‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 75 sur 195 · CIR · texte numérisé non relu

CIR

pier de tournesol rougi par les acides; tous les acides minéiaux la dissolvent et forment avec elle des sels solubles et crislallisables, doués d'une grande amertume.

Composition. Cet alcali renferme d'après les analyses qui en ont été failcs : •

Carbone 78,67 ou 20 atomes.

Hydrogène 7,06 22 atomes.

Azote 9, 1 1 2 atomes.

Oxigène 5,16 1 atome.

100,00 Sa formule = C^, H", Az% 0'.

Caractères dislinctifs . 1" Chauffée sur une lame de platine la cinchonine fond , se boursoufle et se décompose en fournissant une petite (juanlité de charbon qui brûle sans laisser de résidu.

2° L'eau froide n'a point d'action sur elle, mais l'alcool la dissout entièrement ainsi que tous les acides affaiblis inorganiques. L'a(;ide nitrique concentré la dissout sans produire aucune coloration.

3° Los dissolutions de la cinchonine dans les acides sont précipitées en blanc par les alcalis, l'acide tannique et l'infusion de noix de galles-, en séparent cet alcali à l'élal <le tannate en flocons blancs très peu soluble dans l'eau.

Usages. La cinchonine est seulement employée en inétlecinedans le traitement des fièvres intermitlentes, elle fait partie de tous les médicaments composés qui ont pour basele quinquina gris. Ses propriétés fébrifuges sont moins marquées que celles de la quinine. On en fait ordinairement usage à l'état de sel , mais on lui préfère dans la pratique la quinine ou ses sels.

CIRE D'AREILLKS. Cette espèce de cire la plus employée ordinairement dans les arts, et la plus répandue

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s'exlrait du résidu de rexpiession des {jàteaux ou rayons de miel; telle qu'on l'obtient par la fusion, elle est jaune et possède une odeur particulière semblable à celle du miel.

On blancbit la cire, soit par son exposition à Tair humide et à la lumière, soit en la mettant en contact avec une solution de cblorite alcalin. Purifiée on la désigne alors sous le nom de cire vier(je. . ■ .

Proprietéii. La cire est blanche, translucide sur ses bords, elle n'a ni odeur ni saveur ; sa densilé est de 0,90!). Exposée à l'action de la chaleur elle se ramollit, devient llexible et entre en fusion complète à-j- G8°. L'eau est sans action SU]- elle, l'alcool bouillant en dissout seulement une partie qu'il laisse déposer presque entièrement par le refroidissement. Celte partie de la cire soluble dans l'alcool est désignée sous le nom de ce'ri/ie, e!!c forme les 0,7 de la cire. La partie insoluble dans l'alcool a été appelée mi/ricine , parce qu'elle existe en plus grande quantité dans la cire du myrica cerifern , arbre de la Louisiane. Ce sont ces deux substances qui, réunies, constituent la cire d'abeilles. .,, , .^

Les acides faibles ont peu d'action sur la cire, les alcalis caustiques la saponifient à chaud en partie et produisent une substance neutre, moins fusible que la cire, qu'on a nommée ct'raine.

Caractères distinclifs. Les caractères physiques de la cire, sa fusibilité, son insolubilité dans l'eau , sa solubilité partielle dans l'alcool et dans les solutions alcalines sont autant de propriétés qui peuvent servir à la distinguer.

Fuhifîcalions. La cire qu'on trouve dans le comtnerce est quelquefois additionnée de fécule de pomme de terre, qui lui donne un aspect grenu et cristallin. Cette fraude est facile à distinguer par la fusion de la cire qui laisse déposer la fécule au fond du vase, ou en traitant ù chaud

5,")i eue

une portion de la cire suspecte par 8 à 10 fois son poids d'essence de térébenthine , la cire est dissoute et la fécule se sépare facilement avec tous ses caractères. L'application de la teinture d'iode sur un des morceaux de la cire fait encore découvrir la fécule parla coloration violacée qu'elle y produit en peu de temps.

