LAR
souffle dans le larigot , espèce de flûte. De cette flute^ ou de la ressemblance des verres à patte avec les flûtes^ est yeiïxxfluter, pour boire.
Quelques étymolôgistes, notamment Facadémicien Morellet, font dériver larigot du grec larugXy dont nous avons fait le larynx, la partie antérieure du gosier, vulgairement le nœud de la gorge. Boire a tire larigot y veut alors dire, boire de façon à distendre, à tirer le gosier.
Voici une interprétation toute populaire , et qui ne se rapporte point à la première. En 1282 fut fondue une cloche donnée par Odo Rigault, archevêque de Rouen; cette cloche était d'un poids énorme, «pour ce que le temps passé, dit Taillepied [Recueil des antiquités et singularités de la ville de Rouen) y il écbéoît de biepi boire avant que de la sonner, le proverbe commun est venu qu'on dit d'un boh buveur, qu'il boit à tire la Rigault.
A l'appui de cette opinion, vient une pièce d'Olivief^ Basselin , poète normand de la fin du quatorzième siècle^ elle est intitulée : Tire la Rigault ^^ et se compose de quatre couplets; voici le second:
Jl n*est pas encor temps de sonner la retraite. Quand on s'en ya sur sa soif, ce n'est jamais un bon écot. En rinçant nos gosiers avalons nos miettes ;
Et yide le pot ,
Tire-la-Rigault !
M. Louis Dubois 9 ancien bibliothécaire, et membre de plusieurs académies, a donné, en iSai, à Gaen, une édition des Vaux de Vire de Basselin, bien préférable à celle qui fut imprimée à Avranches en 181 1. Ce savant a rétabli le texte dans plusieurs endroits, revu l'orthographe, et donné beaucoup de notes historiques^ littéraires et critiques*
LEN aoi
LARRON. {^V occasion fait le) Ce qui revient au proverbe espagnol : Maison ou\^erte fait pécher la justice même.
Plus d'une probité sujette à caution , Par l'épreuve pourrait rencontrer du miécompte : Pour être véritable » il faut qu'elle surmonte Le besoin et l'occasion.
LAS. ( On va bien loin depuis qu*on est) Pour dire qu'il ne faut pas se décourager dans les. circonstances pénibles.
LATIN. {Perdre son) Pour dire , perdre son temps et sa peine.
Cette expression est née dans les siècles d'ignorance ^^ o\i parler latin était le nec plus ultra de la science.'
LATIN. {A bon vin y bon)
M. de Lamoignon , premier président du parlement de Paris, était en peine de trouver un bibliothécaire. Il s'adressa à M. Hermant, recteur de l'université, qui lui indiqua M. Baillet, son compatriote. Le président voulut le connaître; il le fit inviter à dîner. Parmi les convives se trouvait un pédant, qui demanda en latin au futur bibliothécaire , comment il trouvait le vin. Celui-ci répondit bonus : le vin était mauvais. Aussitôt les rires d'éclater. Au dessert nouvelle question , et en latin. Baillet répondit bonum. — Oh! oh! vous voilà devenu bon latiniste. — A bon vin , bon latin.
LÉCHÉ. ( Ours mal)
Homme mal élevé. Cette comparaison est fondée sur ce que l'ours naît enveloppé de membranes, dont sa mère le dégage à force de le lécher.
LENDEMAIN. {Il n'jr a pas de bonne fête sans) •
tioa Lie
A commencer par les noces, les grands repas ont leur lendemain. Cet usage s'est principalement conservé dans lesdasses moyennes de la société.
Les Romains avaient également leurs lendemains, qu'ils appelaient repotia, du verbe repotare^ parce qu'on y achevait de boire les bouteilles entamées.
LENTEMENT. {Hâtez-vous)
Ce proverbe , né en Grèce , est un des plus beaux mots de l'antiquité. <c Remarquable par sa brièveté , dit l'abbé Tuet dans les Matinées sénonoises ^ il devient plus piquant par l'opposition des termes qui le composent. Quant au sens qui résulte de la réunion de ces termes, il est également beau, profond, utile, dans quelque état que l'on soit. »
Boileau en a fait un précepte pour les écrivains :
Hàtez-yons lentement, et sani perdre oonrage. Vingt fois SUT le métier, remettez yotre ouvrage.
Voici le proverbe italien : Qui va doucement ^ va sainement; qui va sainement^ va bien; qui va bien y va loin.
LESSIVE. {A lacer la tête d'un More^ on perd sa}
Pour dire , prendre une peine inutile.
