‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 5 sur 195 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

peux, coloré en jaune brunâtre parla matière extractive du vinaigre. On le forme aujourd'hui en faisant digérer une solution d'acétate neutre de plomb avec de la litharge en poudre privée d'acide carbonique, et évaporant la liqueur jusqu'à ce qu'elle marque 30 degrés à l'aréomètre de Baume.

Cet acétate tribasique, qui pourrait être obtenu en masse cristalline , anhydre, se trouve ordinairement sous forme d'un liquide incolore, dense et sirupeux, d'une saveur sucrée et très astringente. Il verdit le sirop de violettes et ramène au bleu le papier de tournesol rougi. L'eau le (Wssoul, iwâis il est itisolub/e dans V alcool. '^o. solution se trouble à l'air par l'acide carbonique qui en précipite'peu à peu une partie du protoxide de plomb. L'eau ordinaire le rend immédiatement laiteux en raison des sulfates et carbonates qu'elle contient et qui le décomposent.

Composilion. L'acétate de plomb tribasique est formé de:

Acide acétique 15,34 1 atome.

Protoxide de ploml). . . 8G,G(> 3 atomes.

ioo,œ

Sa formule est Pb^ A.

Caractères distinctijs. \ ° Kn projetant quelques gouttes d'une solution concentrée d'acétate tribasique sur un charbon rouge, il reste, après l'évaporalion de l'eau, une matière blanche cristalline qui répand une odeur de vinaigre en se décomposant, et oflre tous les caractères du résidu de l'acétate neutre soumis à la même épreuve {voyez plus

haut).

2" La solution de ce sel, à l'exception de son action sur le papier de tournesol rougi qu'elle ramène au l)leu, et de sa décomposition à l'air ou par un courant de gaz carbonique, se comporte avec les réactifs comme la solution de l'acétate neutre {voyez plus haut;.

ACÉ 17

Usages. Le sous-acélate de plomb , en solution dans l'eau, est employé comme réactif dans les mêmes circonstances que la solution d'acétate neutre.

Des acétittes de plotnh considéius .sous lerajjporf niédicoleijal.

La facilité avec laquelle les matières animales décomposent les acétates de ploml), en se combinant à leur oxide pourformer des composés insolubles, expliquent pourquoi dans les empoisonnements occasionnés par ces sels, on ne retrouve plus aucune trace de ceux-ci dans les liquides qui étaient en contact avec ces matières animales, dans les orjjanes digestifs ou dans l'eau qu'on a fait agir sur elles. L'attention du médecin ou du pharmacien, char^^é de constater l'empoisonnement, doit donc se porter sur les matières solides. Ces matières, après avoir été desséchées et ensuite calcinées dans un creuset de terre, doivent fournir un résidu charbonneux, renfermant du plomb métallique qu'on peut dissoudre au moyen de l'acide nitrique bouillant. Cette dissolution filtrée et étendue d'eau présentera, avec les réactifs, les effets que nous avons indiqués pour la solution d'acétate de plomb.

Acétate de potxVSSe [acefafe po/assi(iup, Berz.).

Les anciens chimistes et médecins désijjnaient ce sel, en raison de son aspect feuilleté, sous le nom de terre foliée du tarife., terre Juliée vérjétale .On l'obtient en saturant une solution de carbonate de potasse ])ai- l'acide acétique à Iroisde^rés, ou par le vinaijjre distillé, et évaporant à siccité le produit. L'acétate préparé avec le vinaijjre distillé est toujours coloré; on le purifie par fusion et dissolution et en filtrant la solution à travers une couche de charbon animal.

L'acétate de potasse se présente en cristaux lamillcux on petits feuillets, blancs, tiès lé;;ers, kWuu) saveur très pi-

i8 ACE

quante. Il est tellement déliquescent qu'il se recouvre eu moins de quelques minutes d'exposition à Tair de petites gouttelettes d'eau qui le fondent. L'eau et l'accool le dissolvent avec la plus [grande facilité.

Compositimi. Ce sel desséché et par conséquent anhydre contient :

Acide acétique 52,25 ou 1 atome.

Potasse 47,15 i atome.

Sa formule est K A.

