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sur (lu papier Joseph ot IVxposaiit à une douce chaleur, l'huile esseuliellese vaporise, tandis que l'huile grasse et la résine restent sur le papier et y produisent une tache. L'alcool appliqué sur la tache la fait disparaître si elle est formée par la résine, tandis qu'elle reste si c'est l'huile grasse qui en fait la base. Cette dernière peut encore être reconnue en agitant l'huile essentielle suspecte avec trois à quatre fois son volume d'alcool à 84° cent. , l'huile grasse reste insoluble au fond du vase.
Huile essentielle additionnée d^alcool ou esprit de vin. Lorsque la proportion d'alcool est un peu grande on peut la découvrir en agitant dans un tube de verre bouché par un bout et gradué , un volume d'huile avec un égal volume d'eau distillée. Après l'agitation et quelque temps de repos, l'eau est devenue laiteuse et a augmenté de volume en dissolvant l'alcool qui était mêlé à l'huile, tandis que celle-ci surnage l'eau en occupant un moindre volume.
D'après les observations curieuses de M. Béral, le potassium peut servir avec avantage pour reconnaître avec certitude un douzième d'alcool dans toutes les huiles essentielles, et même un vingt-cinquième dans plusieurs. Dans toute huile essentielle pure un petit morceau de potassium qu'on y plonge n'exerce qu'une action peu sensible et souvent nulle pendant dix minutes et plus^ si au contraire on reporte le même métal dans une huile essentielle contenant une petite quantité d'alcool, il prend aussitôt la forme ronde et l'aspect brillant d'un globule de mercure , il s'agite , s'oxide aux dépens de l'eau contenue dans l'alcool , et disparait plus ou moins promptement avec ua léger bruit.
Pour expérimenter par ce moyen , on met dans un verre de montre, ou une petite capsule de porcelaine, 12 gouttes dhuile volatile et on y porte un petit morceau de potassiiun de la grosseur d'une lèle d'épingle; si ce métal peut rester
dix ou quinzf minutes sans s'oxider et disparaître entièrement, riiuile est exemple d'aloool ou n'en contient pas un vingt-cinquième. Dans toute huile où le potassium disparait en entier en moins de cinq minutes il y a plus d'un vingt-cinquième d'alcool, enfin, si ce métal plongé dans l'huile disparaît en moins d'une minute , l'huile essayée doit en contenir au moins un quart de son volume. [Journal de chimie médicale^ tome III, page 385.) D'après M. Béral , l'huile essentielle de térébenthine paraît faire exception aux autres huiles , car elle se comporte avec le potassium comme si elle contenait une petite quantité d'alcool. Cet effet ne serait-il pas dû à ce que celle essayée par M. lierai contenait un peu d'humidité? Toutefois, si ce résultat se vérifie sur de Thuile de térébenthine bien desséchée, il permettrait de reconnaître aussi sa présence dans les autres huiles essentielles.
Huiles essentielles mélangées avec d autres huiles essentielles plus communes et moins chères. Celle espèce de falsification , fort difficile à découvrir dans beaucoup de circonstances, ne peut être reconnue qu'à l'odeur et à la saveur des huiles, et en les comparant à d'autres huiles essentielles sur la piireté desquelles on est assuré. En versant sur un morceau d'étoffe quelques gouttes de l'huile et agitant l'étoffe dans l'airpour favoriser la vaporisation, on peut distinjjuer, enflaitant de temps en temps, si l'odeur au commencement est la même qu'à la fin de Tévaporation, et par conséquent si l'huile est mélangée avec une autre huile plus ou moins volatile. Ce moyen permet de reconnaître facilement l'huilé' de térébenthine qui serait ajoutée à une autre huile.
Usages. Les huiles essentielles sont très employées en médecine, en pharmacie et dans les arts. La propriété qu'elles ont de dissoudre les corps gras, huileux et résineux, sans agir sur d'autres produits organiques et inorganiques, les fait employer quelquefois dans les labora-
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toirespour opérer leur séparation des derniers. C'est ainsi qu'on peut avec avantage mettre à profit leur action dissolvante dans l'examen des pommades et onguents, afin d'en isoler les substances minérales qu'ils contiennent. ' Huiles fixes ou grasses. Ces huiles se rencontrent principalement dans certaines semences ou dans le péricarpe de certains fruits. On les obtient par expression à la température ordinaire, après avoir pilé les diverses parties des végétaux qui les contiennent. Quelques unes, mais c'est le plus petit nombre, se préparent en faisant bouillir les semences dans l'eau.
Propriétés générales. Les huiles grasses sont presque toutes liquides à la température ordinaire , ou le deviennent à une légère chaleur, elles sont jaunes verdâtres, visqueuses, sans saveur bien distincte, leur odeur nulle pour quelques unes d'entre elles, se rapproche dans d'autres de l'odeur des parties des plantes d'où elles ont été extraites. Elles sont sans action sur le papier de tournesol , leur densité varie entre 0,915 et 0,930. Leur consistance est variable; exposées à une basse température elles se congèlent à des degrés très différents. Chauffées elles ne se volatilisent pas, mais lorsqu'elles ont acquis une température de + 500 à + 520° elles se décomposent en donnant des produits liquides et gazeux qui peuvent s'enflammer alors à l'approche d'un corps en combustion. Les huiles grasses sont complètement insolubles dans l'eau , elles s'y mêlent par l'agitation, mais s'en séparent bientôt parle repos. L'alcool froid n'en dissout qu'une très faible proportion , mais à chaud il en dissout un peu plus. L'huile de ricin fait une exception remarquable par sa solubilité dans l'alcool. L'éther sulfurique, au contraire, les dissout très bien, même à froid, ce qui permet d'employer avec avantage ce liquide dans l'analyse organique pour les extraire des matières qui en con(iennent. Les huilles essentielles
jouissent aussi de la propriété de dissoudre les huiles grasses. Un certain nombre d'huiles grasses s'épaississent par leur exposition à Tair en absorbant Toxigène de l'air, telles sont les huiles qu'on appelle siccative»; d'autres ne se dessèchent pas, deviennent plus consistantes et prennent une odeur et une saveur désagréables, ce qui constitue la rancidité. Dans celte altération elles deviennent légèrement acides.
