‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 71 sur 195 · ii · texte numérisé non relu

ii

décompose en présence de lVau,en donnant du gazliydrochlorique et du peroxide d'élain. A fair il absorbe riiumidilé et l'oxigène et se transforme en biclilorure en laissant déposer une partie de l'étain à lYlat de peroxide. Sa solution aqueuse se comporte de la même manière, mais la réaction est plus prompte.

ComposidoTi. Ce protoclilorure est formé de :

Chlore 57,5 ou 2 atomes.

Élain 62,5 \ atome. . .

100,0 Sa formule = Sn Clr. ' ,

Caractères ditlinctifs. Mis en contact avec les charbons ardents ce composé perd son eau , se dessèche et laisse exhaler une petite quantité d'acide hydrochlorique formé par une partie de l'eau décomposée.

2° Traité par l'acide sulfurique il dé{ja{>e des vapeurs d'acide hydrochlorique avec une lé{jère effervescence.

5° Sa solution aqueuse précipite le nitrate d'argent en flocons blancs insolubles dans l'acide uilricjue -, la potasse y produit un précipité blanc tloconnoux solublc dans un excès de potasse j l'ammoniaque un précipité blanc insoluble dans un excès de cet alcali; l'acide hydrosulfurique un précipité brun-chocolat ainsi que les hydrosulfates \ la solution de deutochlorure d'or est réduite immédiatement et il se produit un précipité brun , violet ou pourpre, suivant l'état de concentration des solutions; enfin une lame de zinc plongée dans cette solution en, précipite l'étain à l'état métallique sous forme de petites aiguilles ou lames brillantes.

Usages. Ce chlorure indépendamment de l'emploi qu'on en fajit en teinture com^mç morplanl pour les couleurs violettes dont il rehausse l'écjat, scrl (hmsles arts pt)ur la pré-

paration du pourpre de Cassius. Dans les laboratoires ou l'emploie comme réactif pour reconnaître les plus petites quantités d'or en dissolution dans l'eau régale ou acide chloro-nitreux : la sensibilité de ce réactif est si grande que d'après nos expériences 1/520000 d'or en dissolution produit encore une coloration avec la solution de protochlorure d'étain.

Bichlorure ou deutochlorure d'étain. [Ckorure stannique, Berz.) Liqueur fumante de Libavius ou spiritus Libavii des anciens chimistes.

On le prépare soit directement, soit en décomposant dans une cornue le bichlorure de mercure par un amalgame d'étain.

Propriétés, Le bichlorure d'étain, à l'état anhydre, se présente sous l'aspect d'un liquide incolore, très volatil, qui répand à l'air des fumées blanches , épaisses et très piquantes. Sa densité est plus grande que celle de l'eau , il entre en ébuUition à + l!20". Rlélé à un tiers de son poids d'eau il s'y combine rapidement et donne des cristaux transparents qu'une plus grande quantité d'eau dissout entièrement. Sa solution aqueuse n'éprouve aucune altération par son exposition à l'air.

Compostion. Ce chlorure contient sur cent parties.

Chlore. . , . 54,5 ou 4 atomes.

Étain 45,5 1 atome.

Sa formule = Sn Ch*.

Caractères distinctifs. 1° La liquiditié et la volatilité du bichlorure d'étain ne permetteul pas de le confondre avec le protochlorure qui est solide à la température ordinaire.

2" Sa solution aqueuse est précipitée par ie nitrate d'argent-, la potasse, la soude et l'ammoniaque y forment de^

0^4 CHL

prëcipilés blancs solubles dans un excès des deux premiers alcalis -, la solution de deulochlorure d'or n'y apporte aucun changement; l'acide liydrosulfurique et les hydrosulfates y produisent un précipité jaune pâle de deutosulfure d'étain hydraté, enfin une lame de zinc en réduit l'étain à l'état métallique.

Usages. Le bichlorure d'étain forme la Ijase de la liqueur employée par les teinturiers comme mordant pour la cochenille-, ce mordant est désigné dans les ateliers sous le nom de couiposilion detain. On le prépare ordinairement en dissolvant l'étain dans des mélanges d'acide nitrique , de sel ammoniac ou de sel marin , il contient alors du bi(;hlorure crélaiii uni soit à de l'hydrochlorate d'ammoniaque, soit à du chlorure de sodium, dans des rapports atomiques égaux ou variables.

