AC
soin. C. Si ces essais n'ont point tait découvrir racitle arsénieux, traiter les matières solides exprimées par dix à douze fois leur poids d'eau bouillante dans une capsule de porcelaine ouun ballon de verre , filtrer la décoction qu'on mettra en contact avec de l'acide hydrosulfurique et quelques gouttes d'acide hydrochlorique ; si la dissolution contient de l'acide arsénieux, elle se colorera en jaune et produira un précipité de sulfure d'arsenic. Dansce cas, il sera utile pour démontrer que ce précipité est occasionné parde l'acide arsénieux qui existait dansladissolution, de le recueillir, le dissoudre dans Taunnoniaque, évaporer ensuite la dissolution anuîiouiacale et calciner le résidu dans un tube ellilé avec un peu de flux noir ou de potasse; l'arsenic séparé de sa cond)inaison avec le soufre se volatilise et il sera facile de le reconnaître à son aspect métallique brillant et à l'odeur alliacée qu'il répandra en le mettant sur un cliarbon incandescent.
Dans cessorlesde recherches la réduction peut seule être re}',ardée comme une épreuve certaine, et son résultat est de la plus {]rande importance pour établir le corps du délit dans un jugement.
M. Ber/élius indique un procédé dillérent de celui-ci et (ju'il rejjarde conmie la meilleure méthode pour constater la présence de l'acide arsénieux dans les cas de médecine léjjale. Ce })rocédé qui a été employé pour la première fois, par Valcntin Rose, mais qu'il a modifié, consiste à faire bouillir l'estomac et les membranes coupées avec une faible solution de potasse caustique, à saturer la liqueur avec de l'acide hydrochlorique, la filtrer et y faire passer un courant de ;;a/i; hydrosulfurique. Le sulfure d'arsenic reçu sur un filtre et desséché, est projeté dans du nitre en fusion. Le soufre et l'arsenic sont alors transformés, le premier en acide sulfurique, et le second en acide arsénique qui restent unis à la potasse. Après
A Cl 55
avoir dissout clans l'eau le produit de la calchialion , un verse dans la solution de l'eau de chaux en excès, il en résulte de l'arséniate de chaux insoluble qu'on recueille sur un filtre. C'est de ce sel desséché, niélé avec un peu de charbon que M. Berzélius retire Tarsenic, en calcinant ce mélanfje dans un petit tube effilé et terminé par une boule comnje le représente la fifjure ci-dessous.
Le mélanjje placé dans la petite boule A étant chaude, fournit de l'arsenic qui se condense dans la partie étroite du tube , en formant un anneau brillant.
Un nouveau procédé pour séparer de très petites quantités d'arsenic des substances organiques avec lesquelles il est mélangé, vient d'être publié par James Marsh , dans îespremiersmoisde l'année dernière. Ce procédé fournit un moyen prompt et commode d'isoler directement l'arsenic à l'état de pureté, et de pouvoir le soumettre seul à l'action des réactifs appropriés ; il est fondé sur la propriété qu'a l'hydrogène à l'état de «jaz naissant de réduire les acides arsénieux et arsénique et de former avec leur radical métallique du gaz hydrogène arsénié , qui se sépare spontanément, en raison de son élasticité, des liqueurs où il s'est produit , et peut être recueilli dans un appareil à gaz ordinaire pour un examen ultérieur. Ce procédé simple , moins long et moins pénible que celui que l'on suit ordinairement pour découvrir l'arsenic dans les substances organiques , permet de retirer directement de petites quantités d'arsenic d'aliments liquides visqueux, tels que gruau , potages, porter, infusion de café, vin, etc.
l/apj)aroil que James Maish a mis en usage dans ces
sortes d'expériences, consiste, comme le montre la fig. V représentée ci-dessous ;
Fir, 1.
Fig. 2.
en un tube de verre , recourbé en sjphon et ouvert aux deux extrémités ; son diamètre est de 5/4 de pouce à l'intérieur : la branche la plus courte a cinq pouces environ, et la plus longue huit pouces de lonjjueur. Un robinet terminé par un petit tube ellilé est mastiqué à la plus courte branche , enfin l'appareil est fixé verticalement dans un support ou pied en bois. Une baguette de verre A longue d'un pouce environ, est placée dans la plus courte branche ; on y porte ensuite une feuille de zinc pur B, doublement recourbée et qui se trouve retenue par la baguette de verre qui a été introduite en premier lieu.
Lorsqu'on veut expérimenter sur un liquide dans lequel on recherche Tarsenic, on le mélange d'une certaine quantité d'acide sulfurique distillé et on le verse dans la longue branche de l'appareil , jusqu'à ce qu'il arrive dans la courte à environ un quart de pouce au-dessous du robinet tenu ouvert. Alors il se développe par le contact de la liqueur
acide et du zinc du gaz qui est de l'hydrogène pur, s'il n'y a pas d'arsenic, mais si la liqueur en c(3ntient , il se produit en même temps de l'hydrogène arsénié. Quand on a laissé perdre les premières portions de gaz pour chasser l'air, on ferme le robinet et tout le gaz dégagé se rassemble dans la plus courte branche en repoussant le liquide dans la plus longue , jusqu'à ce qu'il soit dans la plus courte au-dessous de la lame de zinc, comme cela a lieu dans une lampe à gaz hydrogène. Si après avoir ouvert le robinet , on enflamme le gaz à sa sortie, et qu'on tienne horizontalement en contact avec la flamme, une lame de verre ou une soucoupe de porcelaine , l'arsenic se dépose sur ces corps froids en formant des taches rondes d'un gris noir, avec éclat métallique. S'il n'y a pas d'arsenic dans le gaz qui brûle à l'air, la flamme est transparente, jaunâtre, et ne dépose que de la vapiur d'eau sous forme d'une légère rosée.