Composition immédiate. Toutes les huiles grasses sont formées de deux principes, dont l'un est moins solide à la température ordinaire , et l'autre fluide. Le premier, en raison de sa consistance, a été nommé stéaritie, et le second a été désigné sous le nom â^ oléine. C'est aux divers rapports de ces deux principes qu'il faut attribuer la propriété qu'ont certaines huiles de se congeler plus ou moins promptement au fur et à mesure que la température s'abaisse.
Coinposilion élémentaire. Quoique les huiles varient beaucoup moins dans leur composition que les autres produits organiques, le rapport des éléments d'une espèce d'huile à une autre n'est pas la même. Les proportions de carbone varient de 74 à 77 centièmes , celles de l'hydrogène 10 à 45 , et celle de l'oxigène 9 à 14.
Caractères distincti/s. Les huiles grasses, à part les propriétés physiques qui peuvent servir à les distinguer, présentent les caractères chimiques suivants :
1° Projetées sur un charbon ardent ou une spatule rougie au feu, elles se vaporisent en se décomposant et exhalant une odeur particulière caractéristique.
2° Elles sont sans action sur le papier bleu de tournesol j l'alcool bouillant les dissout à chaud et les laisse précipiter pour la plus grande partie par le refroidissement. j,c,i,j
5" Mises en ébuUition avec une solution conceulre'e de potasse ou de soude caustiques, elles se dissolvent , en se
transformant en savons solubles*, la plupart par suite de leur décomposition, donnent de l'acide margarique, de l'acide oléique, et de la glycérine.
< 4*^ Les produits de la saponification des huiles par les alcalis peuvent être séparés par l'intermède des acides minéraux ou végétaux, qui isolent les acides margarique et oléique des combinaisons qu'ils avaient contractées avec ces bases. ( Voyez Savons. )
Le nombre des huiles grasses végétales étant considérable, nous n'exposerons ici que celles qui ont un emploi plus général , en indiquant les falsifications que l'on fait subir à quelques unes et les moyens de les constater.
Huile d'amande douce ou amère. Cette huile qu'on prépare en soumettant à la presse des amandes douces pilées, est privée par la fîltration du mucilage qu'elle entraîne pendant cette opération
Propriétés. L'huile d'amande est inodore, d'une saveur douce, sans aucun arrière goût acre , elle a une couleur jaune ambrée. Sa densité varie de 0,917 à 0,920; d'après M. Braconnot, elle se congèle à — 10", et abandonne de la stéarine dont la quantité s'élève à 2i pour cent d'huile Cette huile est particulièrement employée en médecine. Celle qu'on trouve dans le commerce est parfois mélangée à de l'huile d'oeillette. On prétend que cette falsificatif)n peut se reconnaître à la saveur que présente le mélange, et de plus aux bulles d'air qui se fixent à la surface de l'huile lorsqu'elle a été agitée dans un flacon pendant quelque temps.
Huile d'oeufs. Celte huile, employée en médecine, s'obtient en exprimant entre des plaques de fer chaudes des jaunes d'œufs durcis et chauffés. Elle est en partie fluide et solide, d'une belle couleur jaune orangé, d'une odeur parlirulière et d'uTie saveur douce et agréable. L'huih; d'œufs qu'on vend dans le commerce de la droguerie n'est
souvent qu'une huile fixe colore'e en jaune par la racine de curcuma. On reconnaît facilement cette fraude à la plus grande fluidité de Thuile, à ce qu'elle est alors dépourvue de Todeur caractéristique qui la distingue-, enfin, en la traitant par une solution de potasse caustique elle se colore bientôt en rouge foncé par l'action de cet alcool sur la matière colorante du curcuma.
Huile d'olive. Celte huile extraite par expression du péricarpe des olives, olea europœa de L, varie dans quelques uns de ses caractères d'après le mode de préparation, suivant les pays, et surtout en raison de son ancienneté. Ou en distingue trois sortes dans le commerce : Thuih vierije on surjine, thuilefine et Vhiiile commune; la première est obtenue par une douce pression à froid, la seconde par une pression plus forte et à l'aide de Teau bouillante; enfin on se procure la troisième en faisant houilhr avec de l'eau le marc des olives déjà exprimées.
Propriêlèê. L'huile d'oUve pure est onctueuse, très transparente, d'une saveur douce, d'une couleur tantôt vcrdàtre, tantôt d'un jaune pâle. Sa densité est de 0,919 à + dii" ; elle se congèle facilement à quelques degrés audessus de zéro, et laisse déposer de le stéarine, àO elle est entièrement solidifiée.
De toutes les huiles végétales fixes, l'huile d'olive, en raison de son importance commerciale et de ses usages, est celle qu'on falsifie le plus souvent, en y ajoutant des huiles de graines moins chères, et particulièrement de l'huile d'œillette ou de graines de pavot. Cette fraude peut être distinguée par plusieurs moyens qui ont été proposés successivement.
l''Les caractères qui font distinguer l'huile d'œillette de l'huile d'olives, sont la saveur qui sans être désagréable dans la première est bien dillérente de celle de l'iiuile d'olive j ï odeur, la viscosité qui est telle qu'en agitant l'huile
d'œillette dans une bouteille, il s'y forme d«6 bulles d^air qui s'éièveut à la surface quand on cesse de remuer, se disposent à la surface de l'huile les unes à côté des autres, et forment ce qu'on appelle un chapelet, ces bulles ainsi disposées persistent plus longtemps que celles qui se font remarquer dans 1 huile d'olive qui a été agitée et abandonnée à elle-même. Enfin la congélation de l'huile d'olive au dessus de zéro permet de la distinguer de l'huile d'oeillette qui ne se congèle qu'à plusieurs degrés au dessous de celte température.
Ce moyen souvent employé par les commerçants, s'exécute en mettant une faible quantité d'huile à essayer dans un tube de verre mince que Ton plonge dans la glace en fusion : Thuile se congèle d'autant plus vile qu'elle contient moins d'huile d'œillctte j 2 parties d'huile d'olive et 1 partie d'huile d'oeillette restent liquides même à zéro.
