VALMORE
Philippe, a signé du pseudonyme ci-dessus une brochure relative à sa marchandise (1838) et dix ans plus tard quelques brochures politiques d'actualité.
Valéry, publiciste , auteur de nombreux ouvrages de littérature et de voyages. Né Pasquin (Antoine-Claude), cet écrivain a été longtemps conservateur administrateur des bibliothèques de la couronne. — Mort en 1847, à 58 ans.
Valéry (Ernest). Voir Mure.
Valgand (M™« Céline de). Pseudonyme littéraire de M"« la marquise de PioUenc, née Céline Marchand. L'éditeur Charpentier a publié d'elle un joli roman qu'on relit encore : Blondine (1852).^
Valgrand (M"* de). Anagramme du nom de M^*de Grandval, née Clémence de Reiset. Elle a d'abord donné sous ce dernier nom beaucoup de compositions musicales. Depuis son mariage, elle a fait jouer deux ou trois petits ouvrages à l'Opéra-Comique et au Théâtre-Lyrique : les Fiancés de Rosa (1865), la Pénitente (1867) et un opéra semi séria aux Italiens, Piccolino^ sur un poëme imité de la comédie de Sardou. Sous le nom de Caroline de Blangy, M^ de Granval a encore donné aux Bouffes-Parisiens une opérette : It Sou de Lise.
Vallory (Louise). Pseudonyme littéraire de M™«M«nier, née Louise Boullay- Vallory et sous lequel elle a publié plusieurs romans : A l'aventure, M^^ Hilaire^ etc.
Valmore, anjcien acteur tragique, depuis bibliothécaire à la Bibliothèque impériale, né Lànchantin (François -Prosper). Il a épousé M"« Desbordes ^ dite alors Desbordes- Valmore y et qui, comme lui, avait d'abord commencé par le théâtre, avant de devenir célèbre comme poète. — Née en 1787, M"* Valmore est morte en 1859
3^4 THIERRET.
Michel Valladon, de La BazocheGouêt, et d'Eugénie- Rose Gayon, sa femme.
« Pour le maire absent :
« L^adjoint,
(( Doré. »
Thierret (M"»*), excellente duègne du théâtre du Palais- Royal et des Bouffes-Parisiens, née Ceorgin vers l'année i8i$. Avant de créer les belles-mères cocasses et ridicules des comédies de MM. Labiche, Thiboust et C'" M"* Ceorgin avait joué le grand répertoire sur des scènes illustres. Elle avait débuté aux Français dans la tragédie ; c'est elle qui créa, le 28 avril 1855, le petit rôle de Dafné, cette douce et fraîche suivante de Catarina, la femme du podestat d^Angelo, tyran de Padoue. A l'Odéon, elle a joué les soubrettes du répertoire classique. Nous l'avons vue représenter Dorîne à une reprise singulière de Tartuffe^ accommodé au goût du jour pour le bon plaisir de M.Fechter, qui nous donna ce soir-là (1857) un Tartuffe de sa façon et tel que nous n'en avons jamais revu.
Thomine (Pierre). Voir Fleurichamp.
Tliurnier (Chevalier de), pseudonyme de ce chercheur intrépide qui aïiom Edouard Fournier, Né en 181 9, et fils d'un serrurier d'Orléans, il a donné des comédies, des romans, et des livres de curieuse érudition (i) qui renferment mille choses inconnues, inédites ou oubliées, et qui ont eu une vogue qui est loin d'être épuisée.
Je ne parie que pour mémoire des nombreuses collaborations de M. Fournier à je ne sais combien de journaux et
(i) Publiés la plupart chez Dentu : le Vieux- Neuf [in-iB) , l'Esprit des autres (in-i8' , quelques livres sur l'histoire intime de Paris, des études sur Corneille, Molière, La Bruyère, etc....
THURNIER. 5 35
de revues, sans compter la Revue des Provinces^ qu'il a dirigée en i86j, et le journal le Théâtre y qu'il dirigeait il y a dix ans, et des travaux de toutes sortes dont la nomenclature m'entraînerait beaucoup trop loin.
Esprit charmant, fin et délicat, M. Fournier chronique théâtralement à la Patrie et cisèle à l'usage de ses lecteurs un feuilleton qui paraît tous les lundis. C'est un homme hospitalier qui donne en hiver des soirées littéraires et musicales, où le Paris-artiste vient se faire entendre, et où le maître de la maison fait lui-même les honneurs de chez lui en offrant presque toujours à ses auditeurs la primeur de quelques-unes de ses nouvelles productions.
Quant à son pseudonyme, il en faut raconter l'origine :
Le chevalier de Thumier cache deux personnes en une seule signature : Edouard Fournier d'abord, qui fournit à la confection du nom la dernière syllabe du sien, et ensuite Arthur Rousseau de Beauplan, dont on retrouve la seconde moitié du prénom en tête du pseudonyme commun. C'est à la Pandore {i&4i et (844) que ces deux écrivains signèrent ainsi une série d'articles sous le litre général de Futilités historiques.
