‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 10 sur 195 · G AGI · texte numérisé non relu

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Ta observé M. Orfila, dans son Mémoire inséré dans le tome Y du Journal de chimie tnédicale , année 1829, de verser le nitrate d'argent dans le sirop hydrocyanique étendu de 2 à 5 fois son volume d'eau distillée, et de ne point recourir à la distillation qui occasionne toujours une petite perte d'acide hydrocyanique.

Lorsque l'acide hydrocyanique dans un liquide est mêlé à des ch/orures , carbonates et phosphates, il faut encore employer le nitrate d'argint qui produira dans celte cirrirconstance un précipité mixte de cyanure, de chlorure , de carbonate et de j)hosphale d'argent. En traitant ce précipité par l'acide nitrique faible, le carbonate et le phosphate d'argent seront dissous j le cyanure et le chlorure d'argent restants seront séparés l'un de l'autre par l'acide nitrique pur concentré et bouillant; au bout d'une demiheure tout le cyanure aura été décomposé et transformé en nitrate d'argent. Pour apprécier alors la quantité de cyanure d'argent il faut, d'après JM. Orfila, verser dans le nitrate obtenu assez d'acide hydrocyanique pour faire passer tout le métal à l'état de cyanure , que l'on pèsera après l'avoir lavé et desséché.

On arriverait au même résultat en précipitant la dissolution nitrique par un chlorure et déduisant du poids du chlorure d'argent formé , la proportion équivalente de cyanure qu'il représente : car 1791,2 de chlorure d'argent équivalent à 1G8I,5 de cyanure de ce métal.

Il importe dans ces sortes d'expériences qui ont pour but la détermination du poids de l'acide hydrocyanique renfermé dans un liquide ou un sirop, de s'assurer par la distillation que cet acide est libre et non combiné à une base alcaline, car le nitrate d'argent précipiterait également du cyanure d'argent en le mêlant au liquide non distillé.

De l'acide hydi'ocyatiique considéré sons le rapport tnédico-Iégol^ et des recherches chimiques propi'es à faire connaître V empoisonnement par cet acide.

La promptitude avec laquelle l'acide hydrocyanique même à petite dose anéantit la vie, sans produire de lésions sur les organes avec lesquels il a été mis en contact, rend les recherches chimiques très importantes dans l'empoisonnement par cet acide.

Les diflérents travaux entrepris sur ce sujet soit par nous, soit par d'autres auteurs, prouvent 1° la possibilité au bout de dix-huit, quarante-huit heures, et même un temps plus lon[; encore, de constater par les procédés que nous indiquerons plus bas la présence de ce terrible poison ; 2° que c'est toujours dans les viscères où cette substance vénéneuse a été primitivement ingérée qu'on peut en découvrir les vestiges j 5" qu'enfin dans les organes encéphaliques, la moelle epinière et le cœur, on ne peut en reconnaître les plus petites quantités, bien qu'ils présentent parfois une odeur fugace qui peut en faire soupçonner l'existence. (Mémoire lu à l'institut en 1824.)

D'après de nouvelles recherches expérimentales que nous avons entreprises en 182G, M. le docteur Leuret et moi, et ayant pour but de découvrir s'il était possible la présence de l'acide hydrocyanique, longtemps après la mort, chez les animaux empoisonnés et exhumés après un certain laps de temps, nous avons reconnu l^que, lors de l'empoisonnement des animaux par de petites quantités d'acide hydrocyanique, il n'est pas possible de le démontrer par les moy(;ns cliimiciues après trois jours d'exposition à l'air après la mort; 2° que la disparition de ce poison dans les viscères des animaux exhumés es due à sa décomposition qui se trouve favorisée dans cette circouslance par celle des matières animales avec les-

quelles il se trouve en contact ; 5° qu'il importe pour constater cet empoisonnement d'agir le plus promptcment possible sur les liquides et organes dans lesquels on soupçonne la présence de cet acide.

Les moyens à mettre en pratique consistent à soumettre à une distillation ménagée les liquides et matières qui sont l'objet de rexpérimentatiou, en ayant la précaution de bien condenser les vapeurs qui se produisent avec de l'eau froide ou de la glace. Les tissus de l'estomac et des intestins, après avoir été divisés et coupés sous une couche d'eau distillée, doivent être soumis à la même opération avec ce liquide. Lorsque l'expérience est faite sur des organes qui ont éprouvé un commencement de décomposition putride , il est essentiel d'ajouter à l'eau avec laquelle on les distille, une petite quantité d'acide sulfurique pour dégager l'acide hydrocyanique de sa combinaison avec l'ammoniaque qui s'est formée. Le produit de la distillation doit ensuite être examiné par les réactifs que nous avons rapportés plus baut.