Dans les arts on introduit avec intention de petites quantités de suif dans la cire blanche aftn de la rendre moins cassante. On peut reconnaître dans la cire la présence du suif à l'odeur qu'elle répand eu la projetant sur les charbons ardents, ou en en distillant une portion dans une petite cornue de verre. La cire pure distillée ainsi et lavée à l'eau chaude ne contient pas d'acide sébacique en solution , tandis que celle qui ne renferme seulement que 2 à 5 pour cent de suif donne un produit acide qui précipite la solution d'acétate neutre de plomb. (Expérience de MM. Félix Boudel et Boissenot.)

Cire végétale. Sous ce nom on désifjne la cire qu'on retire directement de certaines parties de végétaux exotiquesetquia plusou moins d'analojjie avec la cire d'abeilles. Tels sont les produits qu'on extrait des baies de plusieurs espèces de myrica et de l'écorce du ceroxi/hn andico/a et qui sont employés dans les pays à la confection des bougies.

COCHENILLE. On donne ce nom à un petit coccus qui vit sur différentes espèces de cactus au Mexique. Cet insecte de l'ordre des hémiptères est très employé dans les arts en raison de son principe colorant que nous avons déjà décrit sous le nom i\v carmi/ie. Les femelles de ces insectes sont récoltées après l'accouplement^ on les fait périr par la chaleur de l'étuve ou de l'eau bouillante et ensuite on les dessèche. Dans le commerce on trouve la cochenille entière sous la forme de petits jjrains brunâtres, ridés, couverts çâ et là d'un enduit blanchâtre.

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La cocheDille est composée d'après l'analyse qui eu a été faite par MM. Pelletier et Caventou , 1" d'un principe colorant rou[>e désifjué sous le nom de carmhie, i2° d'une matière grasse formée d'oléine , de stéarine et d'un acide volatil, 5° d'une matière animale sui (je neris {coccine), 4® de chlorure de potassium, et de phosphates de potasse et de chaux.

On distingue dans le commerce deux sortes de cochenille qui sont fournies par la même espèce ; elles ne différent que par le mode de dessiccation qu'on a fait subir à ces insectes. La cochenille jaspée ou nies/èque ainsi nommée parce qu'elle a un aspect versicolore, est remarquable en ce que les anneaux qu'on observe sur son dos sont noirs à leur sommet, et que leurs intervalles sont recouverts d'une poussière farineuse blanche, dénature graisseuse. La cochenille noire, ainsi qualiliée à cause de sa couleur, n'a point la teinte rosée qu'on voit sur l'espèce précédente.

Caractères distincli/s. 1° La cochenille du commerce est sous la forme de petits grains irréguliers, convexes d'un côté, concaves de l'autre et sur lesquels on voit encore quelques traces d'anneaux ; son diamètre est d'une ligne environ. Elle est lé;;ère, friable, noirâtre ou d'un gris ardoisé mêlé de rouge, recouverte quelquefois d'une poussière blanche.

2° Mise en contact avec l'eau , elle se gonfle peu à peu en prenant une forme hémisphérique, et colorant le liquide en beau rouge. Cette solution aqueuse se comporte avec les acides , les alcalis et les sels métalliques comme la solution de carminé {voi/ez ce mot).

Lsaijes. T^es ar(s tirent un grand parti de la cochenille dont le principe colorant (le carminé) fait la base de plusieurs couleurs très employées. La teinture en fai(

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usaue pour teimlre la laine et la soie en rou»;e écailate

ou ponccau.

Les qualités de la cochenille dépendant de la proporlion de carminé qu'elle contient, plusieurs moyens peuvent être employés pour la déterminer.

Le moyen le plus exact d'après M. llobiquel consiste à prendre deux quantités éjjales de cochenille dont l'une, déjà connue par sa qualité supérieure, servira de terme de comparaison, à celle que Ton veut essayer. Après les avoir pulvérisées on les fait bouillir (ians une égale quantité d'eau. Les deux solutions étant iillrées séparément, on prend une même mesure de chacune dans une éprouvetle ^jraduée, et on y ajoute avec une burette «jraduée une solution de chlore faible jusqu'à ce que la liqueur soit deviniue jaune; les quantités de chlore employées seront entre elles dans le rapport des proportions de carminé que contenaient les deux échantillons de cochenille. On arriverait encore au même résultat en se servant du colurimètre (voyez ce mot pour la description et l'usage de cet appareil, page 3a8.)