La présence de ces deux composés peut être démontrée dans tous les cas en décomposant la solution par un courant d'acide hydrosulfurique pour précipiter tout l'étain. Si l'on fait évaporer à siccité la liqueur filtrée, elle laisse pour résidu ces deux sels, faciles d'ailleurs ù distinguer l'un de l'autre par leurs propriétés particulières.

Chlorures de mercure. On connaît deux composés de chlore et de mercure correspondants aux deux oxides, savoir : leprolocblorure de mercure (chlorure mercureux) et le bichlorure de mercure ou deutochlorure ( chlorure mercurique).

Protochlorure de mercure. Ce chlorure qu'on désigne encore sous les noms de mercure doux, calo^nel, calomélas, viercure sublime' doux, panacée mercurielle, aquila alba, mercurii, etc. est encore connu sous le nom àc précipité blajic, quand il a été préparé par la voie humide au moyen de la double décomposition d'un sel de protoxide de mercure par un chlorure alcalin. On le prépare ordinairement dans les laboratoires en faisant réajùr à

CHL 325

l'aide de la chaleur dans des matras le protosulfate de mercure sur le chlorure de sodium.

Propriétés, Obtenu par sublimation , le protochlorure de mercure se rencontre dans le commerce sous la forme de pains semi-orbiculaires, blancs, demi-transparents , et d'une structure cristalline^ sa densité est assez grande, elle est environ de 7 à 8 plus forte que celle de l'eau. Exposé à la lumière directe, il brunit légèrement à sa surface en se décomposant. Chauffe en vases clos, il se sublime entièrement sans se fondre et sans éprouver d'altération. L'eau et l'alcool ne peuvent le dissoudre.

Préparé par la voie humide, le protochlorure de mercure se présente sous forme d'une poudre blanche très line, douce au toucher, et d'une assez grande densité, quelquefois on le rencontre en petits trochisques ou cônes blancs qui jouissent d'ailleurs des autres caractères chimiques de celui obtenu par sublimation.

Composition, Ce clilorure est formé de : ;

Chlore 14,9 ou 1 atome

Mercure .... 85,1 1 atome

Sa formule = Ilsr Ch.

Caractères distincfijs. 1° Chauffé sur des charbons ardents il se volatilise eu fumées blanches inodores ; si la calcination est faite dans un tube, il donne un sublimé blanc sans laisser de résidu.

2° Calciné avec un peu de potasse ou de soude dans un tube fermé par un bout, il fournit une grande quantité de. globules de mercure. Le résidu de celte calcinalion rcdissous dans l'eau et saturé par Tacide nitrique pur produit avec le nitrate d'argent un précipité abondant de chlorure (C argent.

526 CHL

ô" L'acide sulfurique est sans aetion sur lai à froid-, mis eu contact et agité avec une solution de potasse caustique ou d'ammoniaque, le protochlorure de mercure se décompose et devient à Tinstant noir en laissant du protoxide de mercure pour résidu après quelque temps de digestion -, la liqueur filtrée et saturée par Tacide nitrique donne alors un précipité abondant de chlorure d'argent avec le nitrate d'argent.

4" Le protoxide de mercure résultant de l'action de la potasse sur le prolochlorure , redissous dans Facide nitricpie faible, donne alors une dissolution qui précipite en noir par les alcalis caustiques; en b/anc par Tacide hydroclilorique ou un chlorure alcalin-, en jaune verdàtre par Tiodure de potassium; en noir ^dn' lacide liyihosulfurique et les hydrosulfates, enfin une lame de cuivre décapée, plongée dans celle dissolution en précipite du mercure sous forme dune poudre grise, adhérente au cuivre et qui prend l'éclat métallique et argentin par le frottement contre un bouchon de liège.

5° Traité par l'acide chloro-nitreux, (eau régale), le protochlorure de mercure se dissout en passant à l'état de bichlorure, le même effet est produit quand on l'agite avec une solution aqueuse et concentrée de chlore.

Observalioiis. Le protochlorure de mercure du commerce peut contenir en mélange du bichlorure de mercure, ou du sous nitrate de mercure, dont il importe qu'il soit privé pour l'usage médical. On reconnaît la présence du premier composé en le faisant digérer avec de l'alcool, et ajoutant à la liqueur décantée une solution de potasse qui décomposant alors le bichlorure de mercure produit un précipité jaune d'hydrate de deutoxide. Quant à la présence de sous nitrate, on peut la découvrir en chauffant à la lampe à esprit de vin une petite portion du protochlorure dans un tube fermé par un bout, il se dégage alors

CHL 327

des vapeurs rLitilaiites d'acide hyponilrique que leur odeur fait aisément reconnaître. Ou peut encore employer l'acide sulfurique chargé de protosulfate de fer qui se colore en rose ou en violet lorsque le prolochlorure renferme un peu de sous protonitrale.