Un mot sur Arthur de Beauplan. Il est connu, comme auteur dramatique, sous ce dernier nom, qui n'appartient à sa famille que depuis Louis XVIII. Les Rousseau, ses ancêtres, étaient de père en fils maîtres d'armes du roi ; c'était une charge de famille en quelque sorte héréditaire. Le dernier Rousseau, grand-père de celui-ci, remplissait les mêmes fonctions auprès de la famille royale sous Louis XVI . Il était également recherché par les principaux seigneurs de la cour. Aussi quand survint 93 on lui supposa sans doute des opinions royalistes contraires à l'esprit du moment, et on l'envoya à Téchafaud. Quand il arriva sur la plate-forme fatale, et qu'il ifut entre les mains du bourreau,
]]4 THIERRET.
Michel Valladon , de La Bazoche-Gouêt, et d'Eugénie- Rose Gayon, sa femme.
tf Pour le maire absent :
« L^adjoint,
(( Doré. »
Thierret (M™*), excellente duègne du théâtre du Palais- Royal et des Bouffes-Parisiens, née Georgin vers Tannée 1815. Avant de créer les belles-mères cocasses et ridicules des comédies de MM. Labiche, Thiboust et C*'' M"* Georgin avait joué le grand répertoire sur des scènes illustres. Elle avait débuté aux Français dans la tragédie ; c'est elle qui créa, le 28 avril 1835, le petit rôle de Dafhé, cette douce et fraîche suivante de Catarina, la femme du podestat d^Angelo, tyran de Padoue. A TOdéon, elle a joué les soubrettes du répertoire classique. Nous l'avons vue représenter Dorine à une reprise singulière de Tartuffe, accommodé au goût du jour pour le bon plaisir de M.Fechter, qui nous donna ce soir-là (1857) un Tartuffe de sa façon et tel que nous n'en avons jamais revu.
Thomine (Pierre). Voir Fleurichamp.
Thurnier (Chevalier de), pseudonyme de ce chercheur intrépide qui aïiom Edouard Fournier. Né en 1819, et fils d'un serrurier d'Orléans, il a donné des comédies, des romans, et des livres de curieuse érudition (i) qui renferment mille choses inconnues, inédites ou oubliées, et qui ont eu une vogue qui est loin d'être épuisée.
Je ne parie que pour mémoire des nombreuses collaborations de M. Fournier à je ne sais combien de journaux et
(i) Publiés la plupart chez Dcntu : le Vieux- Neuf [m-iB) , l'Esprit des autres (in-i8' , quelques livres sur l'histoire intime de Paris, des études sur Corneille, Molière, La Bruyère, etc....
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de revues, sans compter la Revue des ProvinceSy qu'il a dirigée en 1863, et le journal le Théâtre y qu'il dirigeait il y a dix ans, et des travaux de toutes sortes dont la nomenclature m'entraînerait beaucoup trop loin.
Esprit charmant, fin et délicat, M. Foumier chronique théâtralement à la Patrie et cisèle à l'usage de ses lecteurs un feuilleton qui paraît tous les lundis. C'est un homme hospitalier qui donne en hiver des soirées littéraires et musicales, où le Paris-artiste vient se faire entendre, et où le maître de la maison fait lui-même les honneurs de chez lui en offrant presque toujours à ses auditeurs la primeur de quelques-unes de ses nouvelles productions.
Quant à son pseudonyme, il en faut raconter l'origine :
Le chevalier de Thumier cache deux personnes en une seule signature : Edouard Fournier d'abord, qui fournit à la confection du nom la dernière syllabe du sien, et ensuite Arthur Rousseau de Beauplan, dont on retrouve la seconde moitié du prénom en tête du pseudonyme commun. C'est à la Pandore (^184] et (844) que ces deux écrivains signèrent ainsi une série d'articles sous le titre général de Futilités historiques.
Un mot sur Arthur de Beauplan. Il est connu, comme auteur dramatique, sous ce dernier nom, qui n'appartient à sa famille que depuis Louis XVIII. Les Rousseau, ses ancêtres, étaient de père en fils maîtres d'armes du roi ; c'était une charge de famille en quelque sorte héréditaire. Le dernier Rousseau, grand-père de celui-ci, remplissait les mêmes fonctions auprès de la famille royale sous Louis XVI . Il était également recherché par les principaux seigneurs de la cour. Aussi quand survint 93 on lui supposa sans doute des opinions royalistes contraires à l'esprit du moment, et on l'envoya à l'échafaud. Quand il arriva sur la plate-forme fatale, et qu'il ifut entre les mains du bourreau,
Jjfi VAN SLOPEN.
secrètement commencée contre lui au lendemain même delà révolution de 1848 (1); il en fut informé par ses amis^ et il prit aussitôt la fuite. Réfugié à Londres, il ne cessa de protester de son innocence, avant comme après l'issue de son procès. Il n'en fut pas moins condamné, le 22 juin 1850, à dix années de réclusion par la Cour d'assises de la Seine.