Un second moyen a été recommandé par M. Poulet de Marseille; il est fondé sur la propriété que possède l'huile d'olive pure d'èlre concrétée au bout d'un certain temps par son mélange avec une dissolution de mercure dans l'acide nitrique. Cette liqueur d'essai se prépare en dissolvant à froid G parties de mercure dans 7 parties 1/2 d'acide nitrique à 38° -, pour opérer avec cette liqueur, on prend 12 parties d'huile et une partie de la dissolution mercurielle qu'on agite de temps en temps dans un tube gradué j le mélange s'épaissit peu à peu , et au bout de vingt-quatre heures il est pris en une masse solide, de la consislance du beurre fondu. Si l'huile d'olive est mêlée à quelque autre huile végétale, celle-ci se prend en J)ouillie de la consistance de l'huile figée, mais ne forme point de masse dure, et à mesure que la quanlilé d'huile étrangère augmente, la consistance de ce mélange diminue. Lorsque la proportion d'huile de graine est un peu forte, elle reste liquide après l'opération, et on peut alors juger de saquau-
tilë. Cette épreuve, par la dissolution mercurielle, présente beaucoup moins de certitude depuis que M. Félix Boudet a démontré que d'autres huiles pouvaient se coajjuler par cette dissolution, et surtout par l'acide hyponiirique qu'elle contient. L'action de l'acide hyponi trique sur les huiles, leur solidification dans des temps différents, comme l'a démontré M. FéHx Boudet, fournit, suivant lui, un moyen plus précis de déterminer la pureté de l'huile d'olive. (Voyez Acide hypotiitriqne , ses usages comme réactif .)
M. Rousseau a proposé, il y aune quinzaine d'années, une autre méthode pour reconnaître la pureté de l'huile d'olive, qui est fondée sur la propriété qu'elle possède de ne conduire que très difficilement l'électricité, tandis que les autres huiles végétales la transmettent facilement. Ce moyen nécessite l'emploi d'un appareil particulier qu'il a désigné sous le nom de diayomètre , et dont nous allons faire connaître ici les parties principales, fig. A.
A est une cloche en cristal reposant sur un plateau mobile de résine RR j au milieu de ce plateau est fixée une tige métallique très fine qui supporte une aiguille faiblement aimantée EE, portant à l'une de ses extrémités un petit disque de clinquant. Une tige métallique horizontale
fait communiquer le support de l'aiguille avec une petite capsule de métal contenant l'huile à essayer; sur le trajet de cette ti^e horizontale s'élève une deuxième tige K terminée à la hauteur de l'aiguille par un autre disque en clinquant , enfin une petite pile galvanique sèche P, construite avec de petites rondelles de zinc et de cuivre entre lesquelles on place des rondelles de papier huilé avec de l'huile d'oeillette, est placée verticalement à une petite distance. On établit sa communication avec la petite capsule, au moyen d'un fil de platine.
Pour expérimenter à l'aide de cet appareil on tourne le plateau mobile de résine, jusqu'àce que l'aiguille aimantée étant dans le méridien magnétique , le petit disque qu'elle porte vienne toucher le disque delà tige verticale K. On met alors dans la petite capsule de l'huile et on établit la communication avec la pile. Lorsqu'on fait usage d'huile d'olive pure , on n'aperçoit aucun mouvement dans l'aiguille ; mais si elle est mélangée d'huile d'oeillette ou de toute autre huile de graines, l'aiguille est aussitôt déviée par le passage de l'électricité qui détermine une répulsion entre les deux disques et les tient à une certaine distance l'un de l'autre.
La conductibilité de l'huile est mesurée par l'arc de cercle parcouru sur la circonférence de la cloche, et par le temps que l'aiguille met pour atteindre son plus haut degré de déviation. Moins l'huile est conducteur de l'électricité , plus la déviation est lente. D'après les expériences de M. Rousseau , l'huile d'olive conduit G75 fois moins bien l'électricité que toute autre huile vé;>étale. On peut avec l'appareil que nous avons décrit, reconnaître un centième d'huile étrangère ajoutée à l'huile d'olive.
Huile d'oeillette. Sous ce nom on désigne dans le commerce l'huile obtenue par expression des graines torréfiées du pavot. Celle huile qu'on emploie comme aliment
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dans certains pays, ressemble un peu par sa couleur , sou aspect à Ibuile d'olive-, sadensité est un peu plus orande,elle est de 0,924 à -}- 15°, celte huile est un peu plus visqueuse, inodore et insipide, sa congélation n'a lieu qu'à — 18°. Pour ses caractères, voir ceux que nous avons établis à l'article Huile d'olive .
Huile de li>'. Cette huile retirée des graines du lia, est d'un jaune clair ou d'un jaune brunâtre , elle a une saveur et une odeur particulières.
Sa (lonsité est de 959 à + 12"; sa congélation n'a lieu qu'à — 27,5. Exposée à l'air elle s'épaissit et se dessèche peu à peu ; chauffée avec delà litharge en poudre fine elle en dissout une certaine quantité, de manière à se dessécher ensuilepluspromptementàrair. Cet te huile ainsi préparée pour l'usage de la peinture devient plus siccative , elle est cotmuc sous le nom cChuile de lin cuite. On reconnaît la présence de l'oxide de plomb qu'elle contient en en élcndant une couche mince sur du papier et y versant une solution d'acide h)'drosulfurir|ue ou de sulfure de potassium, elle noircit immédiatement par la formation du prolosulfure de plomb. ,
Huile de ricin. L'iiuilede ricin, désignée encore sous le nom d'huile de palma christi, dont l'emploi est si fréquent en médecine , s'obtient par expression des semences mondées du ricin, [liiciîius communis.)
rrupriétés. Cette huile est peu lluide, visqueuse , incolore ou légèrement colorée eu jaune; elle est sans odeur, d'une saveurdouce et fade, mais sans aucune acreté quand elle est pure et récente. Sa densité est de 0,9()9 à -f- 12°. A — 1<S" elle se solidifie en une masse jaune, transj)arente.