Quelques exemples ont démontré que le protochlorure de mercure est sujet à être falsilié surtout à l'état de précipité blanc avec du sulfate de barite ; on reconnaît facilement cette fraude par le résidu qu'il fournit soit par la calcinalion, soit en le faisant digérer avec une solution aqueuse de chlore.

Deutochlorure de mercure ou bichlorure de merciRE. ( Chlorure rnercurique , Berz. ) Ce composé connu dans le commerce sous le nom de sublimé corrosif en raison de ses propriétés, s'obtient par diflérents procédés, et le plus ordinairement en exposant à une chaleur graduée dans des matras à fond plat et à long col, un mélange de parties égales de deutosulfale de mercure et de sel marin desséché.

Propriétés. Le bichlorure de mercure, préparé par sublimation, se présente dans le commerce sous forme d'un pain, semi-orbiculaire , d'un blanc satiné, et d'une structure cristalline formée de prismes tétraèdres aplatis. Il est inaltérable, inodore , mais il possède une saveur stiptique très prononcée et désagréable qui excite la salivation. CbautVé, il fond à une température peu élevée , entre eu ébullition et se volatilise ensuite sans éprouver d'altération; à la température ordinaire l'eau en dissout 1 1G de son poids, et 1/3 à -f- 100". La solution cristallise par le refroidissement en longues aiguilles prismatiques qui sont anhydres. 11 est également soluble dans l'alcool et dans l'éther, le premier en dissout 1/7 et le second 1/3 de son poids. C'est en raison de la plus grande solubilité du bichlorure dans l'éther que ce dernier est employé dans quelques re-

528 CHL

cherches pour séparer ce chlorure de l'eau, ou de tout autre liquide aqueux qui le tient en solution.

Composition. Ce chlorure est formé de : ' -

Chlore 25,96 ou 2 atomes. .,;■-,

'■'■'■ Mercure 74,04 1 atome, ^ ^

Sa formule = HgCh**.

Caractères distinctîfs. 1° Projeté sur les charhons incandescents le bichlorure de mercure se volatilise rapidement en vapeurs blanches épaisses , qui sont acres et irritantes -, dans un tube fermé il fournit un sidilimé blanc cristallin.

2° L'acide sulfurique ne lui fait éprouver aucune altération ni à froid ni à chaud.

5° Sa solution aqueuse précipite en llooons blancs parle nitrate d'argent, et le précipité, si le nitrate d'argent a été employé en excès, est redissous par l'ammoniaque liquide j les solutions de potasse, de soude, de chaux et de barite, y produisent un précipité jaune orangé d'hydrate de deutoxide de mercure j l'ammoniaque un précipité blanc ; l'iodure de potassium unprincipité rouge coquelicot, soluble dans un excès d'iodure -, l'acide hydrosulfurique verse ])eu à peu y donne naissance à un précipité blanc, qui devient jaune ensuite et brunâtre par l'addition d'une nouvelle quantité d'acide hydrosulfurique^ enfin une lame de cuivre décapée, plongée dans la solution de ce bichlorure acidulée par un peu d'acide nitrique, en sépare du mercure qui se dépose immédiatement sur la surface du cuivre et la rend grise, mais le frottement contre un bouchon lui donne bientôt un éclat argentin.

4** En chauffant daqs un tube bouché j)ar un buu(, le

CHL 329

bichlorure mélangé à un peu de potasse ou de limaille de fer, on en sépare des globules brillants de mercure.