Caractères distinctijs. 1° L'acétate de potasse cristallisé chautlé, fond. dans son eau, se boursouffle et éprouve ensuite la fusion ignée-, en continuant de le chaufl'cr, il noircit, se boursoufle de nouveau, en répandant une fumée d'une odeur de gomme brûlée : le charbon qui provient de cette calcination, lavé à l'eau, fournit une liqueur alcaline qui fait eflervescence avec les acides, en raison du carbonate de potasse qui s'est formé.

2" L'acide sulfurique concentré en dégage avec bruit et légère eflervescence des vapeurs abondantes d'acide acétique.

5° Dissous dans l'eau, l'acétate de potasse pur précipite en blanc par les solutions de nitrate d'argent et de nitrate de mercuro; ces précipités, qui sont des acétates de cesoxides, se redissolvent dans une grande quantité d'eau distillée ou par une addition d'acide nitrique faible-, les solutions alcalines, l'acide hydrosulfurique , les hydrosulfates, le nitrate de barite et le cyanure de fer et de potas^ sium n'exercent aucun effet sensible sur la solution de ce sel s'il est pur; mais le bichlorure de platine y produit un précipité jaune orangé, et les solutions d'acides tarlrique et oxalique y déterminent un précipité blanc cristallin. Usages. Ce sel est usité en médecine comme fondant et

apéritif. Sa p,Taiide affiniu'pour l'eau permet de l'employer en chimie, dans certains cas, pour dessécher quelques ^az ou absorber l'eau de quelques liquides qui n'exercent poinl d'aclion décomposante sur lui. La connaissance de sa composition fournit un moyen simple d'évaluer dans un liquide distillé, contenant de l'acide acétique plus ou mains étendu, laproportion exacte de cet acide.

Acétate de sovjiT. (a ce'fafesodique, Hjerz.).

Ce sel, nommé q.\xsû terre Joliée minérale par opposition à l'acétate précédent que les anciens appelaient terre Joliée véijétahy se prépare par les mêmes procédés que ce dernier. On l'obtient dans les arts avec l'acide pyroli[,neux. L'acétate de soude purifié cristallise en longs prismes rhomboïdaux transparents. Sa saveur est amère et piquante. Il est efflorescent à l'air sec , moins soluble dans l'eau et l'alcool que l'acétate de potasse; l'eau à -}- lo en dissout Xfù de son poids.

Composition. L'acétate de soude cristallisé renferme 59/i9 0/0 d'eau ou 5 atomes de ce liquide, contre 1 atome de sel anhydre ; il est composé de :

Acide acétique . . . 62,20 ou 1 atome. Soude 57,80 1 atome.

Sa formule = N A.

Caractères dislincti/s.Ce sel se comporte au feu comme l'acétate. Sa solution aqueuse concentrée précipite aussi par les nitrates d'arjjent et de protoxidc de mercure ; mais on ne peut la confondre avec celle de l'acétate de potasse, parce que les solutions de bichlorin'e de platine, d'acides tarlrique et oxalique, n'y produisent aucun précipité.

Usages. Cet acétate n'est employé dans les arts que pour l'extraction de l'acide acétique.

ACIDES. On a donné le nom générique d'acides à des

^) ACl

composés éleclro - i)ép,aufs résuUant de la combinaison soit (le l'osigène, soit derhydro[;ène, avec un radical simple ou composé. Les premiers sont appelés oa-ocidcs et les seconds hydracides.

La plupart de ces cond:)inaisons jouissent : i° d'une saveur ai[;re piquante plus ou moins prononcée ; 2" de la propriété de rou;;ir la teinture de tournesol et la matière colorante bleue du sirop de violettes ; 3° de s'unir au\ oxides des métaux éleclro-positifs, de les saturer en formant avec eux des sels ou des composés neutres. Celle dernière propriété est jjénérale et caractéristique, car il existe plusieurs acides qui sont dt'pourvus des deux premières propriétés.

Sous le rapport de leur composition, de leur formation et du règne auquel ils appartiennent, les acides ont été divisés en deux classes : savoir en acides inorganiques et ornaniqucs, les uns sont composés ordinairement d\m radical simple, les autres ont toujours un radical composé binaire ou ternaire.