-Une fable d'Ésope peut avoir donné lieu à ce proverbe.
Lucien en a fait un distique , qui a été ainsi traduit par Âlciat ;
. Ahluis JEthiopem quid frustra ? Desine , noctis lilustrare nigrœ nemopotest ienebras^
LiCHARDS.
C'était le nom que nos pères donnaient aux gourmands, aux amateurs de toute espèce de bons moi^
LIÉ so3
ceaux, luxuriosis* Contre eux principalement est diri-^ gée une satire qui parut à la fin du quinzième siècle, sous ce titre : La nef des fols du monde ( nef vaisseau).
L'auteur considère le monde comme un grand vaisseau sur lequel des gens de tout sexe, de tous états et de toutes conditions s'embarquent. Presque tous ces gens-là sont fous, mais chacun a sa folie particulière; de façon qu'il y' en a quelques-uns qui ne nuiçent point à la manœuvre du vaisseau, mais qui, au contraire, aident à le gouverner, quoique eux-ménies, à beaucoup d'égards , ne se conduisent pas trop bien. D'ailleurs ce vaisseau est si grand , qu'il se soutient toujours sur l'eau. Si plusieurs se précipitent dans la mer et se noient^ s'il y en a qui tombent du haut du mât dans le fond de cale, pour avoir voulu trop s'élever, et y périssent, il y ext a d'autres qui nagent et qui grimpent avec beaur coup plus de bonheur que leur adresse ne semblait le mériter. Enfin, tout considéré en grqs, le monde va toujours bien, quoi qu'il arrive aiix individus particuliers.
Cet ouvrage est accompagné de figures dont le fameux peintre Holbein a profité pour enrichir X Éloge de la folie d'Érasme.
Lièvre.
Quand on a mangé du lièvre , on est beau sept jours de suite.
Pline cite ce proverbe, qui est en usage encore aujourd'hui ; il provient de l'équivoque des mots' lepus^ lièvre, et lepor^ grâce, agrément.
Voici une épigramme de Marot sur ce sujet :
A ISABBAU.
Isabean, lundi m*enToya»tes
Un lièvre , et im propos nouveau ,
ao4' LIM
Car d*en manger tous me priastes , En me youlant mettre au cerveau Que par sept jours je serois beau.
Resvez-Yous? Av«z-tous la fievrè?
Si cela est yray, Isabeau, Vous ne mangeastes jamais lièvre.
Lime sourde.
Se dit d'une personne qui agit secrètement et cache ses mauvais desseins.
LIMOGES.' {Cowoi dé)
C'est-à-dire , politesses ' cérémonieuses , révérences sans fin.
A Limoges, dans un temps qui n'est pas encore très éloigné , lorsqu'une personne faisait une visite, elle était conduite jusqu'à la rue par la personne visitée , et quelquefois jusqu'à sa maison. Celle-ci , par réciprocité , revenait sur ses pas ; de là le proverbe, com^oide Limoges.
M. J. J.'Juge, ancien professeur d'histoire naturelle,, a publié, en 1817, à Paris, un volume in 8* de 229 pages , intitulé : Changemens survenus dans les mœurs des habitans de Limoges y depuis une cin^ quantaine dt années.
Ce tableau est celui de toutes les autres villes du centre de la France; et comme l'auteur a bien observé, son ouvrage est bon à consulter.
« Le "premier trait frappant dont je me souvienne , dit-il, remonte à l'année 1759. J'étudiais sous les jésuites , et je demandai à mon professeur où il Gouvernait de porter les programmes de la thèse que je devais soutenir. Il me répondit : Partout ou vous verrez des vitres. En effet, il y avait alors à Limoges très peu de croisées à grands carreaux ; les autres étaient en panneaux de verre enfumé, montés en plomb; lorsqu'il en^ tombait quelques lambeaux on y collait du papier.
LIT uoB
« L'ameublement répondait assez^bienà cette.apparence extérieure. Des lits dont le dossier, le eiel, les amples rideaux et la courtepointe étaient die même étoffe rembrunie ; des armoires de noyer, qu'on changeait de place à volonté; de grandes tables fixes, re- ^vêtues d'un vieux tapis de Turquie, et des coffres cou- . verts de cuir, avec des compartimens de clous doré^, étaient ce qui décorait les principaux appartemens. Ces ^.meubles existaient dans certaines maisons depuis deux jfL trois siècbs. ill n'y avait pas soixante maisons qui fussent pourvues de couverts d'argent. »
IJMOSm. (Raines du)
On dit des femmes petites et d'un excessif embonpoint , qu'elles ressemblent aux raines du Limosin , qui ne croissent qu'en rond.