Usages. La solution de bichlorure de mercure est souvent employée dans les laboratoires comme réactif pour reconnaître dans les liqueurs animales ou les sucs des plantes l'albumine avec laquelle il se combine et qu'il précipite en flocons blancs , insolubles dans l'eau , mais solubles dans l'eau salée et la solution des autres chlorures et iodures alcalins-, la sensibilité de ce réactif a été rapportée à l'article albumine. (Voyez ce mot.) •

L'action particulière qu'exerce l'ammoniaque sur ce bichlorure permet aussi de s'en servir pour distinguer l'ammoniaque étendue d'une grande quantité d'eau ; dans cette circonstance la liqueur devient laiteuse, et il se forme au bout de quelque temps un précipité blanc composé d'ammonio-chlorure de mercure, insoluble dans l'eau. Cette action peut être également appliquée, d'après Brande, pour découvrir les plus petites quantités d'un sel à base d'ammoniaque en solution. A cet eflet, si après avoir ajouté une goutte ou deux de solution de potasse caustique à une solution très étendue d'un sel ammoniacal quelconque , on laisse tomber dans le mélange une goutte ou deux de solution de bichlorure de mercure, il se produit sur le champ un précipité blanc de la même nature que celui indiqué ci-dessus. La délicatesse de ce réactif est telle que i/7700 de sel ammoniacal en solution dans l'eau est démontré par l'emploi de ce moyen.

Du bichlorure de mercure considère' sous le rapport médico-lêijal.

Dans la plupart des cas d'empoisonnement par le sublimé, et lorsque ce clilorure n'a pas été transformé, en se combinant avec les matières organiques, en un composé insoluble, il est encore possible de reconnaître sa présence

CHL

par les reactifs que nous avons exposés en indicjuanl les caractères à l'aide desquels on peut le dislin{;uer. C'est ainsi qu on devra ayir sur les liquides extraits des viscères après la mort, ou sur le produit du vomissement qu'on aura préalablement filtré , après l'avoir étendu d'eau distillée, pour le séparer des matières insolubles.

Si la solution dans laquelle on recherche le bichlorure de mercure est tellement étendue que les réactifs fournissent des résultats équivoques ou peu certains, on devra la rapprocher par évaporalion à une douce ( haleur pour la soumettre ensuite à l'action des réactifs, ou comme l'a l)roposé M. Orfila , on l'introduira dans un flacon bouché à Témeri et on l'ajjitera fortement pendant 4 à o minutes avec le quart de volume d'élher suljurique^ur. Ce liquide enlèvera à la solution aqueuse la plus [jrande partie du sublimé qu'il contient et se réparera facilement par le repos en raison de sa moindre densité. En isolant alors la coucbe d éiher, au moyen d'un entonnoir, et la laissant exposée à Tair dans une capsule de verre ou de porcelaine , l'éther se vaporisera et le bichlorure de mercure qu'il a dissous restera sous forme d'une matière blanche en partie cristallisée qui présentera tous les caractères qui lui appartiennent à Tétat de pureté.

Ce moyen pratiqué avec les précautions nécessaires permet ilirectemenl d'extraire d'une solution aqueuse de sublimé corrosif, suivant qu'elle est plus ou moins concentrée, des quantités fractionnaires qui varient de 7/10, 5/7 et 1/5 du poids de ce chlorure dissous dans l'eau. [Journal de chimie médicah', tome Ilf, p. i24, 2^" série.

M. James Smithson a proposé un procédé qui est employé avec avantaf[e pour reconnaître des atonies de sublimé conosif dissous dans l'eau, ou dans toute espèce de liquide qui n'a pu le décomposer. Le moyen qu'on a eu Toccasiou d'appliquer avec succès plusieurs fois dans cer-

CHL 551

tains cas de médecine lé<>ale, consiste à plon^jer dans la solution sur laquelle on expérimente, et qui a été acidulée par quelques {joutles d'acide liydrochlorique , une lame d'or ou un anneau de ce métal en {)artie recouvert d'une petite feuille d'élain. Ce petit ap[)areil j;alvauique en polarisant les éléments du sublimé corrosif dissous dans l'eau, les sépare et fait précipiter le mercure à la surface de l'or, qui, en s'y combinant, prend en peu de temps une couleur d'un gris blanchâtre. Cet effet électrique étant produit, on enlève la feuille d'étain et après avoir lavé la lame d'or à l'eau distillée et l'avoir séchée sur du papier Joseph, on la chauffe avec une lampe à esprit de vin dans un tube de verre liouché par un bout et étroit. Le mercure combiné à la surface de l'or se volatilise et su condense à quelques j)oiMts de l'endroit chauffé en olobules [jrisàtres extrêmement fins, dont l'éclat métallique peut êlredislingué à Taide d'une forte loupe. Pendant cette calcinationla lame d'or reprend sa couleur jaune naturelle.