Si l'on tient au-dessus de la flamme un tube de 8 à 10 pouces de longueur sur 1/ide pouce de diamètre, l'arsenic déposé dans la flamme pouvant alors brûler à l'air , et s'oxider, se dépose dans le tube à l'état d'acide arsénieux sous forme d'une poudre blanche : si le tube incliné de 40 à 45 degrés touche la flamme à son sommet, on peut se convaincre par trois eff*ets de la présence de l'arsenic : il se dépose de l'arsenic métallique dans la partie du tube que la flamme touche, et au-dessus de ce point à une petite distance il se condense de l'acide arsénieux ; enlin à l'extrémité du tube, on observe l'odeur alliacée et caractéristique de la vapeur d'arsenic. 1/70000 d'acide arsénieux eu solution est manifesté en peu de temps par ce procédé. On peut remplacer l'appareil que nous avons décrit par un petit flacon muni d'un tube efllléà la lampe. Voy. fig. 2. En mettant dans le flacon la liqueur qu'on examine avec du zinc et de l'acide sulfurique, recouvrant le tout d'une
couche d'huile de deux lignes d'épaisseur, pour empêcher leur effervescence écumeuse qui ferait sortir la liqueur par l'ouverture du lube, on obtient, comme nous l'avons constaté, les mêmes résultats que ceux fournis par l'appareil de James Marsh.
MM.Orfila et Lesueur, dans leurs recherches ayant pour but de découvrir par l'analyse chimique les substances vénéneuses dans les cadavres inhumés depuis longtemps, sont arrivés à l'égard de l'acide arsénieux à des résultats trop importants, pour que nous n'en consignions pas ici les principales conclusions. Ces expérimentateurs ont déduit de leurs observations : 1° qu'il est permis de constater la présence de l'acide arsénieux mêlé avec des matières animales, même au bout de plusieurs années; 2° qu'il faut néanmoins, dans beaucoup de cas, le débarrasser d'une grande quantité de ces matières dissoutes par l'eau , en évaporant jusqu'à siccité la liqueur qui contient l'acide arsénieux et en agitant pendant quelques minules dans l'eau distillée bouillante le produit de l'évaporation -, 5° que si l'acide arsénieux a été employé à l'état solide, il ne sera pas impossible, même longtemps après l'inhumation, d'apercevoir çà et là des grains, qui, étant détachés avec la pointe d'un canif, présenteront tous les caractères de ce poison; 4° qu'il n'est pas douteux que l'acide arsénieux ne se transforme à la longue, et à mesure qu'il se produit de l'ammoniaque, en arsenile d'ammoniaque, beaucoup plus soluble; en sorte qu'il pourrait se faire qu'au bout de plusieurs années, on ne pût parvenir à démontrer la présence de l'acide arsénieux , sa combinaison avec l'anunoniaque produite étant soluble, elle aurait lillré dans la terre à travers les parois de la bière, lorsque la putréfaction a fait de grands progrès.
Des faits public's par M. Orlila lui-même attestent qu'il a encore été possible de retrouver cet acide dans les débris
ACr 37
d'un cadavre, après sept ans d'inlmmation {Journal de chimie médicale^ tome VI, p. 03).
Dans un nauveau mémoire la à l'académie royale de médecine , le 29 janvier 1839, M. Orfila a démontré par une suite d'expériences multipliées sur l'empoisonnement par l'acide arsénieux : 1*^ que cet acide introduit dans l'estomac ou appliqué sur le tissu cellulaire des chiens vivants est absorbé et qu'il se mêle au san^ et est porté dans tous les organes de l'économie ; 2° que c'est à cette absorpti(jn du poison qu'il faut attribuer la mort qui en est la suite; 3"^ qu'il est possible, à l'aide de certains procédés chimiques, de retirer l'arsenic métallique de la portion d'acide arsénieux qui a été absorbée, lors même qu'on n'a pas découvert de traces de cet acide dans les matières provenant de l'estomac et des intestins des personnes empoisonnées; 4° que le meilleur procédé à suivre pour l'extraction de l'arsenic , contenu dans la faible partie d'acide arsénieux qui a été absorbée, consiste à faire bouillir pendant cinq à six heures dans une grande chaudière de fonte ou de cuivre, tout le cadavre coupé en petits morceaux, avec de l'eau distillée à laquelle on a ajouté dix à douze grains de potasse à l'alcool solide, à passer avec expression à travers un linge le décoctum , le laisser refroidir pour séparer la graisse, et le soumettre, après l'avoir acidulé par l'acide \\ydrochSorique, à un courant de gaz hydrosulfuriquc , qui précipite une partie de l'arsenic à l'état de sulfure et mêlé à de la matière organique. Le décoctum privé d'une partie d'arsenic par ce premier moyen , doit être évaporé à siccité, après y avoir fait dissoudre un excès de nitrate de potasse. En calcinant ce résidu par petites portions dans un creuset de terre rougi au feu, toute la matière organique est brûlée, et l'arsenic qu'elle contenait est transformé en acide arsénique qui reste uni à la potasse. Pour démontrer alurs sa présence dans ce résidu de la calcinaliun , on le
délaie dans l'eau distillée ; et après l'avoir sursaturé par l'acide sulfurique , on le fait chauffer pour dégager l'acide nitrique et liyponitrique qui s'y trouvaient, c'est alors qu'en introduisant ce liquide dans l'appareil de INÎarsh , il devient facile d'obtenir en quelques secondes de ï arsenic tnétaJlique.
M. Orfda établit que l'on peut à la ri(jueur déceler ce poison dans les animaux empoisonnés, en traitant par le procédé rapporté ci-dessus un certain nombre de muscles, ou un seul des viscères de l'économie animale, préalablement desséchés , surtout lorsque ces viscères sont très vasculaires -, mais qu'il est préférable d'agir sur le cadavre entier , ou du moins sur la moitié , la proportion d'acide absorbé étant ordinairement très faible. La présence de l'arsenic peut encore être décelée par les mêmes moyens dans le sang extrait d'une saignée, surtout si la quantité de ce liquide s'élève à quelques onces.
Dans les recherches précédentes, M. Orfda a apporté une modification importante à l'appareil de Marsh, dont nous avons donné la description à la page 54. Pour éviter l'eflervescence écumeuse qui fait sortir de l'appareil une partie de la liqueur à essayer, et empêche le gaz hydrogène de brûler, et pour se dispenser de faire usage de l'huile qui avait été indiquée dans cette circonstance, M. Orfila a eu l'heureuse idée de détruire la matière organique en la brûlant par le nitrate de potasse, et de rendre ainsi l'extraction de l'arsenic plus facile. L'appareil qu'il a employé à cet eiïet consiste en un flacon ordinaire, fermé par un bouchon de liège percé de deux trous qui donnent passage, l'un à un tube droit assez large, d'un pied de long, qui plonge dans le liquide , l'autre à un tube recourbé à angle droit qui ne pénètre que d'une petite quantité dans la partie vide du flacon par l'une de ses extrémités, tandis que l'autre ef-
filée en pointe est destinée à la sortie du fjaz hydrogène (ijoy. fig. 1 ). Cette nouvelle disposition de l'appareil permet ^'^' '■ ■ d'introduire dans le flacon
sans le déboucher, la liqueur à essayer.
