‹ Dictionnaire des réactifs chimiquesChapitre 12 sur 107 · BAU · texte numérisé non relu

BAU

de barite.

Coloration en jaune.

Précipité jaune paie.

Précipité

vert d'herbe.

Précipité blancfloc.

Rien.

Idem.

Idem.

Idem.

Rien d'abord; se trouble et précipite.

Idem.

Idem.

Idem.

Id., moins foncé.

Rien. .

Idem.

Rien.

Précipité

blanc jaunâtre.

Précipité vert paie.

Rien.

Idem.

Rien.

Idem.

Précipité vert pâle.

Rien.

Idem.

Rien.

Rien.

Précipité

vert

clair.

Rien.

Idem.

Rien.

Rien.

Précipité

vert très-pàle.

Rien.

Idem.

De l'acide arsénieux considéré sous le rapport médico-légal.

Les expériences que Ton doit faire dans les recherches chimiques relatives à l'empoisonnement par cet acide , sont des applications de ce que nous avons relaté ci-dessus.

lo S'il reste une portion de la matière suspecte qu^on suppose woVr

occasionné la mort, on devra la soumettre d^abord à Paction du feu, ensuite en dissoudre une certaine quantité dans Teau bouillante, et examiner si cette solution se comporte avec les réactifo comme nous Pavons rapporté précédemment.

2o Si le reste du poison a été dissous dans Teau, on en fera évaporer une portion dans une capsule de porcelaine pour examiner le résidu, et onaf^ira sur Tautre portion diaprés les moyens qui sont mentionnés pages 23 et suivantes.

3o Tout le poison ayant été avalé , il faudra agir sur les matières des vomissements, en séparer d^abord la partie liquide, qu^on filtrera et qui sera soumise à Faction des réactifs énoncés plus haut. Dans la partie solide des vomissements on recherchera avec soin si on n^aperçoit pas de points blancs durs et granuleux qui, mis sur les charbons ardents s^évaporent en fumée blanche d'odeur alliacée ; si ces recherches ne fournissent aucun résultat, il sera nécessaire de faire bouillir, pendant un quart d'heure environ, avec douze à quinze fois son poids d*eau distillée, une partie des matières solides, filtrer ensuite la liqueur et la soumettre aux épreuves qui sont indiquées.

4o Les matières recueillies après la mort dans Testomac et les intestins doivent être soumises aux mêmes investigations; on peut les résumer dans ces trois points principaux. A. Rechercher si à Tœil nu et ensuite à Fœil armé d'une loupe on n'aperçoit pas de fragments d'acide arsénieux parmi ces matières, les extraire mécaniquement si cela est possible pour les examiner en particulier. B. Si ces matières ne contenaient point de particules visibles d'acide arsénieux, les presser dans un linge blanc afin de séparer la partie liquide qui devra être filtrée et examinée avec soin. C. Si ces essais n'ont point fait découvrir l'acide arsénieux, traiter les matières solides exprimées par dix à douze fois leur poids d'eau bouillante dans une capsule de porcelaine ou un ballon de verre , filtrer la décoction qu'on mettra en contact avec de l'acide hydrosulfurique et quelques gouttes d'acide hydrochlorique ; si la dissolution contient de l'acide arsénieux , elle se colorera en jaune et produira un précipité de sulfure d'arsenic. Dans ce cas, il sera utile pour démontrer que ce précipité est occasionné par de l'acide arsénieux qui existait dans la dissolution, de le recueillir, le dissoudre dans l'ammoniaque, évaporer ensuite la dissolution ammoniacale et calciner le résidu dans un tube effilé avec un peu de flux noir ou de potasse : l'arsenic séparé de sa combinaison avec le soufre se volatilise et il sera facile de le reconnaître à son aspect métallique brillant et à l'odeur alliacée qu'il répandra en le mettant sur un charbon incandescent.