Un autre procédé proposé en 1837 par AL Anthon , est fondé sur la propriété dont jouit l'hydrate d'alumine, de précipiter complètement la carminé de la dissolution de cochenille, de manière à décolorer tout à fait celle-ci.

L'instrument dont il se sert est un tube de verre de 20 pouces de hauteur , sur 3/4 de pouce de diamètre , fixé à un pied de bois ou de verre. On le gradue en y introduisant d'abord une solution de 7 grains de carminé pure, dissoute dans environ 3 pouces cui)es d'eau distillée. Le niveau de cette solution représente le zéro de l'échelle. Pour précipiter la carminé, il forme une liqueur d'épreuve en dissolvant une partie d'alun dans 32 parties d'eau , et il y ajoute assez d'ammoniaque pour en précipiter l'alumine. C'est ce mélange d'hydrate d'alumine en suspension

el de sulfate tranmioniaque dissous, qui bien af'.ilé, est eni ployé pour précipiter la matière colorante. On en verse peu à peu dans la solution de carminé et après avoir fortement agité, on laisse déposer la laque carminée qui s'est formée; on continue ainsi jusqu'à ce que la liqueur soit décolorée. Le volume total à partir du zéro est divisé en 70 parties égales dont chacune correspond à la quantité de carminé contenue dans lOO parties de cochenille.

Pour essayer une cochenille on en pèse 10 grains qu on réduit en poudre et qu'on traite à plusieurs reprises par 100 grains d'eau distillée chaude. Les solutions sont réunies dans le tube gradué, et l'on s'arrange pour que leur volume s'arrête au 0 du tube. En ajoutant peu à peu de la liqueur </V/)»vw??e jusqu'à ce que la solution soit claire et décolorée, il devient facile suivant M. Anthou, d'apprécier la quantité de carminé en examinant le point du tube ou le mélange des liqueurs s'est élevé, ce degré indique en centièmes les proportions de carminé que contient la cochenille soumise à l'essai. Si après la décoloration de la de la solution le volume des liquenrs est à 45% la cochenille essayée renferme 45 0/0 de carminé. ? f

Suivant l'auteur, ce procédé est si simple et d'une exécution si facile qu'il peut être exécuté dans les ateliers par tout ouvrier intelligent. {Journal de chimie médicale, tome TU, 2^ série, page 281.)

COLLE. On donne particulièrement ce nom dans les arts à la gélatine séchée, obtenue par lacoclion de diverses substances animales dans l'eau. Cette préparation très employée pour coller le bois, le papier, et autres objets, est désignée sous le nom de colle Jhrle.

Le nom de colle est encore appliqué à d'autres préparations qui sont employées aux mêmes usages, mais qui ont en général moins tle force d'adhésion avec les corps sur lesquels on les applique. C'est ainsi qu'on donne le nom

r^m COL

de cof/e de pâle à la colle préparée en cuisant la t'arioe dans l'eau, celle de colle de ]ieau à la gélatine extraite par la coction des rognures de peau dans Teau, et obtenue à l'état de gelée tremblante : celle-ci sert surtout pour coller le papier et délayer les couleurs qu'on désire fixer sur le bois, les murs etc.

Sous le nom de colle de poisson ou ichthyocoUe, on désigne dans le commerce la membrane interne de la vessie natatoire de l'esturgeon, divisée en lanières et rovilée sur elle-même en forme de petits cordons blancs, demi-transparetits. Bouillie dans l'eau, elle fournit une gélatine pure, incolore et inodore, qu'on emploie avec avantage dans la clarification des vins , et dans la préparation de plusieurs mets sucrés et aromatisés très recherchés sur les tables.

COLORIMETKE. Ou donne ce nom à un instiument imaginé par M. IIouton-Labillardière , pour évaluer les quantités relatives de matière colorante contenues dans les diverses espèces de substances tinctoriales organiques.