Les préparations antirnoniales traitées dans les mêmes circonstances avec l'appareil de Marsh donnent des taches noires sur les capsules de porcelaine. Ces taches que l'on pourrait confondre à la vue avec celles produites par les préparations arsenicales, s'en distinguent : 1° en ce qu'elles ne se volatilisent qu'en partie, lorsqu'on les expose à la flamme du gaz hjdrogène pur; 2° chauflées avec de l'acide nitrique, elles sont transformées en acide antimonieux qui n'éprouve aucun changement par la solution de nitrate d'argent, tandis que les taches d'arsenic fournissent par le même réactif de l'acide arsénique, qui précipite en rouge briqueté par cette même solution.
Acide aksénique. Cet acide obtenu en faisant réagir sur l'acide arsénieux un mélange d'acide nitrique et d'acide hydrochlorique , se présente en une masse blanche, amorphe, déliquescente à l'air, d'une saveur très acide, acre et même caustique. Il est très soluble dans l'eau et dans l'alcool , incristallisal)le et plus vénéneux que l'acide arsénieux. Exposé à une chaleur rouge, il fond et se décompose à une température plus élevée en oxigène et en acide arsénieux qui se volatilisent tous les deux.
Composition. Le rapport des éléments de cet acide
est
Ai) ACI
Arsenic. . . . 05,28 ou 2 atomes.
. Uxi}j,èue. . . . 5i,72 5 atomes.
Sa formule = As
Caractères distinctijs, î" Mis sur un charl)on ardent, l'acide arscnique se boursoufle, perd toute l'eau qu'il contient et devient opaque: si on active alors la combustion du charbon, il se dissipe bientôl en vapeurs blanches d'une odeur alliacée.
2" Mêlé avec du flux noix et calciné dans un petit tube de verre effilé, il fournit de l'arsenic métallique.
5° Dissous dans l'eau, il donne une solution incolore qui roujjit fortement la teinture de tournesol-, cette solution précipite en flocons blancs l'eau de chaux et l'eau de barite, et les arséniates de ces bases insolubles dans l'eau se redissolvenl avec facilité dans un excès d'acide arsénique.
L'acide hydro-sulfurîque versé dans cette solution n'y produit aucun eflet sur le champ; au bout de quelques heures, il la trouble et la jaunit; mais, si on chaulVe ce mélange, il ne tarde pas (d'après M. Orfila) à fournir un précipité jaune depersnlfure d'arsenic. Nous avons observé qu'en faisant bouillir une portion de solution d'acide arsénique avec de l'acide sulfureux, jusqu'à ce que toute odeur de celui-ci ait disparu, la solution alors en partie ramenée à l'état arsénieux devenait instantanément jaune et trouble par l'acide hydrosulfurique.
Le nitrate d'argent, versé dans la solution d'acide arsénique, y occasionne sur le champ un précipité pulvérulent d'une couleur rouge briqueté foncé, qui est de ïarséniate daryeiit. Le deuto-sulfate de cuivre n'a aucune action sur cette solution, mais le sulfatede cuivre ammoniacal y forme un précipité blanc bleuâtre (deuto-arséniate de cuivre).
AGI il
4° Enfin, en plon^eaul une lame de zinc dans une solution d'acide arsëuique additionnée de quelques {gouttes d'acide sulfurique, il se dépose, au bout de 20 à 50 minutes, une poudre noire d'arsenic métallique.
Acide azotique (voyez acide nitrique).
Acide beiszoïque. [Acide du benjoin, fîeurs de benjoin des anciens chimistes.)
Cet acide, dont le nom est tiré du mot latin bemoe, benjoin, existe à l'état de liberté dans ce baume et dans ceux du Pérou et de Tolu, ainsi que dans le styrax, le slorax, la vanille, etc., etc.
On l'obtient ordinairement en chautTant modérément le benjoin concassé dans des vases sublimaloires, ou eu traitant ce baume par l'intermède de l'eau et des alcalis. Cet acide forme environ i/10 du benjoin.
L'acide benzoïque, extrait par sublimation, contient toujours une petite quantité d'huile volatile qui lui donne une odeur aromatique agréable, un peu analo^jue à celle de la vanille -, mais privé de cette huile il est tout à fait inodore : il se présente en petites aijjuilles blanches, aplaties, très légères, d'une saveur acidulé, chaude et ensuite acre. Exposé au feu dans un tube il fond aisément, bout ensuite et se sublime presqu'en totalité sous forme de longues aiguilles prismatiques, satinées.
L'eau à la température ordinaire en dissout 1/200 et à ~t" 100, 1/12 de son poids. Cette solution en se refroidissant dépose des cristaux aiguillés ou aciculaires. Cet acide est plus soluble dans l'alcool j en mêlant sa solution alcoolique avec de l'eau, elle se trouble et en laisse précipiter une partie.
Composition. L'acide benzoïque sublimé ou cristallisé renferme un atome d'eau: à l'état anh^ Jre il est formé de:
Carbone 74,45 ou 12 atomes.
Iljdrocjène 4,34 iO atomes.
Osigène 21 ,25 5 atomes.
100,02 Sa formule est B- =C'^ H"', 0\
D'après les nouvelles considérations déduites des expériences de MI\r. Liebig et AVoohler, cet acide doit être regardé comme formé d'un radical composé (C^*^ IP" 0'), combiné à 1 atome d'oxigène^ c'est ce radical, non encore isolé, qu'ils ont nommé hemoïle, et qui existe dans plusieurs produits organiques qui se transforment en cet acide, en s'oxidant à l'air ou sous riulluence des acides ou des bases.
Caractères distinctifs. 1° Projeté sur les charbons ardents, l'acide benzoïque s'exhale à l'instant en fumée blanche épaisse, d'une odeur piquante, très acre et qui excite la toux.