Dans ces sortes de recherches la réduction peut seule être regardée comme une épreuve certaine , et son résultat est de la plus grande importance pour établir le corps du délit dans un jugemeut.

M. Berzélius indique un procédé différent de celui-ci et qu'il regaÛe comme la meilleure méthode pour constater la présence de l'acide arsénieux dans les cas de médecine légale. Ce procédé qui a été employé pour la première fois, par Valentin Rose , mais qu'il a modifié, consiste à faire bouillir l'estomac et les membranes coupées avec une /aJb]e solution de potasse caustique, à saturer la liqueur avec de l'acide

hydrochlorique, la filtrer et y faire passer ud courant de gaz hydrosolfarique. Le sulfure d*arsenic reçu sur un filtre et desséche, est projeté dans du nitre en fusion. Le soufre et Tarsenic sont alors transformés, le premier en acide sulfurîque, et le second en acide arsénique r'i restent unis à la potasse. Après avoir dissout dans Teau le produit la calcination, on verse dans la solution de Peau de chaux en excès, il en résulte de Tarséniate de chaux insoluble qu*on recueille sur un filtre. Ce%t de ce sel desséché, mêlé avec un peu de charbon que M. Berzélius retire Tarsenic , en calcinant ce mélange dans un petit tobe effilé et terminé par une boule comme le représente la figure ci-dessous.

Le mélange placé dans la petite boule A étant chauffé , fournit de Tarsenic qui se condense dans la partie étroite du tube , en formant on anneau brillant.

Un nouveau procédé pour séparer de très-petites quantités d^arsenic dés substances organiques avec lesquelles il est mélangé, vient d*étre pablié par James Marsh, dans les premiers mois de Tannée dernière. Ce procédé fournit un moyen prompt et commode d'isoler directe- Beat Tarsenic à Tétat de. pureté, et de pouvoir le soumettre seul k Taction des réactifs appropriés ; il est fondé sur la propriété qu^a Thydrogène à Tétat de gaz naissant de réduire les acides arsénieux et arsénique et de former avec leur radical métallique du gaz h^rdrogène arsénié, qui se sépare spontanément, en raison de son élasticité, des liqueurs où il s^est produit, et peut être recueilli dans un appareil à

£tz ordinaire pour un examen ultérieur. Ce procédé simple, moins ng et moins pénible que celui que Ton suit ordinairement pour découvrir Farsenic dans les substances organiques , permet de retirer directement de petites quantités d'arsenic d'aliments liquides visqueux, tels que gruau, potages, porter, infusion de café, vin, etc. ^ L*appareil que James Marsh a mis en usage dans ces sortes d'expériences, consiste, comme le montre la fig. l^e représentée ci-après, en un tube de verre, recourbé en syphon et ouvert aux deux extrémités; son diamètre est de 5/4 de pouce à l'intérieur : la branche la lus courte a cinq pouces environ, et la plus longue huit pouces de É^eur. Un robinet terminé par un petit tube effilé est mastiqué à la^us courte branche, enfin Tappareil est fixé verticalement dans un *om>ort ou pied en bois. Une baguette de vers A longue d'un pouce environ , est placée dans la plus courte branche ; on y porte ensuite «ne feuille de zinc pur B, doublement recourbée et qui se trouve reteane par la baguette de verre qui a été introduite en preiniver \\«vi«

Fig. 1.

Fig. 2.