La détermination de la classe à laquelle appartient un acide, ne peut être établie c{u'à l'aide de l'analyse ou d'après les caractères généraux , que présentent les cond)inaisons des acides avec certains oxides métalliques.

Le moyeu le plus certain de distinguer un acide organique d'une acide inorganique est de le condiiner avec de la potasse, pour en former un sel neutre , et de soumettre celui-ci à l'action du feu, dans un tube de verre bouché par un bout : les sels inorganiques à base de potasse n'éprouvent point de décomposition pour la plupart , ou s'ils se décomposent, ils fournissent de la potasse ou un produit ueutre-, les sels organiques à base de potasse sont tous décomposables, ils se boursouflent, noircissent plus ou moins et donnent généralement un résidu i\xG, qui consiste en carbonate de potasse inélé de charbon et quchjuefois de

cyanure Je potassium, lorsque l'acide organique contient de Tazole au nombre de ses éléments. Ce résidu dissous dans l'eau, fournit une solution alcaline qui fait effervescence avec les acides. Toutefois avant d'opérer la calcination du sel formé, il faudra rechercher s'il ne fait point effervescence avec les acides-, ce phénomène indiquerait de suite que le sel appartient au genre carhofiate et que conséquemment l'acide qu'on examine est l'acide carbonique.

La nature de l'acide étant connue, on s'occupera de déterminer quelle est son espèce soit en l'examinant par les réactifs employés à cet usage, soit en soumettant sa combinaison avec la potasse aux épreuves méthodiques , que nous exposerons à l'article sels, pour rechercher le ;;enre auquel il appartient.

Acide acétique. Cet acide dans son plus grand état de concentralion s'offre sous l'aspect d'un liquide incolore, d'une odeur vive et très piquante , il cristallise en larges lames minces, à+ 15°.

Cet acide qui ne peut être obtenu sans eau , constitue uti véritable hydrate, renfermant un atome d'eau ou 14,89 d'eau pour cent. Sa densité est de 4,063 et il marque <S",,")/1() à l'aréomètre de Baume ; son point d'ébullition est à -j- H9%r>. L'eau et l'alcool le dissolvent en toutes proportions. En y ajoutant de l'eau, sa densité augmente jus- (lu'ù une certaine limite-, d'après les expériences de M. Mollerat, elle est de 1079, lorsque la quantité d'eau ajoutée est le double de celle qu'il contient déjà : passé ce terme, la densité de l'acide diminue proportionnellement à l'eau qu'il contient, et elle redevien'. ce qu'elle était primitivement , lorsque le rapport de Vacide est à celui de l'eau :: H0,0 : 112 . 2.

Kn pharmacie on connaît sous la nom de vinaigre raf/i<<i/VncH\c acétique obtenu de la distillation du deutoacétatc de cuivre desséché ; cet acide a une densité de 107'»

à 1085 et marque de iO" à i l" à raréomètre ; il n'est pas aussi concenti'é que le précédent et renferme toujours un peu (ïacétone ou esprit pyroacétique.

Composition. L'acide acétique par et anhydre est formé de carbone 47,54; hydrogène 5,81-, oxigène 46,G6. Sa formule est = C^ H"'o^

Caractères distinclifs : 1° Projeté sur un charbon ardent, l'acide acétique hydraté se volatilise en produisant des vapeurs très piquantes.

2*^ Etendu d'eau, il forme une liqueur acide dont l'odeur est celle du vinai[jre fort; cette solution ne précipite par aucun réactif j saturée par la potasse elle fournit un sel blanc, piquant, très déliquescent, facile à reconnaître pour deTacétale de potasse, d'après les caractères que nous avons exposét; à l'article de ce sel.

Détermination de la proportion diacide acétique contenue dans un acide étendu d'eau.

La quantité d'acide acétique pur contenue dans un liquide distillé ne peut être exactement connue que par sa saturation : or l'expérience a appris que 100 parties d'acide acétique pur hydraté, contenant 1 atome d'eau, étaient saturées par les quantités de carbonates de potasse et de soude secs ci-dessous indiquées.