Par son exposition à l'airelle rancit, devient plus épaisse, plus viscjucusc, et se dessèche ensuite. L'huile de ricin présente une eltirérence importante avec les autres huiles, par sa solubilité dans l'alcool à 40°. Cette propriété permet
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non seulement de la distinguer, mais encore de constater facilement si celle qu'on trouve dans le commerce est mélangée avec une autre huile fixe, d'un prix moins élevé. Pour s'assurer de la pureté de l'huile de ricin , on en met une petite quantité dans un tube gradué et on y verse dessus 6 ou 8 fois son volume d'alcool à 40°. Après une vive agitation on laisse reposer, l'alcool dissout toute l'huile de ricin, et laisse intacte l'huile étrangère qui y a été ajoutée.
Cette propriété de l'huile de ricin ainsi que les produits particuliers qu'elle fournit par la saponification et la distillation , établissent sa nature particulière comme l'ont prouvé les expériences de MM. Bussy et Lecauu.
Les autres huiles fixes employées dans les arts , telles que celles de colza, de navette , de chenevis , de noix, de noisette, présentent des propriétés chimiques plus ou moins analogues à celles des huiles que nous avons précédemment décrites.
Huile de vitriol. Nom ancien et vulgaire de l'acide sulfurique. {Foyez ce mot.)
HYDRACIDES. Terme adopté pour désigner une classe d'acides formés par l'union d'un radical simple ou composé électro-négatif avec l'hydrogène. Les hydracides d'après M. Berzelius se partagent en deux sections , en hydracides des corps halogènes tels sont les acides hydrochlorique, hydriodique,hydrobrômique, hydrofluorique,hydrocyaniquc , et en hydracides des corps amphigèues , tels sont les acides hydrosulfurique, hydrosélénique , hydrotclluriquc , etc. Dans leur combinaison avec les oxidcs métalliques, les hydracides se décomposent toujours de manière que leur radical s'unit au métal de l'oxide , tandis que l'oxigcne de celui-ci se porte sur l'hydrogène de l'acide pour former de l'eau. Les corps élcctro-négatifsne forment qu'une seule série d'acides en s'unissanl ù l'hydrogène»
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Dans les uns le rapport en volume du radical à l'hydrogène est :: 1 : 1 ; dans quelques autres :: 1 : 2 :
HYDRATES. On donne ce nom aux combinaisons solides que forme l'eau avec quelques corps simples et un ;;rand nombre de corps composés. Ces combinaisons dans lesquelles l'eau est retenue avec une plus ou moins î>rande force se font dans des proportions définies. C'est entre les oxides métalliques et l'eau que les premières observations sur les hydrates ont été faites; depuis on a reconnu que beaucoup d'autres corps pouvaient s'unir à l'eau et produire des composés particuliers.
» Dans quelques hydrates , l'eau est dégagée par l'action seule du calorique, quelques uns sont indécomposables par cet agent , dans d'autres il est nécessaire de faire intcrvenir des corps dont l'affinité plus puissante chasse l'eau qui était combinée.
C'est à l'état d'hydrates que se trouvent la plupart des acides liquides et cristallisés qu'on emploie dans les arts et en médecine, ainsi qu'an certain nombre d'oxides métalliques. L'eau de cristallisation des sels peut être considérée comme formant un véritable hydrate avec le sel anhydre. Dans toutes ces combinaisons où l'eau entre comme élément nécessaire , il y a d'après les observations de M. Berzelius un rapport simple entre l'oxigène de l'oxide ou de l'acide et l'oxigène de l'eau. . ,: : ■. .^.•■,
Quelques matériaux organiques paraissent susceptibles de s'unir eu proportions délinies avec l'eau , et de former de véritables hydrates. D'après les observations de M. Chevreul, les tissus organiques eux-mêmes doivent à l'eau (jui leur est combinée, rélasliciléetlacompressibilité qu'ils possèdent, propriétés qu'ils perdent par la dessiccation A une douce chaleur, et qu'ils reprennentpar leur immersion dans l'eau toute celle qu'ils contenaient d'abord.
IIÏDRIUUATLS. Classe de sels formés par runion de
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l'acide hydriôdi que avec les bases salifiables. Ces combinaisons n'exisleul réellement qu'à iV^aid des bases organiques et de l'ammoniaque, car les oxides métalliques sont décomposés par leur contact avec l'acide hydriodique et transformés en iodures. (Voyez lodures pour les caractères généraux attribués aux hydriodates.)
Hydriodate de potasse. (Nom sous lequel on a d'abord désigné riodure de potassium , voyez ce mot.)
HYDROBRÙMAÏES ou BRÔMHYDRAÏES. Classe de sels formés par l'acide bydrobrômique. (Voyez Bromures pour les caractères attribués à ces sels.)
HYDROCHLORATES ou CHLORHYDRATES. Genre de sels produits par l'union de l'acide liydroehlorique avec les bases taliliables. (Voyez Chlorures métalliques pour les caractères attribués à ces sels.)
Hyokochlorate d'ammokiaque ou Chlorhydrate d'aji- MONiAQXJE. (Sel ammoniac , muriate d'ammoniaque des anciens chimistes. Clilo7-ure anmionique , Berz.) D'après l'opinion de ce savant cliimiste sur la compositiou des sels ammoniacaux , ce sel serait un composé de chlore et d'ammonium , par conséquent dans l'union du gaz ammoniac avec l'acide hydrochlorique , l'hydrogène de ce dernier se porterait sur l'ammoniaque pour constituer l'ammonium, qui resterait uni au chlore et formerait un chlorure d'ammonium correspondant aux autres chlorures alcalins. Cette hypothèse fait donc disparaître les hydrochlorates, hydriodates et hydrobromates d'ammoniaque , comme sels particuliers en les rapprochant de la théorie des chlorures , bromures, iodures, etc.