Ce procédé qui fait découvrir le mercure existant dans de très petites quantités de bichlorure dissoutes dans l'eau, est aussi applicable à la recherche de tout sel niercuriel dissous dans un liquide.

La facilité avec laquelle le bichlorure de mercure s'unit à plusieurs principes immédiats en formant des composés insolubles fait concevoir pourquoi dans certains cas d'empoisonnement |)ar exemple, il est impossible de le rencontrer dans les matières lifjuides. Les recherches doivent alors être faites soit sur les matières solides Irouvi'es dans les organes digestifs, soit sur les tissus mêmes de ces organes. Dans ce cas après avoir mêlé ces substances solides avec un peu de potasse caustique, on les d<issèchera bien dans une capsule de porcelaine. Le ré>sidu fourni par celle évaporation étant introduit dans une cornue, sera calciné au rouge dans une petite cornue de verre lutéc et munie

OOJ

CHL

d'un ballon. Parmi les produits de la décomposition de la matière organique, et à la voûte de la cornue, on aperçoit en la cassant tantôt des petits globules de mercure, tantôt une couche grisâtre de ce métal très divisé, sali par un peu d'huile empyreumatique, et cpi'on reconnaît facilement en la dissolvant dans de l'acide nitrique pur à l'aide d'une douce chaleur. Cette dissolution présente alors tous les caractères du protonitrate de mercure. (Voyez ce mot).

i\l>I. Orfila et Lesueur, dans leurs recherches expérimentales sur les exhumations juridiques dans le cas d'empoisonnement par le sublimé corrosif, ont démontré, bien que ce composé fût précipité par les matières organiques et rendu insoluble , que les organes digestifs des chiens empoisonnés par ce chlorure , enterrés et exhumés au bout d'un certain temps, ?ie renfermaient aucune trace visible de mercure métallique^ même à l'aide de la loupe; ils ont observé que des portions de la membrane muqueuse stomacale et intestinale de ces animaux, soumises dans une cornue à l'action de la potasse à une chaleur rouge, ont donné du mercure métallique annonçant si non l'existence du sublimé, au moins celle d'une préparation mercurielle-, les auteurs de ce travail rapportent qu'on peut retirer du mercure métallicjue par ce procédé , même plusieurs années après que le bichlorure a agi sur les matières animales, avec lesquelles il a été en contact. (Tome ÏT, p. '290).

Chlorures d'or. Deux chlorures d'or correspondants aux deux oxides de ce métal peuvent être préparés. L'un est le protochlorure [chlorure aureux), l'autre le deutochlorure d'or {chlorure aurique). Ce dernier étant seul employé, nous en décrirons ici les propriétés et les caractères.

Deutochlorure on perchlorure d'or. Ce composé désigné autrefois sous les noms de nitromuriate d'or,muriate d'or, hqdrochlorate d'or, s'obtient en dissolvant For dans l'eau régale composée de trois parties d'acide liydrochloriqne

CTIL Ô35

et d'une partie d'acide nitrique ; la dissolution évaporée jusqu'en consistance sirupeuse pour volatiliser l'excès d'acide employé, laisse pour résidu le deutochlorure qui cristallise eu masse confuse par le refroidissement.

Propriétés. Le deutochlorure d'or se présente en une masse cristalline d'un rou^je brun foncé, déliquescente à l'air. Il a une saveur acerbe, un peu amère. Exposé à une douce chaleur il fond sans se décomposer; mais à une température plus élevée il abandonne une portion de chlore et se transforme d'abord en protochlorure d'or qui se décompose ensuite par une chaleur croissante en laissant de l'or sous forme pulvérulente et spongieuse : ce chlorure est très soluble dans l'eauj sa solution colorée en jaunerouge prend une belle couleur jaune d'or par l'acide hydrochlorique *, il se transforme alors en hydrochlorate de chlorure qui évaporé convenablement cristallise en aiguilles d'un jaune d'or.

Composition. Ce chlorure d'or contient :

Chlore 5i,9 ou 3 atomes. ;

Or 60,1 1 atome.

Sa formule atomique = Au Ch'.

Caractères distinctîfg. 1" Chaufïé sur les charbons ardents, le deutochlorure d'or se décompose promptement en dégageant du chlore et laissant de l'or en poudre jaunâtre qui pretid l'éclat métallique par le frottement entre deux corps durs.

2" Dissous dans l'eau sa solution présente des caractères acides, elle se décolore avec le nitrate d'argent en formant un précipité jaune orangé abondant, composé de chlorure d'argent et d'oxide d'or.

