PARAGRAPHE SIXIÈME
De% moyens de recueilli)' les précipités pour en évaluer le poids.
Les composés qu'on forme par précipitation, ou les corps qu'on isole par ce mode de séparation, doivent, dans les analyses quantitatives qu'on entreprend, être recueillis avec soin, desséchés ensuite, et pesés exactement, afin de déduire leur proportion ou celle de l'un des éléments qui entrent dans la composition du corps analysé.
Plusieurs méthodes sont usitées dans les latora to ires j l'une d'elles consiste à laisser déposer le précipité au fond du vase où on l'a formé, puis à décanter le liquide surnageant parfaitement clair, soit à l'aide d'un siphon amorcé d'eau distillée, ou à l'aide d'une pipette de verre, à délayer le dépôt avec plusieurs fois son volume d'eau distillée tiède, à laisser ëclaircir encore la liqueur pour la décanter de nouveau , et à répéter ces lavages plusieurs fois, jusqu'à ce que l'eau qu'on en sépare par décantation soit non seulement insipide, mais ne contienne plus rien en solution. Le précipité ainsi lavé, remis en suspension dans une petite quantité d'eau distillée , doit ctrc placé dans une capsule de porcelaine tarée d'avance, et, Ifjrsqu'il a été recueilli par une nouvelle décantation , on le fait sécher à une douce cJialeur, dans une étuve à vapeur ou sur un petit fourneau. Dans ce dernier cas, il convient de ne pas hâter la dessiccation du précipité, car l'eau, en se vaporisant trop vite, pourrait faire projeter des portions de la matière hors de la capsule. Cet inconvénient rend donc le premier moyen préférahle. Si la substance précipitée qu'on désire obtenir parfaitemcnl desséchée peut supporter une température rouge sans s'altérer, il est alors convenable de la calciner .à cette température, dans un creuset de platine muni de son couvercle (lorsque celte matière est incapable de s'unir à ce métal) , et de la peser ensuite dans ce vase, par les movens indiqués, pour en connaître exactement le poids.
Dans l'autre méthode, plus généralement mise en pratique dans les laboratoires, on reçoit le précipité, déjà lavé par décantation, sur un filtre de papier Joseph, disposé sur un entonnoir de verre , et on le lave à l'eau distillée bouillante jusqu'à ce qu'il ne renferme plus de matière soluble. Lors(]ue le précipité est bien égoutté , on enlève de l'entonnoir le fdlre, et après l'avoir mis sur plusieurs doubles de papier gris pour en absorber l'excès d'eau que retient mécaniquement le précipité, on l'ouvre en le dépliant, et on en opère la dessiccation dans l'étuveà vapeur. Si le précipité qu'on a ainsi recueilli ne retient pas d'eau combinée, toute celle qu'il renfermait à l'état de mélange se dégage, et en pesant le filtre avec le précipité desséché, on peut connaître le poids de cqjiui-ci par la différence de poids du filtre avant l'opération. Dans k cas où le précipité relient ayi-
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(Vrnont l'rnu , il faut alors cakiiiur le fiUr." avtc le précipité dans un oriuset (le platiiic, et défalquer du poids qu'on ohlient celui des ceîwhcs que peut fournir le papier du fdtre. Celte dcrniàrc opération ne peut se faire en général que sur les précipités inaltérables par la chaleur et par l'air à une tenijiérature élevée.
Les filtres dont on se sert pour recueillir les précipités, sont formés de papier blanc non collé et assez fin; on choisit de préférence le papier le plus pur, c'est à dire celui qui laisse le moins de cendre après sa conihustion. Cette cendre, qui ne forme que les 0,006 du poids du papier pur, est formée de silice ; dans les papiers plus communs, on y trouve en plus du carbonate de chaux, qu'on peut enlever par un lavage à l'eau acidulée par l'acide hydrochlorique.
La confection des fdtres consiste à prendre un carré de papier qu'on plie en quatre, de manière à lui conserver encore la forme de carré ; puis on lui donne celle d'un éventail fermé en le divisant en plis coniques partant tous d'un point central. Le papier étant divisé en seize plis égaux, on le coupe par son extrémité supérieure pour réduire à la même longueur chaque pli, et, après l'avoir ouvert , on le dispose dans un entonnoir en l'y enfonçant jusqu'à la naissance de sa douille. Le fdtre étant introduit dans l'entonnoir, on y verse le liquide et on reçoit celui qui s'écoule dans nn vase. En employant des flacons pour recevoir le liquide qui fdtre, il faut avoir la précaution d'établir solidement la partie efTdée de l'entonnoir dans le goulot du flacon, en plaçant dans celui-ci un morceau de papier replié sur lui-même, qui f»gil comme coussin. Cette disposition simple, empêchant le contact immédiat de la douille de l'entonnoir et des parois du goulot, permet à l'air de sortir du flacon à mesure que le liquide liltré pénètre dans le flacon, et la filtration ne court pas le risque d'être interrompue, comme lorsqu'on ne prend pas celte précaution pour la sortie de l'air du flacon.