L'hydrochlorate d'ammoniaque qui est connu si oéoéralement sous ce nom , existe en petite quantité dans le règne minéral et dans le règne organique. Mais tout celui qu'on trouve dans le commerce est un produit artificiel. Autrefois ou tirait ce sel de l'Egypte, où ou l'extrayait par
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sublimation de la suie produite par la combustion de la fiente des chameaux ; mais ajourd'hui tout celui qui est livré aux besoins des arts, est pre'paré en Europe avec l'ammoniaque qui se forme dans la distillation des os ou autres matières animales azotées. •' •''.
Propriétés. Le sel ammoniac se rencontre dans le commerce sous forme de pains hémisphériques, blancs, demitransparents , compactes , et d'une cassure fibreuse. Il n'a point d'odeur , sa saveur est acre et piquante. Sa densité est de 1,450. Ainsi sublimé il est assez dur et tenace pour fléchir sous le pilon avant de se réduire en poudre. Exposé à l'action du calorique il se volatilise sans fondre et sans éprouver d'altération. A l'air sec il ne s'altère pas, mais à l'air humide il s'humecte et est déliquescent. L'eau à + 400 en dissout un poids égal au sien , à + 15 il faut 2,72 parties d'eau pour dissoudre 1 partie de ce sel. Sa solution aqueuse concentrée cristallise ordinairement en aiguilles disposées comme les barbes d'une plume , et d'autres fois en cubes ou en octaèdres.
Composidon. Ce sel est formé de volumes égaux de gaz hydrochlorique et de gaz ammoniac, ou en poids de :
Acide hydrochlorique. 67, G7 ou 2 atomes.
Ammoniaque 32,33 2 atomes.
100,00 Sa formule = 2ChMr + 2N^ II5. Considéré comme clilorure d'ammonium , la formule est alors Ch'^ -j- JV' H^.
Caractères distinctijs. i" Chauffé sur un charbon incandescent, rhydrochlorale d'ammoniaque se réduit totalement en vapeurs blanches d'une odeurpiquante. Si la calcination se fait dans un tube bouché , il se sublime sans résidu en une matière blanche.
2° Mis en contact avec de l'acide sulfuriquc hydraté il se décompose avec effervescence vive et dégagement de
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fjaz hydroclilorique qui apparaît dans l'air seus forme de vapeurs blanclies dVine odeur acide Irt-s piquante.
5" Traité par l'eau il se dissout faeilement en produisant un abaissement de tenipéralure: la solution aqueuse est neutre; elle produit avec le nitrate d'argent et le protonitrate de mercure des précipités floconneux blancs insolubles dans l'eau et l'acide nitrique, le premier précipité se redissout peu à peu dans un excès d'ammoniaque pure. Les solutions de carbonate de potasse et de cyanure de fer et de potassium ne produisent aucun effet apparent avec la solution de cet hjdrochlorate, le premier sel détermine seulement un dégagement d'odeur ammoniacale due au carbonate d'ammoniaque qui s'est formé.
4" Si l'on triture à sec dans un petit mortier d'agate ou de porcelaine une petite quantité d'hydrochlorate d'amr moniaque avec un peu d'hydrate de potasse ou de la chaux en poudre, il se dégage à l'instant ime forte odeur d'ammoniaque. : ' ' ■( . ■ ..,>. !.■.■.-.
Usages. L^hydrocïilorate d'ammoniaque est employé dans les recherches d'analyse minérale pour précipiter le bichlorure de platine avec lequel il forme un précipité jaune orangé peu soluble dans l'eau froide. C'est sur cette précipitation qu'est fondée la séparation de ce chlorure de quelques autres chlorures métalliques solubles. Ou l'emploie en solution dans l'eau saturée à la température ordinaire.
Cette même solution de sel ammoniac peut servir à séparer l'alumine dissoute dans une solution de potasse , elle a un avantage, c'est que l'alumine étant insoluble dans cette solution , on peut en mettre un excès sans craindre d'en redissoudre la plus petite quantité, ce qui peut arriver quand on sature la solution alcaline par un acide et qu'on en a mis un léger excès. La glucine dissoute dans la potasse est également précipitée par la solution d'hydro-
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chlorate d'ammoniaque. Dans ces précipitations ou conçoit que la potasse en réanfissant sur le sel ammoniac en al lire l'acide hydroclilorique qu'elle décompose pour produire du chlorure de potassium soluble. L'alumine et la glucine se trouvent donc isolées et se précipitent à l'état d'hydrates sous forme de flocons blancs , gélatineux.
HYDROCYANATES ou CYANHYDRATES. Sels résultant de l'union de l'acide hydrocyanique avec les oxides métalliques. Pour les caractères attribués à ces sels voir les Cyanures.
Hydrocyahate we POTAssE.(Voy. Cyanure de potassium.)
Il y DROCYA^•ATE FERRURE DE POTASSE. ( Voycz Cyaiiure dejer et de potassium.)
HYDROGENE. (^Air inflammable , air phlocjistiqué dei anciens chimistes.) Ce corps simple, rangé dans la série des corps combustibles niéialloïdes se présente à l'état gazeux. On le trouve, non seulement dans l'eau dont il est un des principes constituants comme l'indique son nom, mais il forme un des éléments de tous les êtres organisés tant végétaux qu'animaux. Dans les laboratoires ou l'obtient de la décomposition de Teau par le zinc ou le fer ; mais pour l'avoir dans un grand état de pui'eté, il faut opérer sur ces métaux purs et faire passer le gaz à travers une solution d'hydrate de potasse. , ,,
Propriétés. Le gaz hydrogène dans son état de pm'eté u'a point d'odeur sensible, il est incolore. Sa densité est de 0,(X)8H d'après MM. Berzelius et Dulong , c'est à dire tnviron quatorze fois et demie moins grande que celle de l'air ; aussi peut-on le faire passer aisément d'un vase inférieur qui en contient dans un vase supérieur rempli d'air atmosphérique. Il est impropre à la combustion et à la respiration, mais il brûle à l'approche d'un corps enllammée, couche par couche, avec une llamme jaunâtre si peu intense qu'elle est à peine visible au grand jour. Mêlé
avec son volume d'air, il détone subitement quand on approche une bougie allumée de l'orifice de la cloche qui renferme ce mélange. Ce gaz brûlé à l'extrémité d'un tube effilé ne produit aucune odeur , et ne laisse déposer sur les corps froids que »le l'humidité provenant de la condensation de la vapeur d'eau formée. Le gaz hydrogène préparé par les moyens ordinaires conserve toujours une légère odeur alliacée, due soit aune petite quantité de carbure d'hydrogène qui s'est produit pendant sa préparation , soit à des traces d'hydrogène arsénié qu'il peut contenir. Le signe représentatif de l'atome d'hydrogène est représenté dans toutes les combinaisons chimiques par la lettre II , et deux atomes d'hydrogène par H.