Dans une affaire judiciaire très grave, plaidée à la Cour d'assises de Paris, en IHôô, M. Chevallier a démontré que dans un empoisonnement sur l'homme par l'acide hydrocyanique, il était encore possible de reconnaître dans le liquide extrait de l'estomac, la présence de cet acide sept jours après son ingestion {.Tourîial de chimie médicale , toni. IX, p. .'Ol).

AcinE IIVDROFLUORIQUE OU FLUORHYDRIQUE. (FluOVide

hydrique. Berz.). Acide fluorique des anciens chimistes.

Obtenu de la décomposition du fluorure de calcium par l'acide sulfurique hydraté , cet acide s'offre sous l'aspect d'un liquide incolore , très volatil, qui répand des fumées épaisses à l'air, et dangereuses à respirer. Il entre en ébullition à une température voisine de-j- L^i® et conserve sa licjiiidilé même à — iiO. L'action vive qu'il exerce sur le

ACI (lO

verre dont il décompose l'acide silicique en le transformant en gaz fluorure de silicium, fait qu'on ne peut le conserver que dans des vases d'argent, de platine ou de plomb , fermés avec des bouchons de même métal.

L'eau se combine vivement avec cet acide en produisant un léger sifflement.

Coinposition. Quoique le radical de cet acide (le fluor) n'ait pas encore été isolé, les expériences de divers chimistes autorisent à le regarder comme formé de volumes égaux d'hydrogène et de fluor, ou en poids de :

Fluor 94,93 ou 1 atome.

. Hydrogène.. 5,07 1 atome..

Sa formule == F -|- H.

Caractères distinctifs. \^ Mis en contact avec du verre ou de la silice en poudre, il entre de suite en ébullition en laissant dégager une fumée épais.se acide qui dépose de l'acide silicique hydraté sur les corps humides.

2° Sa solution aqueuse précipite les solutions de chaux, de barite et de strontiane , ces prt'cipités sont redissous par un excès d'acide hydrofluorique ou d'acide hydrochlorique.

5" Les nitrates d'argent et de mercure n'apportent aucun changement dans la solution de cel acide pur.

Usatjes de t acide hydrofluorique, La propriété dont jouit l'acide hydrofluorique, de décomposer l'acide silicique et de produire du gaz fluorire de silicium , facile ù reconnaître par l'action ([u'il exerce sur l'eau, le rend utile dans les analyses inorganiques pour distinguer cet acide.

M. Aug. Laurent en a f;iit une aj^plicalion à l'analyse des kaolins ou autres silicates à base d'alumine , surtout pour

ceux dans lesquels il existe un ou deux centièmes dépotasse qu'il importe de doser.

Le moyen qu'il a employé avec succès consiste à déj;a- {>er de l'acide hydrofluorique pur d'un mélange de fluorure de calcium et d'acide sulfurique placés dans un vase de plomb lonrné , de 0'°, 1 iO de hauteur, sur 0"», 10 ) de diamètre et de 0™, (XJf) d'épaisseur. Ce vase cylindrique est muni d'uu couvercle de même métal , perce d'un trou de O'", (KK'i de diamèlre dans lequel cet lulé un tube de platine ou de plomb coudé à anjjde droit. Le couvercle et le tube sont lûtes avec du caoutchouc fondu.

On place dans un creuset de platine, 2 g[rammes du silicate réduit en poudre fine , qu'on arrose préalablement avec 2 à 3 fois son poids d'eau distillée, et on fait arriver le tube conducteur des vapeurs d'acide hydrofluorique dans le creuset à plusieurs millimètres de la surface de l'eau.

L'acide hydrofluorique en se dissolvant dans l'eau transforme la silice en fluorure de silicium gazeux qui se dégage, cl l'alumine , loxide de fer et la potasse qui lui étaient unis eu fluorures flxes solubles. On transforme en sulfates ces composés, et ou opère la séparation de leurs bases par les moyens ordinairement employés dans les analyses des minéraux [Annales de chimie et de physique, tome LVllI, p. 127. avril 18ô:i).

Acide HYORosÉLÉMguE ou selémiiouique. {Sélénide hydrique. Berz.)

l.'acide hydrohélénique à l'élat de liberté est un gaz incolore, d'une odeur semblable à celle de l'acide hydrosulfurique, mais sui\ie d'une sensation à la fois piquante, astringente et douloureuse j sa densité d'après M. Amand Bineau, Cbt de 2,79o. Ce gaz est combustible, il brûle avec une flamme blcuàlre, en laissant déposer sur les parois de la cloche une pellicule rougeâtre de sélénium; il se décompose aussi par le concours de l'eau et de l'air et laisse

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