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0,1 fil
Cette table en démontrant que la variation par la température est d'autant plus grande que Talcool est plus concentré , permet de calculer aisément la force réelle des liquides spiritueux pour une température constante, voici la manière de s'en servir. Admettons qu'on ait mesuré la force réelle d'uu alcool du commerce à la température de + "20° K
et qu'on ait trouvé qu'il marquait 53° à l'aréomètre de Cartier, on désire savoir quelle est sa force réelle à -f lo" R. En cherchant dans la table précitée, on reconnaît que l'alcool à 35° augmente de 0,200 par chaque degré, ou en termes plus simples de 2/10. La différence entre les deux températures de-}- 20" et + lo" étant 5°, il faut multiplier 0,200 par 5 et retrancher le produit du nombre 53° qui est le degré de l'alcool à -H 20°. Or 0,200 X o = 1,000 ou un degré , par conséquent 53*^ — 1 = 52**, force réelle du liquide alcoolique à -j- l-'»" R«
Si l'on opérait à une température inférieure à-|- 15** la différence devait être ajoutée ; exemple , supposons qu'en hiver on prenne le degré d'un liquide alcoolique à la température de 0 , et que ce degré soit à cette température de 33° Cartier comme ci-dessus. Il faut prendre la différence de-f- 15° à 0 qui est égale à 15", la multiplier par la variation 0,200 ce qui donne 3,000 ou 5 degrés qui ajoutés à 33° donnent 56° pour le degré du liquide à la température de -|- 15° R.
Les données précédentes sont suffisantes dans le plus grand nombre des cas pour les besoins des arts et du commerce, mais elles ne peuvent convenir pour des recherches expérimentales d'une grande précision. Les variations pour chaque degré ne sont pas les mêmes pour tous les aréomètres de Cartier construits d'ailleurs sur le même principe -, elles dépendent surtout du diamètre de la tige sur laquelle est tracée l'échelle comme nous l'avons constaté pour plusieurs aréomètres du commerce. On est donc obligé de vérifier directement ces variations lorsqu'on se sert de l'un de ces instruments , si l'on veut obtenir des résultats plus rigoureux.
L'usage que font encore plusieurs commerçants et débitants de l'aréomètre de Cartier pour estimer la force des alcools nous a engagé à exposer ici les corrections qu'on
doit y apporter, mais il sera toujours préférable dans de semblables circonstances de se servir de l'alcoomètre centésimal de M. Gay-Lussac, qui a l'avantage sur tous les autres aréomètres de faire connaître la quantité d'alcool pur en volume que renferme sur iOO parties le liquide qu'on examine.
ALCOOMÈTRE. On désigne sous ce nom un instrument établi par M. Gay Lussae et qui n'est , quant à la forme , qu'un aréomètre ordinaire.
L'alcoomètre gradué à la température de + 15® centigrades porte une échelle divisée en 100 parties ou degrés, dont chacune représente un centième d'alcool , ce qui lui a valu le nom d'alcoomètre centésimal. La division 0 correspond à l'eau distillée et la division 100 à l'alcool pur. Pour déterminer la quantité d'alcool on a pris pour terme de comparaison , l'alcool pur anhydre, en volume à -|- 15^ centigrades et sa force est représentée par cent centièmes, ou par ï unité , conséquemment , la force d'un liquide spiritueux est le nombre de centièmes , en volume, d'alcool pur que ce liquide contient à la température de-(- 1o° centigrades. Cet instrument plongé dans un liquide alcoolique , à la température de + 15®, en fait donc connaître immédiatement \a. force. Si, par exemple, il s'enfonce dans un liquide spiritueux jusqu'à la division 89, à la température de 4- 1'>° C, il indique que la force de ce liquide est de 89 centièmes ; c'est à dire qu'il contient 89 centièmes de son volume d'alcool pur.
Les degrés de l'alcoomètre s'appellent des degrés centésimaux, on les écrit en plaçant la lettre C à droite et au-dessus du chiiï're des unités du nombre qui les exprime, ainsi 89*^ ou 0,89 indiquent 89 centièmes d'alcool.
L'indication de cet instrument permet de calculer facilement la proportion exacte d'alcool pur contenue dans une quantité donnée d'un liquide spiritueux, çnmulli pliant le nombre qui exprime le volume du liquide spiritueux
VÔO ALC
par /a force de ce même liquide. Exemple: une pièce d'esprit de vin de 7(X) litres , de la force de 0,87 contient C09 litres d'alcool pur, car 700 X 0,87 = GOO'SOO.
Ces indications fournies par ralcoonictre ne sont exactes qu'autant que les épreuves sont faites à la température de + 15°. Dans le cas où on opérerait à une température plus basse on plus élevée, il conviendrait d'échaufler ou de refroidir Téchantillon avant d'y plonjjer l'instrument.