Caractères distinctifs. L'hydrogène est facile à reconnaître à son inflammation et à la flamme peu intense qu'il produit pendant sa combustion ; mais comme on pourrait le confondre avec quelques autres gaz hydrogénés, on constate sa pureté en le faisant détoner dans l'eudiomètre à mercure ou à eau avec son volume d'oxigène pur. Il absorbe pour brûler exactement la moitié de son volume de gaz oxigène et le produit est de l'eau pure. Le résidu de la combustion ne doit pas troubler l'eau de chaux, ni diminuer de volume quand on l'agite avec cette solution , ce c[ui arriverait si le gaz hydrogène contenait un peu de carbone en combinaison, car alors il se formerait pendant la combustion une petite quantité de gaz acide carbonique.
Usages. Le gaz hydrogène est fréquemment employé dans les recherches analytiques sur les gaz qui contiennent de l'oxigène libre. Comme il a la propriété de s'unir à la moitié de son volume d'oxigène sous l'influence de l'étincelle électrique, il oflie, ainsi que nous l'avons rapporté à l'analyse de l'air, un moyen sûr et prompt de déterminer sur le champ la quantité d'oxigène libre qui existe dans un mélange gazeux. (Voyez Air, page li28.)
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M. James î\Iarsh a foil une lieurouso applicalion do la propriété que possède ce gaz, de réduire l'acide arsénieux libre ou combiné, et de former avec lui un composé gazeux dont les plus petites quantités peuvent être aperçues par la combustion, pour reconnaître ce poison dans les divers cas d'empoisonnement. (Voyez Acide arsénieux .)
IhDROGÈ^E ARSEKiÉ OU ARSF.îJiQTJÉ. (^Arséiiiure triliydriqiie, l)erz.)Ce composé est gazeux àla température ordinaire; on le forme en faisant agir sur certains arséniures métalliques de l'eau et un acide.
Propriétés. Le gaz hydrogène arsénié est incolore , d'une odeur nauséabonde désagréable très caractérisée; sa densité est de 2,695. Il est très vénéneux et dangereux à respirer, même en petites quantités. Par un abaissement de — AO degrés il peut être liquéfié. Ce gaz éteint les corps en combustion; mais la première couche s'enflamme au contact de l'air et continue à brûler avec une flamme blanche d'une odeur alliacée; en brûlant il dépose sur les parois de la cloche une croûte brune d'hydrure d'arsenic.
L'hydrogène arsénié mêlé avec de l'air ou de l'oxigène, brûle avec détonation , suivant la quantité d'air, il se dépose de Tarsenic ou il se forme de l'acide arsénieux. Il est excessivement peu solublc dans Tcau , mais conservé sur l'eau aérée il se décompose peu à peu en abandonnant soil de l'hydrure d'arsenic, soit de l'arsenic.
Composition. Ce gaz renferme exactement une fois et demie son volume d'hydrogène et un demi-volume de vapeur d'arsenic, ou en poids.
Arsenic 98,05 1 atome.
Hydrogène.... 1,95 5 atomes.
iOO,0() Sa formule = As IF.
IIYD '^S.'S
Caractères distinetifs. i" Les produits de la combustion de ce gaz à l'air fournissent déjà un moyen de le reconnaître entre les autres composés gazeux hydrogènes.
2" Mis en contact avec une solution de deutosulfate de cuivre ou de deutochlorure de mercure , il est absorbé et décomposé sur le champ ; il se dépose des flocons bruns d'arsenic , d'hydrure d'arsenic et d'arséniures métalliques. Cette action permet de reconnaître la quantité d'hydrogène libre que contient toujours le gaz pur hydrogène arsénié préparé par les moyens des laboratoires.
5° Chauffé avec de l'étain dans une cloche courbe , il est décomposé et il laisse du gaz hydrogène pur.
A" Agité avec une solution de chlore , il est absorbé et transformé en acide hydrochlorique et en acide arséuieux dont la présence peut alors être reconnue par l'acide hydrosulfurique.
Hydrogène azoté. Nom qu'on donne à l'ammoniaque. {Voyez ce mot.)
Hydrogène carboné. On désigne par cette dénomination les divers composés gazeux que forment l'hydrogène et le carbone. On en distingue deux sortes qui ont été plus particulièrement étudiées par les chimistes , et qu'on rencontre , soit dans la nature , ou qui se produisent dans différentes réactions chimiques. Ces combinaisons sont connues dans la nomenclature suédoise sous le nom de carbures hydriques.
Hydrogène bicarboné ou deutocarboné. Ce composé gazeux a reçu successivement les noms de gaz oléfiaut et d'hydrogène per carboné. M. Berzélius, dans sa nomenclature chimique, le distingue sous le nom de carbure diliydrique.
Le gaz hydrogène bicarboné se produit dans la décomposition par le feu du charbon de terre, des huiles, du suif et des résiaesj c'est sur ce principe qu'est fondée Tex-
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traction de celui qu'on emploie à l'éclairage dans les arts. Daus les laboratoires on l'obtient de la décomposition de l'alcool par l'acide sulfurique.
Propriétés. Ce gaz est incolore, dune odeur emp} reuniatique -, sa densité est de 0,9852. II est peu soluble daus l'eau et impropre à la combustion. Au contact de l'air et d'une bougie allumée , il brûle avec une llamme blanche éclatante , qui répand beaucoup de clarté , et dépose du noir de fumée sur les corps froids. Mêlé avec de l'air ou de Voxigène , il détone à l'approche d'un corps en combustion, en donnant pour produils de l'eau et de l'acide carbonique. .