100 acide saturent. 1 14,64 carbonate de potasse. 100 id. id. 88,51 carbonate de soude.

Par conséquent le moyen d'évaluer la proportion d'acide acétique dans une liqueur, est de composer une solution titrée de carbonate de potasse ou de soude que l'on place dans une cloche graduée et de chercher quelle est la quantité de cette solution , pour saturer exactement un poids de l'acide qu'on examine.

Exemple. Admettons qu'on ail formé une solution de

carbonate de soude , contenant 20 0/0 de ce sel sec; que 100 grammes d'acide acétique étendu exigent 85 parties de la première solution. On cherchera d'abord quelle est la quantité de carbonate de soude renfermée dans les 85 parties de la solution titrée :

Or 100 :20::85 : x.

17 grannnes.

Les 17 grammes de carbonate de soude trouvés parla proportion, établie ci-dessus , ont dû saturer tout l'acide acétique contenu dans les 100 parties d'acide étendu. Pour connaître cette quantité exacte , il faut établir cette nouvelle proportion dans laquelle les deux premiers termes sont encore connus. 88,51, : 100 :: 17 : x.

Le nombre 88,51 représente la quantité de carbonate de soude sec qui sature 100 d'acide acétique pur.

Le nombre 19,47 est la quantité d'acide acétique pur, qui était contenue dans les 100 parties d'acide faible.

De Vacide acétique considéré sons le rojiport médicolégal.

L'acide acétique concentré est un poison irritant , énergique , d'après M. Orfda , susceptible de déterminer une mort prompte. Lorsqu'il est introduit dans l'estomac , il détermine une exsudation sanguine, puis le ramollissement et l'inflammation des membranes du canal digestif et quelquefois leur perforation.

Dans les recherches sur l'empoisonnement par cet acide, la présence de celui-ci peut toujours être constatée, d'après

MM. Barruel aîné et Orfila, en dislillanl, à la lempérature d'un bain de chlorure de calcium en solution concentrée , les liquides extraits de Testomac et son lava{>e à Teau distillée (Journal de cliimie médicale^ tom. VII, p. 460).

Le produit liquide, incolore, rouf;it le papier tournesol : il n'a pas d'action sur les solutions de nitrate de barite cl de nitrate d'argent; saturé par la potasse, il fournit par l'é- \aporation un résidu salin , blanc, piquant, facile à reconnaître pour de l'acétate de potasse.

Acide a?«timo>ieux. {Deutoxide d'anlimoiiK'.)

Cet acide qui se forme en traitant à chaud l'antimoine en poudre par l'acide nitrique, est en poudre blanche insipide , insoluble dans l'eau et dans les acides adaiblis ; exposé au feu il est infusible et fixe.

Compoxifion. L'acide antimonieux est formé d'après M. Berzélius, de :

Antimoine <S(),L">ou l2atoines.

Oxiffène 10,87 4 atomes.

Sa formule est = Sb.

(\irnclh-fit distinrlifx. I" Placé sur un charbon ardent il n'éprouve aucune altération à cette temj)ératnre; chauflé au chalumeau sur un charbon, il se volatilise dans la llamme intérieure en se réduisant; mais, en y ajoutant un j)eu de potasse ou de soude, il fond et se réduit en petits jîlobules d'antimoine.

2° Traité par une s(;lution de potasse caustique bouillante, il se dissout peu à peu et produit une dissolution incolore d'où les acides séparent l'acide antimonieux, à l'état (l'hydrate, sous forme de flocons blancs; en versant dans celte solution d'antimonite de potasse une solution de protosulfure de potassium <t un acide, il y a formation

crun précipité jauue-ovanoé de deulo-sulfure d'aïUiinuiiic [lydraU'.

3" L'acide hydrochlorique ou chlorhydrique le dissout à chaud et produit une dispolution incolore qui précipite en flocons blancs par Tcau elen jaune-orangé par l'acide hydrosulfurjque; une lame de zinc ploni^ée dans cette dissolution en réduit sur le champ l'antimoine qui se dépose sous forme de flocons noirs.