3« Les solutions de potasse et de soude caustiques n'y

334 CHL

forment poiiil de pn'cipité, mais la liqueur se trouble au bout de quelques minutes j Tammoniaque y produit ua précipité jaune d'ocre pâle; Tacide sulfureux la réduit immédiatement et en précipite Ter sous forme d'une poudre brunâtre très divisée qui parait d'un bleu verdâlre, en suspension dans l'eau et par réfraction; le protosulfate de fer ayit de la même manière-, les hydrosulfates y occasionnent un précipité brun foncé, enfin le protochlorure d'étain y produit un précipité brun , violet ou pourpre, suivant l'état de concentration des dissolutions et le rapport des deux chlorures.

Usages. La solution de deutochlorure d'or est employée pour reconnaître l'étain en dissolution , soit à Télal de protocblorurc, soit à l'état de protoxide , il forme un précipité violet ou pourpre avec ces composés, tandis qu'il n'a aucune action ni sur le deutochlorure d'étain ni sur les sels d'étain à base de deutoxide.

La facilité avec laquelle le deutochlorure d'or est décomposé par les huiles essentielles sous l'influence de la lumière solaire, permet aussi de l'employer pour reconnaître la présence de ces huiles en solution dans les eaux distillées des plantes qui n'ont qu'une odeur faible ou peu développée : le mélaune prend bientôt une couleur brunâtre par suite de la réduction du deutochlorure d'or.

Chorures de PLA.T1KE. Des deux composés que le platine lorme avec le chlore , il n'y a que le bichlorure de ce :métal qui soit employé comme réactif.

Bichlorure de plaline. (Chlorure platinique.) Ce composé a été désijjné autrefois sous les noms de muriate de piatiue , ln/drochlorate de plati/ie. On le prépare en dissolvant le platine en éponge ou en lames divisées dans l'eau réyale , et évaporant à siccité la dissolution.

Propiiéiés. Le bichlorure de platine se présente en une masse solide d'un roujje foncé, qui est d'un brun noirâtre

CtlL 555

lorsqu'il est anhydre. Il osl 1res soluble dans l'eau et forme une solution qui, concentrée, est rouj^e intense et d'un jaune orangé lorsqu'elle est étendue. Il se dissout également dans l'alcool •, exposé à une douce chaleur il perd une portion de son chlore et se transforme en protochlorure d'un vert olivâtre, qu'une température plus élevée décompose entièrement.

6'om/70*îVeoM. Ce chlorure contient :

Chlore 41,78 ou 4 atomes. , . r^

Platine 58,22 l atome.

Sa formule = Pt Ch*.

Caractères dislînctîfs. 1" Chauffé le bichlorure de platine se décompose facilement eu laissant dégager du chlore et donnant un résidu gris spongieux de platine qui prend l'éclat métallique par le frottement ou la compression.

2" L'acide sulfurique concentré n'exerce aucune action sur lui à froid.

5° Sa solution aqueuse concentrée est d'un rouge orangé, la potasse et l'ammoniaque ainsi que leurs sels y produisent un précipité jaune orangé peu soluble dans l'eau, la soude ainsi que ses composés salins n'y apportent aucun changement.

4' L'acide sulfureux et le protosulfate de fer n'ont aucune action sur ce chlorure, mais le protochlorure d'ëlaiti y forme un précipité rouge brun; l'acide hydrosidfurique elles hydrosulfales un précipité noir ou brun, enlin une lame de zinc ou de fer en sépare le platine à l'état métallique sous forme d'une poudre noire très divisée.

Usages. La propriété dont jouit ce bichlorure de former avec le chlorure de potassium et l'hydiochlorate d'ammoniaque des composés doubles peusolubles, W\{ employer

336 CHL

avec avantage sa solution dans les analyses pour découvrir la potasse et l'ammoniaque ainsi que leurs sels; mais les chlorures doubles qui se forment alors étant solubles dans ime grande quantité d'eau , il importe dans les essais de ce genre d'opérer sur des solutions concentrées.

Le bichlorure de platine peut aussi dans quelques circonstances être employé pour estimer la proportion de potasse ou de chlorure de potassium qui existe dans certains mélanges salins; il se forme alors un chlorure double de platine et de potassium qu'il faut avoir le soin de laver avec de l'alcool, pour éviter sa solution dans l'eau. Ce composé desséché à + 100° correspond à 50,5 de chlorure de potassium ouàl9,3 dépotasse.

