PARAGRAPHE NEUVIÈME
Opérations qu'on doit faire subir aux corps inorganiques , liquides ou en solution, pour en connaître la nature ou celle desprincipes fixes ou volatils qui les forment.
Dans l'examen des corps liquides il importe de s'assurer, par une suite d'expériences plus ou moins compliquées , 1° si la forme que présente le corps à la température ordinaire dépend de sa nature , ou si elle est due à l'espèce de fluide qui le tient en solution ; 2° quels sont les principes fixes qui se trouvent en solution ; 3° dans quelles proportions ces derniers corps y sont dissous. La première question exige plusieurs expériences , qui consistent à rechercher si le corps fluide dans sa réaction sur certains composes dont l'aclion est bien connue d'avance , présente des phénomènes d'où l'on puisse déduire la présence d'un corps liquide, autre que celui dont les propriétés et les caractères ont été constatés avant l'opération.
II serait impossible d'établir des règles générales à cet égard , car les réactifs à employer doivent yarier avec la nature des corps qu'on éprouve, et nous ne pouvons offrir ici que des exemples sur des corps dont la composition est connue , aiin de montrer quelle direction ou doit donner aux épreuves à faire dans de semblables circonstances.
Lorsque le corps fluide ne présente aucune réaction acide ou alcaline au\; papiers du tournesol, on s'assurera d'abord s'il est entièrement volatil, en le soimiettantà une distillation dans une petite cornue. Ce corps supposé volatil, on recherchera ensuite, en le distillant avec une substance très hygrométrique , telle que le chlorure de calcium ou la chaux vive , s'il ne renferme pas d'eau; dans ce cas le fluide aura éprouvé par cette nouvelle distillation , une perte due à l'eau qui restera combinée a l'une ouà l'autre de ces substances. Ces essais ne doivent au reste être mis en pratique que lorsqu'il aura été reconnu que le liquide n'exerce aucune action chiaiiqne sur ces composés , de manière à ne pas être altéré dans sa composition.
Si le corps liquide est acide et combiné à une certaine quantité d'eau ; on pourra évaluer celle-ci , soit eu déterminant , comme nous l'avons rapporté tlans le cours de l'ouviage , par plusieurs exemples , la proportion d'aloali anhydre ou carbonate , qu'une quantité pesée de cette liqueur acide peut saturer, soit en ajoutant à une même quantité de ce liquide un excès de base anhydre , évaporant à siccité et calcinant, pour déduire de l'augmentation de poids de celle-ci , la proportion d'acide qu'elle a absorbée pour se saturer et par suite celle de l eau qui a été évaporée pendant l'opération.
Pour les liquides alcalins , la nature de l'oxiile étant connue , on pouriparla saturationau moyen d'une liquf?iir ;i(id<' litrecdclermiuerla qiinntite
il'acide, ef , par conséquent , celle de l'eau qui le tient en solution, ou bien on saturera l'alcali contenu dans le liquide, par un acide pouvant former avec lui un sel anhydre et indécomposable au feu, et, du poids du sel obtenu, on calculera celui de l'acide qui existait dniis le liquide alcalin soumis à l'expérience.
Lorsque des essais préliminaires auront fait découvrir que le corps liquide qu'on examine est une solution d'un ou de plusieurs corps fixes dans un véhicule aqueux ou alcoolique, il sera facile de déterminer la nature de ce dernier en en distillant une partie dans une cornue de verre, et condensant avec soin dans un ballon refroidi toutes les vapeurs qui s'en exhaleront. Le résidu sec , contenu dans la cornue, sera pesé dans ce vase, dont le poids sera connu d'avance, ou pourra l'être après l'opération. La nature du dissolvant étant connue, on pourra se dispenser de Je recueillir par distillation , en évaporant avec précaution dans luie capsule de porcelaine, tarée d'avance, une partie de la liqueur, pour en obtenir le résidu qui sei-a pesé , après avoir été soumis aux procédés de dessiccation rapportés dans le paragraphe quatre de cet appendice.
L'espèce de liquide servant de dissolvant et qui a été recueilli par distillation, sera déterminée en constatant ses caractères physiques, sous les rapports de son odeur, de sa saveur, de sa deiisilé , de son point d'ébuUiiiou et de l'action qu'elle présentera en l'essayant par les réactifs qui sont ordinairement employés pour reconnaître la pureté de l'eau distillée.
Quant aux substances fixes qui étaient en solution dans le liqjiide, elles seront examinées d'après les principes qui ont été consignés dans le cours «le l'ouvrage : on notera avec soin leur saveur, leur action sur les charbons ardents , les effets qu'elles manifesteront en les traitant à froid ou à une douce chaleur par l'acide sulfurique concentré; enfin, on procédera à l'examen, par les réactifs, de leur solution aqueuse. Si les observations qui résulteront des expériences faites par ces divers agents, indiquent la présence de plusieurs substances à l'état de mélajige ou en combinaison, il faudra alors essayer de les séparer en basant rniionnellement la méthode qu'on mettra à exécution , soit sur la solubilité différenlc de ces substances dans l'eau , soit sur leur solubilité ou letir insolubilité dans l'alcool concentré ou affaibli. Dans quelques circonstances, on devra recourir .-i la méthode de double décomposition , par certains réactifs qui agiront, les uns sur certaines substances, les autres sur d'autres, en produisant des composés insolubles bien connus dans leur composition , et d'après le poids desquels on conclura la proportion des substances q»ii préexistaieni*
Celle méthode est souvent appliquée dans une foule d'opérations cJiimiques , elle nécessite, »le la part de celui qui l'emploie, des connaissances en chimie et de l'Iinhiludc dans les diverses niaMi|)u1ations à enlreprendre pour obtenir des résultais exacts.