Acide antimonique. C^t acide se forme 1° en traitant par l'acide nitrique bouillant le résidu de l'évaporation de la dissolution d'antimoine dans l'eau régale (acide chlorohyponitrique); !2' en calcinant l'antimoine pulvérisé avec quatre fois son poids de nitre. A l'état d'hydrate, il est blanc, pulvérulent, insipide, insoluble dans l'eau ; il rounitle papier et la teinture de tournesol; chauflé, il abandonne d'abord son eau, devient jaune-cilrin et perd sous cet état la propriété de rougir le papier de tournesol, quoiqu'il agisse encore sur la teinture étendue d'eau comme nous l'avons constaté. Calciné au rouge, il abandonne une partie de son oxigène en se transformant en acide antimonieux.

Compost/ion. Cet acide contientsur cent parties :

Antimoine 7(>,3i ou 2 atomes.

Uxipène 23,G(> 5 atomes.

Sa formule est r= Sb.

Caraclires distincli/s. 1" L'acide antimoniquc hydraté jaunit lorsqu'on le projette sur un charbon incandescent.

2" Calciné au chalumeau, il se comporte difleremment suivant qu'il cit hydraté ou non; celui qui contient de l'eau passe ^\{\ blanc au jaune en dégageant de l'eau, puis revient au blanc par l'igiiition en dégageant de l'oxigène; l'acide

antimonique anhydre ])lanchil au premier coup de feu et se cbanoe en acide antimonieux. En le chauffant sur le charbon avec un peu de potasse, il se réduit en globules métalliques.

5° La solution de potasse le dissout à chaud, et cette dissolution se comporte avec les réactifs comme celle de l'acide antimonieux dans le même alcali. La seule différence consiste dans la couleur jaune-orange moins foncé du persulfure d'antimoine hydraté, qu'on forme en ajoutant du protosulfure de potassium et un acide.

4" Sa dissolution, dans l'acide hydrochlorique concentré précipite en blanc par l'addition d'une petite quantité d'eau, et en jaune-orangé par l'acide hydrosulfurique. D'après L. Gmelin, quand on verse beaucoup d'eau à la fois dans cette dissolution elle reste limpide, tandis que la dissolution de l'acide antimonieux clans le même acide se trouble et se précipite, une lame de zinc en réduit aussi l'antimoine.

AcinE ARSÉMEux [oxide blanc iVarsenic, arsenic bfanc, (vulgo) mort aux rais).

Ce composé d'arsenic et d'oxigène, rangé aujourd'hui au nombre des acides, se jjroduit dans la calcinalion de l'arsenic à l'air et pendant le grillage des dillérents arsénio-sulfuresdecobalt^c'est parce dernier procédé qu'on obtient celui qui est versé pour les besoins des arts. L'acide arsénieuxse rencontre dans le commerce, en morceaux blancs, opaques à leur surface, présentant ordinairement une couche intérieure demi-lransparente et vitreuse; sa densité = 5,758. Exposé à l'air, il perd bientôt sa transparence primitive et devient d'un blanc laiteux, plus friable et un peu plus soluble dans l'eau d'après les expériences de M. Guibourt -, sa saveur est âpre et un peu acre avec un arrière goût douceâtre.

Chauffé dans des vases ouverts, il se sublime entièrement

en petits cristaux tétraèdres transparents; projeté sur les charbons rouges, il se volatilise en fumée blanche, d'une odeur alliacée très caractéristique; cette odeur, due à une portion d'arsenic réduite par le contact du charbon, ne se manifeste point quand on place l'acide arsénieux sur un morceau de brique chauflé au rouge; il se volatilise alors sans odeur sensible.

Cet acide est peu soluble dans l'eau, plus à chaud cependant qu'à froid; ce liquide eu dissout à -{- 15° 9G/10000 et à -f- 100°, 96810000, aussi une partie de l'acide se sépare-t-elle sous forme cristalline, par le refroidissement de la solution.

Composition. L'acide arsénieux est formé de :

Arsenic 75,82 ou 2 atomes.

Oxigène 14,18 3 atomes.

Sa formule est = As.