2° Dissous dans l'eau bouillante, il forme une solution incolore qui rougit fortement le papier de tournesol, et cristallise par le refroidissement en petites aiguilles très légères : l'eau de chaux, l'eau de barite, les solutions des acétates de plomb neutre et tribasique; celles de nitrate d'argent et de mercure n'y produisent aucun précipité; mais si on ajoute au mélange de cette solution, avec le nitrate d'argent une goutte ou deux d'ammoniaque, il se produit aussitôt un précipité blanc floconneux de b(;nzoate d'argent qu'une grande quantité d'eau redissout.
5° Saturé parla potasse ou l'ammoniaque, lesbenzoates qui en résultent sont décomposés par tous les acides, à l'exception de l'acide carbonique; il se forme, dans tous les cas^ un précipité blanc cristallin d'acide benzoïque; les sels de peroxidede fer à l'état neutre sont précipités en jaune
rougeâtre par ces sels, tandis que les sels de protoxide ne le sont point.
Usages. La propriété dont jouit Tacide benzoïque de former avec le peroxide de fer un composé insoluble dans l'eau, permet d'employer, dans les rechercbes analytiques, un benzoate soluble pour séparer le peroxide de fer en dissolution d'avec un grand nombre d'oxides, tels que les protoxides de manganèse, de zinc, de nickel-, mais il importe que les liqueurs soient neutres et que le benzoate de peroxide de fer qui se forme soit lavé à l'eau froide, car l'eau bouillante le décompose, d'après les observations de Hisinger.
Acide borique. Ce composé, désigné autrefois sous le nom diacide horacîqne, et en médecine sous celui de sel sédatif de Bomber^, se trouve dans la nature à l'état de liberté et à l'état de combinaison avec certaines bases. Sous le premier état, il existe aux environs de certains volcans, et en solution dans certains lacs de Toscane, d'où on le retire par le lavage de la vase et l'évaporation. Combiné à l'oxide de sodium, il forme le borax naturel d'où on l'extrait dans les laboratoires.
Cet acide, à l'état de pureté, se présente en écailles ou paillettes brillantes, savonneuses au toucher. Il n'a point d'odeur^ sa saveur est faible et k peine acidulé, exposé au feu, il fond d'abord dans son eau de cristallisation, se dessèche en se boursouflant, éprouve la fusion ignée à une température rouge et se transforme en un verre blanc transparent. Ainsi fondu, il s'cfïïeurit par son exposition à l'air, devient opaque et pulvérulent à la surface, en absorbant peu à peu la vapeur contenue dans l'atmosphère.
L'eau à+ 15 en dissout o/lOO de son poids cl 8/100 à -|- 100. L'alcool le dissout aussi en plus grande quantité à chaud qu'à froid.
Ai AGI
Comfiosition. L'acide borique cristallisé ou hydralé coiilicMil ililTéreiiles proportions d'eau, siiivaullc mode de dessiccation; desséché à -j- V\°, il renferme ir>,(>;2 pour cent d'eau, et à -|- 100, il n'en contient plus quc!27,9. Anhydre et fondu, il est formé de :
Bore 51,22 ou 2 atomes, j
0\ ,.., — ., ,> ,' i)KR/-.
xijjene b«,/8 (> atomes. )
100,00 Sa formule = B
Caraclires dislinctifs. 1° L'acide borique pur tl cristallisé, mis sur un charbon incandescent, se ramollit en se boursouflant et se dessèche ensuite sans répandre d'odeur; chauffé au chalumeau, il fond et donne un verre transparent qui devient opaque en le mettant dans l'eau. L'acide borique du commerce, extrait du borax naturel ou Tinkal non ralllné, contient une matière j;rasse qui le fait noircir lorsqu'on l'expose au feu.
2° Dissous dans l'eau bouillante, l'acide boricjue pur forme une solution incolore qui rou^dl faiblement» la teinture de tournesol; l'eau de chaux n'y produit d'abord aucun trouble, mais l'eau de barite y détermine aussitôt un précipité blanc floconneux, soluble dans une addition d'eau, ou par quelques gouttes d'acide nitrique ou hydrochlorique.
5" Combiné à la potasse ou à la soude, l'acide boriqu<; forme un sel soluble, d'où les acides le précipitent quand la solution est concentrée.
Cette même solution est également précipitée par les nitrates de chaux et de barite, mais les borates de chaux et de barite qui se forment sont redissous, même à froid, par une certain»' (juantilt' d'eau ; le nitrate- d'ar;^;ent produit
ACl 45
aussi un précipité, mais le précipite blanc osl insoluble dans l'eau et soluble dans l'acide iiilricjue.
A° Dissous dans l'alcool, l'acide borique forme une solution c|ui brûle avec une flamme verte pale, et qui donne au papierjoscpli qui en est impréj^né , la propriété de brûler avec la même couleur. Ce caractère se présente encore quand l'acide, même en petite quantité, est délayé dans un peu d'alcool et qu'on vient à enflammer ce liquide.
Déitrmhuilion de la j>ur< té Je l'ncitlc hor'upie naturel.
L'acide borique inqiorté de Toscane pour les besoins des arts et du commerce contient, indépendamment de l'eau de crislallisaiion, divers sels et des matières terreuses. On reconnaît facilement sa pureté en le dissolvant dans \i\ à 20 fois son poids d'eau bouillante, et liltrant la solution pour séparer les matières terreuses insolubles.
La solution évaporée fournit l'acide borique cristallisé en petites paillettes. On s'assure de la pureté de cet acide en le redissolvant dans l'eau, et examinant la solution par le nitrate debariteetcelui d'argent qui produisent : le premier, un précipité de sulfate de barite si l'acide contient un sulfate mélanné, et le second un précipité de cblorur(î d'argent qui indique la présence d'un cblorure. Enlin la solution d'oxalate d'anunoniaqu(! fait connaître si l'acide renferme quelques sels à base de cliaux.