Lorsqu^on vent expérimenter sur un liquide dans lequel on recbercbe Tarsenic, on le mélange d^une certaine quantité diacide sulfurique distillé et on le yerse dans la longue branche de Tappareil, jusqu*à ce qu*i] arrive dans la courte à environ un quart de pouce au-dessous dn robinet tenu ouvert. Alors il se développe par le contact de la liqueur acide et du zinc du gaz qui est de Thydrogène pur, s'il n^y a pas d*arsenic, mais si la liqueur en contient, il se produit en même temps de Pbydrogène arsénié. Quand on a laissé perdre les premières portions de gaz pour chasser Tair, on ferme le robinet et tout le gaz dégagé se rassemble dans la plus courte branche en repoussant le liquide dans la plus longue, jusqu^à ce quMl soit dans la plus courte an-dessous de la lame de zinc, comme cela a lieu dans une lampe à gaz hydrogène. Si après avoir ouvert le robinet, on enflamme le gaz à sa sortie, et qu*on tienne horizontalement en contact avec la flamme, une lame de verre on une soucoupe de porcelaine, Tarsenic se dépose sur ces corps froids en formant des tacbes rondes d^un gris noir, avec éclat métal* lique. SUl n^y a pas d^arsenic dans le gaz qui brûle à Tair, la flamme est transparente, jaunâtre, et ne dépose que de la vapeur d>au sons forme d*une légère rosée.

Si Ton tient au-dessus de la flamme un tube de 8 à 10 poucei^ longueur sur 1/4 de pouce de diamètre, Tarsenic déposé dans la flamme pouvant alors brûler à Pair, et s^oxider, se dépose dans le tube à Pétat œacide arsénieux sous forme d*une poudre blanche : si le tube incliné de 40 à 45 degrés touche la flamme à son sommet, on peut se eonvaiDcre par trois effets de la présence de Tarsenic : il se dépose de

ÂCI 99

Tarsenic métallique dans la partie du tube que la flamme touche, et au-dessus de ce point à uue petite distance il se condense de Tacide araénieux; enfin à Textrémité du tube, on observe Todeur alliacée et caractéristique de la vapeur d^arsenic. 1/70000 diacide arsénieux en solution est manifesté en peu de temps par ce procédé.

On peut remplacer Tappareil que nous avons décrit par un petit flacon muni d*un tube effilé à la lampe, f^oy, fig. 3. En mettant dans le flacon la liqueur qu^on examine avec du zioc et de Tacide sulfurique, recouvrant le tout d^une couche d^huile de deux lijjnes d*épaisseur, pour empêcher leur ei ^ervescence écumeuse qui ferait sortir la . liqueur par Touverture du tube, on obtient, comme nous Tavons constaté, les 'mêmes résultats que ceux fournis par Tappareil de James Marsh.

MM. Orfila et Lesuenr, dans leurs recherches ayant pour but de découvrir par Tanalyse chimique les substances vénéneuses dans les cadavres inhumés depuis longtemps, sont arrivés à Tégard de Tacide arsénieux à des résultats trop importants, pour que nous n^en consignions pas ici les principales conclusions. Ces expérimentateurs ont déduit ae leurs observations : !<> qu^il est permis de constater la présence de Tacide arsénieux mêlé avec des matières animales, même au bout de plusieurs années ; 2o quMl faut néanmoins, dans beaucoup de cas, le débarrasser d*une grande quantité de ces matières dissoutes par Teau, en évaporant jusqu^à siccité la liqueur qui contient Tacide arsénieux et en agitant pendant quelques minutes dans Teau distillée booillante le produit de Tévaporation ; 5o que si Pacide arsénieux a été employé à Fétat solide, il ne sera pas impossible, même longtemps après rinhumation, d^'apercevoir çà et là des grains, qui, étant détaxés avec la pointe d*un canif, présenteront tous les caractères de ce poison ; 4» qu*il n^est pas douteux que Tacide arsénieux ne se transforme à la longue, et à mesure qu**!! se produit de Tammoniaque, en arsénite d^ammoniaque, beaucoup plus soluble; en sorte quMl pourrait se faire qu'au bout de plusieurs années, on ne pût parvenir à démontrer la présence de Tacide arsénieux, sa combinaison avec Tanmoniaque produite étant soluble, elle aurait filtré dans la terre à travers les parois de la bière, lorsque la putréfaction a fait de grands progrès.