Composition. D'après des considérations déduites des produils de sa combustion et de sa densité particulière, ou admet qu'il est formé d'un volume de vapeur de carbone et de deux volumes de gaz hydrogène -, ou en poids de :
Carbone 80, 80 1 atome.
Hydrogène... li,20 2 atomes.
d 00,00 Sa formule = C II'.
Caractères dislinctifs. 1" Ce gaz combustible est sans action sur la teinture de tournesol, il peut être distingué de riiydrogène protocarboné à la llanune éclatante qu'il répand en brûlant et à la suie noire qu'il dépose.
2° Les solutions alcalines ne l'absorbent pas, mais le gaz chlore s'y combine àla température ordinaire, en fournissant un produit qui se condense sous forme d'un liquide oléagineux , d'une odeur aromatique et élhérée. Cette combinaison que le chlore produit directement avec ce gaz, permet non seidcment de le reconnaître dans son mélange avec les autres lluides élastiques, nmis encore d'en appré-
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cier la quantité en opérant avec certaines précautions sur la cuve à eau.
ù" Mêlé avec cinq fois son volume d'oxifjène pur et brûlé dans l'eudiomètre par rétincelle électrique , il fournit après la combustion 4 volumes composés de 2 volumes d'acide carbonique et 2 volumes d'oxigène en excès ; par conséquent 1 volume d'oxigène qui a disparu a du brûler 12 volumes d'hydrogène que contenait le volume d'hj^drogène bicarboné.
Usages. L'hydrogène bicarboné n'est employé que pour l'éclairage en grand, mais il n'est jamais pur tel qu'on l'obtient des diverses matières qui servent à le préparer ; après sa purification , il est mélangé encore d'hydrogène protocarboné, de gaz oxide de carbone et d'hydrogène, dans des proportions variables suivant la température à laquelle il a été produit. Le gaz retiré du charbon de terre, et propre à l'éclairage après avoir été purifié, ne contient que de 7 à 15 pour cent d'hydrogène bicarboné d'après les expériences de M. Henry de Manchester; les gaz combustibles provenant de la décomposition des huiles eu renferment, d'après le même auteur, de 19 à 38 p. cen(.
Hydrogène protocarboné ou demi-carbowé. Ce gaz a été distingué par les anciens chimistes sous le nom de f^az hydrogène des ^narais. M. Berzélius le désigne aujourd'hui sous le nom de carbure tétraliydrigue. On le rencontre dans la vase des eaux stagnantes et des marais , d'où on peut le recueillir •, il s'y forme par suite de la décomposition des matières organiques. Dans plusieurs localités en Italie il s'en dégage de la terre-, certaines sortes de houilles lorsqu'elles sont cxcavées donnent lieu à un dégajjement de ce gaz dont l'émission se continue spontanément et pendant un assez longtemps. Cest au mélange de ce gaz avec l'air almosplu'riqa(^ et à sa détonation qui devient si souvent dangereuse pour les ouvriers mineurs, que ceux-ci
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ont donné le nom àe/eu grisou, ierrou ou hrisou. Les accidents produits par ces détonations peuvent être prévenus à 1 aide de l'ingénieuse lampe de Davy qui permet aux ouvriers de travailler sans danger au milieu de ces mélanges combustibles et détonants.
Propriétés. L'hydrogèue protocarboné est un gaz incolore, inodore, insoluble dans l'eau. Sa densité est de 0,559. 11 brûle à rapproche d'une bougie allumée, avec vme flamme bleu-pâle qui n'a que peu d'intensité. Mêlé d'air ou d'oxigène il détone par la chaleur en se transformant en acide carbonique et en eau.
Composition. Il est formé d'après les produits qu'il donne par sa combustion d'un demi-volume de vapeur de carbone et de deux volumes dhydrogène , ou en poids de :
Carbone. . . . 75,17 ou 1 atome.
Hydrogène.. !2i,85 4 atomes.
100,00 Sa formule = C H*.
Caractères distinclijs. 1° Le gaz hydrogène protocarboné en brûlant à l'air produit de l'eau et de l'acide carbonique sans déposer de carbone, comme le fait le gaz hj'drogène bicarboné.
i2° Le chlore n'agit pas sur lui à la température ordinaire.
5° Mêlé à 5 volumes d'oxigène dans l'cudiomètre à mercure il absorbe pour sa combustion 2 volumes de ce ga^: et fournit 1 volume de gaz acide carbonique ; l'autre volume d'oxigène qui disparaît se combine à 2 volumes d'hydrogène pour produire de l'eau. '
]1yt)rogI:?<e PERPiiosi'iioKB. [Phosphure hihydrique , Berz.) C'est un composé gazeux, spontanément inilammable à la température et ù la pression ordinaires. 11 se produit : 1° dans la décomposilioa de l'eau en présence du
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phosphore el d'un oxkle alcalin -, î^" dans racliou de Teait sur certains phosphures métalliques -, 5" en chauffant l'acide bypophosphoreux et les hypophosphites. Ce gaz se forme aussi dans la décomposition putride de certaines matières animales qui contiennent du phosphore au nombre de leurs éléments.
Propriétés. Le (^^az hydrogène perphosphoré est incolore, peusoluble dans l'eau et sans action sur la teinture de tournesol. Sa densité est de 1,751. Mis en contact avec l'air atmosphérique il s'enflamme spontanément et brûle avec une flamme jaunâtre, très intense, en produisant une fumée blanche épaisse d'acide phosphorique. L'eau en dissout environ 1/iO de son volume j cette solution a une odeur alliacée et une saveur désagréable. Abandonné dans une cloche il se décompose sous rinllueuce de la lumière en laissant déposer del'hydrurede phosphore sur les parois de la cloche, et en passant à l'état d'hydrogène protophosphoré.
Composition. Ce gaz est formé en poids de : Phosphore. . . . 94,02 ou 1 atome.
Hydrogène. ... 5,98 2 atomes.
Sa formule = Pli 11^.