Usayen. J/acide borique est employé comme fondant dans quelques essais au clialumeau , mais on le remplactî le jdus souvent par le, borate de soude fondu. (Voyez ce mot). Suivant M. Lerzélius, l'acide borique peut servir à reconnaître de petites quantités d'acide phosphoriquedans les minéraux. Si on fait fondre la matière d'essai au clialumeau avec de l'acide borique, et (pi'on enfonce dans la boule d'essai fondue un petit bout de fil d'acier, il se formera à un bon Omi de ré-duclioii du prolo-borale d<' fer et
du phosphure de fer j ce dernier fond à une haute température et se présente après le refroidissement de la matière sous forme d'un culot métallique , attirable à Taimant , de la couleur du fer et susceptible de se briser sous le marteau. Il importe, aAant de faire cet essai, de s'assurer que la matière qu'on examine ne renferme ni acide sulfurique ni acide arsenique, ni oxides métalliques réductibles par le fer, car on obtiendrait un produit qui présenterait les mêmes caractères physiques.
Acide carbojnique. [yJcide aérien , acide crayeiicc, air fixe des anciens chimistes. )
Dégagé de toute combinaison, cet acide est gazeux, à la température et à la pression ordinaires*, c'est sous cet état et en solution dans Teau qu'on le rencontre ordinairement et que nous en étudierons les propriétés et les caractères.
A r état ^a2eM:r. Il est incolore , d'une odeur aigrelette indéterminée, impropre à la combustion et à la respiration, 8a densité est de l,o2io. Un litre de ce gaz ou 1000 centimètres cubes à 0 température et 0,70 c. de pression pèse 16'",9798. Soumis à une forte pression et à un froid de — 20°, il se liquéfie, et si lorsqu'il est sous cet état, on le laisse sortir du vase qui le contient par un petit orifice , le jet de liquide qui traverse l'air, produit ens'évaporant un froid si violent ( — 90) qu'une portion de l'acide se solidilie et se précipite sous forme de flocons blancs neigeux contre les parois des vases quisonten contact avec le jet. (expériences de M. Thilorier.)
Le gaz acide carbonique est légèrement soluble dans l'eau, ce liquide en dissout un peu plus de son volume à la température ordinaire et à 0"',76 de pression, mais par une pression plus considérable Taflinité du gaz pour l'eau augmente et celle-ci peut en contenir trois à quatre fois son volume.
Composition. Le gaz acide carbonique est formé en
poids de
Carbone Oxioène.
27, G5 ou 1 atome. I „ 72,55 2 atomes. '
100,00 Sa formule est = C.
Caractères distinctifs. 1° Ce gaz éteint les bougies allumées qu'on y plonge. 2" Agité avec la teinture de tournesol, il la rougit faiblement, mais la couleur disparaît par la chaleur à mesure que le gaz se dégage. 5° L'eau de chaux et de barite qu'on y verse l'absorbent, se troublent aussitôt et produisent un précipité blanc d'abord floconneux, qui devient pidvérulent ensuite et se dissout avec effervescence dans l'acide nitrique ou hydrochlorique. 4° Les solutions de potasse et de soude caustiques l'absorbent entièrement en se transformant en carbonates solubles qui font alors effervescence avec tous les acides.
Combiné à leau. L'eau saturée d'acide carbonique à la pression et à la température ordinaires contientun volume et demi de ce gaz, elle a comme ce dernier la propriété de rougir faiblement la teinture de tournesol , de précipiter en flocons blancs les eaux de chaux et de barite-, exposée à l'action du feu ou placée dans le vide, elle perd peu à peu cet acide qui s'en dégage. Sous une plus forte pression l'eau peut en dissoudre cinq à six fois son volume, elle acquiert alors la propriété de mousser et de pétiller lorsqu'elle a le contact de l'air 5 c'est sous ce dernier état que l'acide carbonique existe dans certaines eaux minérales naturelles et artiUcielles.
La proportion d'acide carbonique qui se trouve en solution dans les diverses espèces d'eaux, peut être généralement estimée par le procédé suivant : on prend un petit
ballon d'une capaciU' connue et muni d'un tube recourbé qui doit s'engager sur la cuve à mercure. Après les avoir remplis avec de l'eau à examiner, onla fait bouillir pendant quinze à vingt minutes , en recevant le gaz qui se dégage dans une clocbe ou un flacon gradué. Le gaz étant recueilli , on mesure exactement son volume en tenant compte de la température et de la pression au moment où l'on fait l'expérience , et après avoir absorbé l'acide carbonique par une solution de potasse caustique, on compare son volume à celui de l'eau qui l'a fourni.
Une autre méthode consiste à faire passer le gaz acide carbonique, dégagé par la chaleur dans un flacon contenant un mélange d'eau de chaux et d'ammoniaque; le carbonate de chaux qui se forme dans cette circonstance est recueilli sur un filtre pesé , lavé et ensuite séché à -f- 100® ; de son poids on déduit la proportion d'acide carbonique et de celle-ci son volume. (Voyez Carhonntede chnit.r ^ sa composition.^
Dans l'évaluation de Tacide carbonique par celte méthode , M. Berzéiius préfère avec raison convertir le carbonate de chaux obtenu en sulfate, qu'on peut fortement calciner sans craindre de le décomposer, et de calculer d'après le poids de ce sel, la quantité de carbonate qui lui est •correspondante. La proportion du sulfate est toujours à celle du carbonate de chaux dans le rapport d'un atome du premier à un atome du second.
Lsatjes. Le gaz acide carbonique est quelquefois employé dans les analyses minérales pour séparer les oxides debarium , de strontium ou de calcium, qui sont en solution dans l'eau et mêlés à d'autres composés; ces oxides se précipitent à l'état de carbonates neutres, mais il faut avoir la précaution de faire bouillir la liqueur avant de les recueillir, afin d'éviter (ju'une portion de ces carbonates
Acr 49
ne reste en dissolution à la faveur de l'excès de gaz acide carbonique qu'on a du faire passer.
On emploie dans quelques circonstances un courant de {^az acide carbonique pour chasser l'air des tubes ou vases dans lesquels il importe qu'il ne reste point d'air atmosphérique. MM. Henry fils et Plisson ont mis en pratique ce moyen dans quelques analyses élémentaires organiques. Acide chlorhvdrique. (Voyez Acide hydrochlorique). Acide chlorique oxigéné (Voyez Acide perchlorique.) Acide chloronitreux. On désigne sous ce nom le résultat du mélange de l'acide hydrochlorique avec l'acide nitrique, qui en raison de la propriété qu'il possède de dissoudre l'or, a été connu des anciens chimistes sous le nom d'eaw Régale.