Chlorure de platibe et de potassium. {Chlorure platintco-potassiqiie^ Berz.) Ce composé qu'on emploie pour doser quelquefois la potasse dans certaines analyses, peut se préparer en mêlant la solution concentrée des deux chlorures.

Propriétés. Ce chlorure double est d'un jaune citron, tantôt pulvérulent, tantôt cristallisé en petits octaèdres. Il est peu soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool. Chaulîé il se décompose en donnant du chlore, et un résidu grisâtre formé de chlorure de potassium et de platine métallique pulvérulent.

Composition. Le chlorure de platine et de potassium est formé de :

Bichlorure de platine. . . G9,5 i atome. Chlorure de potassium. . 30,5 1 atome. .u:

Sa formule = Pt Ch* -f K. Ch^

Chlorure de potassium. (C/ihrure potassique. Berz.)

CHL r^Tyl

Ce composé regardé autrefois comme uu sel a élé connu des anciens chimistes sous les noms particuliers de sel fé~ briJiKje de Sylvins, murîate de potasse, et moins anciennement sous celui d!hydro chlorate dépotasse.

Le chlorure de potassium est très répandu dans la nature; on le trouve dans la cendre des plantes , dans les plâtras salpêtres desquels on le retire pendant l'extraction du salpêtre; on peut l'obtenir soit directement, soit de la décomposition du carbonate de potasse par l'acide hydroclilorique.

Propriétés. Ce chlorure est blanc, inodore, d'une saveur piquante un peu salée etamère; il est anhydre etressemlde au sel marin par la forme cubique qu'il prend eu crislallisant, cependant il est plus soluble dans l'eau que lui, et produit un plus grand froid en se dissolvant , ce qui le fait rechercher pour composer des froids artificiels. D'après M. Gay-Lussac, si l'on fait dissoudre dans un vase de verre mince une partie de ce chlorure pulvérisé dans quatre parties d'eau, il se produit un abaissement de 11°,4 degrés centigrades , tandis que le sel marin , chlorure de sodium, ne fait baisser la température que de 1,9 degrés dans les circonstances rapportées plus haut; l'eau à -\- lo en dissout i/3 et l'eau bouillante 1/:2 de son poids.

Composition. Le chlorure de potassium contient :

Chlore, 17,57 2 atomes.

Potassium... 52,43 i atome.

100,00 Sa formule = K Ch*.

Cflrae/trg«ï/«/mc/j/*.i»Projetésurlescharbons ardents, le chlorure de potassium cristallisé décrépite légèrement

el n'éprouve aucune al(»'i"ation.

338 CITL

2" Traile à fioid par l'acitlfi siilfuriqiio hydraié, il esl à l'instant décomposé avec effervescence en laissant dégager d'abondantes vapeurs blanches d'acide hydrocblorique.

o° Sa solution aqueuse concentrée précipite en jaune orangé , le bicblorure de platine elle produit un précipité blanc cristallin avec la solution d'acide lartrique, ainsi qu'avec celle du sulfate acide d'alumine.

Chlorure de sodium. {Chlorure sadique.)

Ce composé que les anciens naturalistes ont désigné sous le nom de sef marin, a été aussi appelé communément, en raison de ses usages, sel de cuisine, sel comimin; il a porté tour à tour en chimie le nom do muriate de soude et dhijdrochlorate de soude. De tous les chlorures mélalliques que l'on rencontre dans la nature , c'est le plus abondant. On le trouve à l'état solide dans certains pays, où il constitue des couches dans la terre très considérables; sous cet état on le connaît sous le nom île sel ijeimne ou sel de roche. Dissous dans l'eau on le rencontre abondamment dans certaines sources et dans les eaux de l'Océan d'où on le retire dans certains pays par révai)oration.

Propriétés. Le chlorure de sodium pur se présente ordinairement cristallisé en petits cubes blancs, inaltérables à l'air et qui admettent de l'eau d'interposition. Il est inodore, d'une saveur franche bien connue de tout le monde. Exposé au feu il décrépite fortement , fond ensuite à une température au dessus île la chaleur rouge , et s'évapore enfumées blanches à l'air sans se décomposer; il estprescjue aussi soluble dans l'eau froide que dans l'eau ])ouilIante. D'après M. Gay-Lussac Î(M) parties d'eau à -f li dissolvent 3G de ce chlorure, et la même (luanilié d'eau à -|- 109, point d'ébuHition de la sohilion salnrc'e, en dissout 40, 1/3.