Caractères distinctifs. 1° LMnflammation spontanée de ce gaz à l'air, la vapeur blanche aride d'acide phosphorique qui en résulte , l'odeur alliacée qu'il communique à l'air le font reconnaître facilement des autres gaz composés.
2° Ce gaz n'est point al)sorbé par les solutions alcalines, mais plusieurs dissolutions métalliques, telles que celles de cuivre, de plomb, d'étain cl d'argent, l'absorbent en le décomposant ; il résulte de celte réaction de l'eau, de l'acide phosphorique et un phosplmrc métallique qui apparaît sous forme de flocons bruns.
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5° Chaufté avec du potassium dans une cloche courbe , le phosphore qu'il contient s'unit à ce métal et l'hydrogène reste pour résidu.
Hydrogène protopuosphoré. (Phogphure irihi/drique, Berz.) Ce composé gazeux s'obtient ordinairement en chauffant dans un appareil distillatoire une solution concejîtrée d'acide phosphoreux ou d'acide hypophosphorique.
Propriétés. Il est incolore, d'une odeur alliacée forte -, il ne prend pas feu à sou contact avec l'air à la pression ordinaire. Sa densité est de 1,21 i. L'eau en dissout 1/8 de son volume , cette solution en contracte l'odeur particulière.
Composiliotu II contient sur cent parties.
Phosphore. . . 91,28 ou 1 atonie.
Hydrogène... 8,72 5 atonies.
Sa formule = Ph IP.
Caractères disfinctifs. \° Ce gaz ne peut être confondu avec le précédent composé car il n'est pas spontanément inflammable.
2° A l'approche d'une bougie allumée il brûle avec une flamme jaunâtre peu intense, et fournit de l'acide phosphoriquc qu'on peut reconnaître facilement en lavant avec un peu d'eau la cluche dans laquelle la combustion a eu li<u.
'">" Traité par une solution de deutosulfate de cui\re il est al)sorbé et décomposé entièrement par ce sel ; mais s'il contient du gaz hydrogène libre, comme cela a lieu ordinairement, ce gaz reste pour résidu.
•i" Agité avec une solution de chlore il cet décuniposé cm donuani naist^ance à de l'acide hydrochloriquc cl ;"i de l'acide phosphoriquc (juc l'on retrouve ensuite en solution dans l'eau.
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5° Calciné dans une cloche courbe avec du cuivre métallique ou du potassium , il laisse du gaz hydrogène pur.
Hydrogène sélénié. Nom qu'on donne au gaz hydrosélénique. [Voyez ce mot.)
Hydrogène sulfuré. Nom donné au gaz hydrosulfurique avant qu'on l'eût considéré comme un véritable hydracide. (Voyez Acide hydrosulfurique.)
Hydrogène tellure. Sous cette dénomination on désigne un composé gazeux d'Iiydrogène et de tellure qui jouit des caractères acides appartenant aux autres hydracides, et se rapproche des acides hydrosélénique et hydrosulfurique.
Ce composé se forme en traitant par l'eau et un acide la combinaison du tellure avec le potassium ou le zinc.
Propriétés. Le gaz hydrogène tellure ou tellurique est incolore , d'une odeur tout à fait analogue à celle de l'acide hydrosulfurique. Sa densité est de 4,489 , d'après M. Amand Bineau; il rougit la teinture de tournesol et se dissout un peu dans l'eau. Sa solution aqueuse exposée à l'air se décompose , prend une couleur brune et laisse déposer des flocons bruns de tellure, le chlore agit de la même manière; mais un excès de chlore redissout le précipité brun de tellure en s'y combinant. Toutes les dissolutions métalliques sont précipitées par cet acide et il se forme des composés insolubles de tellure avec les métaux.
HYDKOSÉLENIATES. Composés résultant de l'union de l'acide hydrosélénique avec les bases saliliables. (Pour les caractères \oye/. Séléniures.)
IIYDROSULFATES. IVom sous lequel on désijjnc encore quelquefois les composés solubles produits par raction de l'acide hydrosulfuri([ue sur les oxides alcalins, composés qui sont aujourd'hui regardés comme de véritables sulfures cuntenant un atome de soufre contre un atome de
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niëtal. Pour les caractères attribués à ces sels, voyez à rarticle. Sul/ures. Monosuffures.
Hydrosulfate d'ammoniaque. Salt'hydrale tramniouia- (jue. [Sul/hydrate ammonique. Berz.) Ce sel peut être préparé tant par la voie sèche que par la vole humide. Obtenu par le premier procédé il se présente en cristaux lamelleux, transparents et incolores, d'une odeur forte. Ce sel est très volatil , il absorbe promptement l'humidité de l'air, en attire l'oxigène, et prend une couleur jaune ( n se transformant en hydrosulfate sulfuré ou en bisulfure d'ammonium, d'après M. Berzélius.
Co?n]JOsilio7i. L'hydrosulfate d'ammoniaque sec est formé de volumes éj^aux de j^az hydrosulfurique et de {jaz ammoniac.
Pour rusaj>e des laboratoires de chimie on prépare ce sel par la voie humide, en saturant l'ammoniaque liquide lie }>az hydrosulfurique; il est alors sous la forme d'un liquide incolore, d'une forte odeur d'acide hydrosulfurique -, mis en contact avec l'air il en absorbe l'oxi^èue et prend une couleur jaune comme le sel anhydre. C'est sous cet éiat liquide qu'on en fait usa[je comme réactif. On doit le conserver dans des flacons bien bouchés et qui en soient presque remplis.
Caractères distiiictifs. i° L'hydrosulfate d'annnoniaciue liquide est facile à distinjjuer par son odeur fétide très forte -, la vapeur qu'il laisse exhaler noircit immédiatement un papier trempé dans une solution d'acétate de plomb ou de nitrate d'argent ; en approchant de cette vapeur un tube imprégné d'acide hydrochlorique ou nitrique faible, des vapeurs blanches épaisses apparaissent autour du tube.
2° Traité i)ar l'acide sulfuri([ue ou l'acide hydrochlorique «'tendu d'eau il est décomposé avec effervescence en laissant exlialer une odeur très prononcée de gaz hydrosulfurique.