La chaleur et le froid altérant en même temps les indications de l'alcoomètre et le volume du liquide, il est très important de faire les corrections nécessaires lorsque la température est au dessus ou au dessous de -f- l'>°. ]M. Gay-Lussac, dans l'instruction qu'il a publiée en 1821 sur Talcoomèlre centésimal, a donné des tables très commodes qui dispensent de tout calcul et qui servent avec avantage pour connaître la force réelle des liquides spiritueux pour les températures de 0 à -\~ Ty(f , ainsi que leur richesse en alcool , c'est à dire le nombre de litres d'alcool à + io" que contiennent 100 litres d'un liquide spiritueux, pour chaque indication de l'alcoomètre entre les deux températures énoncées ci-dessus, enfin des tables particulières établissent la correspondance entre les deji,rés de l'aréomètre de Cartier et ceux de Talcoomètre centésimal, k la température de + l'i". Cette instruction, adoptée par l'administration des contributions indirectes, est terminée par d'autres tables sur le mouillage des liquides spiritueux que l'on vont alTaiblir, et d'un barème décimal qui rend plus faciles et en même temps plus sures les multiplications et les divisions qui peuvent se présenter dans l'emploi de l'alcoomètre centésimal (1).
Nous rapportons ici quelques tables sur la correspondance entre les dcgi-és de l'alcoomètre et la densité de l'alcool à -}- l'>° G, ainsi que sur l'évaluation de la force
(!) Instrucùon pour /'/My;i,v dr ialoomrlrr cciitésinial ; chez Collareau , à Paris, rue du faubourg Saint-Martin.
ALG
des liquides spiritueux en degre's de Cartier et en degrés cente'simaux ; ces tables peuvent être consultées dans un arand nombre de circonstances.
DEGRÉS
DENSITÉ
DECnÉS
DENSITÉ
DECr.ÉS
DENSITÉ
de l'alcool à
de l'alcool à
de l'alcool à
l'alcoomèir
l'alcoomèlr
s + IS'^ c.
l'alcoomètre + lîi" C. ]
0,8iS
Evaluation des degrés de Cartier en degrés centésimaux, à la température de •\- 15° centigrades.
1 DEGKK8
: de Cartier.
DEGRÉS I
centésimaux.
DEGRÉS
centésimaux.
te en
Les nombres 1, 2, 3, placés entre chaque degré , indiquent )/'i , 2/4, 3/4 de degrés de Cartier.
Évaluation des degrés centésimaux en degrés de Cartier, à la température de -^ io" centigrades.
DEGRÉS
DEGRÉS
DEGRÉS
DEGRÉS
DEGRÉS
DEGRÉS
cenlésim.
de Cartier.
cenlésim.
de Cariier.
cenlésim.
de Cartier.
Indépendamment de ces tableaux l'instruction en ren-
ferme un [;raucl nombre pour les corrections relatives à la température au dessus de -f- l'^" ou au dessous de cette température.
ALLIAGf^S. On désigne sous ce nom les composés que les divers métaux, excepté le mercure, peuvent former entre eux. Le nom (TamaJifoines est particulièrement affecté aux combinaisons que contracte ce dernier métal. L'union des métaux déterminée par des affinités plus ou moins fortes, peut en apparence se faire en toutes proportions j mais il est démontré par un {^rand noml)re d'exemples que ces sortes de combinaisons doivent être toutes véritablement formées dans des rapports atomiques simples, et que si on observe le contraire pour les alliaf^es les plus emplojM's, c'est que par la liquéfaction ils sont r'énéralemcnl solubles les uns dans les autres, ainsi que dans les métaux eux-mêmes.
Tous les allia;;es parlaj;entà divers deprés les propriétés pbysiques des métaux qui les composent. Ils sont solides, exceptéles amaljjamesdanslesquelsle mercure prédomine, brillants, bons conducteursde l'électricité et du calorique. Leur densité est tantôt supérieure , tantôt inférieure à la moyenne de celles des métaux composants-, leur fusibilité ])lus prande que celle de leurs éléments-, leur dureté, leur ductilité et leur malléabilité très variables. En général tous les alliages formés par des métaux cassants, le sont euxmêmes-, ceux formés par un métal ductile et un métal cassant, sont cassants si les deux métaux sont unis en quantités égales, et partagent la propriété de celui qui prédomine -, enfin dans les alliages des métaux ductiles à proportions éjfales, il y en a autant de ductiles que de cassants; mais lorscjuc l'un des métaux est très prédominant , ils sont le plus souvent ductiles. ' ;
Les alliages fondus se comportent comme les métaux en refroidissant-, à une baulc température, ceux qui conlicn-
ALL lo5
nent un métal volatil sont décomposés en tout ou en partie; quelquefois une séparation incomplète a lieu entre les métaux iné{]alement fusibles, lorsqu'on les expose à un certain degré de chaleur, c'est même sur ce principe qu'est fondée l'opération désignée dans les arts sous le nom de liqiiation.
Les propriétés chimiques des alliages se rapprochent beaucoup de celles des métaux qui les constituent , à part quelques uns cependant qui s'en écartent sous plusieurs rapports.
L'utilité de plusieurs de ces composés artificiels nous engage ici à les indiquer en décrivant les procédés analytiques , auxquels on doit les soumettre , pour déterminer dans quels rapports leurs éléments sont combinés.
