d'un homme faible et timide.

Lorsque tout est calme , un homme pusillanime crie

bravo; lorsque l'horizon politique s'obscurcit ou quô

17a GUI

des chagrins particuliers le menacent, il pâlit; au premier éclair il se cache; il tremble tant que l'orage gronde, et si le courage lui revient, ce n'est qu'au moment de succomber.

GUEULE. (^ goupil endormi ne chet rien en la)

Goupil est un vieux mot qui signifie renard ; il vient du latin vulpillus y diminutif de vulpes; d'abord on a dit voulpil.

Ce proverbe signifie qu'on ne gagne rien à vivre dans l'inaction. Quelque rusé que soit le renard, il mourrait de faim s'il restait toujours dans son terrier; comme les autres animaux, il est obligé de chercher sa proie,

La Fontaine a usé de toute la liberté de feindre dont jouissent les poètes , lorsqu'en représentant ces deux amis, dont l'un court après la fortune, et l'autre dort en l'attendant, il nous dit que le coureur, après l'avoir poursuivie vainement de royaume en royaume , la trouve à la porte de son ami dormant du plus profond sômmeiL

GUEULE. {Mots de)

Paroles obscènes , telles que le peuple se fait un mérite d'en dire au carnaval.

Gueux.

Nos pères appelaient gueux fiejfé celui qui avait pris possession de quelque coin de rue, oîi il attendail: l'aumône ; et gueux de Vokiere, celui q\!ii allëdt la demander de porte en porte.

Osiûre , dé ostiarium , piîflte. ^ '- ^ . . . '

GuiLAIfBU,

Ou même guitànleûy par corrujptiori i pour gui Van wew (gui l'an nouveau j. ~ '

Ce cri consacré à la dëïÀMnâè '^s étrennes dans plusieurs parties de kïVâriûeV'ttbtantolënt daiîs les ei-

Page 1