‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 31 sur 195 · AMA · texte numérisé non relu

AMA

prépare directement comme tous les autres amalgames, en ajoutant à 1 partie de bismuth fondu 4 parties de mercure échauffé à environ 300°.

Amalgame d'étain. Ce composé formé de 5 parlics de mercure de 1 partie d'étain est mou, brillant-, il cristallise facilement en cristaux cubiques : à parties égales il est très solide. C'est cet amalgame qui sert ù étamer les glaces. Les miroitiers tirent parti de celui qu'ils détachent des vieilles glaces et qu'on désigne sous le nom de grattures. En les distillant dans une marmite de fer surmontée d\m couvercle en tôle, et communiquant avec un tube qui se rend dans un vase rempli d'eau, ils savent en retirer le mercure et obtenir l'étain.

Amalgame d'or. Le mercure a une si grande affinité pour l'or qu'il se combine facilement avec lui et produit un amalgame blanc, mou, brillant, qui peut cristalliser lorsqu'il est avec excès de mercure. Saturé d'or cet amalgame est solide et assez dur, il se ramollit quand on le fait chaufler légèrement, mais une plus forte chaleur le décompose et l'or reste pur. Il se prépare comme ramalgame d'argent. On s'en sert ordinairement pour dorer le cuivre, le laiton et même l'argent.

L'analyse de cet amalgame peut être faite par la chaleur, ou par l'acide nitrique qui dissout le mercure , et laisse l'or sous forme de poudre brunâtre.

AMIDON. Principe immédiat, organique, qu'on rencontre dans un grand nombre de végétaux. On désigne vulgairement encore sous le nom de fécule ce principe lorsqu'il a été extrait des pommes de terre.

L'amidon existe dans toutes les graines des différentes espèces de céréales et celles des autres graminées; dans beaucoup de racines alimentaires et dans la tige de plusieurs plantes monocotylédones , etc. Ce principe étant libre dans les différentes parlics des végétaux qui le contiennent, et

déposé dans les cavités du tissu cellulaire des plantes, on l'obtient le plus souvent par des opérations mécaniques. Propriétés. L'amidon {^onjécule amylacée) , quelle que soit la plante d'où on l'a retiré, se présente toujours sous forme de petits grains blancs, brillants, de différente [grosseur, et sans aucune texture cristalline. D'après les intéressantes recliercbes microscopiques de M. Raspail, cbaque {jrain d'amidon est formé d'une espèce d'enveloppe téj^umentaire, close de toutes parts et contenant une matière transparente d'aspect gommeux, soluble dans l'eau froide, qui a été nommée dans ces derniers temps amidine par quelques chimistes et amidotie ^ax d'autres. La partie tégumenlaire qu'on a désignée sous le nom d'amidin, est insoluble dans l'eau froide , et paraît être une modilication de la première substance, d'après M. Payen. La forme et le diamètre des grains d'amidon des diverses plantes sont très variables; en général ils sont plus ou moins sphériques , quelques uns sont très réguliers , d'autres plus ou moins comprimés et aplatis sur divers points de leur surface.

Leur diamètre varie de 0»'",00o à 0""",020. Leur densité est peu variable d'une espèce d'amidon à une autre espèce : elle est, terme moyen , de 1,530.

Considéré d'une manière générale, l'amidon est insoluble dans l'eau froide et dans l'alcool-, dans l'eau bouillante il se gonfle et se résout en un liquide épais, demi transparent et mucilagineux connu sous le nom d'empois. Tant que l'enveloppe extérieure est intacte, l'amidon n'est pas attaqué par l'eau froide-, mais lorsqu'on le broie à sec dans un mortier, cette enveloppe se trouve peu à peu brisée et alors la substance interne de l'amidon est susceptible de se dissoudre dans l'eau froide et de former une solution qui devient d'un beau bleu d'indigo parla teinture d'iode.

La solution d'amidon faite dans l'eau bouillante et refroidie, présente le même caractère, mais si l'on vient à

chauffer la liqueur colorée jusqu'à -|- ^^^^ à + 00 , elle se décolore peu à peu et devieiil lout ù la fois incolore à celle température , mais en refroidissant elle reprend peu à peu sa couleur primitive. Ce produit coloré que nous avons étudié et désigné sous le nom d^iodure d'amidine présente entre autres propriétés d'être décomposé par le chlore , le brome, le phosphore, le zinc, le fer, les acides phosphoreux, les sulfures, les solutions alcalines et la solution de bichlorure de mercure.

Composition. L'amidon, d'après les analyses de MM. Gay- Lussac , Thénard et Berzelius est formé de :

Oxigène 49,076 ou 0 atomes.

Carbone 44,250 7 atomes.

Hydrogène 6,G74 15 atomes.

' dOO,000 • '" •

Sa formule = 0« C^ Il ^\

Caractères distinclifs. On peut facilement les établir, d'après ce que nous avons rapporté en parlant de ses principales propriétés physiques et chimiques. Quantaux moyens de distinguer une espèce d'amidon d'une autre, il n'est pas possible d'arriver à cette détermination , si ce n'est entre la fécule de pomme de terre et les autres fécules en raison de la grosseur et de la forme de ses grains-, toutefois le volume et la forme des grains d'amidon extrait de la même plante sont assez variables entre eux pour qu'il soit facile d'être souvent induit en erreur. D'après i\I. Raspail les plus grandes dimensions des grains des diverses fécules amylacées sont : de 1/8 pour la pomme de terre; 1/14 pour l'avoine; 1 /20 pour le froment et le seigle-, 1/iO pour l'orge et le maïs-, i/100 pour l'iris et 1/400 pour le millet.

Lsayes. Indépendamment des applications étendues de l'amidon dans l'économie et plusieurs branches de l'indus-

iOO

trie, ce principe est employé par les chimistes comme un réactif très sensible pour démontrer la présence de l'iode, à l'élat de liberté j à cet ellet on fait usage d'une solution d'amidon préparée dans l'eau bouillante, il se produit aussitôt une couleur bleue et un précipité de la même couleur plus ou moins intense, et suivant la proportion d'iode libre qui se trouve dissoute dans le liquide qu'on examine. Stromeyer a annoncé qu'on pouvait reconnaître par ce moyen l/iOO,()0() d'iode libre, en solution; mais les essais que nous avons faits ne nous ont jamais permis de reconnaître cette petite fraction, mais seulement i/:200,000 comme le prouve le résumé suivant que nous avons publié en 1832 dans le Journal de chimie médicale.

Page 1