Dans l'emploi de cet instrument , l'appréciation de la qualité relative des matières tinctoriales est fondée sur ce que deux dissolutions faites comparativement avec des quantités égales de la même matière colorante dans des quantités égales d'eau ou de tout autre liquide, paraissent dans des tubes colorimétriques, de la même nuance; et que des dissolutions faites avec des proportions diftérentes présentent des nuances dont l'intensité est proportionnelle aux quantités de matière colorante employée. Il est possible d'apprécier cette proportion en introduisant dans des tubes gradués 100 parties de chaque dissolution , et ajoutant de l'eau à la plus intense jusqu'à ce qu'elle se confonde par la nuance avec la plus faible. Le volume de la liqueur affaiblie , indiqué par la graduation des tubes, se trouve dans le même rapport avec le volume de l'autre que les quantités de matière colorante employée ; l'inten-

site de couleur d'une liqueur aftaiblie élanl proportionnelle aux volumes des liqueurs avant et après l'addition du liquide, et les matières tinctoriales variables en qualité, traitées convenablement et comparativement, fournissant des liqueurs dont les nuances ont des intensités proportionnelles à la quantité du principe colorant qu'elles contiennent. Description du colorimeire. Le colorimètre se compose de deux tubes de verre bien cylindriques, de 14 à 15 millimètres de diamètre et de 55 centimètres de longueur environ , bouchés à une extrémité , égaux au diamètre et en épaisseur de verre, divisés dans les 5/6 de leur longueur, à partir de leur extrémité bouchée , en deux parties égales en capacité et la seconde portant une échelle ascendante divisée en 100 parties. Ces deux tubes se placent dans une petite boîte de bois , par deux ouvertures pratiquées l'une à côté de l'autre , à la partie supérieure et près d'une des extrémités, à laquelle se trouvent deux ouvertures carrées du diamètre des tubes , pratiquées en regard de leur partie inférieure, et à l'autre extrémité un trou par lequel on peut voir la partie inférieure des tubes. La boîte étant placée entre l'œil et la lumière, on juge très facilement de la diflérence ou de l'identité de nuance des deux liquides colorés introduits dans ces tubes. (Voyez la ligure ci-dessous.)

Voici coniMH M( (m doit procéder à l'essai dos matières

linclorialeô , el nous preudrous pour exemple l essai du rocou , d'après des expériences faites par M. dirardin, professeur de chimie industrielle à Rouen (Mémoire lu à la Société libre d'éimilation^ décembre 1856). ' Après avoir pesé 5 décigrammes du rocou à examiner et d'uu rocou de l)onne qualité pris pour comparaison l'un et l'autre desséchés à -|- 100, un les fait digérer avec 50 grammes d'alcool à 52° pendant douze heures. La liqueur décantée est remplacée par une quanlilé égale d'alcool jusqu'à épuisement de tout principe colorant. Les liqueurs alcooliques de chaque échantillon étant mêlées chacune de son côté, on a ainsi deux dissolutions qui représentent exactement leur richesse tinctoriale. Pour l'estimer on introduit de ces dissolutions dans les tubes colorimélriques jusqu'au zéro de l'échelle ce qui équivaut à 100 parties de l'échelle supérieure-, on place ces tubes dans la boîte, et on compare la nuance des liquides qu'ils renferment , en regardant les deux tubes par le trou servant d'oculaire, la boîte étant placée de manière que la lumière arrive régulièrement sur l'extrémité où se trouvent les tubes. Si l'on remarque une difti'rence de ton entre les deux liqueurs , on ajoute de l'alcool pin* à la plus foncée (qui est toujours celle provenant du rocou pris comme type) , jusqu'à ce que les tubes paraissent de la même imance. On lit ensuite sur le tube dans lequel on a ajouté l'alcool , le nombre de parties de liqueur qu'il contient : ce nombre, comparé au volume de la liqueur contenue dans l'autre tube , volume qui n'a pas changé et qui est égal à 100, indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la quantité relative des deux rocous.

Exemple. S'il a fallu ajouter à la solution du bon rocou 85 parties d alcool pour l'amener à la même nuance que l'autre, le rapport en volume des li(iuides contenus dans les tubes, sera comme 185 est à 10<), et la qualité relative

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des locoiis sera représentée par le nièuie rapport, puisque la qualité des deux échantillons essayés est proportionnelle à leur pouvoir colorant. Tel est le procédé qui doit être mis en usafje })Our estimer la valeur vénale des matières tinctoriales au moyen du calorimètre ; la nalure du dissolvant doit seulement varier suivant que le principe colorant est soluble dans Veau , Va/coof , les acides ou les ftolulions a/ca fines.