Des £ûts publiés par M. Orfila lui-même attestent qu'il a encore été possiUe de retrouver cet acide dans les débris d'un cadavre, après

Budtipliées sur Tempoisonnement par l'acide arsénieux : lo que cet •cide introduit dans l'estomac ou appliqué:

sur le tissu cellulaire des

procédés e

liqôe de la portion d'acide arsénieux qui a été absorbée, lors même qu'on n*a pas découvert de traces de cet acide dans les matières provenant de restomac et des intestins des personnes etni^o\%otk\iëfiv%''^

4o qne le meilleur procédé à suivre pour FextractioD de Tarsenic, contenu dans la faible partie diacide arsénieux qui a été absorbée, consiste à faire bouillir pendant cinq à six heures dans une grande chaudière de fonte ou de cuivre, tout le cadavre coupé en petits morceaux, avec de Peau distillée à laquelle on a ajouté dix à douze grains de potasse à Falcool solide, à passer avec expression à travers un linge le décoctum, le laisser refroidir pour séparer la graisse, et le soumettre, après ravoir acidulé par Tacide hydrochlorique, à un courant de gaz bydrosulfurique, qui précipite une partie de Tarsenic à Tétat de sulfure et mêlé à de la matière organique. Le décoctum privé d*une partie d'assenic par ce premier moyen, doit être évaporé à siccité, après y avoir fait dissoudre un excès de nitrate de potasse. En calcinant ce résidu par petites portions dans un creuset de terre rougi au feu, toute la matière organique est brûlée, et Tarsenic quelle contenait est transformé en acide arsénique qui reste uni à la potasse. Pour démontrer alors sa présence dans ce résidu de la calcination, on le délaie dans Teau distillée; et après Tavoir sursaturé par Tacide sulfurique, on le fait chauffer pour dégager Tacide nitrique et hyponitrique qui s*y trouvaient, c*est alors qu^en introduisant ce liquide dans Tappareil de Marsh, il devient facile d^obtenir en quelques secondes de Yarsenic métallique.

M. Or fila établit que Ton peut à la rigueur déceler ce poison dans les animaux empoisonnés, en traitant par le procédé rapporté ci-dessus un certain nombre de muscles, ou un seul des viscères de Péconomie animale, préalablement desséchés, surtout lorque ces viscères sont très-vasculaires; mais qu'il est préférable d'agir sur le cadavre entier, ou du moins sur la moitié, la proportion d'acide absorbé étant ordinairement très-faible. La présence de Tarsenic peut encore être décelée par les mêmes moyens dans le sang extrait d'une saignée, surtout si la quantité de ce liquide s'élève à quelques onces.

Dans les recherches précédentes, M. Orfila a apporté une modification importante à l'appareil de Marsh , dont nous avons donné la description à la page 27. Pour éviter l'effervescence écumeuse qui fait sortir de l'appareil une partie de la liqueur à essayer, et empêche le gaz hydrogène de brûler, et pour se dispenser de faire usage de l'huile qui avait été indiquée dans cette circonstance, M. Orfila a eu Pheureuse idée de détruire la matière organique en la brûlant par le nitrate de potasse, et de rendre ainsi l'extraction de l'arsenic plus fticîle. L'appareil qu'il a employé à cet effet consiste en un flacon ordinaire, fermé ' ' - -' , • , . j- .

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ne pénètre que d'une petite quantité dans la partie vide du flacon par l'une de ses extrémités, tandis que Vautre effilée en pointe est destinée à la sortie du gaz hydrogène (voy. fig. 1, ci-contre). Cette nouvelle disposition de l'appareil permet d'introduire dans le flacon sans le déboucher, la liqueur à essayer.

Les préparations antimoniales traitées dans les mêmes circonstances avec l'appareil de Marsh donnent des taches noires sur les capsules de porcelaine. Ces taches que Ton pourrait confondre à la vue

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