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C'est-à-dire , l'homme élevé aux dignités méconnaît ou néglige ceux de ses amis qui sont restés simples particuliers.
Les Latins disaient aussi : Honores mutant mores.
La fortune ne changje point les mceurs, elle les dé* masque. Peu de gens ont assez de nerf pour laisser paraître leurs défauts dans un état borné, dans une condition obscure ; on attend qu'on ait acquis le droit de ne les plus contraindre.
MOINE. ( Gras comme un )
Il y a long-temps qu'on s'est égayé la première fois* sur l'embonpoint des gens d'église :
' Phis gras qu'abbés , ne que prieurs ,
dit l'auteur du Roman de la Rose,
Les moines auraient eu bien des qualités s'il fallait prendre à la lettre ces vers rapportés par Henri Estienne {^Apologie pour Hérodote^'.
Pour nombrer les vertus d'un moine , Il faut qu'il soit ord (sale) et goiirmandy Paresseux , paillard , mal-idoine , Fol , lourd y ivrogne y et peu sçayant ; Qu'il se crève à table en buvant Et en mangeant comme un pourceau. Pourvu qu'il sçache un peu de chant , C'est assez, il est bon et beau.
MOINE. {Mieux vaut gaudir de son patrimoine que le laisser a un ribauji)
Les legs en faveur de l'Eglise s'étaient tellement multipliés dans le mpyen âge , que la plupart des couvens étaient fort riches. Comme l'opulence avait contribué à y introduire le relâchement, on fit ce proverbe : Mieux ^aut gaudir de son patrimoine que le laisser a un ribaud moine.
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Gaudir, s'amuser. De ce mot viennent ^audriolesy choses gaies , et gaiidisseury homme plaisant.
MOINE. ( Comme Jievre en corps de ) Se disait jadis d'un mal qui n'excitait aucune commisération.
MOINE. [Vhabit ne Jait pas le)
C'est-à-dire, il ne faut pas juger des personnes par l'extérieur. Cette façon de parler est un emprunt fait aux jurisconsultes. Il s'agissait de savoir si le noviciat et Thabit rendaient apte à posséder un bénéfice régulier : on jugea qu'il fallait être profès, ou , ce qui est la même chose, que l'habit ne faisait pas le moine.
Ce proverbe est très ancien; U &ç trouve dans le Roman de la Rose ; voici le passage ;
Tel a rol>e religieuse , Doncque^ il est religieux :
Cet argument est -vitieux Et ne yault une vieille gaine , Car la robe ne fajt le moyne.
Jamais le proveirbe, F habit ne Jait pas le m^ine, dans son sens littéral, ne put être applicjué plus justement que vers le milieu 4u dix-buitième siècle. Beaucoup de femmes se faisaient peindre en habit de cordelier, de récollet, et même de capucin.
Tout le monde connaît cet impromptu adressé à une princesse du sang;
Frère ange de Charolois y Çis-moi par quelle aven^urç Le cordon de saint François Sert à Vénus de ceinture.
MOINEAUX. {Tirer sa poudra aux) Faire de la dépense pour une chose qui n'en vaut pas la peine : on le dit surtout en matière de galantejrie.
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MOIN£A(FX. (Foîlà uf^ èelie mai^n^ s^û y avait cLes pots a)
Se dit pour tourner en ridicule une chétive maison de campagne.
MOIS. ÇNous aidons tous les ans douze) '
C'est-à*-dire , nous vieillissons tous les jours, a Je la vois (la vieillesse), disait madame de Sévigné; m'y voilà , et je voudrois bien au moins ménager de ne pas aller plus loin , de ne point avancer dans le chemin; des infirmités, des douleurs, des pertes de mémoire , des defîguremens qui sont près de ^l'outrager ; et j^' entends une voix qui dit : il faut marcher malgré vous ; ou bien, si vous ne voulez pas, il faut mpuriiCr qui est une autre extrémité à quoi la nature répugne. »
Moitié.
Expression conjugale passée de mode, même dans la plfus petite bourgeoisie. U];i mari ne s'expose phis à appeler sa femme ja /noiû^fe devant ui^ tiers.
Laissiez le mpnde comme il est.
Vous ne changerez pas le monde.
a Souffrir ^ supporter sans humeur ceux axtçc qui, l'on vit , se prêter à leurs goûts 9 ne les point cont^ari^r^ ne se préférer à personne; voilà le vrai moyen de yiyre bien dans Je monde. » . (Térencjç, Andrierme^
« Celui qui fuit le monde, disant qu'il ne lui oo^viçnt pas, d'ordinaire convient pey, au,monde.
MOiNDE. ( Cest laJirjL ^ )
Plaisanterie contre uj^. castrat*
On dit aussi : Lég!er dfi df^if^oo graim»
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Les saints pères ne se fiaient point aux mutilations; ils comparaient un eunuque à un bœuf auquel on coupe les cornes, et qui ne laisse pas de donner des coups de tête.
♦ Le comte d'Escherny, dans ses Mélanges (^Parisy BossangCy 1811) proteste aussi contre la nullité des castrats, a J'ai connu, dit-il, une très belle princesse qui avait conçu une passion si violente pour un musicien castrat, qu'elle ne voulut jamais en faire le sacrifice à son royal amant ; et comme il était aussi amoureux d'elle qu'elle l'était de son chanteur, il fut obligé de se contenter de la seconde place dans le cœur de la princesse. »
Admirons ici la bizarrerie et les jeux de la destinée. Les eunuques font le tourment des femmes en Asie , et. en Europe les femmes s'en amourachent : il est vrai que les eunuques d'Asie sont dies eunuques complets. . L§ castration, que la jalousie n'avait point établie dans notre Europe, s'y introduisit cependant; on remarqua que les eunuques chantaient d'une voix claire, et pour avoir de bons chanteurs on fit des eunuques.
Clément xiv a essayé d'abolir la coutume d'émasculer les enfans; mais ses ordres n'ont pas été exécutés partout, et il y a des parties de l'Italie où Ton ne mutile pas aujourd'hui moins d'enfans qu'autrefois.
«Si l'Italie, dit Grétry {Essais sur la musique) ^ savait de quel œil le reste de l'Europe voit cet attentat envers Thumanité , elle aurait depuis long-temps réprimé cet abus tiorrible qui déshonore un des arts les plus nobles. Je sais que l'Italie ne peut se passer de musique, ni la musique de Voix de dessus et de hautecontre; mais les enfans de chœur sont I.1 vraie pépinière qui fournirait à tout; et quel mal y aurait-il quand,