COUPELLATION. La coupellation est une opération d'origine très ancienne qui a pour objet la détermination exacte de la quantité des métaux étrangers alliés à l'or, à l'argent, ou à ces deux métaux réunis, ou ce qui revient au même , la détermination de la quantité d'or et d'argent alliés à d'autres métaux. Elle s'effectue en plaçant l'alliage dans une petite coupelle faite en os calcinés et le fondant au contact de l'air avec une certaine quantité de plomb pur, dans un fourneau particulier. Le plomb, métal très fusible, facile à s'oxider à l'air, se couvertit bientôt en protoxide qui , par sa propriété fondante , vitritiable et pénétrante , favorise l'oxidation du cuivre , métal le plus communément uni avec l'or et l'argent, et l'entraîne avec lui dans les pores de la coupelle.

Du fourneau de coupelle. La forme la plus ordinaire de ce fourneau représente une colonne carrée d'environ 36 centimètres de largeur sur ôi de hauteur, et ù'i de profondeur, terminé par un dôme nnjbile en forme pyramidale à quatre faces dont la hauteur est de "lo centimètres, et l'ouverture carrée qui le termine, de 18 centimètres de ce côté (voyez de l'autre côté, ^y. 1.)

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Ce fourneau dont les dimensions peuvent varier , porte trois ouvertures : la supérieure est pratiquée sur le plan antérieur de la pyramide , elle sert à mettre le charbon , on le nomme (jnevlarfl. La moyenne est celle qui correspond à la moufle ou voùle surbaissée dans laquelle on place les coupelles. Cette partie du fourneau s'appelle laboiatoire. elle porte en avant une tablette en lerre qui permet d'éloigner la porte de l'ouverture pendant la coupellation. La troisième ouverture, ou l'inférieure, est celle du foyer : elle est carrée et a 18 centimètres de large , sur 10 de haut. Le dôme du fourneau peut être terminé ou par un tuyau de terre qui lui sert de cheminée ou par un simple tuyau de tôle. Afin de donner de la solidité à ce fourneau on le lie soigneusement avec quatre bandes de fer serrées avec des vis et des écrous.

Quelques fourneaux de cou])elle sont faits aussi en fer, doublés de terre : ils durent plus longtemps que les autres, mais ils sont plus difficiles à écliaulTer et ne conservent pas aussi bien leur chaleur.

I)e« moiifïes. Les moufles {fiy'^ et 5) sont des vases Je terre réiVaotaire, destinés à recevoir les coupelles -, elles on!

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à peu près la forme cVun four , c'est à dire qu'elles sont formées d'une voûte léjjèrement surbaissée et d'une aire horizontale, au lieu d'être elliptique ou ronde ^ la sole représente un carré alongé, et la paroi du fond fait un angle droit avec l'aire. Elles sont percées de chaque côté d'une ou de deux fentes de 18 à 20 millimètres de long et 5 de large pour permettre à l'air de se renouveler.

Lorsqu'on se sert des moiitles , on répand sur l'aire, du sable fin ou de la craie en poudre , pour que les coupelles ne s'y attachent point par Toxide de plomb qui pénètre souvent a travers.

Des covpetles. Les coupelles, qui ont reçu ce nom parce qu'elles ressemblent à de petites coupes^ sont faites avec des os calcinés au blanc, broyés, lavés et ensuite moulés pour leur donner la forme sous laquelle on les emploie. Ces coupelles très poreuses et friables sont desséchées dans des éluves , et ensuite exposées dans des fours pour les cuire. La quantité d'oxide de plomb qu'elles peuvent absorber s'élève tout au plus à leur propre poids.

Pour procéder à la coupellation de l'argent, on prend une masse quelconque de ce métal allié dont on veut connaître le titre, par exemple un gramme : on met dans la coupelle échauffée au rouge blanc sous la moufle une certaine quantité de plomb pur qui doit être déterminée , au moins d'une manière approchée suivant la proportion de cuivre allié à l'or ou à l'argent. Dès que le plond) est fondu et que sa surface est bien brillante on y place avec soin, à l'aide d'une pincetle, l'argent enveloppé dans un cornet de papier et aussitôt ce dernier se fond, la matière se découvre et s'éclaircit, l'on voit se former sur la matière en fusion des points qui se promènent à sa surface et tombent vers la partie inférieure , et uue fumée s'élever et serpenter dans l'intérieur^de la moutle. A mesure que l'opération avance , r<r;/rre s'arrondit davantage, les points

