PARAGRAPHE£SEPTIEME
Da la précipitation des divers corps simples 'ou composés de leurs dissohanls^ respectifs à l'aide des réactifs chimiques.
La séparation des divers corps s'cffectuant par alHiiité cliimique, a lieu d'une manière simjjle ou complexe. Dans le premier cas, le corps qu'on se propose d'isoler d'un liquide à laide d'un réactif quelconque, est mis eu liberté, et se sépare de la substance à laquelle il était combiné sous forme de poudre plus ou moins divisée, et ne retenant souvent que de l'eau interposée entre ses parties; d'autres fols, en se séparant de son dissolvant
il s'unit à une portion il eau pour constituer un hydrate, qui se dépose en flocons gélatineux, incolores ou diversement colorés, suivant la nature du corps.
La précipitation à l'aide d'une lame melallique se fait d'une manière Lien simple; elle s'exécute le plus ordinairement pour séparer un autre métal qui est en dissolution ou en combinaison ; à cet eflet, on plonge dans la dissolution la lame métallique Lien décapée et bien nette , et on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle ne détermine plus de précipitation. Le métal séparé dans la réaction pbysico-chimique qui a lieu , se dépose d'abord à la surface <le la lame sous forme de poudre terne ou cristalline, ou en flocons, et quand cette couche est assez épaisse elle se dépose au fond du vase où se fait l'opération. Le plus léger frottement détache de la lame le métal précipite, et il devient alors facile de reconnaître s'il s'en précipite encore de la dissolution, en laissant la lame quelque temps en contact avec elle. Le précipité formé dans cette circonstance doit être recueilli par décantation delà liqueur, lavé d'abord avec de l'eau acidulée par l'acide qui existait dans la dissolution, afin de redissoudre quelques portions du métal précipitant qui auraient pu se détacher pendant cette réaction. Un lavage réitéré à l'eaudistillée chaude et la dessiccation du précipité dans l'etuve à vapeur, ou à une douce chaleur à l'air libre, forment la dernière opération à faire avant de prendre le poids du précipité par les méthodes ordinaires.
La précipitation par un réactif en solution se pratique en ajoutant à la dissolution du corps qu'on veut précipiter une certaine quantité de la solution du réactif; il se produit d'abord un précipité qui trouble la transparence de la liqueur, on agite fortement, soit en secouant le vase bouché où est contenue la dissolution, soit en remuant la liqueur avec une baguette de verre, et ou abandonne la liqueur à elle-même. Lorsque celle-ci est éclaircie par suite du dépôt du précipité, cetjui a lieu au bout d'un temps plus ou moins long, suivant la densité du précipité, on extrait avec une pipette de verre une portion de la liqueur surnageante, claire, et on l'essaye dans un verre à pied avec une nouvelle quantité de la solution du réactif. Si ce nouvel essai indique qu'il y a encore précipitation, on ajoute à la liqueur une nouvelle quantité de la solution du réactif, on agite, et on laisse déposer comme la première fois afin de l'essayer de nouveau par le même moyen. On peut se dispenser d'agir sur une portion de la liqueur surnageante, en faisant tomber dans le flacon le long de ses parois une certaine (juantité de la solution du réactif, et observant si celle-ci détermine encore ime nouvelle précipitation. Ce moyen est fréquemment employé par ceux qui ont l'habitude de ces sortes d'expériences.
Il Y a dés circonstances dans certaines opérations chimiques où l'on opère la précipitation de certains corps par un courant de gaz (ju'on fait passera travers leur dissolution. Celte opération ne présente pas plus de difficulté que celles que nous avons exposées ci-dessus, en agissant sur des
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matières liquides. On place dans un ballon de verre, muni d'un tube doublement recourbé à angle droit, les matériaux propres à dégager le gaz qui doitètre mis en réaction dans l'expérience, et, après avoir luté le bouchon cl le tube avec le ballon , on fait cliauflèr légèrement en engageant l'exlrémilé libre du tube recourbé dans la dissolution à précipiter. Le gaz qui se produit alors est en partie absorbé en traversant la dissolution, et agit instantanément en formant un précipité qui reste suspendu dans la liqueur par le mouvement dû au dégagement du gaz ; on s'assure, en laissant déposer le précipité et éclaircir la liqueur , que tout le corps à précipiter est séparé lorsque les bulles de gaz qu'on y fait passer à travers ne déterminent plus ni trouble ni précipitation.