LION. {Battre le chien devant le ) Châtier le faible devant un grand qui a commis la même faute. /
IION. ( Coudre la peau du renard h celle du ) Pour dire, ajouter la ruse à la force.
LIONS. {Habillé comme un gardeur de) Homme qui porte toujours le même habit.
Li$« Les lis ne filent point; c'est-à-dire que le royaume de France ne tombé point en quenouille.
Lit. )
Le lit est une bonne chose y si Von n'jr dort on y jfeppse.
a Elle était au lit, belle et coiffée à coiffer tout le monde , dit madame de Sévigné d'une dame qui , aux eaux de Vichi , avait eu la nuit une colique peu alar-
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mante. Je voudrais que vous eussiez vu Tusage qu'elle &isait de ses douleurs, et de ses yeux, et de ses cris, et des bras et des mains qui traînaient sur sa couver* ture, et les situations et la compassion qu'elle voulait qu'on eût. »
V Histoire du Bourbonnais y par M. le comte de CoefBer Demoret , a vol. in-8°, Paris , i tf 1 7 , contient sur les lits une particularité qui remonte au onzième siècle. L'auteur fait la description d'un château composé d'une tour carrée de huit à neuf toises de face, avec une tourelle à un des angles pour contenir l'escalier. aL« baron et sa famille, dit-il , logeaient au premier ^tage ; c'est-à-dire, dans une seule grande pièce qui, sur un des cotés, avait une cheminée de dix-huit pieds d'ouverture; sur les deux autres on trouvait deux fenêtres percées de murs de sept à huit pieds d'épaisseur. Ce qu'il y avait de plus remarquable était la manière dont on avait disposé les lits : au milieu de cette immense salle , on avait pratiqué un retranchement ou très grand cabinet de forme circulaire , et de trois toises au moins de diamètre, dans lequd était une énorme machine , assez semblable aux tours de nos religieuses. Ce tour était attaché au centre à une forte pièce de bois qui servait de pivot, et vers les bords antérieurs, on le faisait mouvoir sur des roulettes ; il était divisé^en huit ou dix cases , et chacune contenait un lit. Chaque case avait une porte; mais comme il ne s'en trouvait qu'une au cabinet pour communiquer à la grande salle, quand^ on voulait entrer dans une case, il fallait tourner la machine jusqu'à ce que la porte de la case se trouvât vis-à-vis celle du cabinet. Les cases étaient numérotées , afin que cliacun reconnût la sienne, quand il allait se coucher. »
fi LIV ao7
Le Lai de Gugemer, par Marie de France , poète du treizième siècle, parle d'un lit enrichi de dorures, de pierres précieuses , de chiffres en ivoire ; ce lit était couvert de drap d'or, et la grande couverture faite en drap d'Alexandrie était garnie de martre-zibeline*
Dans le Lai d^Ywenecky par le même auteur, les colonnes du lit sont d'or émaillé.
Par un manuscrit d'une dame Alienor de Poictiers, intitulé : Les honneurs de la cour, on voit que, sous Charles viii , les lits , à la cour, éta:ent à roulettes , qu'on appelait n7u/(g/j. Le ciel avaitdespentes que l'on nommait gouttières; elles étaient ornées de franges de soie. Les rideaux étaient appelés courtines, et les couvertures, couvertois. Les draps étaient de/?>z couvre^hief, c'està«^ire, de gaze ou de toile aussi fine que celle qui était employée à faire des coiffes. Les couvertois étaient si hauts qu'on ne voyait point les draps , sinon au chevet.
Les gens de qualité léguaient ordinairement leurs lits aux églises où ils devaient être inhumés. Cet usage devint une obligation ; et à la mort il fallait racheter son lit.
On ne connaissait , au seizième siècle , que les grands lits à colonnes; quelquefois ils étaient élevés sur une estrade, et séparés du reste de la chambre par une ba<* lustrade. Cette dernière circonstance marquait la pré*» tention à la magnificence.
Lit.
Comme on fait son lit, on se couche.
Pour dire, on tire du profit des choses suivant qu'on les a préparées.
, UVRE, {Je crains l'homme d'un) Parce que «elui qui a fait une étude spéciale d'u^
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auteur, le possède de manière à pouvoir le citer im** perturbablement. Dans la controverse , un homme d'un livre est un adversaire redoutable.