Ce produit très employé dans les analyses minérales comme dissolvant de plusieurs métaux, se prépare <mi mêlant ensemble deux ou trois parties d'acide hydrochlorique concentré à une partie d'acide nitrique pur ; il en résulte aussitôt une coloration jaune due à du chlore et à de l'acide hyponitrique ou nitreux produits.
L'eau régale est d'un usage général pour dissoudre l'or , le platine et leurs minerais ; il est aussi employé dans l'analyse des sulfures pour acidifier ie soufre.
Acide cuYAZiQUE sulfuré, (y ojez Acide hydrostil/'oeyaniqne).
Acide curômique. Quoique ce composé de chrome c! d'oxigène ne soit pas einph)yé par lui-même, nous devons signaler ici ses propri('lés et sa cumpusition par la raison (lu'il sert à doser le chrome ou son oxide ({ue renferment certains minéraux, en le Cidcinant avec le nitrate de potasse et précipitant le chrômate de potasse qui s'est fornn' par l'acétate de plomb ou par celui de barite.
L'acide chrômique à l'état de pureté, peut eristalUser mais difticileinrnt vu pi lii(\s ;n;;ninos rouges de eiiial)re,
d'après M. Berzélius-, mais il se présente ordinairement sous l'apparence d'un liquide épais très visqueux, d'un rouîje brun foncé, sa saveur est acide et styplique. Par i'('vaporation,ilse transforme en une matière brune sèche, qui tombe eu déliquescence en se refroidissant à l'air, ciiaufié plus fortement, il se décompose enoxijoène qui se dé^jajje et en protoxide de chrome qui reste à l'élat d'une poudre d'un vert foncé. L'eau le dissout en se colorant en jaune brun.
Composition. Cet acide contient :
Chrome o3,97 ou 1 atome.
Oxii'ène 10,05 3 atomes.
100,00 Sa fornude = Cr.
Caractères distinctifs. 1" Une youlte de solution concentrée de cet acide placée sur un charbon incandescent , se boursoufle et laisse une matière noiràlre sponjjieuse qui devient verdâtre par une plus forte chaleur.
2" Calciné sur une lame de platine, il laisse un résidu vert bouteille qui fondu au chalumeau avec du borax, produit un jjlobule d'une belle couleur vert d'émeraude.
5" Dissous dans l'eau, il donne une solution d'un jaune brun, qui rouj;it fortement le papier de tournesol j cette solulion devient aussitôt d'un beau veit par l'acide sulfureux-, chaulïée avec de l'acide hydrochlorique elle se déconn)Ose, donne du chlore et du protochlorure de chrome qui reste dissous et colore la liqueur en vert.
L'eau de barite versée dans cette solution y forme un précipité jaune seiin, très peu soluble dans l'eau, mais solu!. le entièrement dans l'acide nitrique; le nitrate d'arpent y occasionne un précipité roz/ryt' car/n m ; le protonitrate de mercure un précipité roz/^e ora/iye, et le nitrate
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ou l'acétate de plomb uu précipité d'uu beau jaune citron-, tous ces précipités sont redissous par Tacide nitrique en excès.
Acide citrique. (^yJcide ciiromen , acids du citron des anciens chimistes.^
Cet acide qui existe dans le suc de citron, d'où il a été d'abord extrait par Scheèle, se rencontre dans tous les fruits du genre citrus , tels que limons ^ oranges, etc.; on l'a trouvé depuis dans plusieurs de nos fruits indigènes , mais il y est en petite quantité et toujours mêlé à l'acide malique. On peut cependant l'extraire avec avantage de quelques espèces de groseilles d'après les observations de MM. Tilloy et Chevallier.
L'acide citrique cristallisé se présente en prismes obliques ou rhomboïdes transparents, terminés par des sommets dièdres. Sa saveur est fortement acide et même caustique. Il est inaltérable à l'air, solubledans les trois quarts de son poids d'eau froide et dans la moitié de son poids d'eau bouillante. Exposé au feu il fond , se boursoufle et se charbonne en donnant entre autres produits liquides un acide particulier qui a reçu le nom de pyrocitrique.
Cojnposition. Les cristaux d'acide citrique contiennent 18 pour cent d'eau de cristallisation, dont la moitié se dissipe à l'air sec , à une température de -f- oo". Cet acide anhydre est formé de : . .
Carbone 41,84 ou i atomes.
Hydrogène. . . 5,42 4 atomes.
Oxigène ')4,72 4 atomes.
Sa formule est C -^ C* H* 0^
Caractères dislinctijs. 1" rr(jjeté sur un charbon ardent , l'acide citrique se liquéfie d'abord , se boursoufle en
noircissanl et exhale une vapeur l)lanclie, acre et piquante qui excite le larmoiement ^ il ne laisse qu'un léger résidu charbonneux qui brûle entièrement lorsqu'on active la combustion du charbon rounfe qui sert de support.
2° Sa solution aqueuse a une acidité très prononcée et rougit vivement la teinture de tournesol 5 elle ne précipite point l'eau de chaux même employée en excès, mais en évaporant la liqueur , il se dépose un sel blanc en petits îjraius qui est du citrate de chaux, peu soluble. L'eau de barite forme dans cette solution un précipité blanc floconneux, soluble dans un excès d'acide ou par l'addition d'une certaine quantité d'eau froide-, le nitrate d'argent ne la trouble point, mais en y ajoutant une goutte d'ammoniaque '1 se produit un précipité blanc, caillebotté, soluble dans un excès d'eau -, le proto-nitrate de mercure, l'acétate de plomb neutre et l'acétate tribasique y déterminent instantanément des précipités blancs, floconneux, insolubles dans reau.
r sages. L'acide citrique est employé dans les arts et dans l'économie domestique. Il sert en teinture et dans l'impression sur étoffe. C'est à sa présence dans le jus de citron, qu'il faut attribuer l'usage qu'en font les teinturiers pour précipiter la carthamine de sa solution alcaline. On s'en sert aussi pour composer des limonades sèches ou gazeuses, en le mêlant avec du sucre aromatisé , ou avec du bi-carbonale de soude.