Alliages d'aktijioine. L'antimoine combiné au plomb et àl'étain, produit deux alliages très employés; le premier forme labase descaractères typographiques; le second sert à la composition des planches à graver la musique et à la confection de certains vases ou gobelets; en général l'antimoine durcit ces deux métaux et les rend moins ductiles; l'acide nitrique faible attaque ces alliages à une douce chaleur en transformant l'antimoine en acide antimonieux insoluble; l'eau régale les dissout et produit une dissolution que l'eau décompose en transformant le protochlorure d'antimoine en oxichlorure insoluble.
Alliage d'antimoine et d'étain. Cet alliage est blanc argenlin, dur et légèrement sonore; son analyse ne peut être faite par l'acide nitrique qtii oxide ces deux métaux en les rendant insolubles, mais l'eau régale peut très bien servir à celte opération. Une certaine quantité d'allia;;c étant dissoute dans l'eau régale, on étend peu à peu la dissolution d'eau distillée jusqu'à ce qu'elle commence à se • troubler légèrement, et on y plonge une lame d'étain. Le proloehlorure d'antimoine est décomposé par ce métal, l'antimoine précipité sous forme de poudre noire doit être
lave, recueilli et séché à -f- 1<X).° Son poids déduit de celui de l'alliage fait connaître celui de Tétain qui lui était uni. Ce résultat ne peut être considéré comme exact qu'autant que l'on s'est assuré par quelques expériencespréliminaires qu'il n'3- avait pas d'autre métal combiné à l'antimoine.
Lorsque la proportion d'antimoine ne s'élève qu'à un vinfiftième, l'analyse peut être effectuée au moyen de l'acide hydrochlorique concentré qui dissout l'étain et laisse l'antimoine sous forme d'une poudre noire, métallique. I\I. Chaudet, à qui l'on doit cette observation, propose donc pour analyser ces alliages de les fondre d'abord avec assez d'étain pur pour que la proportion d'antimoine ne s'élève au plus qu'à 1/20, ce qui exige quelques essais préliminaires qu'on peut négliger par le premier procédé.
L'alliage formé de 10 parties d'antimoine et deOO d'étain est employé à la confection des planches à graver la musique; celui composé de 12 parties d'antimoine et 88 d'étain , est usité en Angleterre pour composer des gobelets ou autres vases à boire -, il est connu en ce pays sous le nom de petrler.
Alliage D'A>Tnioi>E et de plomb. CetalHage formé dans les proportions de 20 parties d'antimoine contre 80 parlies de plomb , constitue la matière avec laquelle on fabrique les caractères d'imprimerie. L'analyse de cet alliage est assez simple et s'exécute facilement j après avoir pesé une certaine quantité d'alliage pulvérisé (5 grammes), on l'introduit dans un petit ballon , et l'on verse dessus 0 à 7 fois son poids d'acide nitrique pur à 30°, puis l'on expose le tout à l'action d'une douce chaleur; les deux métaux s'oxident aux dépens de l'acide nitrique , d'où résulte de l'acide antinionieux qui se précipite sous forme d'une poudre blanche insoluble et du protonitrate do plomb soluble dans l'eau. La réaction étant terminée, on ajoute de l'eau distillée et on jette sur un filtre pesé le résidu qu on
lave bien à l'eau bouillante. Ce résidu séché au rouge obscur, et ensuite pesé, fait connaître par son poids la proportion correspondante d'antimoine pur ( Voyez acide anthnonieux, sa composition).
La liqueur d'où l'acide antimonieux a été séparé par la filtration, étant réunie aux eaux de lavage, on la précipite par une solution de sulfate de soude ou de potasse qui isole tout le plomb à l'état de sulfate insoluble. Ce sel recueilli, lavé, séché et pesé , permet de calculer aisément la proportion de plomb métallique. Dans le cas où du cuivre et du fer existeraient dans cet alliage les deux métaux se trouveraient dans la dissolution après la précipitation par le sulfate de soude , et on pourrait les reconnaître soit par l'ammoniaque, soit parla solution de cyanure de fer et de potassium.
Alliages d'argent. L'argent uni au cuivre dans différentes proportions, produit plusieurs alliages qui sont très employés dans les arts. Ce sont ces divers alliages qui constituent l'argent monnayé et celui qui sert à la bijouterie et l'orfèvrerie. L'addition du cuivre à l'argent a pour but de le durcir et de le rendre plus propre à conserver les formes que l'art lui donne.
Dans le commerce on désigne sous le nom de titi'e de l'argent, la quantité d'argent pur contenue dans ces alliages. Le poids de ces alliages étant supposé égal à 1000, on exprime en fraction ordinaire la proportion d'arj^ent qui s'y trouve ; ainsi Ton dit que l'argent est au titre de 950/1000, 900/1000, 850/l(K)0, lorsqu'il contient suc 1000 parties 950, 900, ou <S50 parties d'argent; d'après ce que nous venons d'établir, on voit que l'argent lin ou pur doit être exprimé par 1000/1000.
Deux procédés sont usités pour analyser les alliages (l'argent et de cuivre. Le premier, désigné sous le nom de coupellatiou, est d'une origine très ancienne, il consiste