Composition. Ce chlorure est formé de : '

Chlore.... 60,35 on 2 atomes.

Sodium ... 59,65 1 atome.

Sa formule = N CIr.

Caractères distinctifs. Mis en contact avec les charbons ardents, ce chlorure décrépite et pétille plus ou moins fortement suivant la proportion d'eau interposée entre ses cristaux.

2° L'acide sulfurique concentré versé sur ce chlorure , le décompose aussitôt en produisant avec effervescence un dégagement abondant de gaz hydrochlorique , qui s'exhale dans 1 air sous forme de vapeurs blanches, piquantes, très acides. : •

3" Sa solution aqueuse n'éprouve aucune altération de la part des solutions des carbonates neutres, de celle du cyanure de fer et de potassium ainsi que celles d'acide hydrosulfurique et des hydrosulfates. Le bichlorure de platine et l'acide tartrique ne forment point de précipité dans sa solution à l'état de pureté.

F ahi fie allons du chlorure de sodium.

De nombreuses observations ont fait connaître que ce composé, tel qu'on le trouve dans le commerce, était souvent mélangé avec diflerentes substances salines telles ([uc sulfate de chaux ou pierre à plâtre réduite en poudre, du salle fin , ces matières insolubles dans l'eau froide restent après la solution du sel dans l'eau, et peuvent être facilement reconnues à leurs caractères. La présence du sulfate de soude dans les sels du commerce peut être démontrée au moyen des sels de barite, celle de l'iodure de sodium que contient toujours en petite quantité le sel marin

310 CHL

retiré des soucies de varecks , peut être décelée'par les deux moyens suivants : si l'on verse sur le sel marin contenant des traces d'iodurc de l'acide sulfurique concentré, on aperçoit ordinairement avec les vapeurs blanches des vapeurs violettes qui annoncent la présence de l'iode, ou au moins le sel se colore en jaune brun. Mais le procédé le plus sensible et le plus sur consiste à jeter sur le sel à examiner moins d'eau qu'il n'en faut pour le dissoudre, à délayer dans la solution un peu d'empois ou de colle d'amidon, et à y verser goutte à goutte, en agitant, une solution faible de chlore ou de chlorite de chaux-, le liquide prend aussitôt une teinte bleue plus ou moins foncée par la combinaison de l'iode avec l'amidon.

La présence du chlorure de potassium dans le sel marin du commerce peut être constatée par la solution de bicidorure de platine qui fait naître dans la solution du sel un précipité jaune orangé peu soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool. Le poids de ce j)récipité fait connaître assez exactement celui du chlorure de potassium. M. Gay- Lnssac a proposé le moyen suivant pour l'analyse d'un mélange de chlorure de sodium et de chlorure de potassium.

Anahfie d'un tnèlancfe de chlorure de sodium et de chlorure de potassium.

Ce procédé, qui est fondé sur l'abaissement très inégal de température que chacun des deux chlorures produit en se dissolvant dans l'eau , exige à peine 10 minutes pour son exécution ; il est surtout avantageux dans la fabrication du salpêtre et dans celle de l'alun, [ylnnales de chi-^ mie et de physique, tome XXXIX, page 3o6.)

50 grammes de chlorure de potassium, au moment où ils se dissolvent dans 200 gr. d'eau contenus dans un bocal de verre de la capacité d'environ 520 centimètres cubes d'eau, cl du poids de 185 gr. produisent un abaissement

CHL 541

de teinpëralure de 11", 4 ceulijjrades. La même quantité de chlorure de sodium ( sel marin pur ) donne seulement, dans les mêmes circonstances, un abaissement de i°,9. Si l'on fait un mélange des deux clilorures, et qu'on en dissolve 50 grammes dans 200 grammes d'eau, le froid produit sera relatif à la quantité de chacun d'eux-, et d'après la table suivante établie par M. Gay-Lussac sur les proportions des deux chlorures correspondantes A chaque abaissement de température , il sera facile, connaissan l'abaissement produit par un mélange, de connaître les proportions respectives des deux chlorures.

CHL

Tahle donnant en centièmes la proportion de chlorure de ]yofassium correspondante aux ahaisxements de tempe'rature dons un mélange des deux chlorures.

Page 1