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ICeulan (Pauline de). L'illustre M. Guizoi a écrit pen« dam quelque temps pour le compte d'un autre ëcQTain qui poruit ce nom et dans des circonstances assez romanesques dont le rétk, détaillé et amplifié, donnerait lieu à une nou- YcUe intéressante.
C'était au commencement du siècle, en 1807; jeune, sans fortune, mais ajant déjà noué de hautes relations et de profiubles amitiés, M. Guizot voyait la société la plus * intelligente et la plus lettrée du premier Empire. Il s'essajait alors timidement dans les lettres, et préludait à ses futures études historiques par des articles de journaux, et un peu plus tard par des revues de Salon. Dans Tun des cercles célèbres où il était admis, chez M. Suard, secrétaire perpétuel de TAcadémie française, il avait rencontré deux dames, peu favorisées de la fortune, mais d'une haute distinction de race et de manières, M<m veuve de Meulan et sa fille "Pauline. Ces dames écrivaient pour vivre. La fille collaborait, depuis 1802, au PublicUU, journal fondé par Suard, et auquel elle envoyait une ou deux fois par semaine une sorte de revue de la vie parisienne qu'on appellerait aujourd'hui une chronique ou un courrier de Paris, et qu'elle signait de l'initiale de son nom ou de son pré« nom. Ces articles éuient payés au numéro, et constituaient le plus clair du revenu des deux dames.
M. Guizot avait remarqué M}^^ de Meulan; il avait admiré son esprit, sa délicatesse et sa distinction; sans le dire à qui que ce soit, peut-être moins à lui-même qu'à tout autre, il avait ressenti plus que de la sympathie pour cette belle et intelligente personne.
Tout à coup M">c de Meulan et sa fille cessèrent de tiré-
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qoenter le salon de M. Suard, et M. Guizot apprit bientôt que W^ de Meulan était malade, et même assez gravement pour avoir été obligée de cesser d'écrire» abstention forcée qui nuisait singulièrement à ses ressources, déjà bien précaires, et que sa maladie même devait plus facilement épuiser. Tout semblait perdu pour les deux dames, et la misère allait sans doute envahir leur fojrer malheureux» lorsqu'un matin un paquet est remis à Mn« de Meulan pour sa fille» avec la lettre suivante :
MadtmoîselU,
Un inconnu a appris votrt maladie; il sait combien de chagrins de toutes sortes elle pous cause; il sait surtout U tort qu'elle vous fait relativement aux articles que vous ne pouvtz plus donner au Publiciste. Cet inconnu a Vhonneur de vous adresser ci-joint un article oà il a essayé d'imiter votre style , et votre manière, et qui, si vous le }uget convenable, pourrait être publié dans le journal, au jour fixé pour vos envois» Vous recevrez ainsi, pendant tout le temps de votre maladie, et à époques régulières, un article tout fait destiné à rem^ placer celui que votre état de santé vous empêche d'écrire vous^ mime.
Signé : L'Inconnu.
L'article était excellent et si parfaitement pastiché que les lecteurs du Publiciste s'y laissèrent prendre. Pendant U durée de sa maladie, MU« de Meulan reçut chaque fois uif semblable article, et, grâce à cette collaboration anonyme, elle put se soigner et guérir sans inquiétude. Ces articles^ qu'on peut retrouver dans le Publiciste, à partir de mars ' 1807, sont signés de Pinitiale F.
On le devine sans peine, l'inconnu en question était M. Guizot lui-même. Quand cette douce et galante supei-
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cbene fut plus tard découverte, M^^ de Meulan consentît, en 1 8 13, à devenir M»« Guizot.
Elle avait quatorze ans de plus que son mari; elle était catholique, il était protestant. On connaît ses écrits, la plupart consacrés et dédiés à l'enfance et à Téducation des jeunes mères; on les lit encore aujourd'hui. M. Guizot perdit, en 1827, cette première et digne compagne de sa vie. Sa mort fut des plus touchantes. Elle exigea de son mari qu'il se remarierait avec sa propre nièce à elleg MHe £]isa Dillon, et, mourant dans la religion catholique» elle voulut être enterrée selon le rite protestant, dans l'es-
Cir de retrouver un jour, dans la vie éternelle, celui qui .. sanrivait.
De ce premier mariage M. Guizot eut un fils, François, traducteur de Shakespeare, mort en iSSj.
Sa seconde femme» MH* Dillon, avait près de vingt ans de moins que lui; il la perdit en i833*. Il en avait eu quatre enfants : un fils, Guillaume, auteur de travaux sur Tantiquité et professeur au Collège de France, et trois filles, dont deux ont épousé tes frères de Wîtt. Une seule des trois survit aujourd'hui.
M. Guizot a signé de l'initiale G... une traduction d'Aug. Lafontaine, le Presbytère (i83o), et F. G. son volume Rome et ses papes (in-80, i83o). Il était l'un des rares Français portant Tordre de la Toison d'or (Espagne), qu'il avait obtenue i foccasion du mariage du duc de Montpensier. — Né en 1787, il est mort le 12 octobre 1874.
ICeuret (André). Historien belge, né en 181 5 Hénaux (Ferdinand), et qui a encore signé ses nombreuses et intéressantes dissertations historiques N. G. et Naud,
I. Elle ■ aviû écrit et laissé quelques contes et des articles de joumm depuis réunis en volumes.