Caractères distinctifs. \° Réduit en poudre fine et projeté sur un charbon ardent, l'acide arsénieux se dégage aussitôt eu vapeurs blanches d'une odeur alliacée, et ne laisse aucun résidu sur le charbon. Si, pendant cette volatilisation, on approche, à deux ou trois pouces, une lame de cuivre rouge décapée, cette vapeur se condense et recouvre ce métal d'une couche blanche; mais, si la lame est tenue très près du feu, c'est à dire à une ligne ou deux, on obtient une couche noirâtre ou grisâtre. La couleur noirâtre, développée dans ce dernier cas, dépend, comme M. Orfila l'a démontré, d'une portion d'arsenic métallique qui s'y est déposée et qui, ayant été réduite par le contact du charbon, se condense sur la lame avant d'avoir été brûlée par l'oxigène de l'air [journal de Chimie médicale etde ToxicoUxiie, tome V, page 550).

2° Dissous dans Toau bouilIaiUo, sa solution rou;;il faiblement la leinlure de lournosol; Toau de chaux mise en excès y occasionne un précipilé blanc d''arscnile de chaux, soluble dans un excès d'acide; l'acide hydrosulfurique lui communique une couleur jaune doré qu'une petite quantité d'ammoniaque fait disparaître, et que les acides réta- ])lisscnt en y déterminant alors un précipilé floconneux jaune de sulfure d'arsenic. Si l'on abandonne à elle-même la solution mêlée à l'acide hydrosulfurique, elle se trouble au bout de quelques temps et dépose dos ilocons jaunes; l'addition de quelques {gouttes d'acide hydrochlorique déterminent cet elïet à Tinsanl, et le précipilé qui se forme jouit de la propriété de se redissoudre dans l'ammoniaque liquide et d'en être de nouveau séparé par les acides.

3*^ Saturée par quelques jjouttes de potasse à l'alcool , cette solution produit avec le nitrate d'arj^ent un précipilé lloconneux jaune-serin qui brunit à la lumière, et avec le deuto-sulfate de cuivre un précipité d'un beau vert d'herbe (deulo-arscnite de cuivre).

La solution d'acide arsênieux non saturée produit ce dernier effet avec le sulfate de cuivre ammoniacal.

4" En évaporant à siccilé la solution d'acide arsênieux saturée par la potasse mêlant le résidu avec un peu de charbon et le calcinant à !a flamme d'une lampe à esprit de vin, dans un petit tiil)e eflllé, comme le n présente la fi<;urc

ci contre, on obtient à peu de distance du point chauflé une incrustation brillante d'arsenic métallique, qui adhère aux j)arois du verre et lui donne l'aspect du verre éîanié.

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5** Une petite quantité d'acide arsénieux en poudre mêlée intimement avec un peu dellux noir (voyez ce mot:, fournil aussi le même résultat lorsqu'on calcine ce mélange dans un tube de verre tiré en pointe.

6*^ La réduction de l'acide arsénieux peut encore être opérée sur des quantités minimes d'après ]\I. Berzélius, par le procédé suivant. Après avoir effilé à la lampe un tube ordinaire, de manière à lui donner le diamètre d'une forte aiguille à tricoter, on le ferme à son extrémité. On y introduit un très petit jjrain d'acide arsénieux, puis on ajoute par dessus des petits frajjments de charbon bien secs et on en forme une couche de 5 à G millimètres de hauteur : on tient horizontalement le tube dans la flamme d'une lampe à alcool, de manière à ne chaufter d'abord que la couche de charbon , comme ou le voit dans la ligure.

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Lorsque le charbon est rouge, on porte dans la flamme 1 extrémité du tube qui contient le grain d'acide arsénieux; celui-ci en s'évaporant, se réduit par le contact du charbon rouge et se condense à peu de distance en avant du charbon sous forme d'un anneau métallique et brillant, qu'on peut chasser plus loin en l'approchant à son tour de la flamme. {Traite de chimie, tome i2, page MG.)

lelssont les caractères à l'aide desquels on peut reconnaître d'une manière certaine mêm(>, les plus petites quantités d'acide arsénieux. Nous joignons ci-après un tableau

où se trouvent rapportés les divers degrés de sensibilité des réactifs employés dans ces sortes d'expériences.

REACTIFS EMPLOYES.

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