Dans le commerce on substitue ou on mélange souvent à l'acide citrique l'acide tartrique qui estmoins cher; il est facile de distinguer ces deux acides d'après les caractères que nous avons rapportés plus haut, car l'acide tartrique précipite l'eau de chaux et sa solution concentrée précipite un sel acide peu soluble , lorsqu'on y ajoute quelques gouttes de solution de potasse insuffisantes pour la saturer, tandis
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que la soUilion d'acide citrique ne précipite point par cf réactif'.
Acide formique. Sous ce nom on dési^jne un acide organique particulier, qui a d'abord été trouvé dans certaines espèces de fourmis des bois et qui est la cause de l'odeur aigre et piquante que ces insectes exhalent lorsqu'on les irrite. Cet acide se produit dans ua grand nomljre de réactions sur certains principes organiques , et pourrait être confondu d'abord avec l'acide acétique faible. Nous avons donc pensé qu'il était important de relater ici ses propriétés particulières et ses caractères. L'acide formique ie plus concentré qu'on se soit procuré est toujours liydralc et contient I atome d'eau ; il est liquide à la température ordinaire, se congèle et cristallise à 0 d'après M. Liebig-, sa densité est de 1,1168, il bout à -f 100 et se vaporise entièrement sans se décomposer.
Composition. Cet acide anhydre est formé de :
Carbone. . . . 32,85 ou 2 atomes.
Hydrogène. . 2,08 o atomes.
Oxigène .... G 4,47 2 ator/ies.
100,00 Sa formule = F = C^ H=^ 0-.
Sa capacité de saturation est plus grande que celle de Tacide acétique, elle esta celle-ci :: 21,490 : lo,547.
Caractères distinctifs. 1° Liquide, incolore, volatil , d'une odeur acide bien prononcée, un peu analogue à celle de l'acide acétique; il rougit fortement la tournesol.
2^* Étendu d'eau, sa solution ne précipite ni l'eau de chaux ni l'eau de barite, et n'a aucune action à la température ordinaire sur les solutions des sels métallicpies-, versé dans une solution concentrée d'acéta(e de plomb neutre, il se produit, d'après M. Dumas, des
cristaux aif^uillés de formiate de plomb peu soluble.
3" Clian(Tt'e, avec lebioxided<' mercure elle le réduit avec effervescence et déijagement de {]az acide carboaique et il se dépose une poudre grise de mercure divisé : le même effet se manifeste lorsqu'on chauffe cette solution avec les solutions de nitrate d'ar*^ent et deproto-nilratede mercure.
4° Saturé par la potasse ou la soude , facide formique forme un sel blanc très soluble , qui af>;it de la même manière sur les sels d'ar[;ent et de mercure et qui étant traité par l'acide sulfurique concentré laisse dégaj^er Tacide formique sous forme de vapeurs acides et piquantes.
Acide gallique. Cet acide qui a d'abord été extrait de la noix de galles, d'où provient le nom qu'il porte, existe dans un grand nombre de végétaux astringents ou il est mêlé à Vacide tannique ou tannin. D'après les dernières observations de jM. Pelouze, l'acide gallique qu'on extrait de ces différents vé;;é(aux ou parties de végétaux ne préexisterait pas, ou du moins en très petite quantité; Userait le résultat de l'altération du tannin , sous l'influence de l'air et de l'eau.
L'acide gallique à l'état de pureté se présente en petites aiguilles blanches , soyeuses, inodores d'une saveur acidulé et slyptique -, il est plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide qui n'en dissout que 1/100 de son poids -, l'alcool le dissout en plus grande quantité.
Composi'lion. L'acide gallique cristallisé contient 9,45 d'eau ou 1 atome ; anhydre il est formé de :
Carbone. . . . 49,89 ou 7 atomes.
Hydrogène.. 5,49 G atomes.
Oxigène .... 4G,62 5 atomes.
Sa formule est C C = C' H« 0'.
AGI m
Caractères disti7ictifs. 1" L'acide gallique, chauffé sur les charbons ardents, se boursoufle, noircit, exhale une fumée piquante et acide, qui colore en bleu-noir un papier blanc humecté par une solution de persulfale de fer.
2** Sa solution aqueuse forme, avec les eaux de chaux, de barite el de strontiane, des précipités blancs, solubles dans un excès d'acide; ces précipités prennent, au contact de Tair, une teinte bleue qui passe au violet-brun par suite de l'absorption de l'oxiMène.
3° Saturée par la jjotasse, la soude ou l'ammoniaque, cette solution prend, en présence de l'air, une couleur rouge brunâtre qui se fonce de plus en plus en s'altérant.
4° L'acétate et le nitrate de plomb produisent dans la solution d'acide gallique un précipité blanc inaltérable à l'air -, le protosulfate de fer est sans action sur elle , mais le persulfate de fery occasionne un précipité d'un bleu foncé.
5° Enfin celte solution ne trouble ni la solution de gélatine, ni la solution des sels à base d'alcalis végétaux, comme le fait la solution d'acide lanniqueou de tannin.
Acide hydriodique ou ioduydrique. [lodide hydrique Berz.)
Ce composé d'iode et d'hydrogène est gazeux à la teinjiérature et â la pression ordinaires , il est incolore, fume à l'air en exlialant une odeur acide suffocante qui ressemble à celle du gaz liydroclilorique ; sa densité est plus grande que celle des autres gaz, elle est de 4,440.
Mêlé avec du .;>az chlore , il est décomposé avec formation d'acide liydrochlorique et apparition de vapeurs violettes d'iode qui se condensent sur les parois du vase. La vapeur de brome aj;it de la même manière. Plusieurs métaux le décomposent aussi en absorbant l'iode et laissant le gaz hydrogène, qui occupe exactement la moitié du volume du gaz hydriodique. Le mercure agit même sur lui à la température ordinaire el celle réaction s'observe lorsque
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ce {jaz est place dans des cloches eu parlie remplies par ce métal.
L'eau absorbe ce gaz en grande quantité et acquiert une densité de I,70(), en même temps qu'elle jouit de la propriété de répandre à l'air des vapeurs blanches acides , comme la solution d'acide hydrochlorique.
Compositioti. Ce gaz résulte de la combinaison de volumes égaux d'hydrogène et de vapeurs d'iode sans condensation, ou en poids de :
Iode 09,216 ou 1 alome.