Cette méthode, applicable dans jjlusieurs cas d'analyse qualitative, ou quantitative, offre un avantage : c'est que l'excès de gaz qui a été employé dans l'opération, et reste alors en solution dans la liqueur, peut ètie dégagé facilement par l'action de la clialeur ; aucune substance étrangère ne restant par conséquent dans la dissolution qui a été ainsi précipitée, il est permis de recueillir par évaporation les matières restées en solution et qui étaient combinées ou mêlées à la substance sur laquelle on fait l'expérience.
Dans l'essai des diverses substances à l'aide de plusieurs réactifs chimiques, il importe que chaque opération soit faite sur rme nouvelle portion de la solution placée dans un verre à pied parfaitement nettoyé, et d'y verser peu à peu la solution du réactif, jusqu'à ce que le trouble qu'elle y occasionne n'augmente plus. Si le précipité est soluble dans un excès du corps précipitant, on ajoute peu à peu un excès de ce dernier. Lorsque les substances que l'on cherclic à précipiter sont en très petite proportion dans les liqueurs qu'on examine, l'effet du réactif n'est pas instantané ; il faut attendre plus ou moins de temps avant de tirer une conclusion et de se prononcer. Dans ce cas, les licjueurs essayées se troublent lentement et peu à peu , et le précipité ne se trouve rassemblé au Ibnd des vases qu'au bout d'un laps de temps plus ou moins long , suivant (| uc le précipité qui s'est formé est plus ou moins lourd.
PARAGRAPHE HUITIE3IE.
De l'état 6ons lequel doivciH cire les rcaciifs nu' on employé dnm le plus yrand notitbre des e.tpi'rieiices.
Les reactions (pie l'on dicrcheà produire dans ks différentes opérations chimiques, se manifestent en vertu de cette force particulière qui préside aux combinaisons , cl qu'on a désignée sous le nom d'affiiiilc. Celte force
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étant bii.sitiitiblc d'être iiioiIKiée jmr la cohésion des corps qui sont ch j)vesence, il importe le plus souvent de détruire celle-ci , soit par raclion du calorique, soil en faisant réagir les corps les uns sur les autres après les avoir dissous dans un lifjuide. (resl sous cet état de solution que les réactions sont le plus complètes tt le jilus laciles à opérer , en mêlant réciproquement la solution delà substance à prccipiicr)" avec celle du corps qui agit comme précipitant.
Les corps et les composés , qui sont employés comme réactifs liquides ^ sont préalablement dissous dans l'eau distillée, de manière que celle-ci en soit saluiée à la température ordinaire. Ces solutions doivent être fdtrées et conservées, |iour l'usage, cliacune dans un ilacon de Terre ou de cristal, bouché à rémeric, et étiqueté soigneusement, alin de ne pas les confondre. La réunion de ces diverses solutions dans des boîtes en bois à compartiments, disposés en étages comme des gradins, constitue les boîtes aux réactifs, si utiles dans les opérations chimiques; quelques solutions de réactifs, altérablesà la lumiènfc directe ou diffuse, doivent être placées dans l'obscurité, ou maintenues dans des flacons en Terre noir, ou dans des flacons recouverts d'une couche de peinture ou de vernis noir pour absorber les rayons lumineux qui viendraient tomber sur la surface de ces vases.
La j)luparl des eoi'ps qui sont enqjloyés journellement comme réactifs se trouvent tout préparés , dans le commerce, chez les fabricants de produits chirairjucs; il csl cependant bon, avant d'en faire usage, de constater Jcur pureté par les moyens que nous avons exposés dans le cours de ce dictionnaire , en décrivant chacun de ces corps en particulier. Les chimistes pourront les préparer eux-mêmes en se conformant aux préceptes exposés dans les ouvrages de chimie.
Lorsqu'un corps doit être soumis en même temps à l'action deplusieurs l'caetifs, on prend une portion de sa solution, qu'on divise également <lans lui nombre de verres à pied proportionnel à l'clui des réactifs qu'on doit essayer, et on ajoute peu à peu, dans chaipie verre, la solution du réactif; on mélange bien les liquides en agitant avec un tube de verre arrondi à son cNlrémite, et on observe l'elTet qui résulte de celte réaction.
Les ;icides minéraux, qui servent de réactifs dans les diOcrentes opérations, sont employés le plus souvent dans,rélat de concentration, ou ils sont préparés dans les laboratoires , ou étendus d'une plus ou moins grande quantité d'eau distillée.
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