.'Gi cor

hrillaiils (ievienneut plus ^^rauds el soûl agités d\\u uiouveinent plus rapide. En même temps que ces phénomènes se continuent, l'alliage diminue de volume, et laisse sur le bassin de la coupelle une trace d'un rouge brun jaunâtre,* sa surface, d'abord plane, devient de plus en plus convexe, les points brillants aujjmentent continuellement. A cette é[)0iiue, le plomb est presqne entièrement absorbé et l'on ramène la coupelle sur le devant de la moutle. Alors, en très i)eu de temps, les points brillants qui se montraient ilisparaissent^ le métal présente sur toute sa surface sphéri(jue agitée des rubans colorés de toutes les nuances de l'iris-, il se fixe ensuite en devenant terne et s'éclaircit tout à coup par la disparition d'un espèce de nuage qui semblait couvrir sa surface, c'est ce dernier mouvement instantané que les essayeurs appellent éclair ou Jïifg tira /ion ou coruscolion ; c'est à ce sig,ne qu'ils reconnaissent que l'opération est terminée. On rapproche de l'ouverture de la moufle la porte qui en avait été un peu éloignée pour observer ces derniers effets, et lorsque la coupelle est refroidie et que le bouton d'ar{>ent est conqilètement solidifié, on le saisit avec une pince; on brosse la partie inférieure pour ôter la petite portion de terre qui pourrait y adhérer et on le pèse. La perte qu'il a éprouvée pendant la coupellalion, fait connaître combien l'argent contenait de cuivre ou d'autres métaux oxidables à l'air.

11 importe de ne point retirer la coupelle immédiatement après l'éclair, parce que l'argent encore en fusion se refvoidirail trop subitement , et son relraitsuperficiel pourrait faire jaillir au dehors de la coupelle et sur les parois une petite portion du niétal intérieur encore liquide.

Les essayeurs appellent vc'yéler ou rocher l'argent qui a présenté ce dernier phénomène, el l'essai par conséquent ne peut offrir aucune garantie; il est alors nécessaire de le

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recommencer, en prenant les précautions qne nous avons indiquées.

Si l'ai'jjeut qu'on soumet à Tessai rect'-le d'autres substances métalliques, excepté le bismuth, elles ne passent point, et restent à l'état d'oxidcs difléremment colorés sur les côtés du bassin de la coupelle et sous la forme de scories. Ainsi le fer donne une scorie noire sur la coupelle, Tétaiti une scorie jj;rise et le zinc un bourrelet jaunâtre. (^Vauquelin, Manuel de f Essayeur. )

La quantité de plomb nécessaire pour différents allia<',es de cuivre et d'arjjenl a été déterminée par l'expérience , elle varie suivant le litre de l'alliage^ en général lorsqu'on ne le connaît pas, on le détermine toujours en passant à la coupelle l'argent à essayer avec 10 fois son poids de plomb pur.

D'après les expériences entreprises par M. D'Arcet, il faut pour 1 essai à 950/1000, quatre parties de plomb contre une d'alliage; sept pour l'argent à 900/1000; dix pour celui à 800/1000, et vingt pour l'alliage de la monnaie de billon à 200/1000. ( Extrait des tables insérées dans les Annales de chimie et de pht/sique , tome I , page 75. )

Le bismuthpeutaussi servira la coupellation de l'argent d'après les expériences de M. Chaudet, essayeur à la monnaie de Paris. Ce métal est mémo préférable au plomb sous plusieurs rapports, et l'opération marche plus rapidement; mais il est d'un prix plus élevé que le plomb et fait souvent rocher l'argent. L'expérience a démontré que la quantité de bism\ith nécessaire pour la coupellation doit èlre à celle du plundj :: 7,7 : 1 1,2, c'est à dire en sens inverse de la quantité doxigène qu'ils absorbent pour passer à l'étal de proloxide.

CouPEi,L\Tio> nE i.'oR. La quanlilé dor contenue dans les lingots, pièces de monnaie, vases et ustensiles d'or, se détermine aussi par le mémo procédé, mais comme les

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