Hydrogène. . 0,781 1 atome.
100,000 Sa formule = 1 -|- H-
SOUITIOK d'acide HYDRIODIQUE CONCE^TRÉE. Cette SOlu-
tiou incolore ressemble beaucoup pour l'odeur et la saveur à celle de l'acide h} Irochlorique : chauffée elle laisse dégager une portion du gaz qu'elle contient ; exposée à Tair, elle se colore peu à peu en jaune et passe au brun au bout d'un temps assez long , par suite de sa transformation en acide hi/driodiqxie ioduré contenant alors P -\-\\.
Caractères dUlinclifs. \° Les solutions de chlore et brome, versées peu à peu dans la solution d'acide hydriodiquela colorent d'abord en jaune, puis en orangé qui passe au rouge brun foncé sans formation depréci})ité-, maislors- (ine les solutions de chlore ou de brome ont été ajoutées en quantité suffisante, ilse produit alors un précipité brunâtre d'iode que la chaleur convertit en belles vapcnrs violettes.
i2 ' Les acides nitrique et sulfurique concentrés décomposent instantanément la solution d'acide hydriodique , avec précipitation d'iode en poudre brune.
.")" La solution d'ainidine mêlée à celle d'acide hydriodi(iue pur, ne produit aucune coloration, mais si l'on verse dans le mélange quelques gouttes de solution faible de
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chlore , il se mauifeste sur le champ ime belle couleur bleue par l'iodure d'amidine qui se forme.
4° Parmi les sels métalliques dont les solutions agissent d'une manière caractéristique sur l'acide hydriodique , nous citerons les sels de protoxide de plomb qui forment un précipité jatiîie doré ; les sels d'argent un précipité blanc jaunâtre, insoluble dans les acides et dans l'ammoniaque , les sels de protoxide de mercure un précipite verdàtre et les sels de deutoxide de mercure un précipité rouge-coqucHcoi.
5" Enfin mèléà la solution debichlorure de platine, l'acide hydriodique est décomposé , et il se produit une belle couleur rouge de vin, par suite dubi-iodure de platine formé.
Acide iiYDROBRÔMiQUE ou bromydrique. [Bràmide hydrique. Bcrz.)
Cet acide, à l'état de liberté, est {jazeux, incolore, d'une odeur piquante, analogue à celle du gaz hydrochlorique, comme ce dernier, il répand une fumée ])Ianche épaisse à l'air*, sa densité est de 2,095. Il rougit fortement la teinture de tournesol , précipite la solution de protonilrate de mercure et celle des nitrates d'argent et de plomb ; le chlore gazeux le décompose et lui fait prendre instantanément une couleur jaune-rutilante , par le brome qui s'en sépare sous forme de sapeurs denses, solubles dans l'eau.
Composition. 11 est formé de volumes égaux d'hydrogène et de vajjcurs de brome combinés ensemble sans condeiisalion, ou en poids de :
Brome 98,75 ou \ atome.
Hydrogène . I,i27 1 atome
100,00 Sa formule est Br -}- II.
Solution d'acide kydrohrômique. Cette solution saturée
est plus dense que celle de l'acide hydrochlorique; elle est incolore et répand aussi à l'air des vapeurs, blanches, piquantes, qui excitent la toux.
Cornclères distinctifs. \" Chaufl'é elle laisse dé»'^a<;f'r une partie de l'acide hydrobrômique, sous forme de vapeurs blanches, épaisses, très acides.
"■1° Mise en contact avec la solution de chlore, elle est (h'coniposée aussitôt et prend une teinte jaune-orangé foncée, et exhale une odeur forte parle brome qui est isolé.
5" Le bioxide de nianjfanèse, réduit en poudre iine, chauflé avec cette solution en dégajje bientôt des vapeurs jaunes-rutilantes de brome.
4" Les solutions de })roto-nilrate de mercure et de nitrate d'ariient, versées dans la solution d'acide liydrobrùniiqne, protluisent des précipités blancs floconneux (bromures), insolubles dans l'eau et dans les acides^ le précipité qu'on obtient avec le nitrate d'arjjent (brônune d'arjjcnljse redisoutj)eu à peudansrammoniacpieiiquide.mais moins promptemeut cpie le chlorure du même métal.
li" L'acide nitrique décompose à chaud la solution d'acide hydrobrômique, avec dé{;a{^;ement de vapeurs d'acide hjponitrique et de brome; ce mélan{>e, qui constitue une espèce d'eau régale, mis en contact a\ec l'or ou le platine divisés, les dissout en les transfcjrniant en bibrômures solubles.
:vciDEin»F.ocHLORiQi:EoucHLOUUiuHiyuE.(6^A/orï(/e hydrique. Uciz,.)
Cet acide, à la température et sous la pression ordinaires, est un }]az permanent, incolore, d'une odeur acide, acre et suflbcanie; il répand une fumée épaisse à l'air; sa densité est de l,!272-, l'eau l'absorbe avec avidité en s'échaufllant, elle peut en dissoudre 180 fois son volume à J\- lo et à 0,7() dépression.
Le gaz hydrochlorique a{>it sur les réaclife comme le fait
le [jaz hydrobrômique {voyez ce mot\ mais il en diffère en ce que le chlore n'a point d'action sur lui.
Composition. L'acide hydrochlorique gazeux est formé de volumes éf^aux de chlore et d'hydro^jène sans condensation, ou en poids de :
Chlore.. . .
Hydrogène .
97,26 ou I atome.
2,74 1 atome.
Sa formule = Ch -f- H . .
Solution d acide hydrochlorique.
C'est cette solution aqueuse, saturée à la température ordinaire, qui constitue l'acide désigné autrefois sous les noms diacide marin, d'acide tnuriatique^ et qu'on connaît encore aujourd'hui dans le commerce sous le nom vulgaire d'esprit de sel.
A l'état de pureté, celte solution concentrée se présente sous l'aspect d'un liquide incolore qui répand à Tair d'épaisses vapeurs blanches, d'une odeur acide suffocante; sa densité est de 1,2109. Les quantités d'acide réel contenues dans les solutions à diverses densités, peuvent êtr-"^ évaluées d'après la table suivante, due à Edmond Davy, dont nous prrc'sentons ici un extrait.
DENSITÉ à +7.
1,170 , I.IoO .