Son affaire fit grand bruit; il j eut, pour et contre, beaucoup de passion et d'animosité répandues publiquement dans des brochures et des articles nombreux ; mais le fait du vol reste néanmoins certain. Une dernière tentative de réhabilitation faite au Sénat^ en juin 1 86 1 , sur le rapport de M. Mérimée, est restée également sans conclusion favorable. Bien plus, les détails du vol et du procès, reproduits alors devant la haute assemblée, rappelèrent une fois encore au public cette affaire, déjà vieille de plus de dix ans, et la culpabilité de M. Libri se trouva affirmée de nouveau^ d'une manière évidente, et, cette fois, définitive.
Le comte Libri, avant son procès, avait fait plusieurs ventes de manuscrits et d'autographes où figurèrent la plupart de ceux qu'il avait soustraits après suppression de toute trace de leur provenance. Il rédigeait lui-même, par surcroît de précaution, et avec le plus grand soin, les catalogues de ces diverses ventes, et il les signait tous de noms différents et supposés : Cannazar^ Rlffet^ Van Slopen, W. ottlieby Thomas (W.). Il a donné de nombreux articles
(i) Sans une découverte inattendue, Talfaire Libri eût peut-être été étouffée même avant d'avoir été entamée, grâce à la révolution de 1848, qui portait alors bien ailleurs les préoccupations et les esprits. Au pillage du. Ministère des Affaires étrangères, au boulevard des Capucines, on trouva sur la table de M. Guizot une dénonciation catégorique des faits ci-dessus rapportés. Le ministre de la justice de la république s'en empara, et l'al£iîre suivit ton cours.
VENTINE. }49
anonymes de littérature et de sciences à la Revue des Deux Mondes de 18} 2 à 1848, et au Journal des Savants de 1840 à 1846.
Varner. Sous ce pseudonyme, un homme de talent et de conviction, M. Louveauy a fondé avec Delvailie (voyez Dell-Bricht) le journal le GauloiSy premier du nom, qui a mangé, hélas 1 comme cela arrive trop souvent, plus d'argent qu'il n'en a rapporté.
Vaiilabelle (Éléonore de). Voir Cordier (Jules).
Vauvert (Maxime), Voir Bernard (Léo de),
Vay (Edme), avocat à Paris, né Maurice Vautiertt qui a publié quelques brochures relatives à l'ingérence de PÉglise dans les affaires de l'Ëtat, et un recueil des divers arrêts, édits, etc., rendus contre les Jésuites (i).
Védel, ancien directeur-administrateur de la Comédie^Française , d'abord acteur en Russie, né Poulet, Il a publié^ en 1859, une notice sur la tragédienne Rachel Félix, in-8«.
Velnac. Un avocat, M. Lecanu, a publié sous ce pseudonyme, chez Téditeur Le Chevalier, un petit volume in-3 2 : Des Femmes {ii6j). On doit encore à M. Lecanu le texte d'un livre anonyme, illustré de jolies eaux-fortes de Maxime Lalanne, Chez Victor Hugo, par un passant (Cadart et Luquet, 1868, in-80).
Véniar. Voir Armentiires,
Ventine (Pons de). Le célèbre M. Viennet, fabuliste, auteur dramatique, poète épique et didactique, académicien, ancien officier d'artillerie de marine, puis d'état-
(i) L'Église dans VÉtat et Us Jésuites en justice (1845).
})0 VENTINE.
major, etc. (i), a publié, sous ce pseudonyme , en i8oS, un poëme en l'honneur de la victoire d'Austerlitz , poëme qu'il avait intitulé l^Ausîerlide,
M. Viennet, qui est mort en 1868, à 91 ans, a été l'un des derniers poètes vraiment convaincus de ce siècle ; il accomplissait sa mission d'homme de lettres à Tégal de ce qu'on appelle parfois, en plaisantant, un sacerdoce. Il fut abreuvé de nombreux déboires et passa successivement par toutes les phases les plus variées de la popularité et de l'impopularité ; accusé par les uns, moqué par les autres, tour à tour dénigré oi> exalté outre mesure, mais ayant toujours eu Pesprit de se maintenir ferme, solide et inaltérable au-dessus des petites guerres de parti qu'il eut à subir.
Un hasard heureux a fait tomber sous mes yeux le testament de cet homme d'esprit. C'est une pièce for^ curieuse et restée, je crois, jusqu'à ce jour inédite. J'en reproduis ci-après la plus intéressante partie, celle qui a trait précisément aux opinions de Tauteur, à ses œuvres et aux luttes qu'elles lui suscitèrent :