Livre
Un grand Iwre est un grand maL
Pour sentir la justesse de ce proverbe, il suffit de jeter les yeux sur ces vastes dépots des productions de Tesprit, qui désespèrent déjà les gens les plus désii*eùx de s'instruire.
Quantité d'hommes célèbres ont composé leur bibliothèque de quatre ou cinq ouvrages tout au plus. Alexandre ne quittait jamais Homère; César étudiait continuellement Xénopkon ; domines a été l'auteur favori de quelques uns de nos grands capitaines ; Ma-chiai^el le guide exclusif de quelques uns de nos hommes d'état. Henri iv avait un goût particulier pour les Hommes illustres de Plutarque ; Turenne pour Quinter Curce; Pierre Corneille pour Tacite ^ Tïte-Lii^e et Lucain; Ménage pour Plutarque; Antoine Arnauld pour Cicéron; La Fontaine pour KahelaiSj VArioste^ Boccace et le Tasse; Jean Racine pour Platon et Pbir tarque. Chevreau disait qu'on pouvait se passer de tous les écrivains de tous les temps avec maître Michel , maître François et maître Benoît, c'est-à-dire, Monr taigne, Rabelais et Spinosa; Saint-Evremond, qu'on pouvait lire toute sa vie Don Quichotte, sans en être dégoûté. Bossuet, consulté sur celui de tous les ouvrages qu'il voudrait avoir faits, répondit, les Lettres provinciales. Boileau disait au P. Bouhours : «Mon père, lisez les Provinciales ^ et, croyez-moi, ne lisez pas d'autres livres. » On connaît la prédilection de J. J. Rousseau pour Plutarque^ Charron et Ràbinson Cru-fpe; celle dç Voltaire pour les Provinciales jàe Pascal